"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

dimanche 29 août 2010

Les nervis new-look de la bête immonde…

Comparer la simple application des lois de la République aux pratiques du régime de Vichy,
Comparer le démantèlement des campements illégaux de Roms aux pratiques du régime nazi,
C’est mettre en équivalence les camps de concentration et les centres de rétention,
C’est mettre en équivalence les wagons à bestiaux de sinistre mémoire avec des cars pullman et des charters en Airbus,
C’est assimiler les fours crématoires d’Auschwitz aux douches, lavabos et salles de sport de Fleury-Mérogis…

C’est d’abord la plus immonde des insultes racistes qu’on puisse faire au peuple juif et au peuple tzigane.

C’est ensuite et surtout une insidieuse manœuvre qui revient à relativiser, à banaliser les faits historiques les plus atroces du XX° siècle, bref à valider les théories révisionnistes et négationnistes de cette période dont la République se doit de maintenir la mémoire. C’est se montrer complice actif d’un Dieudonné, d’un Robert Faurisson…

Comparer l’expulsion des Roms à la Shoah, c’est, volontairement et sciemment, faire croire aux jeunes d’aujourd’hui que les juifs embarqués alors dans les wagons le faisaient volontairement après avoir négocié un pécule équivalent pour l’époque à 300 € par personne, et cela pour se rendre dans un pays libre, sachant qu’on fermerait les yeux s’ils attendaient au moins quinze jours avant d’en revenir…

Qu’attend-on pour traduire ces sinistres individus en justice ? Il y a des lois pour ça !

vendredi 27 août 2010

Youpi ! Woippy !

Ah ! Woippy ! Au pays de la Jeanne, Woippy ville de Lorraine et qui le restera…
Ah ! Woippy ! Ses beaux restes. Sa voie romaine, son château du XIV° dont il ne reste que la chapelle, sa maison Saint-Eloy, ses assoc’s de majorettes et de cor de chasse…
Ah ! Woippy ! Son ancien château tant de fois détruit qui a laissé sa place à une grande surface… Et sa maison seigneuriale avec chapelle remplacée en 1848 par une belle maison bourgeoise aujourd’hui à l’abandon… Tout un symbole !
Ah ! Woippy ! Sa gare de triage et ses 75% de logements sociaux…

Jusqu’à ce jour, j’ignorais tout de ce bled de 14 000 âmes des faubourgs de Metz. Mais ce cher علي-bekov de Bouteille à l’Amer me l’a fait découvrir (c’est ICI )

Or donc, François Grosdidier, fonctionnaire territorial de son état et député-maire UMP par la volonté du peuple, convie ses administrés à fêter le Ramadan : "Comme elle organise aussi les fêtes de Noël, la municipalité participe à cette fête en organisant avec les associations des animations dans les différents quartiers (…) Que vous soyez musulmans ou non, croyants, athées ou agnostiques, je vous invite à vous rendre à un de ces rendez-vous (ou même à tous) synonymes de cordialité et de tolérance"
C’est de 20h à 1h du matin trois vendredi de suite puis le samedi de "rupture du jeûne" Le billet d’entrée donnant droit à une soupe, une pâtisserie et le thé, le tout pour… 50 centimes d’Euro…

Il est vrai, en toute honnêteté, que la municipalité doit scupuleusement organiser avec les commerçants les illuminations de fin d’année et faire un arbre de Noël pour les enfants du personnel municipal. C’est pareil, donc…

Bon, 0,50 € pour bouffer avé le spectacle en prime, moi j’ai vachement envie d’en profiter mais j’ai peur d’y faire un peu tache… (on vous l’a assez dit : la crainte irraisonnée fait le lit du ouacisme…)

Ceci dit, je ne me prive pas de copier-coller ci-dessous le commentaire que le billet d’Alibekov a suggéré à Police du Monde Parodique :

"Un jour il faudra demander à toutes ces municipalités pourquoi tout évènement musulman doit se résumer à une dégustation de spécialités et quelques danses. Je serais hypocritement curieux de voir un festival réunir des compositeurs musulmans, des poètes ou des éditeurs de poésie, des dramaturges ou des romanciers, des peintres, des plasticiens, des sémioticiens, des philosophes, et pourquoi pas, tant que nous y sommes, des créateurs de transversalité (arts plastiques/hypermedia, vidéo/psychanalyse, etc.) ou des avant-gardistes questionnant le cadre muséal, ou les normes figuratives. Avec tout ce que l’islam nous apporte, je suis sûr qu’il y aurait de quoi faire ^^"

mardi 24 août 2010

Traite négrière et régimes autoritaires…

P’tain ! Hier j’ai raté le truc… Vous avez tous connus au moins une fois la honte d’avoir oublié de souhaiter l’anniversaire d’un être cher. Ce que j’ai raté hier n’est, certes, ni aussi personnel ni aussi éventuellement dramatique pour la paix des ménages, mais ça fait partie de ces choses auxquelles je m’efforce de me tenir. Je tiens à manifester ma solidarité et mon adhésion aux journées (mondiales, internationales, européennes, nationales, etc.) C’est vrai, quoi ! C’est une question de responsabilité citoyenne ! Et quand j’en vois la liste, croyez-moi, il y a du boulot !
Il m’est d’ailleurs déjà arrivé d’évoquer ici l’une ou l’autre de ces journées et il faudra que je vous en reparle à l’occasion d’une façon plus générique, d’autant que je milite ardemment (et vainement) depuis longtemps pour l’instauration de nouvelles journées qui me seraient chères…

Bon, hier 23 août, figurez-vous que c’était à la fois :
La "Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition"
et la "Journée européenne du souvenir des victimes des régimes totalitaires et autoritaires"
C’était donc vachement important…

Autant il est bon de faire une lecture préalable des textes du jour avant de se rendre à la Messe lors des solennités de ma confession d’appartenance, autant il me semble indispensable de se préparer à de telles journées en méditant sur quelque texte s’y rapportant. Ouais… Je me suis donc un peu (pas trop) rencardé sur le sujet.

