"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 30 juin 2010

Le fond est dans le fond d’écran…

Choisi par des officines d’obscures "communicants", l’arrière-plan, le décor, message implicite, vise à accompagner et renforcer le message explicite d’une affiche. C’est son écrin en quelque sorte et il nous parle de l’esprit de l’époque. Ne nous privons pas de nous y attarder…

En plus de trente ans, la thématique n’avait pas vraiment changé.
Echafaudages, grues, lignes à haute tension, etc. Au secours ! (c’est vrai qu’en 1965 – sans parler d’avant - Daniel Cohn-Bendit avait tout juste 20 ans et d’autres centres d’intérêt ; quant à Cécile Duflot, sa mère était probablement encore en nattes et socquettes..)
Cheminées et fumées d’usines, donc… Volontarisme industriel, volonté de bâtir, de construire, trente glorieuses, conviction que le travail, la croissance, le progrès technique et la productivité apporteront pour tous l’électricité, l’eau courante à l’évier, le tout à l’égout et le WC dans la maison à la place de la guérite au fond du jardin…Un peu plus de temps pour soi, aussi, et un peu moins de fatigue avec la machine à laver, avec le frigidaire
Car on oublie que, selon les critères actuels, un bon tiers des français vivaient encore en 1968 sous le seuil de pauvreté dans des logements qu’on considérerait aujourd’hui comme insalubres.

Bien sûr, les supports de propagande ci-dessus sont aujourd’hui terriblement datés…

A peine quinze ans après, on se croirait à des années-lumière ! Paysages bucoliques, pacifié, reposant. Et thématique inchangée, là aussi, près de trente ans plus tard. Inchangée ? Non. Les traces mêmes de l’activité humaine, les maisons des hommes, leur église (symbole trop "clivant" peut-être ?) ont disparu. Silence assuré sans promiscuité. Rêve de retraite à l’ombre d’un pommier. Idéal pour faire la sieste…

Il y a un "avant", il y a un "après"… Après quoi au juste ? 1968 ? 1974 ? 1981 ? En tout cas, l’inflexion se situe par-là…

C’est la "cible" des affiches qui a changé : Désormais, ce sont des héritiers. Et, surtout, des héritiers rentiers qui ont reçu un capital, fruit d’une accumulation capitalistique des plus-values laissées par un partage de la valeur ajoutée privilégiant l’investissement collectif. Et dans ce capital, il y a toutes les infrastructures et équipement collectifs qui vont de soi (des autoroutes au SAMU toujours dispo…) et… le système social…
Des héritiers rentiers qui mangent leur capital en toute bonne conscience ; qui le dilapident. Gagner plus pour consommer plus. Tous, du plus friqué des traders au dernier des smicards. Et qui ont tous des droits acquis sur leur héritage ; héritage dont ils ne sont d’ailleurs redevables à personne, pas même à eux-même, tant ils se désintéressent de l’Histoire et sont aussi peu enclins à produire qu’à procréer…

Rêve de transat devant la verte prairie de Sarko… Prairie que d’autres viendront entretenir pour eux. Peut-être…

Rétrécissement des horizons visibles 3

dimanche 27 juin 2010

Vers le tournoi des trois Nations…

(encore un peu de baballe au pied, je m’en excuse…)

Notre hyperprésident a jugé bon de prendre Thierry Henry au téléphone (à la demande impromptue de celui-ci d’être reçu sans attendre) en pleine réunion à Moscou. La chose étant à l’évidence au moins aussi importante que la préparation du G20, c’est dès l'atterrissage de l'avion de l'équipe à Paris qu'une voiture dépêchée par l'Elysée et précédée de deux motards est venue chercher le bon Thierry Henry (à qui la France est redevable, il est vrai, de sa qualification dans les conditions que l’on sait)
Notre hyperprésident a évidemment décidé de reprendre en main l'avenir de l'équipe de (quoi déjà ?), demandé illico l'organisation d'états généraux du football français et convoqué l’après-midi même le Premier Ministre, notre ineffable ministre de la Santé et des Sports Roselyne flanquée de son indispensable et médiatique secrétaire d’Etat, la très diverse Rama, pour évoquer cette affaire d’Etat.
Le ministre "de tutelle" a derechef annoncé aux élus de la Nation que le gouvernement entendait rénover "en profondeur" la gestion du football français… Ben donc…

Bon.

