"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 30 novembre 2010

Support indépassable de l’Avenir…

(qu’il ne faut jamais insulter, oui je sais…)


" Protégez-vous avec le préservatif Désir d’Avenir ! " *

" Soutenir les idées de Désirs d'avenir, c'est aussi les porter ! " *


* (slogans authentiques du site…)

lundi 29 novembre 2010

Instrumentalisation de la générosité

Samedi prochain on va se farcir le Téléthon ©

Hormis mes visites chez les Présumés Coupables comme dit Hank, je sors assez peu (sur la toile…) mais je ne me prive pas de faire aussi des détours par d’autres lieux dès lors que ceux-ci sont lucides

Et je prends la liberté, aujourd’hui, de relayer le billet ci-dessous publié samedi dernier par Authueil :
__________

Je suis allé ce matin faire mes courses chez un marchand de surgelés dont le nom commence par un "P". J'y ai vu des petites affichettes annonçant une opération promotionnelle : pour l'achat de produits signalés par un petit logo, la société s'engageait à donner 10 centimes d'euros au téléthon. Cela m'a écœuré !
Cette opération est tout bénéfice pour le commerçant, qui écoule ainsi davantage de produits, qu'il a pris soin de commander en plus grand nombre, donc avec un prix plus intéressant, ce qui augmentera sa marge. Ca se trouve, l'augmentation de marge atteint ou dépasse 10 centimes par produit. Et si cela ne suffit pas à rentabiliser financièrement l'opération, le crédit d'impôts pour "don et mécénat" s'en occupera, permettant au passage d'atteindre le plafond des dons dans le courant du mois de décembre. En plus de gain financier, le commerçant s'offre une belle campagne d'image auprès de ses clients, voire du grand public s'il décide de faire un peu pub, notamment lors du téléthon, où je ne doute pas que son nom sera abondamment cité dans les remerciements, donc hors quotas "parrainage et publicité". Le téléthon y gagne, puisque rien que grâce à son image positive auprès du grand public, il reçoit un don qui sera sans doute substantiel. Il valorise ainsi la marque "téléthon", annonçant la surenchère avec les concurrents, qui se sont montrés assez agressifs, ainsi que la prochaine étape, le téléthon tout le mois de décembre, partout et non plus seulement sur certaines chaînes de télévisions pendant quelques jours.
Le très grand gagnant, c'est quand même le système marchand, dont le but est de nous faire consommer tant et plus, en nous scotchant pour cela devant les médias de masse qui ne sont là que pour faire de la promotion de produits (et notamment ceux des industries dites culturelles, qui sont surtout des industries du divertissement) Pour que la machine tourne toujours, il faut sans cesse l'alimenter. Pour cela, tout est bon à récupérer, y compris la générosité, le don, qui ne sont pourtant pas à priori les valeurs premières de la société de consommation. C'est qu'aujourd'hui, on ne vous prescrit plus seulement de consommer des produits, mais aussi des "valeurs" qui sont avant tout des postures. L'essentiel, c'est que vous mettiez la main au porte-monnaie, que vous soyez présents devant les écrans pour que la pub rapporte.
Ce matin, je me suis bien gardé d'acheter les produits signalés par le marchand de surgelés. Par contre, à la sortie de mon supermarché habituel, j'ai fait quelques dons à la banque alimentaire, qui tenait un stand. Cela représentait le tiers de mon caddie, en valeur. Sans reçu fiscal, de manière totalement anonyme et gratuite. C'est ça la vraie générosité...

Samuel
_____________

A ces propos, du temps où j’avais passagèrement émargé au Rotary (le maillage des relations, que voulez-vous…) je me rappelle avoir dû à ce titre faire la manche devant les supermarchés au profit de la banque Alimentaire. C’était riche d’enseignement sur… les donateurs. A valeur (faible) égale, les jeunes déposaient des produits industriels souvent superfétatoires, de grignotage, parfois périssables ; ils en avaient l’habitude… Les autres, des pâtes, du riz… Et les plus vieux ce dont ils se souvenaient avoir manqué : du sucre, du café, parfois de l’huile (les plus généreux)

Moi, Plouc, quand je tombe maintenant sur une collecte, je donne. Et je donne exclusivement des boîtes de conserve. Ça se garde et peut se stocker, c’est bien. Mais pas n’importe quelle conserve : lentilles aux lardons, cassoulet, choucroute

Bref, faut qu’y ait du porc ! Au moins, je sais à qui ça profite…

Enfin, bon ; je vous ai soufflé le truc…

dimanche 28 novembre 2010

Interculturalité, horizon indépassable…

Il m’est arrivé plusieurs fois de parler ici de la Belgique et j’ai expliqué pourquoi dans un précédent billet. Cette construction artificielle (c’est comme Israël : encore un coup des Anglais qui voulaient un truc neutre en face de Londres…) ne tient debout que grâce à l’absence factuelle d’Etat et à une cohésion résiduelle du "vivre ensemble" dont le seul ciment sont la Sécu, le régime des retraites et ces genres de choses… Bref, une magnifique illustration de l’Europe actuelle dans ses œuvres et un laboratoire de son avenir…

Dans ce gentil royaume, donc, le louable souci de ravaler la façade (il n’y a plus que la peinture qui évite le délitement des murs…) a conduit le gouvernement fédéral à instituer en mars 2008 une commission chargée de formuler des recommandations « en vue de renforcer la réussite d’une société basée sur la diversité, le respect des spécificités culturelles, la non-discrimination, l’insertion et le partage des valeurs communes » et d’organiser des « Assises de l’Interculturalité » qui se sont tenues à Bruxelles. Son comité vient de rendre son rapport.
Qu’un gouvernement totalement impuissant à unir la diversité culturelle entre Flamands et Wallons réunisse des Assises en vue de recommandations interculturelles fondées sur la non-discrimination, j’ai failli m’en étouffer de rire. Ouais… Mais l’Interculturalité quand-même ! IN-TER-CUL-TU-RA-LI-TÉ ! (vous rigolez ? copiez-le cent fois !)