La traite négrière, tout d’abord. Il ne s’agit donc pas de faire mémoire de l’esclavage de façon générique, mais de la "traite", c’est à dire de l’aspect commercialisation d’êtres humains et "négrière", c’est à dire des seuls esclaves en provenance d’Afrique noire. Dans ce domaine, ce qui vient tout de suite à l’esprit, ce qui meuble les livres scolaires, les livres d’images et les discours des autorités morales, c’est évidemment le commerce triangulaire du bois d’ébène, qui appelle, suivez mon regard, une évocation des fortunes bourgeoises de Nantes, Bordeaux, etc. et de la cruauté des planteurs des Amériques… Point Barre.
Or, il ne s’agit là que de ce que les historiens appellent la "traite occidentale", celle destinée aux Amériques et dont les acheteurs étaient des occidentaux. Apparue au début du XVII° siècle et devenue illégale et très marginale après 1850, on s’accorde pour évaluer le volume de ses "transactions" à 9 ou 10 millions d’individus asservis.
Moins connue, voire totalement passée sous silence, est ce que les historiens qualifient de "traite intra-africaine" Elle remonte au moins au XI° siècle et a largement perduré jusqu’à la colonisation européenne. Les chercheurs estiment à plus de 14 millions le nombre d’africains réduits en esclavage sur leur propre continent. Pour cette traite, les acheteurs étaient quasi exclusivement eux-même des africains dont, très probablement les royaumes dont nos collégiens devront apprendre l’histoire dès la prochaine rentrée (mais je doute que cette question soit au programme…)
Enfin, Il y a eu la "traite orientale", celle dont la "marchandise" était exportée vers les Indes, l’Océanie, etc. via notamment Zanzibar et, surtout, vers les pays arabes et/ou de civilisation musulmane. Apparue avec l’expansion mahométane au VII° siècle, elle a perduré au moins ouvertement jusqu’en 1920 (effondrement de l’empire Ottoman) et subsista encore longtemps après vers certaines destinations (le Yémen par exemple) Le chiffre de 17 millions de noirs réduits en esclavage est avancé pour cette traite là dont les acheteurs ("grossistes" ou "clientèle finale" étaient quasi exclusivement des arabo-musulmans…
Sans oublier que pour ces trois traites aux acheteurs variés, les vendeurs étaient dans tous les cas soit eux-mêmes des noirs, soit des arabes…

Bon, on ne va pas mégoter. La traite négrière est exclusivement une tare des HLPSDNH…

Ah oui ! "Le souvenir des victimes des régimes totalitaires et autoritaires" Ça, c’est un truc exclusivement européen. Bien de chez nous quoi !

Pour "illustrer" cette journée un quotidien bien pensant a fait la promo hier d’un site universitaire sur les "violences de masse" Y sont disponibles des contributions sur des événements historiques : Tuerie d’Oradour-sur-Glane, génocide de Srebrenica, la rafle du Vél’ d’Hiv’, massacres d’aborigènes en Tasmanie au XIX siècle… (accessoirement, l’interviewé regrette la diminution des financements publics…) Bon. On attend la mise en ligne de quelque chose sur Katyn, les colonnes infernales de Turreau, la liquidation des koulaks, la Révolution Culturelle… (OK, il y a un papier sur le Cambodge de Pol Pot) Mais ça va venir (peut-être)

Comme il s’agit là de rituel mémoriel, on en a pour son argent puisqu’on n’est pas là pour découvrir des nouveautés, n’est-ce pas ? Et bien moi, je m’interroge… Les régimes totalitaires, on connaît. A quelques variantes de détails, depuis Hannah Arendt, on sait de quoi on parle. En revanche, définition SVP de "régime autoritaire" ? Où ça commence ? Où ça finit ? Quelles sont les intentions cachées des guignols qui ont rajouté ça au nom de cette journée ? Vu les définitions des droits et les jurisprudences européennes, je sens que par les temps qui courent, beaucoup de nos "voisins de quartier" vont pouvoir se poser à La Haye ou ailleurs comme "victimes de régime autoritaire"…

Bon, j’ai rempli mon devoir citoyen en faisant devant ces journées "l’esquisse de génuflexion du dévot pressé"…

Ce sera tout pour aujourd’hui

Allez voir ailleurs...

Rien de neuf ici (c’est quand même encore les ouacances !)
Mais passez donc chez ILYS lire ce qu’Il Sorpasso nous a éructé hier à 13h36.
(c’est un conseil mais prenez ça pour un ordre…)
Bref, c’est ICI

dimanche 22 août 2010

11 septembre et produits dérivés…

En surfant sur GoogleImages...art con ( …tent de soi ?)

Odieux ? Non. C’est l’intention qui compte, n’est-ce pas ? Le connard qui a conçu dans sa tête et réalisé cette "œuvre d’art" l’a fait en toute innocence et était sûrement content de lui.
Que voulait-il montrer ? Illustrer au (?) degré l’interpellation de la société de consommation américaine par القاعدة (al-Qā'ida) ? Peut-être s’il est un chouia intello… Mais ça reste à prouver… Plutôt plus prosaïquement, plus vulgairement, plus banalement, satisfaire son narcissisme de connard voulant se la jouer dans la cour friquée du Pop Art en futur challenger d’Andy Warhol avec un zest de provoc’ de bon ton. J’imagine son contentement de soi-même en reposant son pistolet à peinture pour admirer son œuvre. Au point qu’il n’a pas dû se retenir de se masturber devant avant même d’appeler les critiques d’art canal habituel et d’en donner le tarif au marchand de sa galerie… C’est là la liberté incontestable de l’artiste, n’est-ce pas ?
Et moi, ma liberté c’est de dire ce que j’en pense. Pas ce que je pense de sa sous-merde de moulage uniformément badigeonné au colorant pour signalisation routière. Non. Ce que je pense de lui et ce que je lui souhaite. Qu’il bouffe du mouton halal et fasse le Ramadan jusqu’à la fin de ses jours… Mais pas dans son appart’ climatisé à porte blindée de Greenwich Village. Non. Qu’il bouffe son mouton la peur au ventre comme les Bahaïs à Chiraz, les Chaldéens à Mossoul ou les Coptes à Assouan. Ou encore, qu’il aille du côté d’Helmand bouffer sa poignée de ce riz qu’il ne donnerait même pas à son chien à New York et boire dans un verre Duralex douteux son thé noir brûlant infusé dans l’eau boueuse du ruisseau (no panic, elle bout en permanence dans le samovar…) en attendant que le khalifat local vienne lui acheter sa récolte de pavot pour une poignée de haricots en emmenant sa fille en prime…