Ouais. En vertu des règlements de la Fédération internationale (Fifa), les autorités politiques n'ont aucun droit d'influer sur les affaires de la FFF, sous peines de sanctions pénales pouvant aller jusqu'à l'exclusion des compétitions internationales. L'instance suprême du football a ainsi suspendu les fédérations kényane et irakienne après ingérence de leurs gouvernements et a fait savoir qu'il n'y aurait pas d'exception pour la France.

J’adore et j’attends ça avec impatience :
1° Privé de la grosse galette des divers championnats et coupes de ligues x & y, qu’ils jouent dans nos clubs ou à l’étranger, nos braves frwançais vont courir plus vite que sur les terrains pour décrocher d’autres papiers d’identité (on verra si ça leur est plus facile…)
2° Les destinations de la filière d’importation de pauvres gosses africains attirés par le mirage footbalistique vont quelque peu dévier pour suivre les mêmes chemins.
3° Le foutebal hexagonal cher au français moyen ressemblera peut-être un peu plus au sport qu’on pratiquait du temps de Kopa ou de Platini… C’est ringard me direz-vous. Mais faut savoir ce qu’on veut : Pourquoi un sport si "national" et si "porteur de citoyenneté" échapperait-il à l’interventionnisme étatique, à l’assistanat socialiste ? C’est pas la Fifa qui va faire la loi chez nous ! L’Europe, on veut bien… Mais la Fifa ! Sous la houlette de Sarko, certes… Mais qui peut s’indigner ? Ni les souverainistes ni les anti-mondialisation ! A part Bayrou, qui ? Ce serait génial !

4° Surtout, surtout, on pourrait faire un Mondial des exclus de la Fifa ! La France enfin à sa vraie place : avec le Kenya et l’Irak !

NB : Ah oui ! autre chose (et c’est très important) : S’adressant aux députés UMP, la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, Fadela Amara les a mis en garde "contre une ethnicisation" de l'affaire...

vendredi 25 juin 2010

Honneur aux mères des familles françaises (et bourguignonnes)

C’est en 1920 (après la saignée humaine de 14-18 venue couronner un siècle de dénatalité) que fut créée la Médaille de la Famille française. Le décret l’instituant la définit comme "une distinction honorifique décernée aux personnes qui élèvent ou ont élevé dignement de nombreux enfants, afin de rendre hommage à leurs mérites et de leur témoigner la reconnaissance de la Nation" Il s’agit d’une manière de récompenser les mères méritantes qui, par leur dévouement et leur abnégation, ont su assumer leur rôle… Les demandes sont instruites par l’UDAF qui est chargée des enquêtes, le maire émet un avis et les médailles sont attribuées par décision du Préfet.
Bien entendu, la Médaille de la Famille française est généralement l’occasion d’une remise officielle par le maire au cours d’une petite cérémonie conviviale et festive offerte par la commune.
(la raréfaction des récipiendaires potentiels, corrélative à la baisse de la fécondité, aurait pu faire craindre une disparition de cette aimable coutume municipale mais l’abaissement en octobre 1982 du nombre d’enfants pris en compte a heureusement contribué à regarnir les promotions…)

N’étant de richesses que d’hommes, j’ai tenu à m’associer à l’hommage rendu à toutes les mères de familles nombreuses de France. Ne pouvant les citer toutes, quel meilleur symbole de notre terroir national que de citer celles d’une ville de province ? Disons une commune de l’ordre de 150 000 habitants ?
Prenons Dijon

Un de ces précédents samedi, Françoise Tenenbaum, adjointe déléguée à la Solidarité et à la Santé, a procédé à la remise des médailles de la Famille française, salle de Flore, où vingt et une mères ont reçu leur médaille devant toutes les familles réunies :

Huit médailles d'argent (six ou sept enfants) : Fouzia Amezane, Fatiha Benhalima, Fatima Boularess, Aïcha Hadj-Abderrahmane, Mama Lefdou, Fatima Loubbi, Rosaria Rutigliano, Aïcha Tasry.
Treize médailles de bronze (quatre ou cinq enfants) : Saadia Ayar née Ayar, Saadia Ayar née Jabir, Medhia Bargaoui, Fatima Batta, Diane Brenot, Saâdia Brouzi, Fatima Et-Tellah, Nacéra Farsi, Fatima Haddache, Nathalie Lerbet, Zineb Oussghir, Stella-Cora Robert, Latifa Sabik.

