"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 31 juillet 2010

Rendre visible l’islamisme et invisibles les femmes…

Je lis ici et là, en signature : "Robert Redeker, philosophe". Pour moi, ce n’est pas ce que j’appelle un philosophe. Certes, il l’est au moins autant et bien plus que bien des médiatiques qu’on nous présente comme tels… C’est un prof agrégé de philo qui est, me semble-t-il, avant tout un militant, un combattant, d’une cause, d’une conception de la Vie. Cause que je partage à bien des égards et en faveur de laquelle il n’est jamais à court d’arguments.
Jeudi dernier, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles a publié sous sa signature la tribune suivante :


La burqa contre la civilisation

La burqa est un signe politique bien plus que religieux. Toute politique passe par une sémiologie, une manipulation des signes. Arme psychologique aux mains de l’islam politique, autrement dit l’islamisme, la burqa fait figure d’élément de propagande : montrer aux foules que l’islam politique est bel et bien présent, au cœur du monde occidental, qu’il s’étend de façon irrésistible.
Dans cette perspective, la burqa est aussi un marqueur de territoire : montrer aux autochtones que leur territoire ne leur appartient plus totalement.
Donner une visibilité à l’islam politique, tel est le sens de la burqa. Défendre et développer le port de la burqa s’inscrit dans une stratégie : rendre visible l’islam politique.
Dès lors, interdire la burqa ne revient pas à porter atteinte à la liberté de penser et de croire, mais à infliger une défaite à cet islam politique.
Anthropologiquement, la burqa représente pourtant le contraire de la visibilité : elle rend invisibles les femmes. Elle les escamote, les fait disparaître du jour, les expulse de la lumière. Ce dispositif s’exerce par un double jeu autour du “voir” : d’un côté faire voir l’idée, la force de l’islam politique, et de l’autre effacer celles qui portent dans l’espace public cette idée, les femmes, les rendre invisibles en les couvrant d’une bâche. Certains signes religieux soulignent la foi, l’accompagnent dans l’espace public, réussissant à donner un vêtement à l’âme, redoublant la visibilité de la personne, de son corps, de son visage, par la visibilité de sa spiritualité. La kippa, la croix chrétienne, le costume d’un moine ou d’une moniale, et même le hidjab (le voile ou foulard musulman qui ne cache pas le visage) y parviennent. La burqa, au contraire, ne souligne rien : elle élimine la femme du regard d’autrui, la désincarne radicalement pour ne laisser paraître qu’une terrible abstraction, celle du pouvoir temporel d’une idée délirante. Bref, la burqa déspiritualise autant qu’elle désincarne.
Emmanuel Levinas nous l’a enseigné : l’être humain se définit par le visage. Chaque enfant, chaque homme, chaque femme identifie sa personne, dans ce qu’elle a de plus original, avec son visage. C’est avant tout sur le visage qu’apparaît le moi. Vivre en être humain revient à jouer le jeu de l’échange des visages. Mieux : l’échange des visages forme l’humanité comme communauté. Nous montrons nos visages pour être reconnus par les autres comme appartenant à la famille humaine. Le “je” et le “tu” naissent du dialogue des visages, dia logue fondateur qui précède le dialogue verbal. La burqa soustrait le visage à la visibilité, l’élimine. Caveau de tissu, elle détruit chez la femme qu’elle ensevelit le droit d’appartenir à la communauté humaine dans la mesure même où elle lui interdit d’entrer dans la sphère du dialogue.
L’homme, la femme et l’enfant sont, à la différence des animaux et à la ressemblance des divinités, des êtres d’apparition. Rien ne symbolise plus profondément la nature apparaissante des humains que les visions de la vierge Marie – qui n’est pas une déesse, mais une femme – à Lourdes et à Fatima. Nous nous apparaissons les uns aux autres. Le visage se détache de l’horizon, ou bien de la foule anonyme, fait fond sur l’indifférencié pour nous regarder, nous sourire, nous parler. Et le corps suit. Mais, recouverte par la burqa comme un tas de gravats sur un chantier, la femme a été volée de son visage et de son corps. Elle n’est plus qu’une forme inhumaine, vague et sombre. La burqa n’est pas seulement le sépulcre de la femme, mais de l’humanité.
Rendant visible l’islamisme et invisibles les femmes, la burqa n’est pas compatible avec la conception française – et, plus largement, européenne – de la civilisation. Dans un roman visionnaire, écrit au début du siècle passé, l’Auberge volante, Chesterton imagine l’islamisation de l’Angleterre, la constitution d’un Londonistan, l’imposition de la charia, la fermeture des pubs, c’est-à-dire de l’âme britannique, malheurs permis par la tyrannie d’un politiquement correct humanitaire. Rebarbarisante, déshumanisante, la burqa, qui veut ôter le féminin de l’ordre du monde, est le cheval de Troie du danger perçu dans les années 1910 par Chesterton : l’islamisation des sociétés européennes, la victoire de l’islam politique. C’est pourquoi cette interdiction sur le territoire national s’avère fondamentalement – en fonction des fondamentaux de la civilisation française – légitime, malgré les récriminations de quelques-uns.
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Dans des milieux habituellement qualifiés de "conservateurs", cette "Tribune" a d’ores et déjà suscité des réactions qui illustrent parfaitement le relativisme ambiant, la conviction bisounours que tout est de valeur comparable, etc. Le refus aussi, conscient ou non, d’envisager toute dimension politique et l’enfouissement épouvanté de toute référence au Jihad.
En voici quelques extraits :