Ouais… Il y a aussi le connard débile qui lui a acheté sa sous-merde en plastoc rouge pour "agrémenter" les abords de sa piscine javellisée… Vais lui payer du tourisme, moi… A flinguer… Non. J’imagine que cette tête vide doit avoir des circonstances atténuantes (mon côté chrétien, que voulez-vous, on se refait pas…) Doit être appareillé avec une de ces blondes décolorées (ou plutôt décolorées blondes) toute en jambes traitées aux UV, caricatures pour séries hollywoodiennes. Le mec fier de s’afficher au bras de sa plante verte dont il ne peut pas se débarrasser vu ce que ça lui coûterait chez le juge… Un faible donc. La connasse écervelée a dû lui dire : "Oh, chéri ! Comme c’est original ! Ça ferait bien chez nous ! " Et la larve a fait le chèque (frais de livraison en sus…) Elle aussi, qu’elle aille se faire foutre (quoi et où, j’ose pas dire…) De toute façon que ce ne soit pas dans sa piscine mais bien vers là-bas. Bâchée jusqu’aux yeux pour sortir tremper fugacement ses pieds dans une mare d’eau putride. Et allez, bon poids, excisée en prime…

Ceci-dit, bon, on est encore dans l’octave d’une solennité fêtant la Vierge Immaculée. Je me calme…

jeudi 19 août 2010

Bref comparatif des discours et des volontés affirmées…

Arménie (chrétiens) versus Azerbaïdjan (musulmans à majorité chiite)au Nagorny-Karabakh
Medvedev : Le président russe garantit à Erevan la présence militaire russe jusqu’en 2044 et annonce un renforcement des effectifs stationnés en Arménie…

Afghanistan versus Taliban ( طالبـان )
Obama : Le président US confirme le début du retrait des troupes américaines initialement prévu en 2010 pour juillet 2011 en fonction des circonstances

Occupation militaire turque du nord de Chypre versus l’U.E. (qui souhaite timidement le retrait.)
Erdogan : "- De quoi s’agit-il ? Ce n’est pas négociable. De qui se moque-t-on ?"…

France versus "les quartiers de non-droit"
Sarkozy : "- Je balance des annonces médiatiquement très fortes (pour l’application, on verra…) et le gouvernement réfléchit à des pistes d'action pour la rentrée"…

Il n’y a pas de bonne diplomatie ni de stratégie efficace si les protagonistes des deux bords ne sont pas convaincus de la cohérence et de la stabilité dans la durée de leurs objectifs respectifs…
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PS : S’agissant de la France, "mis en examen" pour avoir tiré sur deux cambrioleuses introduites chez lui, un septuagénaire apprécié de tous, actif, investi dans de nombreuses actions associatives, en relation notamment avec la culture et le patrimoine, est toujours maintenu en détention car sa mise en liberté sous contrôle judiciaire serait un trouble à l’ordre public… Pensons à lui. Lui qui est convaincu de ouacisme, pensons au calvaire qui doit être le sien dans la promiscuité du vivre ensemble de maisons d’arrêt dont on soupçonne la fréquentation (ce n’est pas un fait, oui, je sais…)

dimanche 15 août 2010

Marie Immaculée versus le Saint-Esprit…

Ce qui est fascinant chez Ilys, c’est qu’on y tombe parfois sur un fil de commentaires qui dérive de façon passionnante vers des rivages inattendus. Et cela au gré des arguments et digressions de commentateurs parmi lesquels je me garde bien de me faufiler eu égard au niveau ou à la nature du débat. C’est ainsi qu’il y une huitaine, un billet de Kid A traitant de Sarkozy a induit quatre jours d’échanges où nombre de plumes incontournables de la Réacosphère sont venus mettre leur grain de sel. Et c’est ainsi qu’en partant de Sarko, on en est venu à évoquer Nietzche (merci Restif…) puis un concept " nietzschéo-chrétien"… D’où retour sur zone de Nébo, évidemment ; et opportunément…

Et voilà que ce dernier relève (commentaire du 10 août à 0h51) que dans son interprétation erronée du Christianisme, Mahomet (et donc l’Islam) fait de la Trinité Vraie (Le Père, Le Fils, Le Saint-Esprit) une trinité fausse qui élimine Le Saint-Esprit au profit de la Vierge Marie…

Ça m’a rappelé quelque chose, une petite histoire de par chez nous, accessoire à la grande Histoire : Au fond du Val Montjoie, niché au pied du col du Bonhomme, il y a le petit sanctuaire marial de Notre-Dame de la Gorge vers lequel convergeaient en des temps révolus les pèlerinages paroissiaux des environs. Pèlerinages dont une des motivations, avérée quoique non écrite, était de favoriser avec la bénédiction du clergé des rencontres en vue d’unions exogames...

Or, cette chapelle baroque présente une curiosité. Au-dessus du maître-autel, le retable de forme trinitaire est présidé par Dieu le Père encadré, sur un même niveau par le Fils et… la Vierge Marie.
Durant plus d’un siècle, des conservateurs des monuments historiques, auteurs de brochures touristiques et autres guides du patrimoine ont doctement bavassé, parfois sans doute avec une pointe d’ironie laïque, sur l’audace théologique de cet art populaire…

Ouais… Quand en 1792 les armées révolutionnaires ont commencé à remonter la vallée en mettant le pays en coupe réglée, la nouvelle les a évidemment précédés. Fermiers et artisans, rentiers et journaliers, vieillards, femmes et enfants, tout le monde s’y est mis. Non seulement pour planquer ses biens, bétail, réserves et petits trésors de famille, mais aussi pour sauvegarder le bien commun de la communauté. Le retable fut donc démonté et ses éléments dispersés dans diverses cachettes… Après 1815, Victor Emmanuel I° ayant récupéré ses états, on se préoccupa de tout remettre en place. Or, la mortalité et les aléas de l’époque aidant, les bénévoles qui ont alors fait le boulot n’étaient plus les mêmes que 24 ans auparavant. Et le brave commis menuisier dirigeant l’équipe de villageois a cru bon et cohérent de replacer le Bon Dieu au centre du dispositif… Qui pourrait le lui reprocher ?
Ouais… Mauvaise pioche. La disposition initiale se voulait une illustration de l’Assomption avec la Vierge au milieu…