Pour moi, qui ne suis pas de là, c’est aussi l’occasion de saluer la Bourgogne toujours féconde…

mercredi 23 juin 2010

Des j(b)oyaux de l’art contemporain et de l’art intestinal.

Il ne faut pas critiquer le mécénat bureaucratique des commandes publiques car il nous gratifie sans cesse de nouvelles émotions esthétiques. En musardant sur Google Image, un cliché m’a fait découvrir un événement de l’an dernier qui a dû, en son temps, donner l’occasion de tirer à la ligne à quelques pisse-copies, "critiques d’art" et autres commerciaux de l’establishment "culturel" de Toulouse.

Je veux parler du déplacement d’Agoraphobia, remarquable sculpture de Franz West, ci-devant ornement du parvis du musée des Abattoirs, le bien nommé. Cette œuvre achetée par la ville 150 000 € en 2006 a été déménagée afin de laisser la place - pour un temps déterminé, ne rêvons pas - aux 2,5 tonnes d’une sculpture en bronze de 4 mètres de haut d’une grâce aussi éléphantesque qu’acrobatique que nous devons à l’artiste espagnol Miquel Barceló.

La mairie tient en effet à faire tourner les œuvres sur cet emplacement de choix que constitue le parvis du musée d'art contemporain, vaste esplanade propre à accueillir des œuvres imposantes "qui attirent l'œil" Ne soyez cependant pas inquiets, vous pouvez continuer d’admirer Agoraphobia : un soubassement spécial lui a été aménagé dans un jardin public (elle offre une grande prise au vent)

Les enfants peuvent continuer à grimper dessus et les pigeons y déféquer.
Accessoirement, et j’en suis navré,je ne sais rien de la facture du déménageur.
Mais ça n’a pas d’importance, n’est-ce pas ?

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« Il n’est pratiquement plus nécessaire, au stade ou nous en sommes arrivés, d’attaquer l’art dit contemporain et les prétendus artistes qui, par leur désœuvrement, leur nombre et leur aigreur, lui fournissent encore ce qu’ils croient être un semblant d’existence. Ceux-ci, désormais, se détruisent d’eux-mêmes en avouant leur soumission à l’ordre du néomonde, comme activité supérieure à celle d’artiste (sans doute aussi celle-là est-elle plus rentable que celle-ci) ; et ils pourraient tous, à quelque "discipline" qu’ils appartiennent, proclamer comme ce musicien d’un groupe breton : "Avant d’être des musiciens, on est des citoyens" ; Il suffit d’imaginer une phrase pareille dans la bouche de Mozart, de Rodin, de Giotto, de Haydn ou de Cézanne pour avoir de quoi rire jusqu’à l’an 3000 ; on peut très bien imaginer son équivalent, en revanche, dans la bouche d’un artiste réaliste socialiste de l’époque stalinienne. »

Philippe Muray – "Après l’Histoire" (Gallimard 2000)

mardi 22 juin 2010

C’est nous les africains…

"J'adore mon pays, j'adore les Bafana Bafana et je suis fier d'eux"
(un employé de nettoyage à Bloemfontein)

Ce soir, nous serons tous des africains !

