"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 31 juillet 2010

Rendre visible l’islamisme et invisibles les femmes…

Je lis ici et là, en signature : "Robert Redeker, philosophe". Pour moi, ce n’est pas ce que j’appelle un philosophe. Certes, il l’est au moins autant et bien plus que bien des médiatiques qu’on nous présente comme tels… C’est un prof agrégé de philo qui est, me semble-t-il, avant tout un militant, un combattant, d’une cause, d’une conception de la Vie. Cause que je partage à bien des égards et en faveur de laquelle il n’est jamais à court d’arguments.
Jeudi dernier, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles a publié sous sa signature la tribune suivante :


La burqa contre la civilisation

La burqa est un signe politique bien plus que religieux. Toute politique passe par une sémiologie, une manipulation des signes. Arme psychologique aux mains de l’islam politique, autrement dit l’islamisme, la burqa fait figure d’élément de propagande : montrer aux foules que l’islam politique est bel et bien présent, au cœur du monde occidental, qu’il s’étend de façon irrésistible.
Dans cette perspective, la burqa est aussi un marqueur de territoire : montrer aux autochtones que leur territoire ne leur appartient plus totalement.
Donner une visibilité à l’islam politique, tel est le sens de la burqa. Défendre et développer le port de la burqa s’inscrit dans une stratégie : rendre visible l’islam politique.
Dès lors, interdire la burqa ne revient pas à porter atteinte à la liberté de penser et de croire, mais à infliger une défaite à cet islam politique.
Anthropologiquement, la burqa représente pourtant le contraire de la visibilité : elle rend invisibles les femmes. Elle les escamote, les fait disparaître du jour, les expulse de la lumière. Ce dispositif s’exerce par un double jeu autour du “voir” : d’un côté faire voir l’idée, la force de l’islam politique, et de l’autre effacer celles qui portent dans l’espace public cette idée, les femmes, les rendre invisibles en les couvrant d’une bâche. Certains signes religieux soulignent la foi, l’accompagnent dans l’espace public, réussissant à donner un vêtement à l’âme, redoublant la visibilité de la personne, de son corps, de son visage, par la visibilité de sa spiritualité. La kippa, la croix chrétienne, le costume d’un moine ou d’une moniale, et même le hidjab (le voile ou foulard musulman qui ne cache pas le visage) y parviennent. La burqa, au contraire, ne souligne rien : elle élimine la femme du regard d’autrui, la désincarne radicalement pour ne laisser paraître qu’une terrible abstraction, celle du pouvoir temporel d’une idée délirante. Bref, la burqa déspiritualise autant qu’elle désincarne.
Emmanuel Levinas nous l’a enseigné : l’être humain se définit par le visage. Chaque enfant, chaque homme, chaque femme identifie sa personne, dans ce qu’elle a de plus original, avec son visage. C’est avant tout sur le visage qu’apparaît le moi. Vivre en être humain revient à jouer le jeu de l’échange des visages. Mieux : l’échange des visages forme l’humanité comme communauté. Nous montrons nos visages pour être reconnus par les autres comme appartenant à la famille humaine. Le “je” et le “tu” naissent du dialogue des visages, dia logue fondateur qui précède le dialogue verbal. La burqa soustrait le visage à la visibilité, l’élimine. Caveau de tissu, elle détruit chez la femme qu’elle ensevelit le droit d’appartenir à la communauté humaine dans la mesure même où elle lui interdit d’entrer dans la sphère du dialogue.
L’homme, la femme et l’enfant sont, à la différence des animaux et à la ressemblance des divinités, des êtres d’apparition. Rien ne symbolise plus profondément la nature apparaissante des humains que les visions de la vierge Marie – qui n’est pas une déesse, mais une femme – à Lourdes et à Fatima. Nous nous apparaissons les uns aux autres. Le visage se détache de l’horizon, ou bien de la foule anonyme, fait fond sur l’indifférencié pour nous regarder, nous sourire, nous parler. Et le corps suit. Mais, recouverte par la burqa comme un tas de gravats sur un chantier, la femme a été volée de son visage et de son corps. Elle n’est plus qu’une forme inhumaine, vague et sombre. La burqa n’est pas seulement le sépulcre de la femme, mais de l’humanité.
Rendant visible l’islamisme et invisibles les femmes, la burqa n’est pas compatible avec la conception française – et, plus largement, européenne – de la civilisation. Dans un roman visionnaire, écrit au début du siècle passé, l’Auberge volante, Chesterton imagine l’islamisation de l’Angleterre, la constitution d’un Londonistan, l’imposition de la charia, la fermeture des pubs, c’est-à-dire de l’âme britannique, malheurs permis par la tyrannie d’un politiquement correct humanitaire. Rebarbarisante, déshumanisante, la burqa, qui veut ôter le féminin de l’ordre du monde, est le cheval de Troie du danger perçu dans les années 1910 par Chesterton : l’islamisation des sociétés européennes, la victoire de l’islam politique. C’est pourquoi cette interdiction sur le territoire national s’avère fondamentalement – en fonction des fondamentaux de la civilisation française – légitime, malgré les récriminations de quelques-uns.
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Dans des milieux habituellement qualifiés de "conservateurs", cette "Tribune" a d’ores et déjà suscité des réactions qui illustrent parfaitement le relativisme ambiant, la conviction bisounours que tout est de valeur comparable, etc. Le refus aussi, conscient ou non, d’envisager toute dimension politique et l’enfouissement épouvanté de toute référence au Jihad.
En voici quelques extraits :


"J’aurais tendance à penser qu'elle (le port du niqabs, etc.) serait plutôt à usage interne, visant à réorienter les populations musulmanes vers une pratique religieuse plus rigoureuse. Il s'agit certes d'un mouvement de repli sur soi, de refus du monde, du sexe, (etc.) mais à mon sens pas d'un mouvement de conquête de l'espace politique d'une société non-musulmane dont les tenants de cette mouvance n'ont rien à faire."
Une autre : "Dans le contexte actuel, les personnes se définissent de plus en plus par leurs relations virtuelles. L’on est plus vite amené à être proche des pensées intelligibles de quelqu'un lorsque la parole est seule expression du message. (…) Le visage est un représentant du moi physique et animiste, de la personne réelle, certes, mais surtout du moi construction sociale. Le visage révèle les conventions, les gènes et les peurs par des expressions incomplètes. Il ne révèle pas seulement l'être mais aussi ce qui empêche sa réalisation et le contraint dans son rôle social le plus souvent injuste… (…) La religion n'est pas l'oublie de soi, c'est sa conquête. Si on a besoin de se cacher pour ça, alors pourquoi pas, c'est une arme comme une autre (…) Pourquoi jouer les don quichotte contre les monastères ambulant ?! Le débat sur le port de la burqa a déjà eu lieu : il s'agissait à l'époque de savoir si le port du costume ecclésiastique était autorise dans la rue. La conclusion laïque fut qu'il était autorise de le porter."
Une autre encore : "Ces critiques pourraient s'appliquer aux couvents et à différentes formes de clôtures catholiques (...) Invisibles et silencieuses pour de nombreuses religieuses romaines (…) Idem. l'engagement monacal soustrait des personnes au regard et au dialogue, caveau de tissu pour la burqa, burqa de pierre pour les couvents et les monastères. Ce qui gêne, c'est la visibilité dans l'espace public, à la différence des couvents, où les cloîtré(e)s le sont pour de bon et complètement, loin des yeux des foules qui vaquent. Les anthropologies qui sous-tendent la clôture sous une burqa ou dans un couvent sont fort proche en terme de soustraction de la personne à l'interaction sociale ou au dialogue. La soustraction volontaire d'adulte responsable à une vie sociale "normale" ne peut être interdite sans trahison de ce qui fait aussi la civilisation européenne… Tordre les principes de respect de la liberté individuelle quand elle n'atteint l'ordre public que par l'exaspération des foules est une reculade et une ruse avec nos valeurs qui ne serait pas la preuve de la force de la civilisation occidentale, mais de la peur. Des femmes et des hommes veulent se cloîtrer, certains dans des couvents, d'autres dans des burqas. C'est dommage mais si c'est là leur seul crime, je n'en ferai pas une chasse au sorcières. Etc."

La Vie est un combat. Qui s'en souvient ?

jeudi 29 juillet 2010

Le fond est encore et toujours dans l’affiche…

Je reviens sur une de mes petites manies déjà évoquée le 30 juin dernier, laquelle consiste à meubler des moments de désœuvrement en méditant sur l’évolution des affiches de propagande électorales à travers les âges…

En des temps désormais reculés, voire obscures, une sorte de naïveté charmante poussait les masses laborieuses à espérer les bienfaits d’un avenir radieux, fruit d’un concept certes assez flou mais porteur et connu sous les vocables de progrès et de démocratie. Non seulement cette espérance était largement partagée, mais ce n’était pas qu’une attente. Le mot citoyen était alors un substantif (ce n’est plus aujourd’hui qu’un adjectif) et le premier venu des guignols pouvait faire sienne la conviction qu’il avait un rôle à jouer dans le film… En ces temps reculés, donc, il importait d’alimenter les dits guignols en objectifs concrets, en arguments, etc. Et les affiches en étaient le reflet.
Bien sûr, cela pouvait s’accompagner de crispations et d’échanges de noms d’oiseaux de nature à scandaliser nos braves bisounours confits dans le vivre ensemble et l’addiction aux recours judiciaires. On se frittait parfois grave mais au moins on se bougeait…

Vint le temps où, l’élection présidentielle au suffrage universel aidant, le matériel de propagande s’est fortement personnalisé mais en couplant toujours l’homme providentiel présumé avec un objectif plus ou moins concret supposé justifier un vote en sa faveur.