Prenant conscience de l’erreur avec au moins 150 ans de retard, les responsables de la Direction Départementale des Affaires Culturelles et autres têtes d’œuf ont évidemment décrété qu’il fallait inverser les panneaux. Du coup, les natifs du lieu ont (virtuellement) sorti les fourches et les fusils : "- On a toujours vu ça comme ça, nos parents, grands-parents, arrière-… etc. aussi. Pas question d’y toucher !" Prudents, ces messieurs y ont renoncé et c’est bien comme ça…

Bref, prévenu par Nébo, j’attends maintenant le jour où un guignol écrivassier sur dépliant touristique nous expliquera la prégnance de l’influence islamique sur le catholicisme populaire de nos montagnes. On ressortira les fusils…

La Pâques de l’été…

C’est ainsi que les anciens d’ici appelaient le 15 août…

Solennité mariale, donc

"… Bref, nous la [la Vierge Marie] nommons belle, et plus belle que tout le reste des créatures, mais belle comme la Lune qui reçoit sa clarté du Soleil, car elle reçoit sa gloire de celle de son fils. (…) Et certes, de soi, elle n’était pas digne d’aucun honneur, elle était sans odeur ; mais puisque ce grand signe de la réconciliation de Dieu avec les hommes vint (…) reposant en son précieux ventre, la suavité en a été si grande (…) que les prières qui en sont parfumées ne sont jamais déboutées ou inutiles ; mais toujours l’honneur en revient à son fils duquel elle a reçu son odeur."
( St François de Sales, sermon du 15 août 1603)

Brève : Dans l’Evangile du jour (Luc I, 39-56), il y a un truc que je n’avais jamais remarqué : Voilà deux femmes enceintes qui se retrouvent et papotent de leurs grossesses respectives. Quoi de plus banal ? Ouais…
La vieille ménopausées qu’on appelait la stérile et… l’adolescente vierge qui n’a pas connu d’hommes
Quelle magnifique et pédagogique illustration sous la rubrique "Rien n’est impossible à Dieu"…

vendredi 13 août 2010

Auberge espagnole et caravansérail balkanique…

Il y en a qui se fatiguent, qui s’épuisent pour rien et c’est bien triste pour eux…
Vous penserez évidemment à ceux qui ont eu l’idée bizarre de brandir la menace de "déchéance de la nationalité française". Brassage de vent. En arriver là quand on ne sait plus quoi faire pour avoir l’air d’agir, c’est pathétique. Ils savent bien, pourtant, que ça va faire flop dans les six mois. Complément corrélatif de peines judiciaires, forcément, cette déchéance serait une double peine déjà supprimée par les mêmes bonnes âmes. Quelle horreur ! On ne va quand même pas instituer une tripe peine ! Donc ces (quelques rares) futurs "ex-français" redevenus des étrangers (ce qu’ils n’avaient pour la plupart sans doute jamais cessé d’être…) on se les gardera… Donc on ne change rien et tout le monde est content. Bien sûr, il en sortira de beaux textes de loi, inapplicables et inappliqués mais on "aura eu l’air de" aux yeux des beaufs de base qui auront applaudi l’artiste en confondant déchéance de nationalité et expulsion… Donc, les promoteurs de cette farce ne se seront pas fatigués pour rien : ils auront encore gagné un peu de temps…

Non, ceux qui se fatiguent vraiment pour rien, ce sont les belles âmes qui trépignent hystériquement contre les dérives sécuritaires, le retour aux HLPSDNH, etc. à force de s’égosiller pour rien, faudrait qu’ils fassent un peu attention à leur système vasculaire cérébral (le mode d’irrigation de leur caboche nous causant déjà suffisamment de souci comme ça…) En effet, de quoi ont-ils peur ? Pourquoi s’épuisent-ils dans des meetings pour la régularisation des sans-papiers et l’arrêt des expulsions ? Je vous le demande… Car nous sommes en Europe. Je veux dire citoyens de l’Union Européenne, c’est à dire citoyens du monde.

Ah l’Europe ! Libre circulation des biens et des personnes sans frontières ni paperasses infracommunautaires ! Espace Schengen merveilleuse avancée garantissant sécurité et préservation de leur identité commune à ces millions d’hommes et de femmes partageant le même héritage ! Confiance et Solidarité ! Tous ces pays et ces peuples qui marchent d’un même pas, au même rythme et dans la même direction vers le même objectif ! Que c’est beau !

A ceux-là qui s’inquiètent et se fatiguent inutilement, je suggère donc une cure de repos pour profiter un peu de la Vie. Il leur suffit d’attendre, ce ne sera pas long. Pour atténuer leur stress, je les invite à délaisser un peu Libé qui est mauvais pour leur cœur à force de mettre de l’huile sur le feu avec l’annonce quotidiennement récurrente de l’imminent retour de la bête immonde. En revanche, ils pourront sans dommages consulter une variante plus lénifiante de la presse bisounours. Ils trouveront notamment sur lefigaro.fr, en date du 11 août, des nouvelles qui devraient les rassurer quant à la passoirisation inéluctable de la forteresse Europe.

En Espagne, tout d’abord, l’octroi de la nationalité aux ressortissants extracommunautaires hispaniques est en plein boom. Fin juin, sur 225 000 demandes de naturalisation reçues 117 000 avaient déjà été accordées. Le consulat de la Havane est surnommé par les Cubains "l’usine à Espagnols". À Buenos Aires, à Caracas ou à Miami, les diplomates ibères distribuent également à la chaîne les cartes d'identité espagnoles et les passeports "Union Européenne" qui vont avec. D'ici décembre 2011, le nombre de nouveaux Espagnols pourrait atteindre 500 000. Ceci-dit, il s’agit là quasi exclusivement de latinos