Bon. Puisque Assises il y a (non, restez assis), jetons un œil sur les recommandations du rapport final ; c’est beau : Un monument enfin élevé à la gloire du droit des peuples à l’inculture ! N’est-ce pas, en effet, le plus parfait, le plus achevé des droit-de-l’homme que celui d’être débarrassé de sa culture ? (ça doit faire partie des droits acquis non négociables, assurément)
Il s’agit, bien évidemment de "revoir, renouveler, et si nécessaire abroger les approches existantes en matière de droits de la personne"

A ce titre, le "Comité" des Assises s’est penché sur le "point sensible" du calendrier des jours fériés perçu par beaucoup comme un patrimoine historique intégré aux acquis sociaux. Certes, mais "le calendrier civil donne une place prépondérante aux fêtes chrétiennes qui fournissent six jours fériés légaux sur dix. Cette situation crée une inégalité de traitement entre les chrétiens et les personnes qui ont une autre conviction philosophique ou religieuse". Le comité préconise donc :
- De conserver les cinq jours fériés suivants: 1° janvier, 1° mai, fête nationale, 11 novembre et "25 décembre" (donc un seul chrétien – et encore, disons "d’origine" chrétienne…) Exit, évidemment Toussaint, lundi de Pâques, Assomption, Ascension et lundi de Pentecôte….
- De permettre à chacun de choisir librement deux jours flottants, selon sa culture ou sa religion (bonjour le chantier…)
- De créer trois nouveaux jours fériés non religieux qui pourraient coïncider avec des journées internationales célébrant la diversité et la lutte contre les discriminations (par ex. : J. des femmes, J. contre le racisme et J. mondiale de la diversité culturelle…)
Je me garde de commenter…

Ce magnifique rapport recèle bien d’autres avancées vers la lumière. Si vous ayez du flou dans la comprenotte, bouffez-en encore quelques trucs en vrac :

- Des fois avec un léger strabisme de bon aloi : "Le Comité s’inquiète de voir que des élèves remettent en question de façon agressive le contenu de certaines matières. Mais ce constat doit être situé dans un contexte plus large : Il est pour partie lié à la pénurie de professeurs de sciences…"

- Des fois avec un doigt d’hypocrisie (mais c’est pour la bonne cause) : "La Cour européenne des droits de l’Homme confirme que l’abattage rituel est un « rite », pratique religieuse essentielle protégée à ce titre par la liberté de culte. Donc, l’animal doit être anesthésié avant d’être abattu, sauf pour les cas rituels…"

- On plus franchement dit : "Conformément à l’objectif d’interculturalisation, l’apprentissage de certaines langues doit être proposé à tous les élèves. Pouvant être utiles à tous, elles font partie du patrimoine symbolique des élèves issus de certaines minorités, même s’ils ne les parlent pas.

- S’agissant de la "mémoire" : "Celui dont l’histoire n’est pas reconnue, caricaturée ou niée peut se sentir lui-même nié. Sur un plan symbolique, le Comité recommande d’inscrire cette reconnaissance de façon visible dans l’espace public et d’écarter les dénominations qui blessent les personnes issues des pays anciennement colonisés."

- Et, côté subventions : "Le Comité recommande aux autorités politiques d’aider les « médias communautaires» à se stabiliser dans la durée… (Passez à la caisse, braves belges !)

Je m’arrête là. Y a aussi les "quotas" et ce qu’ils appellent (j’adore) les signes convictionnels (petites croix de cou et niqhab même combat…) etc.

Sont en avance mais pas de beaucoup… On n’a plus que 18 mois à attendre et on va les rattraper. Suffit de laisser passer les élections de 2012, à cause de tous ces ploucs qui nous retardent. Si Sarko s’en tire, on pourra enfin avoir Borloo à Matignon avec un beau Grenelle de la Diversité. Si c’est les autres itou. Puisque c’est indispensable pour la mondialisation, horizon indépassable…

samedi 27 novembre 2010

Demain, 1° dimanche de l’Avent…



Un enfant va nous être donné…


Il est déjà parmi nous,
nous l'attendons,
nous l'espérons...



Putain !


LAISSEZ-LE VIVRE !




______________

PS - Non ! Celui-là, ci-dessous, n’est pas Celui qu’attendent toujours nos frères juifs qui n’ont toujours pas compris le film. C’est plus prosaïquement the last work in progress dans la lignée du Plouc. Yeah !

jeudi 25 novembre 2010

Abattage rituel et bon usage de la Police…

Avec ma marotte des journées, je ne vous entretiendrai pas aujourd’hui de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Non seulement je me sens odieusement indifférent à ce dossier, mais j’y flaire, une fois de plus, un chouia de fumet de repentance obligatoire ; ça suffit comme ça. En revanche, je n’avais pas oublié de célébrer à ma manière la Journée internationale de la tolérance le 16 novembre dernier. A ma grande confusion, je réalise que j’ai oublié d’évoquer quelque chose de beaucoup plus important ce jour-là :

العيد الكبير - l’Haïd el Kébir, quoi !