Il semble qu’ensuite la déliquescence gorbatchévienne couronnée par la chute du mur de Berlin ait conduit à jeter le bébé avec l’eau du bain. En effet, nos politiciens et communicants ont totalement perdu la mémoire de la condamnation du culte de la personnalité pourtant martelée alors depuis plus de trente ans par l’avant-garde de l’avenir. Il est vrai qu’il est bien commode de pouvoir faire l’impasse sur des projets de moins en moins crédibles et, en plus, s’agissant d’accrocher la cible (l’électeur), ça permet de ratisser plus large en matière de QI…
Comme disait Jules Romains : "- Les esprits sains discutent des actes, les esprits moyens discutent des événements, les esprits médiocres discutent des personnes"…

Mais la vie continue. L’affichage politique s’améliore et corrige ses erreurs passées pour se rapprocher à nouveau des préoccupations concrètes (et, le cas échéant, citoyennes) non plus des citoyens (qui n’existent plus qu’à la marge) mais des usagers, des consommateurs et des résidents :

La propagande anglophone pour les traités européens est bien pensée pour recueillir une majorité de suffrages. L’ajout à la gente féminine des homos, bi, trans et de je ne sais quoi encore permet de s’assurer un socle de voix consistant. L’affiche suggère de multiples opportunités. Opportunités dont je ne me souviens pas qu’elles aient été évoquées par Robert Schuman ou Jean Monnet mais qui sont bien la preuve d’un souci constant d’innovation, même si certaines d’entre elles peuvent s’avérer bien étroites… De plus, si l’affiche ne donne pas une information programmatique exhaustive, elle dit l’essentiel : l’Europe est prête à enlever le bas…
Line Stambouli est charmante. "Je suis capitale pour vous" nous dit-elle, les yeux dans les yeux avec une (quel est le mot épicène pour mâle ?) assurance…Son affiche méritait mieux que ses 0,88%, elle est bien pensée sur un fond pastel-fushia-poupée Barbie propre à retenir l’œil des habitués de Secret Story et de l’île de la Tentation (reste à savoir si ceux-là votent…) Je ne sais pas de quel Paris elle parle (Paris Hilton ?) mais ce Paris-là n’a pas sauvé Paris de Delanoë...
Ah ! Mélanchon ! On sent que cet homme a de l’avenir. Non seulement c’est bien pensé pour attirer l’œil à la sortie du métro, mais ça mérite un remerciement du sponsor BNPParibas pour le coup de pouce à sa propre campagne d’affichage. Après tout, peut-être que Federer, tout Suisse qu’il est, était le porte-drapeau du Front de Gauche dans cette histoire. En tout cas, pour illustrer le discernement de Mélanchon en matière de pronostics sportifs, c’est pas gagné. Pour le discernement politique, je ne sais pas…
Quant à cette chère Halina Wawzyniak qui donne de sa personne pour cette "Gauche" d’outre-Rhin (d’outre-Rein ?) ayant servi de modèle à ce même Mélanchon, je n’ai peut-être pas bien compris. Dans le montage ci-dessus des quatre affiches, les petits caractères du placard rouge sur ses fesses sont malheureusement illisibles. Il y est écrit "Mit Arsch in der Hose in den Bundestag". J’ai donc bien sûr pigé qu’elle souhaitait entrer au Bundestag avec son cul dans son pantalon (ce qui est tout à fait légitime et en général de bonne pratique) Mais elle nous invite aussi, semble-t-il, à aller "direkt" plus bas que son tatouage politiquement assumé. Ce qui, somme-toute, paraît assez attractif mais ne nécessite pas, a priori, de déposer au préalable un bulletin dans l’urne…

Rétrécissement des horizons visibles 4

mardi 27 juillet 2010

Divagations d’un soir…

Merveille du High-Tech, Humanité nouvelle,
La communication abolit les distances.
Plus d’espace entre nous et plus de différences.

La main sur la souris caressant son tapis,
Substitut rassurant à cet Autre de chair
Bien trop imprévisible pour le risque zéro.

Connexion Bluetooth, accouplements factices.
Plus de frissons futiles avec l’écran tactile,
Qu’importe le charnel, il nous reste le clic.

Communication virtuelle, altérité virtuelle,
Conversation virtuelle, copulation virtuelle,
Procréation virtuelle et création virtuelle.

Amour virtuel…

Areuh du vieillard, infantilisme de l’adulte,
Lassitude de l’ado, alzeihmer du nouveau-né.

Retour au ballon rouge sur console Nitendo,
Et retour dans les couches, la tétine à la bouche.
Retour dans l’utérus. Et puis plus d’utérus…

Des ventres libérés remercions la Science.
Gloire au Gender parfait au sperme sans semence.


Bonjour chez vous.

lundi 26 juillet 2010

Une anecdote tellement cruelle… et si vraie.

Pourquoi vous infliger le petit fruit débile de mes divagations de cette nuit ? Je m’apprêtais à le faire ce matin mais j’ai commencé par aller jeter un œil à ce que d’autres avaient écrit… Du coup, je diffère, on verra plus tard.
Et je vous invite à lire d’urgence le texte que
Vae Victis vient d’écrire sur ILYS sous le titre (un peu passe-partout et récurrent, hélas) : "La liquéfaction de l’Occident". Pauvre anecdote si exemplaire que je me permets de la reproduire ici car je veux la garder dans mes archives :

Une anecdote tellement cruelle qu’elle en devient amusante.

Le type a la cinquantaine, il a trouvé un autre job sur Nantes, il quitte la boite, et il organise à la va vite un petit pot à base de mousseux à température ambiante. Une quinzaine de personnes réunies. Sur ce site nous sommes peu nombreux. Un couloir d’une trentaine de mètres, deux rangées de bureaux de chaque côté.

Il a pris quelques minutes pour faire la tournée des bureaux, pour motiver les récalcitrants à en sortir. Il est midi. Direction la salle de repos. En fait quelques sièges, des machines à café et à confiserie, une fontaine à eau. Mobilier sommaire, moquette douteuse.

Il improvise quelques mots. Il est triste de nous quitter, il aurait aimé rester plus longtemps parmi nous. Il part pourtant volontairement. Mais comme pour tout le reste l’essentiel est de donner le change.

Peu de discussions, ou guère plus que de la pluie et du beau temps. Deux types derrière moi ont pourtant un échange différent, ils discutent de son prénom probable. En fait ils ne doivent pas être nombreux à le connaître. Lui même se tient pour l’essentiel devant des inconnus.

Ils sont pour la plupart là depuis des années mais les gens ne se connaissent pas. D’un bureau à l’autre, ils s’ignorent presque totalement, si on passe outre le « bonjour » de rigueur. Tu dois pouvoir y rester 10 ans sans que le type du bureau d’à-côté ne connaisse ton prénom si t’as pas à bosser avec lui. Comme les immeubles où personne ne connaît ses voisins. C’en est la transposition dans le monde professionnel. Pour les inter-contrats c’est pire, même ceux qui les connaissent les ignorent, comme s’ils avaient une maladie contagieuse.

15 minutes plus tard c’est fini. Des années à travailler expédiées en quelques moments gênés et dans le désintérêt le plus total. La chaleur humaine des sociétés de service.

C’est la maladie qui ronge l’Occident, l’anomie qui l’envahit et qui fait de chacun de nous des étrangers, presque des ennemis. Les gens savent avoir définitivement perdu quelque chose, sans vraiment pouvoir mettre les mots dessus. Ce sentiment d’appartenance, cette camaraderie, ce sentiment qui fait qu’on se sent bien avec les siens. C’est ce qu’ils disent quand ils plébiscitent dans les urnes la thématique du « lien social », qui est si omniprésente, alors qu’ils pratiquent le contraire dans leurs vies. Le lien social ne devient une thématique politique seulement quand on l’a perdu, et qu’on attend de l’Etat qu’il en tresse un nouveau.

Je sais avoir assisté à l’une de ses millions de batailles perdues chaque jour. De ces innombrables batailles qui distendent les liens, qui instaurent la défiance entre voisins, qui fragmentent les familles, qui poussent à l’ignorance des collègues. Chaque jour l’Occident se dissout un peu plus devant nos yeux. Pas de manière spectaculaire, mais par une accumulation d’histoires individuelles où le collectif existe de plus en plus difficilement. Une destruction de tout cadre collectif qui étaient autrefois naturels, et qui constituaient le squelette de notre civilisation, son espace de vie. Cet espace collectif où l’on existait en tant que communauté, en tant que peuple.