Du côté des Balkans, ensuite et surtout, l'Union s'élargit tranquillement. Bien entendu, Hongrie, Roumanie et Bulgarie, membres récents, ont été jugés dignes de sécuriser nos frontières sud et orientales communes. Et la Hongrie a pleinement intégré l’espace Schengen depuis déjà 6 ans.
En Hongrie, justement, une nouvelle loi sur la nationalité pourra ouvrir les portes de l’Europe à 2,1 millions étrangers extra communautaires d’origine magyare, notamment 520 000 Slovaques, 300 000 Serbes, 150 000 Ukrainiens (non compris 1,4 millions de Roumains qui sont déjà "des nôtres"…)
La Roumanie, pour sa part, accorde depuis 2009 sa nationalité aux Moldaves roumanophones. 120 000 ont déjà par ce biais leur passeport européen et 800 000 demandes sont en attente. Pour faire face, la Roumanie a ouvert deux nouveaux consulats en Moldavie, aux frais de l’U.E.
La Bulgarie fait encore plus fort en faveur des 2,5 millions d’étrangers de souche bulgare dont 1,4 millions de Macédoniens et les 350 000 Bulgares islamisés à l’époque ottomane et réfugiés en Turquie depuis la chute du communisme. Ces derniers ne devraient donc pas avoir à attendre une éventuelle adhésion d'Ankara pour obtenir un passeport européen… Le reste est éparpillé en Ukraine, Moldavie, Albanie…

Bref, Moldaves, Macédoniens, Serbes, Ukrainiens ou Turcs, ils sont 5 millions à pouvoir d’ores et déjà obtenir un passeport européen…

Evidemment, compte tenu de l’odieuse stigmatisation prônée par la France, les populations d’outre-Méditerranée n’ont pas cette chance… Mais ça va s’arranger, n’est-ce pas ?

Sources : ICI et

mercredi 11 août 2010

Vrac de brèves pour se préparer à l’Assomption…

Ramdam dans la République laïc. Ce matin, le radio-réveil fait son boulot comme d’hab’. Après l’Evangile du jour et la prière (c’est RCF…) les infos : ça démarre avec le Ramadan ! Petit-dej’ sur la terrasse (là, le poste est sur France Cul…) les infos : ça démarre avec le Ramadan… Je descends ensuite dans la vallée faire mes courses (l’auto-radio est sur France-Infos…) les infos : ça démarre avec le Ramadan… J’entre chez Carrefour et je me cogne sur les têtes de gondole "Halal & produits orientaux"… (curieux : dehors à la pompe, le gazole est pas encore certifié par l’imam, du moins c’est pas écrit…) Je précise que je ne suis pas dans le 9-3 ou du côté de la Joliette. De par chez nous, au-delà de 800 mètres d’altitude le CPF se fait rare et notre petite église baroque est pleine le dimanche… Je remonte donc trouver l’air pur de mes 1 200 mètres. Dans la voiture je change deux fois de poste (RTL et ?) croyant avoir mal appuyé sur le bouton vu que les infos étaient les mêmes et dans le même ordre… Du coup je passe sur… Radio Nostalgie. Tu parles ! Ils relaient les flashs-infos de France-Infos…
Enfin rentré chez moi, j’ouvre l’ordi : Reuters se fend d’une dépêche de 50 lignes pour nous expliquer le Ramadan et l’intérêt qu’il y a pour la grande distribution et l’industrie agro-alimentaire de s’intéresser au créneau Halal, un marché déjà très supérieur à celui de l’alimentation bio et à très fort potentiel de développement.
Bref, ces rituels qui concernent peut-être 8 % de la population sont à l’évidence LE sujet primordial qu’il ne faut pas manquer de traiter dans notre république laïc. C’est le rôle essentiel de l’Etat et de nos médias de rappeler à ces braves gens de respecter leurs coutumes religieuses. Je ne me souviens pourtant pas qu’il en soit de même pour annoncer le Carême et l’Avent… Là dessus, je suis allé lire la prose du jour d’Ali-bekov. C’est ICI

Rendement et Productivité en matière de sécurité. Il y a maintenant un mois que, suite à la "mort au combat" du jeune Boudouda qui a mis Grenoble à feu et à sang, des renforts considérables de forces de l’ordre et d’enquêteurs ont été dépêchés sur place pour trouver les responsables et les mettre hors d’état de nuire. Bilan global à ce jour, qu’il s’agisse des tirs d’armes à feu sur la police, des menaces de mort, des jets de projectiles ou d’incendies de voitures : sur 11 interpellations, 10 remises en liberté immédiates ou au plus tard dans les 24 heures (dont 1 cité à comparaître en prévenu libre pour possession de 0,2 kg de cannabis) Le dernier sera présenté au juge sur soupçon de dégradation volontaire

Les petites joies procurées par la lecture du Journal Officiel. Il y avait déjà les CV anonymes mais ce brassage de vent ne supprimait pas les discriminations arbitraires et injustes que subissent ensuite à l’embauche les heureux élus de la short list. Heureusement qu’il y a les textes. Par arrêté paru hier, les policiers ou gardiens de prison ne seront plus tenus de mesurer plus de 1m60 pour exercer leurs fonctions… Des arrêtés antérieurs, non seulement sur la taille, mais également la corpulence des gardiens de prison ou la capacité d'élocution des douaniers ont été abrogés.
Etant de noce le week-end dernier loin de mes terres, j’avais posé mon sac dans un de ces hôtels de périphérie où une mangeoire débitante vous délivre un code donnant accès à un casier pour dormir et se laver. La fenêtre du dit casier donnait sur l’entrée d’une caserne de CRS. Je me prends à rêver du jour où les fourgons gris de ces messieurs devront être équipés de rampes accessibles aux handicapés

Ah oui ! l’Assomption… Repenser à la Vierge Marie… L’autre jour, tombant par zapping télé sur je ne sais quel reportage sur la Côte d’Usure, je me suis retrouvé avec nostalgie dans la chapelle des Pénitents Noirs (confrérie toujours bien vivante) de mon douar d’origine. Dans la sacristie, il y a toujours ce magnifique triptyque de la Vierge de Miséricorde (de Bréa, je crois) Et parmi tous ces petits qu’elle accueille sous son grand manteau déployé je sais qu’il n’y a ni niqhab ni turban… Et trois ruelles plus loin, il y a toujours, encastré dans un mur, un des boulets de canon balancés par les Turcs sur mes probables ancêtres… Moi, je n’oublie pas.

lundi 9 août 2010

Pour marquer la "Journée internationale des populations autochtones"…

Si vous ne le saviez pas, je vous l’apprends : Aujourd’hui 9 août, c’est la Journée internationale des populations autochtones. C’est une journée internationale instituée par l’ONU en 1994.