Commentant sur un autre blog, je disais hier qu’il revenait à la FFF ou à je ne sais laquelle de ses huiles dirigeantes de déclarer forfait devant l'Afrique du Sud et "de rentrer tout ce joli monde à Paris où chacun prendra un taxi à ses frais pour rentrer chez lui" Que "ce serait ça l'honneur de la France et de "l'équipe". Point barre.
C’eut été le minimum absolu de micro-panache à afficher pour avoir au moins tenté (vainement) de sauver la fa[r]ce…

Dernier panache d’un Cambronne, quand tout est perdu, crachant son mot pour l’Histoire face aux ennemis ; c’est à dire, cette fois-ci, en se retournant et en s’adressant à ses troupes

NON. Au lieu de çà, Domenech, petit laquais la queue entre les jambes, vient bredouiller devant le monde entier : "- Bien sûr, on y va. Mais, ben euh… y en a, m'sieur, qui vont peut-être pas vouloir…"

Vivement que les Bafana Bafana explosent le record de score de la compétition (pour l’instant 7 à 0 je crois…) Que nous puissions ce soir dans la rue (sans être soupçonnés de …) entonner (à peu près) ce très vieux chant guerrier :

"- C’est nous les africains qui revenons de (pas très) loin…"

Que vous soyez dans le 83 ou dans le 9-3…

(ou à la Goutte d'Or... ou...)

Flash Info en Bisounoursland...

Le Président de la République à Draguignan après les inondation du Var :

"Il n'y aura pas d'exception et l'Etat sera "intraitable" …
"Il faut que chacun apprenne à respecter les règles scrupuleusement et non pas que chacun arrive avec, pour une bonne ou une mauvaise raison, une demande de dérogation."
"Cela fait trop longtemps que dans notre pays on prend avec l'application des règles un certain nombre de libertés"...

Comme je disais souvent (pas forcément sceptique) dans mon boulot :

" – A voir marcher…" (Euh... c'est déjà vu, je crois... )

dimanche 20 juin 2010

Aujourd'hui, c'est la fête des Pères...

Il n'y a qu'un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c'est le père de famille. Les autres, les pires aventuriers ne sont rien, ne le sont aucunement en comparaison de lui.
Cette assertion est délibérément et doublement provocatrice, puisqu'en guise de sainteté elle fait l'éloge de l'aventure et qu'en guise d'aventurier elle semble choisir M. Prud’homme. Péguy le sait : Nul n'est, en apparence, plus pantouflard, plus (petit-)bourgeois que le père de famille. Il sait aussi que les libertins, les bambocheurs, les explorateurs, les brûleurs de chandelles par les deux bouts, tous ceux qui revendiquent pour eux l'aura de l'aventure, daubent à l'infini sur ce lourdaud engoncé et pusillanime. Mais il connaît également, pour en avoir lui-même fait l'épreuve, l'étrange particularité, la désappropriante propriété dont est pourvu le père de famille : Les autres ne souffrent qu'eux-mêmes. Ipsi. Au premier degré. Lui seul souffre d'autres. Alii patitur. Lui seul, autrement dit, déjoue les contraintes de la finitude : son être déborde son moi. Et que lui vaut cette prouesse ontologique, ce n'est pas un pouvoir accru, c'est une vulnérabilité plus grande. Il souffre d'autres, qu'on appelle à tort les siens, car ils ne sont pas à lui, mais lui à eux : il n'est pas leur possesseur, il est leur possession, il leur appartient, il leur est livré, il est, risque même Péguy, leur "otage". Pour le dire d'une autre métaphore, ce chef de famille n'est pas un pater familias, mais un roi déchu qui a fait, en fondant un foyer, le sacrifice de sa liberté souveraine. Avant d'avoir charge d'âmes et de corps, il était seul maître de sa vie; le voici désormais assujetti, dépendant, privé de la possibilité de trouver refuge en lui-même : le confort du quant à soi lui est définitivement interdit.
Ainsi le bourgeois n'est pas celui qu'on pense : littéralement et constamment hors de lui, le père de famille mène l'existence à la fois la plus aventurière et la plus engagée qui se puisse concevoir. D'une part, il est exposé à tout et le destin, pour l'atteindre, n'a pas besoin de tireurs d'élite, il lui suffit de frapper au hasard dans l'un quelconque de ses membres : "C'est lui, mon ami, qui les a, et lui seul, les liaisons dangereuses. D'autre part, il est responsable de tout, et même de l'avenir, même du monde où il n'entrera pas : Il est assailli de scrupules, bourrelé de remords, d'avance, (de savoir) dans quelle cité de demain, dans quelle société ultérieure, dans quelle dissolution de toute une société, dans quelle misérable cité, dans quelle décadence, dans quelle déchéance de tout un peuple ils laisseront [sic], ils livreront, demain, ils vont laisser, dans quelques années, le jour de la mort, ces enfants dont ils sont, dont ils se sentent si pleinement, si absolument responsables, dont ils sont temporellement les pleins auteurs. Ainsi rien ne leur est indifférent. Rien de ce qui se passe, rien d'historique ne leur est indifférent.
Bourrelé de remords, dit Péguy, et il donne à entendre dans ce participe à la fois le tourment et la graisse. Car les moqueurs ont raison : le père de famille est gros. Il est même deux fois trop gros : trop gros, trop gauche pour décoller du monde, et trop gros pour y évoluer avec quelque chance de succès. Trop gros pour monter au ciel et trop gros pour la course, le concours et la concurrence, c'est à dire pour la loi politique du temporel. Trop gros pour fuir, trop gros pour gagner. Bref, il est handicapé. Mais, ajoute aussitôt Péguy en réponse au sarcasme des sveltes, c'est précisément cette double entrave, cette maladresse et cette adhérence ontologiques qui condamnent le père de famille à l'aventure et qui font la valeur mystique de sa vie.