Il n’en reste à peu près rien. L’immigration a la tâche aisée.

samedi 24 juillet 2010

Vrac de brèves comme ça vient…

Humeur météo. Voilà une semaine que j’ai pu fuir les 32° de mon douar de cantonnement pour retrouver mes terres… 19° le matin, petit-dej’ dos au soleil, descendre en tongs en mes jardins… Flemme de faucher la prairie. Trop tard ! Déluge… C’est foutu pour un moment. 10° le matin, petit-dej’ dedans, descendre en bottes dans le marécage… Jamais content…

Sourire et ricanement. Dans une usine de Strasbourg, brusque arrêt de travail dans les ateliers. Quatre cent salariés en colère bloquent le local syndical de la CGT et séquestrent ses représentants… "La direction a envoyé ses sbires" selon ces derniers qui appellent la police au secours… Rome n’est plus dans Rome, disait l’autre. Sans doute…

La France est toujours la France. Le Tour touche à sa fin. Suis toujours fasciné par le professionnalisme que déploie ASO dans l’organisation de ses cirques. Il ne reste qu’un contre la montre et la dernière étape toujours bien conçue pour une arrivée groupée à Paris. Et juste huit secondes entre le 1° et le2d. Donc du spectacle et du suspens jusqu’au bout. Bon calcul… Voilà le travail d’une boîte commerciale 100 % privée à comparer à la gestion à coups de moulinets de bras d’une FFF qui brasse des sommes pharaoniques accrochée à son privilège de pyramide d’associations sportives, donc "sans buts lucratifs"…

Eros et Agapé. Ce matin sur France Cul, Finkelkraut et ses invités bavassaient sur le thème à coup de Platon et de saint Paul. Qu’est-ce qu’ils croient ? Eros et Agapé s’interpellent et s’interrogent mutuellement depuis la nuit des temps en général et depuis deux mille ans en particulier. C’est la grande novation du christianisme d’avoir explicité le débat, c’est en ça qu’il est Le signe de contradiction. Et le débat n’est pas près de se conclure, braves gens, puisqu’il est fondamentalement ontologique. Bon, qu’on le ressorte pour meubler Répliques au creux de l’été est de bonne guerre. Surtout, espérons que ce débat reste d’actualité et qu’il ne sera jamais étouffé, ni par les versions reloaded de l’homo soviéticus cher à Zinoviev, ni par l’égobody cher à Robert Redeker ou les salafistes (prétendument) chers à Mahomet…

Santé des banques. Ouf ! Les banques françaises ont passé avec succès les tests de résistance menés par les autorités européennes, ce qui écarte tout besoin de recapitalisation. On a fait ce qu’il fallait pour rassurer les marchés (du moins, on verra lundi…) Bien sûr, quelques Cajas de Ahorros espagnoles sont restées sur le tapis. C’est comme le taux de réussite au bac, il faut bien quelques recalés pour crédibiliser le truc… Ça n’a rien à voir, mais l’humoriste américain Robert Orben disait :
"Les séries policières à la télévision s’arrêtent toujours au bon moment. Juste après que le malfaiteur ait été arrêté et juste avant que le juge ne le remette en liberté"

jeudi 22 juillet 2010

Dernières nouvelles du Frankistan

Je n’avais jamais parlé ici de Marie-Neige Sardin. Une certaine gêne, peut-être, étant généralement plutôt porté, me semble-t-il, à exprimer mes humeurs avec une pointe de sarcasme… Là, je peux pas…

Grâce aux vipères lubriques du net, vous avez tous entendu parler de Maire-Neige Sardin, cette libraire de quartier dans le 9-3 comme on dit maintenant. Victime de plusieurs agressions, d’un viol et d’exactions récurrentes contre son commerce, elle a osé porter plainte. Depuis lors, elle subit un harcèlement permanent mais ne cède pas. Aucunes suites concrètes à sa plainte, à ses appels au secours à "l’Etat de Droit". Silence radio. Sinon le "conseil amical" de la Police et de la Justice de faire profil bas… Depuis des mois et des mois… Elle finit par faire une grève de la faim…

Et j’apprends la nouvelle : Marie-Neige Sardin a été placée 24 h en garde à vue !

Un appel laconique en a informé sa fille (bien sûr, on respecte la procédure du coup de fil à un proche) Refus de lui dire le motif, refus de lui dire où sa mère est retenue… On ne saura donc ni de la part de la police, ni de la justice pourquoi Marie-Neige Sardin a été mise en garde à vue.

Si : Soupçon d’avoir tenu des propos racistes… Elle aurait utilisé le mot "singe" pour qualifier les auteurs présumés des agressions et harcèlements avérés dont elle est victime…
L’affaire était si grave, convenez-en, qu’elle justifiait de diligenter sans attendre une enquête nécessitant la garde à vue du suspect, prioritairement à toutes autres affaires éventuellement en suspens dans cet Arrondissement de Police du 9-3 (où c’est très clame, il est vrai, en ce moment…)

Les médias nous ont saoulés avec les évènements de Grenoble suite au décès de Karim Boudouda mais n’ont pas dit un mot de l’interpellation de Marie-Neige qui est pourtant une preuve irréfutable qu’il n’y a pas en France de "zone de non-droit"….

mercredi 21 juillet 2010

Le sac Vuitton, signe extérieur de pauvreté

Je ne "descends" plus que rarement sur la Côte d’Azur. Seulement par obligation et c’est de plus en plus rare. J’ai là-bas trop de nostalgie de tant de jeunes années que je ne m’y reconnais plus…
Bon. Je profite de ma flemme estivale pour vous donner à lire le billet d’humeur publié le 9 juillet dernier par Nicolas Bonnal sur
Liberté Politique. D’autant que la ligne éditoriale de ce site que je recommande ne nous a pas accoutumé à ce genre de prose :
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On a connu des temps meilleurs, comme tout le monde : mais telles sont les années 2010, après Bush ou Blair, avec Lula ou les Chinois, les différents krachs si bienvenus pour Goldman Sachs & consorts ; elles dessinent un destin profondément lamentable, dont même les plus repus de stupidité socialiste ou capitaliste se rendent compte maintenant.
De quoi veux-je parler ? Oui, de la Côte d'usure, qu'on appelait jadis Côte d'azur. C'était un endroit pour riches, naturellement, et pourquoi pas, ils avaient de la domesticité, comme le remarquait Lénine, mais, depuis le passage à l'euro, c'est devenu un endroit invivable pour les autres, les pauvres, et les prix y sont devenus, comme à Paris, tellement invraisemblables, de 5 à 100 000 euros le mètre carré, que la vie y est devenue comme impossible.

Et l'on se retrouve comme dans la grotte du Cyclope, avec personne précisément, en attendant d'être mangés tout cru lors du retour de l'huissier ou du proprio. Les riches y ont acheté leur baraque à quarante millions, au cap d'Antibes, au cap Roux, au cap Ferrat, où jamais ils ne viennent, les pauvres, les autres, pardon, fuient ; quand ils ont un peu de raison. C'est un peu comme du Descartes : je pense, donc je fuis. Il n'est plus temps de rester. On y erre parfois vraiment dans l'ère du vide, comme disait ce bon Lipovetsky. À ces tarifs en effet, on y fait le vide, sur la nouvelle côte d'Adam, d'où ne viendra pas la prochaine Eve.

Il reste quelques gens. Mais sur la Côte d'usure, au moins entre Cannes et Menton, plus personne ou presque n'a de voiture personnelle ; tout le monde y crève de faim, monte donc dans les bus, dans les trains, quand ils ne sont pas en grève ou hors de prix, et rêve de se loger dans plus de vingt mètres carrés, quand ils n'ont pas été achetés à temps, c'est-à-dire à temps, vraiment, avant les années Volcker ou les années rigueur, avant l'euro, entre autres.

Quand on n'a pas de place, il est difficile de se reproduire, ou même de penser aux sentiments. Quand la vie est trop chère, il faut aller voir ailleurs. Quand le mètre carré vaut un an de SMIC ou huit mois de bac+5 (puisque c'est à ce prix que l'on estime le DEA, si l'on estime le footeux insulteur et fainéant à six millions d'euros), il devient difficile de fonder un foyer et d'avoir des enfants, à moins de se les refiler, comme le font les innombrables familles recomposées.

Un Signe

C'est ainsi que l'on voit plein de jolies jeunes filles, et même un petit peu moins jeunes, puisque tout vieillit sur cette terre (même Mmes Binoche ou Marceau, fort célibataires, mais peu endurcies) et qui, se rendant compte de leur prolétarisation récente, qui ne fut donc pas celle de leurs parents, mais celle seule de leur génération, se désespérer, et se raccrocher à ce qu'elles peuvent avoir : un sac Vuitton, un chihuahua, un Blackberry.

Le reste est hors d'atteinte, sauf le pastis entre copines, qui est devenu d'usage sur la Côte d'usure. La programmation cybernétique de la société postmoderne, décidée sous Nixon ou Pompidou, a ainsi porté ses fruits : on est désexualisé, on ne conteste pas, on est pauvre, et on fait profil bas. Et qui en profite ? Pas Nietzsche, pas Lénine, pas Sorel, non : on ne citera pas de noms, les people les plus riches de l'Hexagonie.

Alors on voit de splendides sirènes monter dans des bus bondés avec leurs attributs nouveaux, crème machin, colifichet : si je ne peux me payer un mètre carré, du moins pourrais-je, moi qui vis dans une chambre de bonne ou chez mes parents, me payer un Signe. Et ce signe, c'est le sac Vuitton. On reconnaît une pauvre à son sac Vuitton.

Le luxe n'est plus ce qu'il fut : il est aujourd'hui symbole de prolétarisation, signe de désespoir, symbole d'une civilisation terminale, où les anciens princes charmants, hommes désexualisés n'ont plus rien à apporter aux femmes ni l'inverse.

Pendant trente ans, nous avons eu des rêveries richissimes, comme aurait dit Baudelaire. Aujourd'hui, la société bat de l'aile. Bernard Arnault n'a cependant pas de soucis à se faire : les pauvres de son Nouveau Monde ne voudront pas d'un nouveau petit Livre Rouge, ils voudront d'un de ses sacs. À quand un chat botté, qui défiera ceux qui ne se rallient pas à un sac Vuitton, mais à un panache blanc ?

lundi 19 juillet 2010

Petite leçon d’intégration…

Or donc, après avoir dévalisé les 20 à 40 000 € de recette d’un casino, ayant ouvert le feu à l’arme de guerre sur ses poursuivants, Karim Boudouda, 27 ans, "jeune" déjà multirécidiviste de faits criminels (pas de délits) a été tué au cours de la fusillade qui a suivi avec la police.
Sa mère, Madame Saliya Boudouda porte plainte. Interrogée au téléphone par l’AFP (on appréciera le tact de l’AFP et son souci de nous informer…) elle a déclaré : "Ils ont déconné les flics, ils ont déconné. Je vais voir le procureur et je vais porter plainte. Ça va aller très loin…"
Certains ont été scandalisés par son attitude. De qui se moque-t-elle ?