Bon. Encore une Journée… Mais celle-ci me semble curieusement particulière.
Qu’il s’agisse d’ethnologie, de zoologie, de botanique, de minéralogie ou de langage courant, autochtone qualifie "ce qui habite en son lieu d’origine". S’agissant des êtres humains, et en dépit de l’ampleur accrue des flux migratoires, il semble donc que cette journée se consacre à célébrer et honorer une large majorité des 6 milliards 800 millions d’habitants de cette planète. Chic alors !

Il n’en est rien.

Il s'agit, nous dit-on de célébrer les 350 000 personnes (en 1994…) qui réclament en vain depuis plusieurs dizaines d'années la reconnaissance de leur existence, leurs particularismes culturels, et leurs droits territoriaux.
Pour la France, on nous dit : "C’était le cas des Kanaks de Nouvelle-Calédonie dont l’existence a finalement été reconnue par les accords de Matignon et de Nouméa. C’est toujours le cas des 10 000 amérindiens de la Guyane"…
Et moi ? Et vous (qui me lisez) ? Où en sont nos particularismes culturels et nos droits territoriaux ? Être reconnus, OK. Encore faut-il le rester… Où c’est qu’on en parle ? Montrez-moi ça. Je sais pas, moi, trouvez-moi au moins un renvoi en bas de page… Non.
Dans l’esprit onusien, c’est logique. Pour que nos revendications identitaires soient (peut-être) prises en considération, il faudrait attendre de n’être plus chez nous (non seulement en fait, mais en droit…)

Dans cette attente (pour vous faire patienter…) et pour marquer cette journée, je vous propose de lire l’article ci-dessous :
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« L’Europe est parfois appelée le Vieux Continent, mais elle reste la mère de la civilisation moderne, le centre de la culture mondiale et l’incarnation de la conscience internationale. L’Europe, et surtout l’Europe occidentale, joue le rôle humaniste qui a fait sa réputation et combat le sous-développement en ouvrant grand les bras aux miséreux, aux maltraités et aux opposants pourchassés par des dictateurs.
Quand elle défend son identité et sa façon de vivre, nous n’avons pas le droit de nous en offusquer. Elle ne fait que défendre la démocratie et les libertés individuelles contre une pensée religieuse, celle de l’islamisme. Il faut être objectif pour comprendre les réactions de colère des Européens face à « l’assaut culturel et humain » musulman.
Au bout d’une ou deux générations, le monde entier, et le monde arabe en premier lieu, regrettera l’Europe telle qu’elle avait été jusque là. Celle-ci aura été transformée sous l’effet de l’immigration musulmane. Les Européens ont donc raison de s’inquiéter. Mettons-nous à leur place : dans les pays du Golfe, ne nous inquiétons-nous pas de l’influence exercée par les immigrés asiatiques sur nos propres modes de vie ?
Les ghettos musulmans prolifèrent autour des grandes villes européennes, le voile s’y est banalisé, le niqab y progresse jour après jour et les mosquées y attirent plus de monde que les églises. Il y aurait quarante cinq millions de musulmans en Europe, ce qui ne serait pas si grave s’ils voulaient vraiment s’intégrer. Or beaucoup soutiennent le principe des attentats, les crimes d’honneurs sont courants et les femmes se voient souvent traitées par leurs familles comme si elles étaient encore dans leur pays d’origine.
C’est effrayant de voir que ceux qui ont fui les dictatures politiques, militaires ou religieuses voudraient transformer l’Europe en quelque chose qui ressemblerait à ce à quoi ils cherchaient à échapper.
Nous écrivons cela simplement afin de nous élever contre la victimisation qui accompagne la défense du droit des musulmans à vivre conformément à leurs convictions. Cela est d’autant plus inacceptable que nous-mêmes, dans notre propre pays, nous refusons à toutes les minorités, y compris aux Européens, de simplement respirer et ne cessons de vouloir leur imposer nos choix. »
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C’est une tribune de Ahmed Al-Sarraf publiée par le journal koweïtien Al-Qabas.

Ce texte aurait été traité d’extrême droite raciste, populiste, xénophobe, ethnocentrique et islamophobe s’il avait été écrit par un auteur occidental. Le koweïtien Ahmed Al-Sarraf y dit sensiblement la même chose que Geert Wilders contre lequel Al-Quaida a lancé un appel au meurtre

PS (qui n’a rien à voir…) : En mythologie grecque, un autochtone est un enfant né spontanément de la terre, sans parents…

vendredi 6 août 2010

Le 14 juillet que vous n’aurez pas vu…

L’affaire a beau avoir été étouffée en haut lieu, il est surprenant qu’elle n’ait pas été révélée par Médiapart ou le Canard Enchaîné. Il s’agit pourtant là de l’échec patent d’une initiative particulièrement foireuse de l’Elysée. Mais il est vrai que les causes de cet échec pouvaient sans doute se révéler gênantes d’un certain point de vue…

Comme vous le savez, les paroles de notre hymne national ont été écrites en 1792 dans un contexte de guerre et de virulent appel à la Patrie en danger. A plusieurs reprises et à diverses époques des tentatives ont été faites pour en rénover le texte mais aucune n’a abouti. Cette question qui revient assez régulièrement sur le tapis ayant un jour été évoquée devant lui, le Président de la République a cru y voir une opportunité de marquer son quinquennat par une action qui resterait dans les manuels d’histoire. Il s’en empara donc avec le volontarisme et le dynamisme qu’on lui connaît. Ayant jugé la proposition qu’on lui fit (1) vraiment trop cucul la praline (le mot bisounours n’était sans doute pas dans son vocabulaire) il chargea Claude Guéant de s’attaquer au dossier…

Il ressortit tout d’abord de longues études préliminaires qu’il ne fallait pas changer la musique. D’une part, ce serait trop pour les vieux grincheux (qui ne comptent plus mais restent malheureusement encore indispensables au socle électoral) D’autre part, surtout, le coût serait excessif en période de crise : édition de partitions musicales à diffuser par milliers d’exemplaires à toutes les batteries-fanfares du pays, heures supplémentaires de répétition pour la Garde Nationale en ces temps de réduction du budget des armées, etc.
S’agissant du texte, il fallait donc que celui-ci reste adapté au rythme de la mélodie. En outre, l’atténuation de sa violence pouvait permettre de réactiver tous les couplets, les 1° et dernier étant jusqu’ici les seuls chantés. Alors que l’on venait juste d’instituer l’apprentissage de l’hymne national à l’école, il y avait en outre là une occasion de faire de la pédagogie. Le projet de texte retenu a même été porté pour cela de sept à huit couplets…