Mardi 16 novembre, on sacrifiait le mouton…
Chez nos amis russes, cela se passe plutôt bien, voire en toute convivialité, dans les régions de la Fédération à majorité musulmanes turcophones. Normal, c’est déjà l’Oumma… En revanche, en pays orthodoxes, ça fait des vagues :

L’an dernier, à Moscou, sacrifice d’un mouton dans le bac à sable d’un square. Cette année, outre des femmes empêchées de rentrer chez elles ou d'aller à leur travail par des hommes refusant qu’elles passent à côté d’eux pendant la prière, des cadavres de moutons traînés dans les rues et d’autres égorgés attachés près d’un arrêt de bus…
En province, des animaux sacrifiés devant une église ou des égorgements à la chaîne organisés devant une garderie…
Résultat : Le ras-le-bol des "natifs" monte…

Heureusement, pas de ça chez nous !!

Comme vous le savez, nous avons une police digne de ce nom. Et, notamment, les fonctionnaires des CSI. Entendez les "Compagnie de Sécurisation et d'Intervention", c’est à dire des costauds formés aux violences urbaines, en charge de perquisitions, interpellations au domicile, etc. Z’ont du boulot…
Et bien figurez-vous qu’à Nanterre, d’après le syndicat Alliance de ces messieurs, la CSI 92 a assuré la mission de filtrer les quidams venus chercher leur carcasse de mouton à l’abattoir certifié halal avec la consigne d’orienter les clients vers les caisses les moins encombrées comme de charmantes hôtesses d’accueil dont bien des supermarchés s’abstiennent de s’offrir les services… Ah oui ! J’oubliais ! Les circulaires du ministère rappellent qu’il faut chercher les "gisements de productivité", identifier et supprimer les tâches indues, faire la chasse aux "gardes statiques" inutiles devant les ambassades, édifices publics (ou privés), etc.

Rien à voir !

La police est dans son rôle. Sa mission régalienne, sociale et, surtout, citoyenne n’est-elle pas de veiller attentivement à la tranquillité publique ?
Or, la tranquillité publique nécessite impérativement d’éviter tout ce qui peut troubler ; tout ce qui peut réveiller de bas instincts heureusement endormis chez les masses laborieuses Avec Domicile et Assiette Fiscale Fixe
D’où, évidemment, les abattoirs discrets financés par les ADAFF, etc. Mais ça ne suffit pas. Faut que ça se passe vite, sans attroupements, sans queues comme au temps des tickets de rationnement (HLPSDNH, z’avez pas connu…)
Et puis c’est tout à fait normal ; on détache aussi des flics les soirs de match, c’est pareil…
Circulez ! Y a rien à voir ! (la preuve : même le Plouc, bon citoyen, n'a rien remarqué)

Surtout, cachez-moi ça ! Faudrait pas que ces connards de souchiens bas de plafond finissent par se poser des questions nauséabondes

P’têtre bien que Medvedev et Poutine savent ce qu’ils font. Mais ce sont des affreux. Nous pas…

mercredi 24 novembre 2010

Retour aux HLPSDNH…

Moscou 1917, Rome 1922, Berlin 1933, Pékin 1949, Pyongyang 1953, Phnom Penh 1975… Paris 201X ?


Que fait SOS Racisme ? Que fait le MRAP ?

Article 225-1 du code pénal :
Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, (…) de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

( merci à Dixdiag pour l’idée)

Vous noterez le choix de la date de la manif des indigènes dont il s’agit : le 8 mai prochain (ils s’y prennent tôt) Donc, ils n’ont probablement pas l’intention d’aller déposer une gerbe sur la tombe du Céfran symbolique en cette "Journée du souvenir et de la réconciliation en l'honneur des morts de la Seconde guerre mondiale" (oui, oui, c’est le titre…) A moins que ce soit Houria Bouteldja qui ranime la flamme. Ce serait chic de sa part…
Figurez-vous que, ce jour là, ce sera aussi la Journée internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (ne l’oublions surtout pas celui-là, ça pourrait servir en queue de manif…) Et puis aussi la Journée mondiale du commerce équitable (mais ils ont sûrement déjà donné…)
Le plus surprenant, c’est qu’ils n’ont pas choisi le lendemain. Le 9 mai, figurez-vous, sera la Journée mondiale des oiseaux migrateurs. En plus, c’est au printemps, quand ils remontent… Mais j’oubliais, ce sont des indigènes d’ici…

DICO : "Un indigène est une personne qui est anciennement originaire d'un pays et qui en possède la langue, les coutumes et les usages, avec une connotation qui n'est pas raciale mais culturelle."
Ce sont donc bien des indigènes de la République. Normal. La République, c’est pas la France ; faudrait pas confondre.
Au fait, finalement c’est quoi la République ?

lundi 22 novembre 2010

Karachie la capote et le pouvoir de la presse.

Propos sans queue ni tête

L’autre soir, sans doute ramolli par la douceur angevine et quatre heures de TGV, j’ai consenti à accompagner le prochain patriarche de ma tribu (quand j’aurai passé l’arme à gauche) à une sauterie sur invitation qui s’est révélée une des plus dormitives que nous ayons l’un et l’autre vécu : La soirée inaugurale du SCOOP ; entendez le Festival International du journalisme d’Angers, placé cette année sur le thème : "La Presse et le Pouvoir… Le pouvoir de la presse" C’était la 25° et dernière édition en ces lieux qui ont vu la chose naître et prospérer avant son déménagement à… Lille l’an prochain, le maire socialo-centriste ayant sucré la subvention, comme par hasard juste après que la cheville ouvrière du dit festival ait fait, comme le fiston, le choix qu’il ne fallait pas aux dernières municipales… Bref, vu le contexte, on espérait un peu d’animation. Las ! On s’est farci une belle brochette d’huiles "incontournables" tels que Roland Joffrin, Szafran de Marianne, Gerbaud de Reporters sans Frontières, etc. sous la houlette compréhensive de la Chabot soi-même animant le débat. On aurait mieux fait d’allumer la télé...