Je ne suis pas d’accord. Cette dame fait preuve de beaucoup de dignité. Rien ne peut lui être reproché et elle mérite d’être citée en exemple. Avec beaucoup d’application et de volonté, elle s’est efforcée d'apprendre et d'assimiler la culture de sa patrie d’adoption. Elle est la preuve vivante de la réussite exemplaire du long et ingrat travail fourni depuis des décennies par nos fonctionnaires, nos élus et nos élites pour intégrer harmonieusement les nouveaux arrivants à notre belle nation. Car elle a bien appris ses leçons. A cet égard, Mme Boudouda est la récompense incarnée attendue par tous, notamment les sherpas grattant les discours de nos dirigeants, les bénévoles oeuvrant dans l’alphabétisation et les assistantes sociales ("les droits à…"), les enseignants (relais de la "repentance") et, surtout, notre justice exemplaire ( encouragement à la 1° vitre cassée, "rappel à la loi" au 5° deal de shit, "avertissement" à la 4° agression physique, "sursis" à la 3° attaque à main armée…)
Et voilà que, sans crier gare, on passe directo à la peine de mort (qualifiez les faits comme vous voulez, pour elle c'est pareil...)
Madame Boudouda ne comprend plus et on la comprend…

dimanche 18 juillet 2010

Fait Divers – 2012 – Armée…

Je reviens sur le "fait divers" survenu vendredi dernier à Grenoble et déjà évoqué par divers blogs.

Rappelons rapidement les faits : Poursuivis après un braquage, les malfaiteurs ouvrent le feu sur les policiers avec des armes de guerre et blessent l’un d’eux. Riposte, fusillade et un des malfaiteurs prend une balle dans la tête. C’est ainsi que Karim Boudada, a perdu la vie.
Il va de soi qu’un imam a animé dans l’espace public une prière pour le repos de l’âme de ce "jeune" qui était un "enfant du quartier" (et subsidiairement, semble-t-il, déjà titulaire de trois condamnations dont une aux Assises, mais c’est à vérifier…) S’en est suivie une bonne nuit d’émeute, d’incendies et de destructions agrémentée de cris de haine, d’insultes expressément racistes et de menaces de mort explicites proférées par la "population locale" à l’encontre de la police, certes, mais surtout de tout ce qui était français, européen, blanc quoi…
Bien entendu, on retiendra que le ministre s’est déplacé, que le maire PS et les syndicats ont réclamé plus de moyens et on s’interrogera probablement à l’IGS sur le manque de discernement de fonctionnaires de Police ayant eu le front de continuer la poursuite des "malfaiteurs présumés" jusqu’au cœur du dit quartier…

Ce n’est pas ça le plus intéressant… Ce sont les 97 commentaires postés par d’honnêtes citoyens suite à sa dépêche sur le site de TF1news ; commentaires dont le style comme le fond montrent bien qu’ils émanent d’une France profonde ne fréquentant pas la réacosphère.

Le pompon revient évidemment à leduofusionne qui écrit hier à 18h32 : « Je vous lis et je rigole... La délinquance existe dans 100% des pays du globe, les "faits divers" datent de Mathusalem. J'ai résidé 3 ans en Suisse, et même dans ce pays décrit comme calme il y a des remous dans les banlieues des villes. Alors arrêtons de s'alarmer et de dire que c'est la faute de la droite ou de la gauche, il y aura toujours des humains décérébrés quelle que soit la période, quelle que soit les sociétés. »
Je me demande bien de la fusion-copulation de quel improbable duo peut naître ce genre de conneries. Mais au fond je m’en fous (et vous aussi) On reconnaît l’arbre à ses fruits et nous savons qu’on trouve de tout en Bisounoursland…
En revanche, les autres commentaires sont tristement intéressants. Si la quasi-totalité exprime à la fois écœurement, scandale, volonté de remise en ordre et de répression, il ressort de cette bouillie à la fois une lassitude cynique et une désarmante naïveté.
D’un côté, la totale désillusion quant aux capacités des politiques de tout bord s’accompagne d’une attente de… 2012 !
De l’autre, beaucoup de braves gens réclament… qu’on envoie l’armée ! Brave gens, s’ils savaient…

Bref, c’est pas gagné…

vendredi 16 juillet 2010

Transparence et Confidentialité.

Une simple remarque en passant

Madame veuve André Bettancourt née Schueller, Liliane pour les intimes (?), 3° fortune de France (derrière Bernard Arnault et Gérard Mulliez), 2de femme la plus riche du monde, 17° fortune mondiale, à l’origine depuis plus de vingt ans d’une Fondation privée parmi les mieux dotées de France (à laquelle elle a rajouté un don de 552 millions d’euros en février dernier…) aura 88 ans aux prochaines feuilles mortes et est probablement assez diminuée. Bon. Soit.

Pas de panique, je n’ai pas l’intention de bavasser sur le psychodrame en cours en général ni de dire ce que je pense d’Edwy Plenel en particulier.

Non, juste un truc :
Les médias et un tas de gens bien intentionnés se gargarisent subsidiairement du fait que le fisc a reversé à cette dame 30 millions d’euros au titre, notamment, du bouclier fiscal. Bien entendu, on ne trouve nulle part mention de ce que représente cette somme par rapport aux impôts que la dame a certainement payé ces dernières années pour contribuer aux dépenses publiques en général et au maintien sous perfusion de notre modèle social en particulier…
Il paraît qu'on a pas le droit de le dire...

mercredi 14 juillet 2010

FETNAT ne nous oubliez pas !

Tout en préparant fébrilement ce très prochain 16 juillet qui est, ne l’oublions pas, la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites du Régime de Vichy et d'hommage aux "Justes" de France et en songeant déjà aux préparatifs à faire pour célébrer le 29 juillet la Journée internationale pour la diversité socioculturelle et pour la lutte contre la discrimination, je voudrais marquer ce jour du 14 juillet d’une pierre dont l’Histoire définira peut-être un jour la couleur.

J’ai évidemment eu une pensée ce matin pour honorer la mémoire de St Camille Ellis et du Bx Gaspard de Bono, personnages dont j’avoue ne rien savoir (sinon que Gaspard fut, en son temps, soldat des armées de Charles Quint) mais qui méritent toute ma considération puisqu’ils figurent aux divers calendriers, notamment romains, de ma confession d’appartenance. En revanche, je réalise avoir complètement oublié de faire une prière de demande (à défaut de louange) à St Fetnat. Pourtant, ce saint homme a bien dû exister puisqu’on le fête aujourd’hui et que j’ai même ouï dire que quelques bambins à la peau foncée ont en leur temps hérité de ce prénom. C’était, il est vrai à une époque où le calendrier des saints était encore la référence pour l’état civil (le temps béni des colonies comme chantait Sardou) ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, même dans le carnet mondain du Figaro.

Bref, aujourd’hui, on fêtait Fetnat.

Ayant donc honteusement oublié ça, j’ai au moins tenu à me rencarder sur ce qu’il était de bon ton de faire à cette occasion. Curieusement, on ne fait pas de Te Deum à Notre-Dame. En revanche il y a deux rituels qui ont retenu mon attention et je vous en fait part, vu que je me doute que nombre d’entre vous ont fait la même impasse que moi :

Le premier rituel est une procession en arme devant les autorités de la République plantées comme des poireaux sur un praticable comme on en voit au Festival d’Avignon :
Voici donc les poireaux qui gouvernent la France :

Et voici, au hasard quelques pénitents de la procession :

On voit que les soeurs amazones, congrégation féminine du Bénin sont martiales et costaudes. On se sent en sécurité avec elles. On note cependant qu’elles n’ont pas la courtoisie d’exhiber des armes françaises. En revanche les hallebardiers d’Offenbach à côté ont des Famas, mais on les leur a sûrement donné. (ce qui n'exclue pas que celles des béninoises, on les leur a probablement payé...)