Le Président ne se contenta pas de valider le projet. Il décida de frapper l’opinion par un de ces grands coups dont il a le secret. Son projet était de lancer le nouvel hymne le 14 juillet 2010 en saisissant cette occasion pour changer totalement la routine ringarde qui prévaut ce jour-là. Nous étions alors fin 2008 et les contraintes logistiques ne permettaient pas d’envisager la chose pour 2009 (et 2011 aurait prêté le flanc à la critique de manœuvre électoraliste…) Le projet était en effet d’importance :
Le défilé militaire et la garden-party de l’Elysée seraient supprimés (économies à prévoir sur la réfection du macadam après passage des chars et aussi sur les petits fours…) En contrepartie, d’énormes tribunes seraient installées place de la Concorde dans un esprit fête de la Fédération pour accueillir des milliers de choristes majoritairement issus des quartiers entonnant le nouvel hymne d’une seule voix.
Parallèlement, via les associations, les médiateurs, les grands frères (et les imams), une action devait être menée pour réfréner la combustion de voitures en périphérie dans un souci de limitation des émissions de gaz à effet de serre. Une invitation en bonne place dans les tribunes place de la Concorde devant récompenser pour leur civisme ceux qui se seraient privés de leurs feux de joie habituels. Dans le même esprit et pour bien montrer la communauté d’intérêt de tous, les bals des pompiers et feux d’artifices devaient également être supprimés.

Toutefois, plus la date fatidique approchait, plus les retours émanant des instances représentatives des minorités visibles étaient préoccupants. Les quartiers ne voulaient pas chanter, ne s’estimant pas concernés. En outre, les plus évolués (ou les moins illettrés) faisaient valoir – semble-t-il à juste titre – que les paroles de la plupart des couplets ne pouvaient logiquement être chantées que par des céfrans. Par ailleurs, diverses autorités morales consultées se sont élevées contre une phrase inacceptable du 5° couplet laissant entendre que les pays d’origine des immigrés pouvaient être des lieux de misère. Enfin, aucun amateur d’incendie de voitures ne s’est dit intéressé par quelques heures d’ennui sur une tribune. Tout au plus certains auraient consenti à différer leurs jeux de 24 h à condition d’être pour ça grassement payés d’avance...
Bref, à l’approche de l’échéance, les tribunes étaient toujours vides. Les enfants des écoles, il n’en était pas question, les profs refusant de les accompagner et les parents de FDS envisageant tous une visite chez le docteur.
S’agissant des choristes, outre les militaires réquisitionnés dont il était avéré que 50 % chantent faux, les organisateurs ne disposaient que de 80 retraités recrutés par le biais d’Education Sans Frontières

On passa en pertes et profits les un million deux cent trente mille euros de dépenses préliminaires engagées et on invita tout frais payés divers pays africains pour combler les trous laissés dans le défilé par les unités prévenues trop tard pour qu’elles s’entraînent à marcher au pas. En définitive, la suppression de la garden-party fut le seul élément conservé du projet…

En exclusivité ( c’est cadeau ! ) je me suis procuré le texte intégral de notre hymne national avec, en regard, celui du projet qui, n’en doutons pas, ressortira bien un jour :


(1) : proposition ci-jointe.

jeudi 5 août 2010

Le Bisounours Award du jour…

(du jour seulement, ne nous avançons pas…)
"Avec ses 45% de logements sociaux et ses plus de 47 nationalités qui y sont représentées, Arcueil témoigne d'une forte cohésion sociale et culturelle"
(Ségolène Royal)

Tu choisiras…


J’ai repensé cette nuit à tous ces pèlerinages à Cotignac avec les pères de famille. Aujourd’hui, les guiboles voudraient bien y retourner, le cœur aussi mais les coronaires ne sont plus d’accord… Les clopes que voulez-vous… Les années se suivaient, jamais pareils. Des fois pour demander des grâces, des fois pour rendre grâce, souvent les deux… Un fils rescapé d’une quadriplégie annoncée, vrai miraculé, une épouse en ènième chimio sans résultat… J’ose pas dire "etc."

Pourquoi je repense à ça ? A cause de cette foutue blogosphère, figurez-vous… Sur le net, j’utilisais ma boîte mail et commandais mes billets de train. Comme tout le monde… Puis, durant ce temps d’oisiveté mélancolique qui a suivi le décès de la femme de ma vie, une relation quelconque m’a conseillé un jour par mel d’aller lire un papier en me donnant le lien. Et de lien en lien j’ai commencé à lire. Puis l’envie m’a pris de poster un commentaire. Et comme un con j’ai fini cette année par créer mon blog…

Parmi les tout premiers blogs dont j’ai suivi la prose, il y avait celui d’Albertine (le premier, celui "où elle était à cheval") Je l’ai suivie quand elle s'est mise sous la bannière du Stello d’Alfred de Vigny. Adossée à une réelle culture littéraire, sa maturité et la variété de ses sujets me plaisaient et la plaçaient en tête de mes blogs favoris. Elle n’était pas naïve Albertine, elle savait notamment qu’elle était un peu la mascotte de cette bande de oufs se reconnaissant sous le label de la Confrérie des Punks à Diplôme définie par Woland (pas celui de Boulgakov, encore que…) et aussi que tenir un blog n’est pas exempt de narcissisme…

Depuis plus d’un mois, "game over". Plus rien. Rien c’est rien, c’est à dire archives vides…
Et hier soir, elle nous écrit. Une dernière fois. Un fruit de Cotignac… Elle a fait ce choix en préliminaires à d’autres sûrement. Quand on va avoir trente ans, quoi de plus normal me direz-vous. Ah bon ? On voit tant de gens qui n’en feront jamais…

Et je ne peux m’empêcher de me remémorer la fin de cette citation que j’ai si souvent rabâchée à mes enfants dès l’adolescence :


"En choisissant, tu cesseras d’être tous les autres hommes que tu aurais pu être"

(Carlos Fuentes – in La mort d’Artemio Cruz)

Puisqu’elle l’a mis en ligne (pour combien de temps, je ne sais pas) vous pourrez lire son dernier papier : http://www.stello-backstage.net/ (les commentaires sont fermés)

Quoi qu’il en soit, savoir qu’il y a autour de nous des jeunes femmes de ce genre (il y en a d’autres…) c’est quand même un sacré petit verre de gnole pour l’Espérance !