"J’aurais tendance à penser qu'elle (le port du niqabs, etc.) serait plutôt à usage interne, visant à réorienter les populations musulmanes vers une pratique religieuse plus rigoureuse. Il s'agit certes d'un mouvement de repli sur soi, de refus du monde, du sexe, (etc.) mais à mon sens pas d'un mouvement de conquête de l'espace politique d'une société non-musulmane dont les tenants de cette mouvance n'ont rien à faire."
Une autre : "Dans le contexte actuel, les personnes se définissent de plus en plus par leurs relations virtuelles. L’on est plus vite amené à être proche des pensées intelligibles de quelqu'un lorsque la parole est seule expression du message. (…) Le visage est un représentant du moi physique et animiste, de la personne réelle, certes, mais surtout du moi construction sociale. Le visage révèle les conventions, les gènes et les peurs par des expressions incomplètes. Il ne révèle pas seulement l'être mais aussi ce qui empêche sa réalisation et le contraint dans son rôle social le plus souvent injuste… (…) La religion n'est pas l'oublie de soi, c'est sa conquête. Si on a besoin de se cacher pour ça, alors pourquoi pas, c'est une arme comme une autre (…) Pourquoi jouer les don quichotte contre les monastères ambulant ?! Le débat sur le port de la burqa a déjà eu lieu : il s'agissait à l'époque de savoir si le port du costume ecclésiastique était autorise dans la rue. La conclusion laïque fut qu'il était autorise de le porter."
Une autre encore : "Ces critiques pourraient s'appliquer aux couvents et à différentes formes de clôtures catholiques (...) Invisibles et silencieuses pour de nombreuses religieuses romaines (…) Idem. l'engagement monacal soustrait des personnes au regard et au dialogue, caveau de tissu pour la burqa, burqa de pierre pour les couvents et les monastères. Ce qui gêne, c'est la visibilité dans l'espace public, à la différence des couvents, où les cloîtré(e)s le sont pour de bon et complètement, loin des yeux des foules qui vaquent. Les anthropologies qui sous-tendent la clôture sous une burqa ou dans un couvent sont fort proche en terme de soustraction de la personne à l'interaction sociale ou au dialogue. La soustraction volontaire d'adulte responsable à une vie sociale "normale" ne peut être interdite sans trahison de ce qui fait aussi la civilisation européenne… Tordre les principes de respect de la liberté individuelle quand elle n'atteint l'ordre public que par l'exaspération des foules est une reculade et une ruse avec nos valeurs qui ne serait pas la preuve de la force de la civilisation occidentale, mais de la peur. Des femmes et des hommes veulent se cloîtrer, certains dans des couvents, d'autres dans des burqas. C'est dommage mais si c'est là leur seul crime, je n'en ferai pas une chasse au sorcières. Etc."

La Vie est un combat. Qui s'en souvient ?

2 commentaires:

  1. "Le débat sur le port de la burqa a déjà eu lieu : il s'agissait à l'époque de savoir si le port du costume ecclésiastique était autorise dans la rue. La conclusion laïque fut qu'il était autorise de le porter."
    Elle est là, entre autre, l'imposture: faire semblant de croire et vouloir faire croire que tout est égal à tout.
    Le costume ecclésiastique tel qu'il existait faisait partie, et fait encore partie pour quelques prêtres, de la visibilité d'une face importante de notre civilisation européenne.
    Alors que la burqa est le symbole de la bataille politique menée par l'islam.
    Il va falloir batailler pour imposer l'application de la loi, si elle est ratifiée.
    On parie que nous continuerons à voir autant de voiles qu'avant, voire plus? Si nos dirigeants démissionnent sur ce terrain comme sur tant d'autres, j'augure mal de la suite...

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  2. Qui s'en souvient ?????....certes pas la majorité des blogs ...antiracistes , antixéno ,antivéritéquidérange , antitout ...
    Tolérance est un mot qui me sort par les oreilles depuis que j'ai un blog ....galvaudé jusqu'au ridicule , trainassé ,dans tous les canivaux du Net par l' " Opinion populaire d' Etat" ...
    Où va la " civilisation " ?????...en arrière , comme les crabes ...

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