Le second rituel est moins compassé et plus banal puisqu’il y est sacrifié lors de beaucoup d’autres solennités : je peux donc ressortir une vieille photo sans être accusé de bidonnage :
Ce rituel-là contredit la morosité ambiante. Qu’on se le dise : La crise ne touche pas tous les secteurs de l’économie et de la consommation festive ! En effet, d’une année à l’autre le nombre d’interpellations effectuées à l’occasion de la nuit de Fetnat ont progressé de 63 % et le nombre de petits canaillous déférés au parquet de 101 % Mais peut-être n’est-ce dû qu’à un regain de répression par l’Etat laïque de la légitime expression charismatique de prières de louange…

Un point préoccupant tout de même : Il y avait 494 soldats étrangers sur les Champs Elysée et il n’y a eu que 392 interpellations en France. Que font les armées d’occupation ?

lundi 12 juillet 2010

Diversité et mésaventures de Nestorio Cortizone 2 & Fin

NDLR : Vous trouverez ci-après la suite promise du précédent billet. Toutefois, pour répondre à certaines interrogations, il m’a semblé nécessaire d’insérer au préalable ici le copié-collé d’un extrait de la notice biographique de Nestorio Cortizone qui semble avoir curieusement disparu de Wikipédia :

Cinéaste atypique, Nestorio Cortizone est né à Moscou le 2 mai 1935 (jour de la signature du traité Staline-Laval d’assistance mutuelle entre la France et l’URSS) Il est le fils d’Armando Cortizone, ouvrier sidérurgiste condisciple de Togliatti ayant fui l’Italie fasciste pour échouer à Moscou où il occupait un poste subalterne dans la bureaucratie du Komintern. On notera que son arrière-grand-père, Allonzanfan Cortizone avait été garde du corps de Giuseppe Garibaldi.
Sa mère, née Magdala Espavantourian, initialement de citoyenneté turque et rescapée du génocide arménien, était issue d’une famille enrichie dans le commerce. Le grand-père maternel du petit Nestorio aurait toutefois débuté dans la vie comme simple sucreur de loukoums à Erevan avant de faire fortune dans la contrebande transcaucasienne.
En 1946, son père ayant été affecté aux fonctions enviées, sinon enviables, de contrôleur interne auprès du PCI, le petit Nestorio, alors fier komsomolets âgé de onze ans, quitte sans regrets la promiscuité des appartements communautaires pour se retrouver à Rome. Là, il va voir en cachette tous les films de Rossellini, Germi, Fellini, etc. auxquels il ne comprend rien mais qui formatent sa future esthétique. Fasciné par le cinéma, il s’intéresse à l’écriture et, adolescent, se faufile à Cinecittà pour y jouer les utilités. Après le divorce de ses parents, il quitte Rome pour suivre sa mère partie à Paris épouser son nouvel amant, un libano-bosniaque très introduit dans les milieux cultureux et, accessoirement, dans la contrebande de cigarettes. Alors âgé de 17 ans, Nestorio arrive à Paris le 5 mars 1953, jour de la mort de Staline. Tout émotionné le garçon ne manque pas de se rendre à la "grand-messe" de deuil organisée le mardi suivant au Vel’d’Hiv par l’Humanité, clôturant ainsi son enfance de fils d’apparatchik avant de se lancer bientôt dans une fréquentation assidue et émerveillée des nuits de Saint-Germain-des-prés… Etudiant à éclipse aux beaux-arts, un temps impressionné par le surréalisme moribond, c’est grâce aux introductions de son beau-père (et aussi impressionné par les ascendances antifascistes du jeune homme) qu’en 1955 Alain Resnais consent avec indulgence à prendre le poupin Nestorio sous son aile…
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Mais revenons-en à notre affaire :

Or donc, Nestorio Cortizone commença à travailler à son projet de téléfilm sur la soirée du Jeudi Saint.

Pour tenir les rôles des "douze", tout d’abord, soucieux de se conformer à l’air du temps et d’afficher ses propres convictions égalitaro-paritaristes, il prit soin de virer plusieurs apôtres mineurs afin d’introduire quelques femelles dans sa distribution : la Magdaléenne, of course, et les autres Marie (la Jacobée, la Salomée, allez savoir…) Restait à trouver un truc pour mettre sa "patte", sa signature originale, sur le scénario. Il avait bien pensé à quelque chose d’aussi "fort" que la scène finale de "Lol, peut-être" son grand succès de 1962 ( on y voyait le Spoutnik passer en faisant bip-bip au-dessus de la mer de Barentz dont les vagues venaient mourir en éclaboussant les franges du tapis élimé de la salle à manger de Karlovy Vary…) Mais il y renonça, trouvant que c’était sans doute "trop" pour le cerveau des zombies scotchés à leur télécommande. A vrai dire, il ne s’était jusqu’alors jamais soucié du ressenti des dits zombies. Ceux-ci n’étaient pour lui qu’une abstraction chiffrée, un nombre d’entrées en salles. Nombre toujours minable mais c’était sans importance, seules comptant les louanges acquises d’avance de la critique établie et, surtout, leurs retombées concrètes aux guichets de la Réunion des Artistes Subventionnés… Pourtant, curieusement (l’âge sans doute…) un zeste de lucidité lui rappelait l’existence de ces zombies puisque après tout, d’une façon ou d’une autre, ce sont eux qui le paient. L’existence de ces gens n’avait beau lui effleurer l’esprit que de façon fugace et subsidiaire, pour Nestorio Cortizone, une telle pensée était nouvelle et il trouvait çà assez déroutant…
Donc, quelle touche "personnelle", que dis-je, cortizonienne, apporter dans cette "tranche de vie" de quelques heures dont la trame du scénario est codifiée et archi-connue ?

Il ne faut pas oublier que le jeune Nestorio avait été nourri au sein de l’athéisme militant et sans nuance du bolchevisme le plus orthodoxe. Il lui en était resté la conviction classique que le phénomène religieux n’était qu’un fantasme de substitution servant d’anxiolytique aux masses incultes. Quant au christianisme, ce n’était à ses yeux qu’un résidu obsolète de temps pré-rationnels, servant de béquilles à quelques vieilles bigotes ménopausées exploitées sans scrupules par de vieux curés lubriques et pédophiles. Autant dire que sa culture dans ce domaine avoisinait le zéro absolu sur l’échelle du néant. Il ne faut pas non plus se méprendre sur les raisons de son éblouissement devant le tableau de Léonard de Vinci ; rien à voir avec le chemin de Damas ! Avec son sens de l’esthétique et, surtout, son sens professionnel du plan-séquence, il avait été subjugué par la diversité des expressions des visages, des attitudes, des postures et des sentiments suggérés… Bref, il avait réalisé dans l’instant toutes les variations dont il pourrait enrichir l’intrigue.
Décidé à passer à l’acte, il s’était grossièrement renseigné sur le contexte : l’épisode de la "légende" qu’illustrait le tableau. Constatant qu’il ignorait tout de ces historiettes, il avait tenu à s’adjoindre un "comité scientifique", non par souci de rigueur, mais pour éviter de se faire ramasser comme inculte, la pire des insultes pour un artiste et un intellectuel comme lui. Et puis ça faisait bien… En plus, les guignols sollicités étaient enchantés d’avoir été distingués, de profiter de quelques dîners pour pas un rond et de la perspective éventuelle de passer à la télé dans un débat post-diffusion. Bref, ils lui seront d’autant plus redevables qu’ils n’auront quasiment rien à foutre… Nestorio Cortizone, en effet, n’avait cure de la cohérence de son œuvre avec la lecture traditionnelle du sujet. Au contraire, susciter l’ire de quelques archevêques cacochymes et lefévbristes au crânes rasés ne lui déplairait pas, c’est bon pour la pub. Ses "consultants scientifiques" s’en doutaient et frétillaient d’aise à l’idée de pouvoir revalider leur certificat de modernité en montrant leur soutien à la liberté de création artistique… Finalement, la seule chose que redoutait Cortizone, c’était, emporté par son imagination créative, de laisser passer un truc qui pourrait lui être reprochée par les autorités morales. Bien que son milieu en soit par principe épargné, on sait comme la moindre broutille peut vite être montée en épingle avec d’éventuelles conséquences désastreuses sur les droits de tirage du fautif au titre de la Réunion des Artistes Subventionnés… Dans la suite de cette affaire, sachez donc que Nestorio Cortizone accorda toujours plus d’attention aux avis tranchés (et rémunérés) de ses avocats qu’aux avis nuancés d’obséquiosité jésuitique de son comité scientifique…

Bon. La logistique étant en place, il s’agissait de trouver sans attendre la "touche personnelle" qui renouvellera et pimentera le scénario. Pour se faire, Nestorio Cortizone partit de deux présupposés dont il s’était convaincu tout seul comme un grand : Le premier tenait au caractère selon lui essentiellement festif et convivial du repas rituel de la pâque juive. Le second, toujours selon lui, tenait aux origines fondamentalement hasardeuses du christianisme. Dépourvu d’autres références que celles de son propre catéchisme d’enfant, c’est dans le schéma de ce dernier qu’il lisait cette histoire nouvelle pour lui : Marx, Lénine et Staline = Yeshoua, Paul de Tarce et Constantin. Sauf que Marx c’était Marx et que Yeshoua le Nazaréen c’était RIEN… un illuminé mythomane avec une bande de copains qui fricotaient "borderline" et qui a joué sa vie au poker-menteur. Ses potes ont cru à son truc. Une chance sur ?…
Au poker… Vint alors à Nestorio Cortizone une idée qui lui semblait géniale : remplacer le dîner par une table de jeu ! Voilà qui va faire un buzz… Et ça a donné ceci :

Ouais… le comité a réagi mollement. La Morandais a fait la moue. Le bon Gaillot au sourire beat a timidement relevé que la pile de jetons de casino en lieu et place du pain et du vin était une apologie du tout fric blin-bling, une justification des yachts et paradis fiscaux, etc. C’était une grave insulte aux désirs simples des pauvres gens… Et puis qu’il vaudrait mieux placer l’action aujourd’hui, dans un contexte où les gens se reconnaissent dans la banalité de leur quotidien… Terras, lui, n’a rien dit, s’en foutant visiblement, la scène ne donnant pas l’occasion de ridiculiser tel ou tel évêque contemporain.
Mais le plus grave, ce fut la réaction de l’avocat. Il faut toujours se méfier des avocats :
"Cette illustration du repas de Pessah par une table de casino, peut être interprétée comme une allusion perfide à une prétendue appétence juive pour la rapacité financière et l’argent facile. On va tout droit au procès pour antisémitisme" qu’il a dit le baveux.
Du coup, Nestorio Cortizone est parti refaire sa copie en s’inspirant des suggestions de l’évêque de Parténia. Et ça a donné ceci :