La seule chose que j’ai retenu, en passant, c’est la remarque d’un quidam que je vous livre en gros : "- Les politiques, maintenant, c’est comme un chirurgien qui opère en ayant autour de lui toute la famille du patient qui commente l’opération en temps réel…" Bon, ça suffisait pas pour mériter le déplacement…

Pourquoi je cause de ça ?

Ben, avant de reprendre mon TGV ce matin, j’ai jeté un œil distrait sur les titres à la une des quotidiens au kiosque de la gare. Pour Le Monde et Libé, il n’y en a que pour Karachi (non y a pas de faute d’orthographe dans le titre…), Pour La Croix et le Figaro, c’est Benoît XVI qui tient la vedette. Pour La Croix, on comprend ; pour le Figaro aussi vu son art consommé pour éluder…

Reste la lancinante (?) question du pouvoir de la presse… En quoi la vérité (si elle sort) sur les dessous de Karachi incitera les lecteurs du Monde et de Libé à voter plus qu’ils ne le feront de toute façon pour le candidat encore ectoplasmique de la gauche en 2012 ? Les lecteurs du Figaro retourneront-ils plus à la messe d’apprendre que le discours du Magistère sur le bout de latex évolue dans la forme (j’ai dit la forme, pas le fond…) ? Et quand Libé annonce quasiment à ses fidèles lecteurs, comme si c’était fait, que le Pape va démissionner, qu’est-ce qu’un lecteur conscient et organisé de Libé en a à foutre ?

Bref, je dis ça, je dis rien… A plus…

samedi 20 novembre 2010

Gazette du Palais – Spéciale dernière…


Liès Hebbadj, dont le nom "a été associé à des soupçons de polygamie", a été condamné mercredi dernier à une amende de 700 euros pour "abus de confiance" dans une affaire l’opposant à une association culturelle musulmane ; deux mois de prison avec sursis avaient été requis le 20 octobre à son encontre.

Son avocate a annoncé son intention de faire appel.
Vivant avec son épouse légitime et ses trois "maîtresses", il est par ailleurs mis en examen dans deux autres enquêtes, sur une fraude aux prestations sociales et sur le viol présumé d'une ex-compagne.
La première affaire, toujours à l'instruction, pourrait ne pas être jugée avant 2012 et la seconde se terminer sur un non-lieu selon l'avocate.
Celle-ci ayant dénoncé "un acharnement judiciaire anormal et exorbitant, compte tenu du faible préjudice", le Procureur a précisé : "Il ne s'agit pas d'acharnement, mais de prendre en compte la souffrance d'une communauté blessée dans son honneur"…

Dans la procédure concernant René Galinier, le juge n’avait-il pas dit qu’il s’agissait avant tout de "ne pas susciter l’incompréhension dans l’ethnie d’origine des victimes" ? (cf. mon billet du 5 octobre)

Me voilà rassuré. Tout le monde est bien traité selon le même principe : Respect prioritaire, pusillanime et obséquieux des sensibilités et susceptibilités communautaristes (mais seulement de la diversité, n’exagérons rien…)

Donc, Liès et René mêmes emmerdes… Sauf que Liès a l’air un peu con dans le rôle de l’arroseur arrosé. Mais attendons quand même le jugement en appel et ceux des deux enquêtes en cours. On verra bien.
Euh… Faisons confiance à la justice !

jeudi 18 novembre 2010

Autour du Beaujolais nouveau c’est plus ce que c’était…

Faute de mieux (c’est pas tous les jours qu’on peut se payer un Latour 2003…) j’ai préféré sacrifier à la mode commerciale (fort conviviale, sinon de haute valeur gustative) du Beaujolais nouveau plutôt qu’à celle d’Halloween… Ce qui ne surprend pas ceux qui connaissent ma nette propension à me jeter sur le produit de la vigne plutôt qu’à chercher des occasions de me faire peur.

Tant qu’à sacrifier, j’ai voulu joindre l’utile à la préservation de mes finances et trouver comment tirer des bords entre Saône et Rhône sans verser mon écot à chaque verre. Vous me direz que ce souci là fait un peu radin… Mais ça prouve que je deviens un bon lyonnais (qui, comme chacun sait, se doit d’être un peu faux-cul et près de ses sous. Ce n’est pas Calixte qui me contredira) La tournée des bouchons et autres bistrots fréquentables n’étant pas vraiment "donnée", où aller ?

Il y a 10 ans, j’avais profité de l’approche des élections municipales pour vider les verres dans les permanences électorales. Il suffisait d’y penser… Boire à l’œil sur le compte de ces braves, pourquoi pas ? Incognito évidemment (sauf là où j’avais alors mon rond de serviette, mais je ne vous dirai pas chez qui…) Les verres étaient en carton et les contenus d’entrée de gamme, plafonnement des dépenses oblige. Mais bon. C’était mieux que rien.