("Le mécontemporain" par Alain Finkielkraut)

Quelle magnifique lecture de la phrase-valise de Péguy !

( merci à La Crevette de nous avoir déniché ce texte le 12 mai dernier )

vendredi 18 juin 2010

Où sont passés les coqs gaulois ?

Putain ! Voilà que je me surprends à parler du foot ! Ceux qui connaissent intimement le Plouc-émissaire vont en rester sur le cul…

Bavassant sur la défaite des Bleus, Le Monde daté de demain samedi y voit un instantané de la France 2010.
Eclair de lucidité ?
"Cette absence de patron, de stratégie, d'esprit d'équipe (...)ces ressources ignorées (...) résonnent comme une métaphore cruelle: celle d'un pays qui peine trop souvent à se rassembler, à dépasser ses morosités et ses divisions, à mobiliser ses énergies", gnagna, gnagna, etc. Ben oui, l’équipe des Bleus et ses problèmes internes reflètent assez bien la France d’aujourd’hui.
Et la synthèse la plus elliptique est donnée ailleurs par Daniel Cohn-Bendit : "c’est bizarre, ces joueurs savent jouer au foot, mais quand ils jouent ensemble, ils jouent mal, ils ne jouent pas" et il conclut : "ils ne s'aiment pas"…
Pourquoi ?
Grave question… L’Equipe peut s’emporter contre l’imposture, l’arrogance, l’inefficacité laborieuse et poussive de ces tas de muscles empâtés de grosses bagnoles et de bimbos gloussantes, le Figaro peut traiter Domenech de fossoyeur… Et après ? Ne vous inquiétez pas, ni Le Monde ni Cohn-Bendit n’ont l’intention d’inventer l’eau chaude, les causes profondes de cette Bérézina resteront sagement sous le tapis…
Quand j’entends un député UMP dire à ce propos : "il est urgent que les Français aient envie de bouffer le monde", je me dis qu’il devait avoir 20 ans en 1914 et qu’il sort juste d’au moins cinquante ans de coma…
Quand j’entends un député PS se désoler : "c’est terrible d’avoir l’impression qu’il n’y a plus d’équipe de France", alors là, je rigole grave…
Bien sûr, quand Dupont-Aignant dit "Il faut les virer" il a raison mais il devrait faire gaffe côté CRAN et SOS ouasisme (de toute façon, son compte est déjà bon - nauséabond ?-) Je préfère l’humour d’un commentaire lu ce matin sur un blog : "cette défaite est d’autant plus regrettable qu’ils jouaient à domicile"…

Bon, revenons-en à certaines de ces "causes profondes" qui resteront sous le tapis :