Le cinéaste était content de lui : Un Jésus beauf de banlieue, sa mère en vierge ménopausée assise à sa droite comme note trans-générationnelle, St Jean en marcel, la Magdaléenne en working-girl penchée sur le Maître, Simon-Pierre doyen du groupe en aparté avec la pécheresse aux parfums, Simon le Zélote plutôt en parrain corse, Matthieu Lévi avec cigare, Jacques lui cassant les oreilles avec son contrôle fiscal pendant que Jean fils de Zébédée regarde d’un air sombre l’Iscariote au regard fuyant, déjà debout en bout de table et pressé de partir…
Ouais… La Morandais fait la moue. Gaillot reste dans une béatitude silencieuse et admirative. Et voilà que Terras s’écroule de rire : "Vous ? LE Cortizone ? Vous en êtes réduit à nous faire du Sautet ! Du Bacri-Jaoui !" Et le plus grave, c’est que le baveux opine et sort l’argument qui tue : "Ce n’est plus guère vendeur et cela dévalorise votre image"…
Du coup, Nestorio Cortizone est parti refaire sa copie. Et ça a donné ceci :


Le cinéaste était content de lui : On gardait des personnages "ordinaires" comme les aime ce bon Gaillot mais on faisait à fond dans l’exotisme avec une allusion implicite aux bombardements israéliens sur Gaza. Et puis un Jésus au crâne passé au papier de verre, ça en jette ! À sa droite la Magdaléenne évidemment. À sa gauche St Jean est asiatique, et Simon-Pierre itou et obèse… On ne pense pas assez aux asiatiques et à l’ouverture sur le bouddhisme. Allusion implicite au faux internationalisme laborieux du christianisme qui fait peanuts de part de marché en Asie… Le clou : en bout de table Judas est une femme…
Ouais… La Morandais fait la moue et marmonne qu’on croirait un pique-nique à Guadalcanal après la victoire US dans le Pacifique. Ou alors un briefing de tueurs en charge de se faire la peau de James Bond. Gaillot a l’air surpris et Terras s’en fout.
Le baveux commence à se lasser… Il rebondit toutefois sur la remarque de La Morandais (faut bien qu’il exprime une idée nouvelle pour justifier ses honoraires) : "Intéressant de pointer le côté GI’, d’où Irak, Afghanistan… Penser à la commercialisation aux USA. Mais c’est trop ciblé. Peut-être faudrait-il vous orienter vers quelque chose dans laquelle se reconnaîtrait toute la jeunesse solvable et mondialisée des pays de l’OCDE…"
Du coup, Nestorio Cortizone est parti refaire sa copie. Et ça a donné ceci :


Le cinéaste était content de lui : La Cène téléportée dans l’open-space…
Ouais… La Morandais fait la moue, Gaillot relève que les masses laborieuses sont absentes et Terras somnole…
Le baveux n’est pas là. Il a envoyé son assistante… Un peu surpris mais pas si déçu que ça, le gros Cortizone lui a fait une courbette assez ridicule avec baisemain suranné. La Morandais a gratifié la demoiselle d’une franche poignée de main en évitant de plonger les yeux dans son corsage échancré. Le bon Gaillot s’est fendu de son sourire béat et récurrent avec juste un peu plus d’humidité que d’habitude dans les deux sous-tasses à café en porcelaine blanche de Limoges qui lui servent d’yeux. Terras a soulevé un sourcil et émis un grognement…
La gamine, on la lui faisait pas… Pas le genre à végéter dans les permanences de l’assistance judiciaire. Caricature fort bien carrossée de la working-girl haut de gamme. Sciences Po, un DEA, deux DESS, CAPA, stages chez les plus grands, déjà spécialiste de l’action en indemnisation dans les procès d’atteinte à la dignité de la personne. Une tueuse…
Ce fut la douche froide dès qu’elle ouvrit la bouche devant les quatre vieux schnocks : "- Mais ça ne va pas du tout ! Je vois déjà dans vos diverses propositions environ quatre vingt onze opportunités de vous attaquer au pénal avec la quasi-certitude d’obtenir des dommages et intérêts à cinq chiffres pour au moins cent dix huit associations admises à se porter partie-civile ! Où sont les minorités visibles ? Où est le respect des quotas ?"
Tout penaud, Cortizone lui demande alors humblement de lui suggérer une liste de "minorités visibles" incontournables au titre des quotas. La fille a ça dans son attaché-case ; elle sort une liasse d’une quinzaine de feuillets A4 police 12 sans alinéas qu’elle lui fourre sur les bras. Demerden sie sich...
La queue entre les jambes, Nestorio Cortizone est parti refaire sa copie…

Là, ça devenait plus compliqué. Nestorio Cortizone avait toujours travaillé dans la totale liberté de création, cette prétention hors sol, cette bouffonnerie ridicule qui a ouvert l’accès au statut d’artiste à tant de besogneux. Comme si Michel-Ange n’avait pas dû se coltiner avec les contraintes de l’architecture, de la nature des matériaux et des exigences de ses commanditaires… Prétention cependant fort utile à beaucoup et sans laquelle le bedonnant Nestorio n’en serais pas là où il en est…
Pour échapper à la contrainte des quotas, le grand Cortizone crut trouver la solution : Faire de la Cène une œuvre engagée entièrement consacrée à la défense, illustration et promotion d’UNE de ces minorités visibles injustement discriminées. Les autres auraient mauvaise conscience à le lui reprocher. Et derrière ça germait chez lui l’idée astucieuse de multiplier ensuite les versions (et les droits d’auteur qui vont avec…) pour répondre aux besoins de visibilité et de reconnaissance de chacune des minorités discriminées bénéficiant d’une ligne sur le listing de la fille. Il y avait derrière ça la perspective d’au moins deux bonnes années de plan de charge assuré…

Se succédèrent alors un certain nombre de bouts d’essai visant chacun à faire l’éloge d’une "communauté" particulière mais sans autre résultat que de finir généralement à la corbeille( il arrivait toutefois que l’un d’eux puisse couvrir un peu ses frais en étant soldé à une agence de pub) Ci-dessous à titre d’exemple, de gauche à droite et de haut en bas (des fois que vous auriez des doutes…) : Les "Femmes", les "Homos", les "Trav.Trans", les "Blacks" et les "Trisomiques"…

Il y eut comme cela 27 projets successifs, certes souvent applaudis par le bon Mgr Gaillot mais toujours retoqués par la baveuse en furie. Cette dernière ne laissait rien passer et commençait même à s’énerver sérieusement alors qu’en dépit de son jeune âge le tarif horaire déjà pharaonique de ses prestations aurait pu lui permettre de la jouer plus cool (la conscience pro, que voulez-vous…) Souhaitant en finir au plus vite afin de passer à des clients à plus gros potentiel pour son avenir que ce vieux schnock de Cortizone, elle aurait voulu être présente sur le plateau afin de gagner du temps et de pouvoir arrêter net chaque projet dès le premier indice de risque. Mais Nestorio s’y était opposé, craignant trop de se voir distrait et perturbé dans sa créativité par le sex-appeal de cette espèce de serial-killer vouée au massacre à la tronçonneuse des futurs chefs d’œuvre du 7° art…
Chaque fois qu’il revenait en salle de réunion avec son dernier projet remanié, lui, Nestorio Cortizone, respectueusement accueilli et entouré de femelles gloussantes dans tous les cocktails qui comptent à Paris, n’était plus le même. Lui donc, poussait la porte en tremblant, sa nuque boudinée perlée de sueur, comme un collégien timide convoqué chez le proviseur en vue d’une punition méritée… Ce n’était pas le "comité scientifique" son problème, d’autant que l’encéphalogramme du dit comité s’aplatissait chaque fois un peu plus. Non, LE problème, c’était ELLE… Installée au bout le plus confortable de la table de conférence, elle avait notamment à portée de main trois bouquins rouges épais comme des annuaires, un PC portable où défilaient les derniers arrêts de jurisprudence, un blackberry, deux téléphones mobiles dont l’un sonnait en moyenne toutes les quatre minutes trente secondes et peut-être autre chose que j’oublie. Comme toujours, elle avait tombé sa veste de tailleur gris acier de chez Gucci et défait un bouton de plus de son chemisier, avant-scène au balcon. La chaleur et la réverbération des néons de cette pièce sans âme l’indisposant sans doute, comme chaque fois le rimmel avait un peu coulé et elle avait chaussé d’énormes hublots de soleil à la Jacques Dutronc. On n’a jamais pu déterminer si elle portait des lentilles de contact… En tout état de cause, comme chaque fois, elle écrasait sa dix-septième Malboro dans le cendrier et le couperet tombait : Nestorio Cortizone repartait pour refaire sa copie…

Vint le jour où Nestorio faillit craquer. C’était une veille de week-end et l’ukase récurrent de la killeuse venait de tomber. Sortant de là totalement dégoûté, plutôt que de se mettre à la révision de sa copie tel Sisyphe avec son caillou, il tendit le dossier à son assistant en lui disant "- Tiens, Fabio, tu me griffonnes pour demain un brouillon de projet, va !" Fabio en resta d’autant plus bouche-bée qu’il n’avait aucune compétence en la matière. Cortizone ne l’avait pas embauché pour çà (mais peut-être un peu pour son anatomie) Son job tenant du garçon de course et… plus si affinité. C’était bien la preuve que Nestorio n’était jamais tombé aussi bas…
Voyant là une opportunité pour entrer dans la carrière, Fabio se mit au travail. Nestorio, lui, rentra se mettre au lit, seul, avec deux bouteilles neuves de Highland Park 12 ans d’âge à défaut d’Alka-Selzer pour ne se réveiller que le dimanche soir.