Cette année, pas d’élection mais les partis politiques étant comme les araignées, il y en a toujours dans les coins de plafond. J’ai donc décidé d’en refaire la tournée. Je me doutais que le paysage avait un peu changé. Les verres sont toujours en carton et la bibine jeunotte, mais sachez que ce n’est plus du tout comme avant !

Il y a ceux qui ont fermé boutique, ceux qui se sont fait racheter, ceux qui ont seulement modernisé l’enseigne, ceux qui ont gardé la même mais changé de centrale d’achat, etc. Sans parler des coquilles vides où il n’y a plus rien à boire.

Chez les Verts tout d’abord, toujours pas de jus d’artichaut, sans doute par lassitude, leur couleur mascotte n’étant guère qu’un logo conservé pour d’évidentes raisons de marketing et de segmentation de clientèle. Tout au plus servaient-ils jadis du jus de carottes bio sans colorant (qui n’était donc même pas rouge…) Aujourd’hui, ils semblent se foutre éperdument de ce qu’on boit, même si c’est du Red Bull gonflé aux OGM. Par contre, ils font une pub d’enfer pour tout un tas de produits sous emballages éthiques, équitables et présumés durables. Et pas des trucs à se jeter derrière la cravate (en principe) : Tout ce qui se fume, tout ce qui se baise (de tous âges et par des bouts variés) et, surtout, tout ce qui s’invite sans carton et (affirment-ils) qui se mélange sans risque de rejet de greffe… De plus, suite à de récentes embrassades, on ne sait pas très bien qui sera le taulier ; très probablement une taulière, peut-être même une viking. De toute façon ce sera le genre dominatrice crispée à la Savonarole…

Au PS, ils s’étaient tous mis au Coca-Cola light (même Emmanuelli) C’était bien pensé pour ratisser large vu que tout le monde il en boit, tout le monde il est content et que çà se vérifie partout, rue Vaubecour comme à Vaulx en Velin, à Tel-Aviv comme à Gaza… Aujourd’hui, après un engouement passager pour le lait dont on fait le beurre des Charente, on sait plus trop. La taulière serait plutôt redevable aux Alcooliques Anonymes mais elle se fait du souci à cause des impatiences de quelques jeunots et, surtout, d’un expat’ hédoniste plutôt porté sur le bourbon 18 ans d’âge…

Au PC, le décor et la marchandise n’ont pas l’air d’avoir changé. Il semble planer, encore et toujours, un je-ne-sais-quoi de soupçon de nostalgie de ces temps anciens où le gros rouge languedocien en litron étoilé et capsulé était seul apte à réchauffer les cœurs prolétaires dans l’attente eschatologique et glacée de la parousie stalinienne… C’est d’un tristounet qui faisait presque regretter l’Internationale et ses mâles accents (pour l’édulcoration du dernier adjectif, on les excuse, parité oblige…) Ça c’est pour le décor… Mais aujourd’hui il y a beaucoup moins de chaises et les rayons sont désormais garnis avec un sens tout nord-coréen de la pénurie. Faut dire que la nouvelle concurrence de proximité est rude…
Maintenant, à côté, il y a la boutique de Mélenchon. C’est nouveau et ça fait un tabac sur le même créneau avec le même picrate. En revanche, les rayons sont beaucoup mieux garnis. On y retrouve un certain nombre de produits déjà vus chez les Verts et même au FN. Mais ce sont les grands classiques qui marchent le mieux en dépit de mélanges curieux. C’est un bistrot qui a de l’avenir…
Je ne suis pas allé voir au NPA vu qu’il est indécent de boire au frais des ambulances et, a fortiori, des corbillards…

Au FN, on racontait qu’ils ne toléraient que la bière brune. On le dit toujours. En fait, je n’étais pas allé voir de près et cette année non plus. Pensez-donc ! Des fois que des bien-pensants m’y aient vu entrer… Cela eut été, avouez-le, bien pire pour ma réputation que pour celle d’un évêque qu’un député radical ou un plumitif franc-maçon aurait surpris sortant d’un bordel sous la III° République. Aujourd’hui, tout ça semble un peu plus nuancé. On y fait plutôt dans la bière blonde genre Stella Artois ou Jupiler pour accortes et solides Madelons. Mais rien n’est simple : Au prétexte de rendre en douce la boutique plus accueillante pour le chaland ducon, la fille du patron insiste plus qu’il n’est permis pour vous y rajouter des rasades de thé à la menthe plutôt qu’un doigt de calva. Ce qui ne plait que modérément au gérant local plutôt porté sur le saké. Reste à savoir ce qu’en pensent les vieux habitués… De toute façon, no soucy, la taulière a beau n’être pas très littéraire, elle connaît la phrase de Tomasi di Lampedusa : "Il faut que tout change pour que rien ne change" Derrière une vitrine moins rébarbative ça devrait donc rester un troquet de famille, intermittent du spectacle servant de faire-valoir aux grosses brasseries pour que rien ne change…

Avant, il y avait l’UDF. On n’y buvait que du thé. Aujourd’hui, c’est un salon de coiffure.
Je pensais retrouver leurs clients au MODEM. Ben non. Le proprio béarnais avait cru malin de confier les clefs d’ici à un ex sous-ministre fictif, un divers de service, mais si la nature a horreur du vide, le vide attire le vide… Le dit proprio, tout trépignant, pensait peut-être profiter des évènements de ces derniers jours pour voir affluer la clientèle. Rien du tout !