Depuis le mondial d’il y a 12 ans, on nous saoule avec "black-blanc-beur, la France qui gagne" et il n’y plus eu que Zidane à offrir comme modèle aux écoliers des banlieues (c’est vrai, figurez-vous, il n’y avait que lui comme relève "présentable" aux Lyautey, Abbé Pierre, Cousteau, Tabarly, etc.…)
Puis le black a supplanté le beur (peut être que c’est meilleur aussi pour le contraste à la télé couleur et fait mieux ressortir les pubs en banc de touche…) Puis l’Islam s’en est mêlé dans les vestiaires. Bien sûr, c’est moi qui rêve ; mais la cohésion et l’esprit d’équipe a un prix, n’est-ce pas. Alors le bas de plafond (pardon, Frank Ribery) s’est vite converti pour rester dans la cour des grands…
Pour maintenir le "collectif", des critères extérieurs au foot ont dû être pris en compte : incompatibilités d’humeur, complicité ethnique, religieuse, etc. Et devant le résultat, le sélectionneur "ne comprend pas" Il est trisomique ou quoi ?
Non. Il est normal mais il ne peut pas comprendre puisque sa façon de manager n’est que le copié-collé de la façon qu’ont nos dirigeants de manager la société.
Bref, pourquoi voudriez-vous qu’il y ait une équipe de "France" ? Il y a un bidule qu’on appelle désormais "les Bleus" qui essaie de fonctionner avec les mêmes principes et la même efficacité dans les résultats que "ce pays" ou "ce territoire" pour parler comme Jospin…