Le lundi matin, Fabio était content de lui. Ne disposant ni de figurants ni de studio durant le week-end, il avait fait un joli dessin pour présenter son projet. Regrettant toujours l’abandon du projet initial de table de jeu qu’il estimait génial il l’avait transformé, la convivialité présumée du jeu de hasard faisant place à la convivialité par la musique. Evidemment, il avait aussi prévu une diversité ethno-culturelle lui semblant respecter les quotas.

Ouais… Encore mal réveillé avec un mal de crâne épouvantable et un foie en parpaing, Nestorio Cortizone fut horriblement vexé de se découvrir un quasi-rival, serpent nourri dans son sein. Et il y avait de quoi !
Curieusement l’encéphalogramme du comité était sorti de son engourdissement. Avec les tournures propres à chacun, les trois guignols ne tarissaient pas d’éloge sur le projet de Fabio. Le pire, vexation suprême pour le réalisateur et maître, la baveuse, killeuse (et même pas fuckeuse pour se rattraper) y trouvait beaucoup de choses intéressantes, "le tout étant dans l’ensemble positif" Jamais Nestorio ne s’était senti autant humilié !
Heureusement pour son ego, la baveuse a quand-même très vite ajouté des MAIS rédhibitoires :
Les handicapés semblaient absents, les femmes trop minoritaires, les Asiatiques à peine suggérés par un gus plutôt véhément, voire hargneux, pas de burqa, pas de kippa, les minorités sexuelles non explicitement visibles, les "souches arabo-méditerranéennes" réduites à un spectateur totalement passif et, le pire du pire, choix inique et inacceptable, les "souches afro-équatoriennes" reléguées, et surtout regroupées, en bout de table, suggéraient implicitement un soupçon de communautarisme inadéquat pour le vivre ensemble… Bien sûr, la présence accessoire d’un animal était bien vue pour suggérer le respect de la nature et la fraternité-fusion des espèces vivantes. Mais ça ne suffit pas. Et encore heureux que ce ne soit pas un cochon !

Bref, Nestorio Cortizone a pu reprendre la main. Aiguillonnée par la concurrence de Fabio, il a pu cette fois-ci donner toute la mesure de son talent :

Et là, Nestorio Cortizone a vraiment pu être content de lui. Les trois guignols intermittents du spectacle médiatique et la baveuse soi-même ont bruyamment manifesté leur pleine approbation.
Les téléspectateurs français (au moins) allaient s’y retrouver : Décor illustration parfaite de la "salle de séjour" d’un trois pièces HLM dans le 9-3, quotas ethno-culturels respectés et même majorés par un petit coup de pouce très convenable de discrimination positive. Sans omettre la présence féminine d’une givrée au look scandinave attirée en ces lieux par une addiction manifeste aux braguettes afro-équatoriennes… Bref, tout le monde était bien content…

Le coup bas vint de là où on ne l’attendait pas : D’une petite voix fluette, Mgr François Gaillot, évêque in partibus de Parténia fit remarquer que le Petit-Jésus au centre du dispositif faisait un peu tache… Pas assez sémite et trop caucasien sans doute. Trop obsolète et sulpicien, sûrement… Du coup, l’incontournable baveuse suggéra qu’il suffisait de changer d’acteur, qu’on en trouverait sûrement un plus coloré pour moins cher…

Cortizone se foutait éperdument de ce détail et fit illico le nécessaire, ce qui donna ceci :

L’affaire était dans le sac et Cortizone, accompagné de la baveuse qui comptait ses heures, se rendit illico chez Arte pour régler les détails du contrat.
Il n’avait pas prévu un truc. Veillant scrupuleusement à ne pas chiffonner le CSA, la direction d’Arte était attentive à maintenir une égalité parfaite de temps d’antenne entre Musulmans, Juifs, Catholiques, Protestants, Orthodoxes, Bouddhistes, Satanistes, etc. Tout d’abord, le temps de diffusion de son téléfilm allait forcément devoir être comptabilisé sur les trois principales confessions chrétiennes suivant une clef de répartition acceptée par chacune, ce qui n’était pas gagné. Ensuite, et c’était plus grave, cela allait devoir s’accompagner d’une augmentation corrélative du temps consacré aux autres confessions. Ce n’était pas ça le problème, c’était même heureux s’agissant de l’Islam. Non, le problème tenait à l’augmentation globale du temps dédié aux thèmes religieux et Arte ne voulait pas non plus recevoir de récriminations émanant du Comité National d’Action Laïque…
Bref, le téléfilm passa illico à la trappe…

J’ai entendu dire qu’après avoir vendu son hôtel de Neuilly pour payer les services de son baveux à l’assistante si efficace, Nestorio Cortizone était parti en Suisse prendre pension dans une clinique spécialisée dans "le repos et la remise en forme pour décideurs surmenés" Aux dernières nouvelles il y serait encore…

Fabio n’est pas allé lui rendre visite… Il avait trop à faire…

Le jeune homme, en effet, a récupéré tous les rushs du patron pour chercher LA solution, celle qui conviendrait non pas à tout le monde mais à TOUT le Monde… Et il a trouvé.
Dans la doc. réunie par Nestorio sur la "légende" à l’origine du fameux tableau de Vinci, il avait trouvé un bout de citation d’un certain Paul ( ?) : "Il n’y a plus ni homme, ni femme, ni juifs ni grecs mais…" (le reste s’était perdu) Tournant ça dans tous les sens, Fabio en a conclu qu’il fallait éliminer toutes les différences de nature à contrarier la baveuse. Comment faire ? Simple ! Il suffisait de supprimer les hommes (et les femmes, etc.) du projet. Mais les remplacer par quoi ? Simple ! Et ça a donné ceci :

Aucune chaîne (ni les généralistes ni les spécialisées abscons) n’en ont voulu. Mais il a réussi à fourguer le concept à une agence de pub oeuvrant pour Apple. La compagnie californienne trouva l’idée si intéressante qu’elle embaucha Fabio.

Travaillant désormais sur les projets de son nouvel employeur, le jeune homosexuel a eu la révélation de l’Essentiel : tout est à disposition à portée de clic et d’écran tactile. Puisqu’on peut tout trouver, tout avoir, tout être, instantanément en claquant des doigts au gré des envies-pulsions du moment, pourquoi s’encombrer du poids permanent d’une identité, d’une spécificité propre ? Il a viré bi-trans-truc-rien, phase préliminaire.
Il est heureux, incarnation du gender au sperme sans semence…

FIN

samedi 10 juillet 2010

Diversité et mésaventures de Nestorio Cortizone 1

De retour parmi vous après quelques jours de "vacances" (au sens du lâcher prise entre les mains du corps médical hospitalier…), en reprenant ma presse en retard, je tombe dans mon quotidien habituel de vendredi dernier sur une brève vachement importante :
"Quinze nouveaux médias ont signé la charte de la diversité" (dont Arte, M6, Direct 8, Endemol, etc.) Lancée en 2004 par Yazid Sabeg, commissaire à la diversité, cette charte engage les signataires à intégrer la diversité dans leurs effectifs et leurs programmations. Comme le dit le président du CSA : "L’objectif est que chaque français se reconnaisse dans sa télé"…

Ce qui m’amène à vous entretenir des mésaventures récentes de Nestorio Cortizone.

Si le commun des ploucs – et votre serviteur en particulier – a rarement eu le privilège de bien connaître Nestorio Cortizone, tous les esprits un peu ouverts à l’actualité culturelle et notamment cinématographique (donc, a priori, les lecteurs occasionnels de ce blog, forcément… ) ont au moins entendu parler de ce cinéaste italo-helvête, il est vrai vieillissant…
Très jeune et très vite après avoir été assistant-stagiaire d’Alain Resnais sur le tournage de Nuit et Brouillard, Nestorio Cortizone s’est fait un nom en portant à l’écran une adaptation en noir et blanc, un peu statique mais pleine de sens, de "Persiennes", un émouvant poème d’Aragon qui avait fait un tel tabac lors de sa lecture par Elsa dans une cave germanopratine que les petites culottes des dames en étaient toutes mouillées… Ce bout d’essai fut son coup de maître lui assurant audience et respectabilité dans l’intelligentsia culturelle des années 50 du précédent siècle de notre ère (ère dont, soi-dit en passant, la laïcité devrait se décider à changer le nom…) Suivirent plusieurs opus, tous encensés par la critique canal habituel et qu’on peut parfois revoir encore, fugacement, dans certaines salles d’art et essai format timbre-poste, ciné-clubs paroissiaux et MJC de province. On retiendra tout particulièrement "Lol, peut-être", adaptation magistrale du Ravissement de Lol V.Stein de Marguerite Duras, tourné dans le même décor et fond d’intrigue que L’année dernière à Marienbad et où Cortizone dépasse son maître par son audace (en remplaçant notamment les allumettes par des cotons-tige) Sans oublier bien sûr "La possibilité du semi-remorque", adaptation, là encore, d’un manuscrit de Marguerite Duras resté totalement inédit…
L’âge venant, Nestorio Cortizone a certes moins fait parler de lui mais la critique continue toujours à faire état en termes louangeurs de ses réalisations apériodiques. En effet, pour compenser le tarissement de sa créativité, Nestorio s’est fait une spécialité d’acquérir les droits cinématographiques sur les pièces de théâtre de la sélection officielle au festival "in" d’Avignon ; du moins de celles qui bénéficient des meilleurs critiques préalables et articles promotionnels dans Télérama et les pages culturelles du Monde et de Libé… Il est vrai que les retombées financières des entrées en salles ne sont pas terribles, mais là n’est pas l’important. Sa présence dans les médias est ainsi préservée avec ses petits avantages associés : carnet d’adresse, cocktails et autres cartons de mondanité (et greluches allant avec, merci Viagra…) Sans oublier, à l’occasion de chacun de ces petits opus, les passages aux tiroirs-caisse prévus à cet effet par diverses officines culturelles grâce aux amicales et compréhensives libéralités du bouffon du roi (Frédéric Mitterrand, je crois qu’il s’appelle)