Et puis il y avait les autres petits troquets qui n’existent plus (dont le seul où j’avais quelques potes et où j’ai oublié ma serviette mais il n’est pas ici, cherchez pas)

Chez Madelin (je crois que çà s’appelait D.L. mais ne suis plus sûr de rien) ils marchaient jadis au cabernet-sauvignon made in California, ce n’était pas mauvais et faisait sérieux. Mais ça faisait un peu trop sûr de soi façon OMC ou Jean-Claude Trichet, boisson unique, etc. Aujourd’hui, que dalle ; les habitués sont partis ailleurs et il y a une boutique de piercing à la place.

Chez Villiers (au fait, comment çà s’appelait ?) je n’avais pas pu voir ce qu’on buvait. En effet, "chez ces gens là", m’sieur, on boit pas, on boit pas… On "goûte"… Et le Beaujolais nouveau, c’est d’un vulgaire ! Maintenant que la Troussepinette de Vendée paraît définitivement en rupture de stock, on ne sait plus trop qui va racheter le fond de commerce.

Il y avait aussi la boutique de Pasqua (cette fois je sais, c’était le errepéèffe) Là, ils ne buvaient évidemment que du pastis. En plus, avé l’assent et des valises sous les yeux, ils chantaient en chœur et en play-back avec Philippe Clay : " - Mal à gauche, mal à droite, je bois(te) ! " C’était marrant mais aujourd’hui il n’y a plus personne, même pas un nostalgique en train de presser des oranges à apporter au chef…

A l’UMP, enfin, on retrouve les mêmes gérants, les mêmes serveurs et les mêmes habitués qu’il y a dix ans au RPR. Et je dois avouer à ma grande confusion que je n’ai toujours pas compris ce qu’ils boivent… Je sais, je n’ai pas fait l’ENA, mais tout de même ! Cette fois encore, je n’ai pas été foutu de déterminer la composition du breuvage ! Faut dire à ma décharge que la nature du liquide et son degré d’alcool varient selon le jour, le proprio de la chaîne, le franchisé local, les promos de la concurrence ou que sais-je encore… Aujourd’hui, c’est encore pire ; les gérants et les barmen de la boutique paraissent ne pas savoir quelles bouteilles oser vous proposer ; surtout, ils semblent avoir une pétoche bleue à l’idée de ce que leurs clients pourraient leur demander de servir…

Au terme de cette tournée, une seule chose est sûre. Une particularité qui n’était encore que très marginale il y a dix ans : Chaque local de ces messieurs-dames, toutes tendances confondues, est dorénavant systématiquement agrémenté d’au moins deux ou trois spécimens présentables de la diversité. Lesquels spécimens font singulièrement tache un soir de Beaujolais Nouveau ! En effet, malgré les quelques femelles gloussantes aux joues roses qui leur font généralement la conversation, ces malheureux s’emmerdent visiblement à cent sous de l’heure, réduits qu’ils en sont à grignoter quelques chips faute de pouvoir sacrifier au rituel de la soirée.
Car c’est حَرَام (harām) figurez-vous. Mais voilà, on ne saurait plus se passer d’eux. Heureusement, donc, que ça ne tombait pas en plein Ramadan !

C’est un drame qui se profile pour les viticulteurs et négociants éleveurs des cantons de Beaujeu, Gleizé, Belleville… Difficile d’anticiper l’année où ça va se produire vue la complexité de leur calendrier lunaire à la con, mais viendra bien le jour où le Préfet de la République devra reporter le 3° jeudi de novembre après la rupture du jeûne sur injonction des Oulémas…

PS : D’où un décalage aussi pour les exportations ! Mais pour ce que les Japonais en font…
De toute façon, c’est pas plus mal ; c’est toujours ça de pris pour nos entrées de devises et ça fait ça de moins aux Japs pour leurs crampes d’estomac (je sens que je vais me faire flinguer par certains indigènes de proximité…)

mercredi 17 novembre 2010

Encore une réforme urgente et nécessaire…

Bien plus facile que la réforme fiscale : ça ne coûtera pas un rond et immédiatement applicable dès la prochaine rentrée scolaire par la Déséduc’ Nat’. Et sans provoquer de manifs ni un jour de grève !

Bien sûr, à condition de ne rien changer d’autre, ni les programmes, ni la méthode, ni la pédagogie… Ce qui serait inutile, n’est-ce pas ?

De quoi je cause ?

Et bien figurez-vous qu’on nous annonce (merci Libé) une grande campagne pour la suppression des notes à l’école élémentaire.
Une association d’étudiants faisant du soutien scolaire avait lancé succinctement en septembre un "appel national" en ce sens afin d’éviter une stigmatisation des élèves et la sélection par l’échec. Depuis, l’association a rédigé un texte plus précis qui paraît ce jeudi dans le Nouvel Obs, soutenu par vingt personnalités des plus éminentes. Personnalités toutes aussi respectables que réputées pour leurs compétences respectives, notamment dans les domaines de la sociologie, la psychologie, la psychiatrie pédiatrique, l’économie ou la langue française (sans oublier au passage Richard Descoings) Ces braves gens, donc, nous déclarent :
"La culture de la note est encore très présente dans l’école française, historiquement tournée vers la sélection. Si ce modèle répondait aux exigences d’un système élitiste avant la massification scolaire, il apparaît aujourd’hui en total décalage avec l’objectif d’élévation globale du niveau d’étude". Cette "obsession" du classement "stigmatise des élèves", etc.