Ouais, et en plus, ce qui n’arrange rien, il y a tout le bling-bling et les dérives du trop de fric. D’où, comme le dit justement la devise de l’O.M. : "Droit aux Putes" (euh, non, ça doit pas être ça…)

~~~
Après cette dernière vanne facile et sur le thème du fric, j’en profite pour ajouter un bout d’un commentaire que j’avais posté au mois d’avril chez un autre bloggeur :

Le foot professionnel n’est pas du sport. C’est une entreprise de spectacle. Idem pour le cyclisme pro, etc. Comme le « Dakar » et les autres cirques du même type (Tour de France, Rolland-Garros, 24h du Mans, Holiday on Ice, …)
Il n’est pas choquant que les individus ayant atteint un haut niveau de performances et d’expertises dans certaines disciplines « spectaculaires » (ce ne sera jamais le cas des nageurs) cherchent à valoriser financièrement leurs talents dès lors qu’il y a une demande. En revanche, ce qui pollue tout, c’est que la commercialisation de ces activités relève de fédérations sportives et d’un département ministériel dédié "à la jeunesse et au sport" en bénéficiant d’aides publiques. Ça relève du commerce et des services !

jeudi 17 juin 2010

Conseils de lectures d’actualité.

Ce matin, saisissant le prétexte de l’annulation de l’apéro saucisson-pinard, Lounès Darbois a publié sur ILYS un texte intitulé "Une amie m’écrit"…
Bien que je ne partage pas l’avis qu’il donne à cette amie en guise de conclusion (par indécrottable optimisme et foi dans l’Espérance…) son analyse me semble être une bonne synthèse de la situation, notamment sur un plan essentiel qui est celui de la démographie. Je vous invite donc à a aller lire ça ICI.

Notes :
- Vous pourrez trouver ICI le texte de Vertumne dont Lounès Darbois fait état au 2° §
- Le passage où il parle de différences entre "blancs" hommes et femmes peut être aussi l’occasion d’aller lire (ou relire) ICI un texte plus ancien du même Vertumne que j’avais d’ailleurs déjà signalé.

mercredi 16 juin 2010

Palmarès, etc.

Le couvre-chef du mois est attribué cette fois-ci à █O█ ouacisme pour son magnifique reflex pavlovien-stalinien. Sa remarquable manifestation de rigueur républicaine et son intuition politique sont à saluer à trois égards :
1° ils ont gracieusement offert une pub gratos à la culture pinard-sauci██on Bien de Chez Nous et, en prime, une info grand-public sur les divertissements exotiques de la rue Myrha.
2° ils se sont fait connaître et adorer par les laïcards de tous poils et les beaufs de nos provinces.
3° ils ont réussi à se mettre eux-même dans une seringue qui les obligera chaque fois à refaire ad nauseam la même connerie pour ne pas se déjuger...

Et, pour ne pas être en reste, la 1° "poubelle pour tête vide" est attribuée aux guignols qui ont peut-être voulu se faire plaisir en choisissant une police de caractère très 1900 (Adolf avait onze ans…) somme-toute bien en phase avec le look vintage de leur affiche…
Z’ont pas encore compris que la nano-particule d’avoine dans leur œil, c’est la charpente de Versailles…

mardi 15 juin 2010

Retour brutal…

Quel sera la prochaine occasion de pousser plus loin encore le niveau de la connerie hystérico-aplaventriste ?
Ce qu’il y a de génial, c’est la façon dont le bac à sable des morts-vivants arrive toujours à nous surprendre avec toujours la même antienne et en allant toujours plus loin…
Rentrant de dix jours d’absence, certes privé de vin et de saucisson décents mais en des lieux aussi conviviaux que peu divers et guère préoccupés par les gngnphobies, je n’en suis tombé que de plus haut. Découvrir brutalement que ces produits du terroir sont éminemment suspects, apprendre qu’ils sont élevés au rang de symbole du racisme le plus abject, se faire à l’idée qu’il serait préférable pour le vivre ensemble d’en réserver la consommation à la sphère privée, honteusement reclus derrière nos rideaux tirés, ça fait quand même un choc.
Bon d’accord, on n’en est pas encore à l’étoile jaune, mais ce sera inutile : on la porte déjà tous. Et on ne peut ni la cacher ni la découdre puisqu’elle est nous-même : un je ne sais quoi multiforme qui nous tient lieu de béret et baguette sous le coude…

Ceci-dit, si le Plouc-émissaire a un peu manqué de vin ces derniers jours, rassurez-vous. Outre la fréquentation de gens chaleureux et fiers de leurs racines, la production alcoolisée du terroir local lui a laissé quelques souvenirs impérissables.

lundi 14 juin 2010

C’est pas la fin du monde…

Je me souviens du temps (c’était pas hier) où je me la jouais graine d’intello à écharpe louchant sur la rue Saint Guillaume. Je vois encore le décor et les accessoires de mon petit théâtre à la con : sur une table au fond d’un bar enfumé, le quotidien Combat largement étalé sur le formica laqué (ton jaune-orangé édition 1963…), un paquet cartonné de Gitanes filtre, un cendrier en plastoc blanc Cinzano, un café-crême (avec deux pailles…), un bout de crayon à la mine érodée bien utile pour griffonner des notes débiles dans les marges de "La révolte des masses" d’Ortega y Gasset, et, évidemment, incontournablement, négligemment posé à côté de tout ça, le Monde

Plus tard, passé cet âge encore un peu naïf, plus absorbé par la lecture des Echos, voire du J.O. pour raison alimentaire sinon par souci du réel, j’ai longtemps cru qu’il n’y avait plus que les étudiants boursiers d’Afrique noire pour lire consciencieusement, voire religieusement le Monde.

Il n’en est rien.

L’institution perdure. Ouais, enfin bon… "Le Monde ne suffit pas" ou plutôt l’arrogance boboïde ne suffit plus…
Comme d’autres fourguent des stylos ou des réveils-matin avec les abonnements, l’alléchante proposition commerciale faite aux couillons de vulgariser de gentils chefs d’œuvre de la littérature libertine par petits fascicules habillés en rouge Hermès suffira-t-elle à relancer les ventes ?
D’ici-là, d’ici dix jours, il faudra bien trouver une alternative au dépôt de bilan… Et vu le pognon qu’il faudra y mettre, le payeur sera le vrai patron quoi qu’en pense la "Société des rédacteurs"…

Y a le choix (peut-être) : Le Monde sera sauvé, n’en doutons pas. Mais par quel pognon ?

Si c’est Pédriel, ce sera par le fric des sanibroyeurs pour WC (et pas mal de fric public via Orange…),
Si c’est Pierre Bergé et Niel (gauche caviar canal habituel), ce sera le fric du Minitel rose,
Si c’est l’espagnol Palanco, ce sera du fric gagné sous Franco sur les marchés obtenus par affinité politique avec le régime pour la fourniture des livres scolaires…

J’adore…

Un seul regret : Berlusconi n’est pas sur les rangs…