Merci pour tout, Albertine. Et bonne route !

lundi 2 août 2010

Nouvelle marche en avant vers le futur…

C’est les ouacances… Déjà que le journalisme d’investigation se limite désormais à se vautrer confortablement dans le sordide des petites combines de fric et de linge sale des familles de l’upperclass, les médias se foulent encore moins que d’habitude et c’est pas peu dire. Hortefeux mouline ses bras, Martine Aubry dénonce "une dérive antirépublicaine", les Clinton marient leur fille unique Chelsea, Omar Haddad réclame sa réhabilitation, EMI sortira-t-il un nouvel album de Michael Jackson ?, etc. Entendons-nous bien, ce qui fait l’actu, c’est ce qui est SANS EFFETS. Pas plus que le jet d’urine du zizi d’un garçonnet impubère dans le lac Michigan un jour sans vent. Le môme va s’amuser à regarder les rides concentriques sur l’eau. Il a troublé la mer d’huile placide, signe de son importance, il est fort ! Vingt-trois secondes après, c’est comme s’il n’avait même pas existé…

Par contre, ce qui a de l’effet. Ce qui a un impact dans la durée, ce qui fera peut-être que ce ne sera jamais plus comme avant, ah ça, mon bon monsieur, vous n’y pensez pas ! On sait depuis près de soixante ans qu’il vaut toujours mieux se rendre complice de millions de morts que désespérer Billancourt… (et encore, Billancourt c’était les gros bras de l’avant garde de l’avenir... Aujourd’hui, ce ne sont plus que les Bisounours sous perfusion de divertissements…)

Mais je m’égare…

Donc, les ouacances… A leur approche, comme d’hab’ dans toutes les administrations, le Ministère de la Déséducation Nationale a expédié ses instructions last limit pour vider ses tiroirs et pouvoir partir comme tout le monde. En plus, ça évite les récriminations, les profs ayant déjà l’esprit ailleurs et on les comprend. De toute façon, c’est pas sur la plage de Phuket ou d’Argelès qu’ils liront les circulaires relatives aux programmes. Peut-être liront-ils celles relatives à leurs "heures", vu qu’il faudrait pas qu’ils soient pris de court par les actions de rentrée pour plus de moyens… Alors, si les profs s’en contrecarrent ou n’ont "pas vu" et que le SNES n’y voit aucun motif de crier qu’on égorge la jeunesse, pourquoi voudriez-vous que les journalopes s’y intéressent ? Silence radio.

De quoi je cause ? J’y viens. Le 1° juillet, Eric Brunet, écrivain et journaliste à France Télévisions, a publié sur son blog la réaction de l’historien Dimitri Casali qui a pris la peine, lui, de lire les 116 pages des nouvelles instructions officielles pour les programmes scolaires.

"…Henri IV, Louis XIV, Napoléon et quelques autres vont être réduit à leur plus simple expression dans les programmes de l’année prochaine au profit des empires africains Songhaï et du Monomotapa ! Cette décision officielle a été prise au nom de « l’ouverture aux autres civilisations de notre monde » et n’a été pour l’instant que très peu ébruitée. Cette nouvelle ahurissante bouleverse les grands repères et les bases de l’enseignement…"
"L’étude de la Révolution et l’Empire sont sacrifiés pour mieux pouvoir étudier les grands courants d’échanges commerciaux au XVIIIe et XIXe comprenant les traites négrières et l’esclavage."
"Le nouveau programme de 4e revient donc une nouvelle fois sur les traites négrières auxquelles il propose de consacrer 3 heures alors que toute l’histoire de la Révolution et l’Empire est expédiée en moins de 8 heures… contre 12 heures auparavant."
"Pire encore, le programme donne la possibilité de traiter la période de la Révolution uniquement jusqu’en 1799. Libre au professeur de s’abstenir totalement d’évoquer le Consulat et l’Empire de 1799 à 1815, éludant ainsi de nombreux évènements fondamentaux de notre histoire ! "
"Autre exemple édifiant, Louis XIV qui constituait un temps fort du 1er trimestre de 4e est renvoyé en 5e à la fin du mois de juin, au terme d’un énorme programme sur lequel on se sera longuement attardé sur les civilisations africaines du Monomotapa et Songhaï et sur la traite orientale ! " Etc.

Aborder le Consulat et l’Empire n’est donc plus qu’une option au choix du prof. Et encore ne peut-il le faire qu’axé sur l’un tes thèmes "La Révolution, l’Empire et les religions" ou "Les grandes figures de la Révolution et de l’Empire"… Or, par la volonté de Napoléon, cette période a été marquée par un énorme travail de reconstitution et de stabilisation des structures et de l’organisation collective de la Nation. ( "Code Napoléon", création de départements ministériels tels que Poste, Mines, Forêts…, Universités d’Etat, Conseils des Prud’hommes, grands travaux routiers, portuaires… Et sans le blocus continental, pas d’industrie sucrière dans le Nord…) Amplement modifié au gré des circonstances (surtout récemment…) le droit des biens et des personnes, par exemple, est aujourd’hui encore fortement imprégné des principes concrétisés à cette époque.
Et qu’en sera-t-il du Second Empire ? Je ne sais… Passera-t-il aussi à la trappe ? Ce fut une période de fort développement économique, d’urbanisation et d’industrialisation. Et les paysages, voire les mentalités de nos régions d’aujourd’hui s’expliquent encore à bien des égards par les choix faits alors…

Comme quoi, la décérébration actuelle ne suffit pas, il faut aller plus loin. Le but avéré de ce "toilettage" (peut-il y en avoir d’autre à ce stade ?) est de rendre incompréhensible l’organisation sociale collective qui est la nôtre aujourd’hui. La rendre sans cause ni raison. Plantée là sans fondations, décor d’opérette en carton que rien ne justifie. Qu’il n’y ait plus qu’à souffler dessus pour la remplacer par… (par quoi, au fait ? )

Je vous invite à lire le papier de M. Casali C’est un ordre. Et aussi un des rares échos dans la presse des Bisounours.

"Si tu veux marcher vers le futur retourne toujours à tes racines" (Machiavel)