Et Libé nous rappelle pour rajouter une couche : "En Finlande, pays en tête des classements internationaux en matière d’éducation (c’est faux, c’est Singapour) les élèves sont évalués pour la première fois à neuf ans de façon non chiffrée et commencent à être notés seulement à partir de 11 ans"

Ouais… OK. Et montrez-moi où c’est qu’on cause des autres différences entre la France et la Finlande ? En matière de programmes, de méthodologie, de pédagogie, de principes généraux de la stratégie éducative et… de population scolarisée ? Par exemple...

?? C’est probablement qu’il n’y en a pas…

La gauche kérozène…

ou le nomadisme attalien...

Ah ! Michéa !

Quand le Jean-Claude consent à en sortir une ou deux (et surtout que les média-à-là-con se surprennent à lui tendre un micro) c’est bien souvent un moment qui mérite que je me serve un whisky !

Ne vous privez pas de prendre trois minutes pour regarder ÇA

(Merci à Cultural Gang Bang pour la source)

mardi 16 novembre 2010

Journée internationale de la tolérance* Youpi !



Tous unis pour
la TOLERANCE !

Tous unis contre les
ALTERPHOBIES** !


Assass… euh…
Assainissons le "Vivre ensemble" !

Imposons la Tolérance !

Eradiquons l'Alterphobie !
Epuration phobique !
Pour tous les Alterphobes :
la "Solution Finale" !




__

* Journée créée en 1996 par l’Assemblée Générale des Nations Unies (laquelle n’avait forcément rien de mieux à foutre)
** Alterphobie : terme générique d’origine ploukémissienne (donc improbable) forgé à l’aide du préfixe aussi éminemment imprécis que positif alter et du suffixe aussi "sociétalement" utile qu’éminemment négatif phobie. Issu d’une flemme dactylographique comme d’un louable souci de contraction de texte, il sert à désigner de façon synthétique un ensemble de phobies fort diverses pour lesquelles il est inutile ici de faire un dessin détaillé. Semble promis à un grand avenir…

lundi 15 novembre 2010

Brèves d’un lundi…

Ouf ! Frédéric Mitterrand reste au gouvernement. J’ai eu peur que le pauvre perde son maroquin. J’en tremblais pour lui. Rendez-vous compte : "Gouvernement resserré", "Assez fait joujou, exit l’ouverture !", c’est plus l’heure de s’encombrer des plantes décoratives qui ne servent qu’à faire joli et qui coûtent à l’entretien ; les Kouchner, Fadéla, Rama, etc. Et même le Borloo qui rapporte des nèfles et coûte un max en brushing… Bref, ça craignait dur et le malheureux Frédo a dû sentir le vent du boulet. Bon, tout est pour le mieux ; la kultur est sauvée…
Heureusement, la valeur ajoutée apportée par Frédo a été reconnue. En effet, si la fonction de bouffon du roi n’a aucune incidence sur la marche des affaires, elle est indispensable à la bonne marche de l’exécutif puisque, par nature, elle est sensée contribuer à la bonne humeur du Prince.

La boutique est bien tenue. On apprend qu’en effectuant, dans le cadre de la préparation du budget, un nouveau décompte de ses effectifs, le ministère de l’éducation nationale a découvert qu’ils étaient en fait supérieurs d’environ 20 000 postes aux chiffres avancés jusqu’ici…
Cela en raison d’omissions diverses et variées représentant au total une fois et demi la réduction d’effectifs attendue cette année du non-remplacement d’un départ sur deux à la retraite…
Bon, on leur en veut pas. Ça doit pas être évident d’aller collationner les micro-tumeurs au fin fond des viscères du mammouth ; surtout avec l’éthique qui préside à la dissection du cadavre pour respecter sa dignité…

Re-ouf ! Le Rominagrobis des centres et des marais, ministricule de la ruralité et de la région capitale, est enfin blanchi de tous soupçons calomnieux. C’est donc avec toute la discrétion qu’on lui connaît et sûrement toujours avec ses petites fiches dans les poches qu’il s’installe aujourd’hui dans les fonctions de garde des sceaux et de la Justice où s’illustrèrent (ou non), parmi une tripotée d’autres, Cambacérès, Armand Fallières, Aristide Briand, Pierre Laval, Paul Reynaud, René Cassin, Robert Schuman, François Mitterrand, Michel Debré, Robert Badinter, etc. (sans oublier la Guigou et la Dati…) La justice prend son temps et elle a raison. L’enquête préliminaire dont il faisait l’objet depuis 18 mois dans une affaire de "délit de favoritisme" a en effet été classée sans suite "la semaine dernière" Qui peut douter de l’indépendance de la justice après ça ? L’Elysée devait sûrement attendre impatiemment cela depuis six mois pour pouvoir enfin constituer le nouveau gouvernement...
NB: N'oubliez pas qu'au Moyen-Âge, un mercier, c'était un négociant...

Oups ! - S’il vous plaît, M’sieur, où est passé le Ministère de L’Immigration et de l’Identité Nationale ? – L’immigration ? Adressez-vous au ministère de l’Intérieur. – OK, ça c’est logique ; mais l’Identité Nationale, M’sieur ? – L’identité quoi ? Jamais entendu parler… - Ben, m’sieur, le chef il avait dit : "Nous devons être fiers d'avoir restauré en France un discours assumé sur l'identité nationale et républicaine. Et nous allons poursuivre ce travail, ouvert et sans tabou, de réaffirmation de ce que signifie d'être français" – Je ne m’en souviens pas. Nous, on s’occupe des réformes sérieuses…

dimanche 14 novembre 2010

Pourriture boboïde

Si j’étais moins intelligent / Si j’avais pas ma carte de lâche /
Je leurs foutrais mon pied dans les dents / Je leurs faciliterais pas la tâche /
En première page des magazines / Ils sont partout dégueulant /
Leur réformes et leur grippe porcine / Le bon peuple et son président.
Il faut chanter la Marseillaise / Et avé’ la main sur le cœur
Moi je la siffle avec les Beurs / Prie pour qu’au foot on soit de la baise /
L’ordre moral est bien partout / La démago de gauche à droite /
J’aime mieux attendre qu’ils soient bien saouls / Avant de me battre.