Bref, tout allait pour le mieux et, à 75 ans, Nestorio Cortizone aurait pu continuer à laisser couler tranquillement le reste de son âge dans l’attente du couronnement de sa carrière par une notice nécrologique aussi étoffée que bien tournée dans le Monde, une biographie sur double page dans Télérama et, qui sait, une rétrospective de son œuvre sur Arte suivie d’un débat chiant avec un ou deux chevaux de retour…

Las ! Démon de midi ? C’est un peu tard. Non. Plutôt Retournement comme dirait Volkoff. S’étant découvert une passion tardive pour la peinture de la Renaissance Nestorio Cortizone a été touché par la grâce devant la dernière Cène de Léonard de Vinci…

Dès lors, le malheureux n’eut plus qu’une idée en tête : Réaliser un téléfilm sur ce moment fondateur de la secte de ce rabbi galiléen (un agitateur palestinien illuminé de ces temps obscurs, restons laïques…) Souhaitant le vendre pour une programmation le 1° avril 2010 (jeudi saint…) il imaginait un téléfilm d’un format horaire de prime-time resserré sur un déroulement somme-tout très canonique. Le synopsis prévoyait d’aller du "suivez l’homme à la cruche" (Mc 14.33) au départ pour le Mont des Oliviers (Jn 13.30) en forçant le trait sur les deux épisodes du lavement des pieds (Jn 12.4) et de la fraction du pain. En revanche, il passait à la trappe l’annonce implicite du rôle de Judas Iscariote, susceptible d’interprétations antisémites aux dires de ses avocats…

Il faut dire que, soucieux d’éviter de fâcher d’éventuels fâcheux, Nestorio Cortizone s’était entouré d’un "comité scientifique" sans commettre l’inconvenance d’en exclure Alain de la Morandais, Christian Terras et Mgr Gaillot…

Bon. C’est pas un feuilleton, rassurez-vous, mais je suis à la bourre. Donc la suite c’est pour demain…

dimanche 4 juillet 2010

Du divers de chez divers…

La connerie atteint des niveaux cosmiques (j’ai pas dit comique…)

Tout d’abord, aller donc lire çà chez Fromage. Son moisiblog ne cesse pas de nous apporter des informations essentielles occultées par les média aux ordres (de qui, au fait ?) Bref, la Suisse est formidable ! Surtout l’alémanique… Il y a là-bas, je pense, des idées à prendre pour nos chers gouvernants qui s’épuisent à papillonner dans tous les sens à la recherche de thèmes fédérateurs essentiels pour retricoter le vivre ensemble

Bon. Et, maintenant, comment va-t-on faire à Berne ? Je veux dire nous les hommes pour aller pisser ? ll est évident que le pictogramme auquel nous sommes tous habitués – y compris les analphabètes – va disparaître des lieux publics pour deux raisons (une seule d’ailleurs suffit) :
a) La distinction entre les sexes est hautement discriminatoire.
b) La représentation féminine est hautement machiste. La jupe est un symbole contraire à la libération de la femme.
Que faire ? Que dit l’expérience ? Les Ecossais, et pour cause (j’ai essayé l’urinoir en kilt, ça marche très bien…) n’ont pas le petit pictogramme et se contentent bestialement d’écrire Gent et Lady (mais ils n’ont sans doute pas d’analphabètes, pas encore…) Horreur ! masculin & féminin ! Cachez-moi ça que je ne saurais voit ! Epicène ! Epicène ! Il faut neutre & neutre… Sinon RIEN.

J’en tremble. Même sans problème de prostate, tirer la porte (pressé) à pile ou face c’est avoir une chance sur deux de passer pour un satyre. Forcement…
Voilà encore une avancée du féminisme à la con. Pauvres hommes…

L’occasion, repensant à l’Ecosse, de vous dire (ça n’a rien à voir) que la bière et le whisky n’ont, semble-t-il, qu’une influence modérée sur la vessie…

Récemment, dans une réserve ornithologique, je suis tombé sur ce panneau très instructif. Je n’ai pas l’échelle de la carte, mais, la photo de gauche ayant été prise à l’emplacement même du "you are here" sachez que la croix rouge de la photo correspond à celle qui est sur la carte… où vous pouvez visualiser la localisation des toilets. Bon courage et serrez les fesses !

Note de maintenance : Un rétrécissement des horizons visibles plus personnel que ceux récemment évoqués ici va laisser refroidir quelques jours le clavier du Plouc. Conservez-vous et à très bientôt.

vendredi 2 juillet 2010

Le bon sens de l’intégration près de chez vous.

Flash-Info en Bisounoursland

Hier 1er juillet, au cours de l’émission “Le news show” sur Canal Plus, Martin Hirsh (ancien président d’Emmaüs France, président de l’Agence du service civique, ci-devant Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, blabla, etc., fils de son père, petit-fils de son grand-père, etc.) a dit expressément, en réaction à un propos d’Eric Zemmour :

“La vraie intégration, c’est quand des catholiques appelleront leur enfant Mohamed.”

Sur le coup, j’ai osé me dire in petto qu’il "n’était peut-être pas très catholique"… Oups ! J’en tremble ! (d’autant que le PS n’a vraiment pas besoin de moi pour sauver les meubles en Languedoc…)

Passé ce premier moment d’égarement dû à ma lourde hérédité, je me suis dit que, somme toute, cet homme raisonnable avait, lui, parfaitement compris le film. Et que c’était aussi un père aimant et responsable, soucieux d’aider ses trois filles à s’épanouir dans la vie.
Souhaitons pour la paix des familles que Raphaëlle, Mathilde et Juliette ne lui reprocheront pas les erreurs de jeunesse d’un papa tout émotionné au guichet de l’Etat-Civil… Et qu’elles me pardonneront la goujaterie de dire, pour excuser leur père, que c’était il y a des années-lumière…

Sans doute que Flavio, le maçon italien au patronyme si piémontais et son accorte Rosita, arrivés chez nous jadis (et même naguère à l’aune des siècles…) ont dû comprendre de travers le concept d’intégration en appelant leur fils Charles (j’aurais peut-être pas dû m’en faire un copain à l’école…)

Préjudice, quand tu nous tiens…

J’ai souvent évoqué la justice belge (ici et …) pour sa rigueur dans la scrupuleuse application de la loi. Il faut quand même que je parle aussi un peu de la justice française. Pas sur le plan de l’application à la lettre (donc bornée…) des textes, domaine où elle n’a rien à envier à sa voisine belge. Non, mais sur sa manière d’envisager la nature et l’étendue des préjudices légitimement indemnisable… Certes, on avait déjà assisté à l’apparition de la notion de préjudice potentiel via le préjudice d’angoisse. Mais je découvre aujourd’hui un autre jugement que je m’empresse de porter à votre connaissance* :

Le 7 avril 2010, le CHU de Nantes a été condamné par le tribunal administratif pour n’avoir pas détecté avant la naissance le handicap d’un enfant porteur de trisomie 21, né en janvier 1994. Après des examens qui laissaient présager une anomalie, de nouveaux examens s’étaient révélés plus rassurants : "les médecins du CHU ne firent pas part de leurs interrogations à leur patiente, et ne lui proposèrent pas de réaliser une amniocentèse". Cette décision "a privé" la mère de recourir éventuellement à une interruption de grossesse et engage la responsabilité de l’hôpital a tranché le tribunal administratif de Nantes qui "l’a condamné à verser, tous préjudices confondus, près de 51 000 € aux parents et à leur autre fils".
L’hôpital s’est vu également condamné à "verser une rente de 60 € par nuit passée par leur fils handicapé au domicile familial depuis le jour de sa naissance et tout au long de sa vie". (faites le compte…)
Ce n’est pas tout : L’hôpital doit également verser la somme de 106 000 € environ à la Caisse des dépôts et consignations, qui gère la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales au motif que la mère a "dû prendre une retraite anticipée pour s’occuper de son fils".

Soit. C’est imparable. Le préjudice n’est pas là potentiel mais avéré, identifié et subi (pour son évaluation chiffrée, laissons ça aux experts) Dont acte.
Au demeurant, l’indemnisation de la Caisse de Retraite me pose question. La conjonction du principe de précaution (d’ailleurs souvent dévoyé par confusion avec la prévention…), de la notion de risque zéro, des droits à…, de la conviction qu’il y a en toutes circonstances un responsable, des contrats d’assurance upgradés en contrats d’assistance, etc. me semble repousser no limit l’étendue des préjudices indemnisables.
Pour le moins, l’Etat n’est-il pas en droit de réclamer la compensation de son manque à gagner fiscal du fait que la famille aura un quotient familial plus élevé du fait du handicap ? Et la Commune qui va devoir investir pour répondre au droit opposable d’accueil d’un handicapé de plus en milieu scolaire ?
Et la Région qui va devoir compenser l’octroi d’une carte de réduction supplémentaire sur les transports collectifs ? Et, soyons fous (tant que ça ?) Le Tour-opérateur ne peut-il pas produire son préjudice vu que la famille n’envisagera plus pour longtemps de partir en vacances aux Seychelles ?
Et vous et moi qui passerons plus de temps (c’est de l’argent…) à divers guichets ou caisses du fait d’un usager prioritaire de plus dans la file d’attente ?

*Source : http://www.genethique.org/revues/revues/2010/Avril/20100415.1.asp