"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 21 avril 2010

De Devaquet-Oussekine à la réforme des retraites…

Vendredi dernier, je daubais sur les braves retraités ne ratant pas une occasion de descendre dans la rue pour revivre une fois encore leurs souvenirs soixante-huitards.
Faut que je me rattrape un peu…

Je tombe sur l’éditorial du 6 décembre 1986 de Louis Pauwels dans le Figaro Magazine (qui n’était pas encore un sous Paris-Match, pour ceux qui s’en souviennent) :

« Le Monôme des zombies »

« Il y a cependant de l’authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s’est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980.

Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “touche pas à mon pote”, et, somme toute, les produits de la culture Lang.

Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre.

L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse.

Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus decomposants l’atteignent.

Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N’ayant pas à courtiser les minus, osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »

Aujourd’hui, ces jeunes ont entre 37 et 43 ans…

Donc ils sont devenus des "actifs" et meublent les tiroirs de la société. Focalisés sur leur ego et leur plan de carrière, ce sont eux qui se poussent dorénavant du coude à tous les étages : dans les cabinets ministériels, les partis politiques, la haute administration, la banque, les syndicats, les médias, la publicité, le marketing, la distribution, la santé, les "services", etc. Ah oui ! J’allais oublier, bien sûr aussi à l’Education Nationale…

Et on ne peut pas dire que ça décoiffe… Pourquoi s’en étonner ? Ces casseurs ne cassent rien. Ils sont restés d’autant plus confortablement installés dans leur jus décrit par Pauwels que leurs aînés leur ont déroulé le tapis pour ne pas paraître ringards. Du coup, toute la "punk attitude" de leur enfance est devenue la norme. Pourquoi se seraient-ils fatigués ou posé des questions ?

Nuls et vides, "génération Mitterrand" a-t-on dit. Aujourd’hui qu'ils commencent à être "aux manettes", ils pérorent et ils "savent"…

J’en viendrais presque à éprouver une tendresse nostalgique pour ceux de leurs parents – ma génération – qui croyaient encore au "Grand Soir" C’était au moins quelque chose. Eux ne me disaient pas, l’air scandalisé : "Tu n’as pas le droit de dire ça !" En revanche, on se mettait sur la tronche… C’était au moins ça…

1 commentaire:

  1. Dans un cours donné par un professeur (travaillant entre autre à l'EHESS) j'apprenais que Malik Oussekine était un martyr de la république. Un dealer de drogue.

    Sinon l'article montre surtout une époque où le figaro était encore un journal de qualité avant qu'arrivent les nouvelles formules (moins de textes, plus d'images).

    Sinon je ne vous connaissais pas, je vous ajoutes donc sur ma liste de blog et au plaisir de vous lire mon cher plouc émissaire.

    Rorschach

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