J'ai comme une idée qu'il faut que j'te dise / Cette France, hé bien moi, j’la méprise…

Qu’elle est belle cette larve androgyne dressée tel un étron au sommet de la heurte* !
Aussi aseptisé et propre sur lui qu’il paraisse, ce tas d’ordure sur pattes suce le sang du peuple lobotomisé, via la SACEM et les renvois d’ascenseurs des laquais clownesques et des courtisanes frétillantes du Paysage Merdiatique de chez nous…

Il s’appelle Raphaël. C’est un "chanteur français" Rendez-vous compte la chance qu’on a !
Lauréat des Victoires de la musique "artiste interprète masculin" en 2006. Evidemment…
Petit marquis précieux ridicule, bien poudré-manucuré pour bien prendre la lumière. Regardez-le.
Il a 35 ans, il est bien conservé et c’est bien normal. On sent pas le prolo usé par la mine, le gars las et voûté qui va chaque matin prendre son bus pour une journée de plus, pour y aller encore et toucher son salaire pour élever son môme. Non. Maman est avocate ; et Argentine, c’est quand même mieux que Limousine. Papa aussi est avocat, et éditeur en plus ; et d’origine russo-marocaine, ça pose. De bons bourgeois parisiens. Fiston est passé par le lycée Henry IV puis a fait un DEA de Droit de la propriété littéraire et artistique. Bonne pioche. C’était un adolescent mal dans sa peau ; pauvre chou. Depuis, il a trouvé sa voie, épousé une comédienne, vit dans le XVII° et il est papa. Un damné de la terre je vous dis. C’est vrai quoi ! On comprend sa révolte d’être assimilé à ces gens-là. Mais prudent : "Attendre… Avant de me battre"

Je m’en veux de polluer mon blog par son texte si courageux. Fallait pourtant ; vu que je me refuse à donner le lien du clip où il en vomit les mots dans la nuque de notre Jeanne en lui pelotant les flancs, à califourchon sur sa statue place des Pyramides. Manquerait plus que je grossisse son audience et ses royalties…
"Séducteur de bac à sable qui se prend pour Saint-Just" pour Zemmour, "Faux rebelle bobo" pour Marianne (c’est dire…) Et une certaine Myriam Picard le mouche comme il faut. Ça leur suffit. Moi pas.

Ils ne lui souhaitent rien. Moi si. "Il faut chanter la Marseillaise / Moi je la siffle avec les Beurs" Trop facile. Même d’aller chez eux comme l’y invite Myriam, trop facile avec caméraman et preneur de son, et ces salauds de CRS pas trop loin derrière… Non, qu’il fasse le Ramadan et bouffe son mouton halal avec ses doigts jusqu’à la fin de ses jours… Pas sur le parquet ciré de son appart’ haussmannien à porte blindée, non. Qu’il le bouffe chaque jour la peur au ventre comme les Bahaïs à Chiraz, les Chaldéens à Mossoul ou les Coptes à Assouan. Quant à sa révolte contre l’ordre établi, qu’il la manifeste en allant chaque dimanche asseoir le cul de sa petite gueule d’occidental dans une église de Bagdad… On si c’est trop dur pour lui, qu’il aille se faire enculer. Mais pas par un de ses semblables sur l’épaisse moquette d’un studio cosy de la place des Vosges un soir de Gay-Pride un peu arrosé, non. Qu’il se fasse sauter en tournante dans une cave de banlieue par toute la racaille d’un quartier.
On mettra la Marseillaise, il pourra la siffler avec eux, en cadence...

Bon, je me calme…
____
* Heurte : "Masse pyramidale de matières, souvent considérable, qui se forme au droit des chutes dans les fosses septiques" J’éprouve une tendresse particulière pour ces mots français qui, après de bons et loyaux services, comme le poinçonneur des Lilas et l’allumeur de réverbère se sont trouvés privés d’emploi par la férocité du progrès technique.

samedi 13 novembre 2010

L’actualité cul-turelle me bouscule…

Ciel dégagé et soleil frais ; un ou deux trucs sous le coude à poster ici, aujourd’hui peut-être, ou peut-être demain… Une matinée tranquille à planter mes perches-repères en prévision du chasse-neige (qui travaille comme un… euh, passons) clôturée par une assiette roborative de diots, un reblochon de derrière les fagots et une bouteille de Mondeuse. Bref, wouiquende peinard… Las ! L’heure du café me rappela que je n’avais pas lu le journal… Je m’y plonge donc ; grave erreur !

Une brève en page intérieur retient mon attention. Du coup, panique à bord. Fébrilité des salles de rédaction quand The événement majeur, kolossal, contraint last minute de changer la une et, surtout, oblige le couillon habitué à copier-coller et paraphraser l’AFP à trouver illico de quoi remplir cinq colonnes… Car je ne peux pas vous laisser dans l’ignorance de la chose :

Une œuvre de Jean-Michel Basquiat dégradée à Paris !


La toile Cadillac Moon 1981, exposée au Musée d’art moderne de la ville de Paris a été raturée sur son coin inférieur gauche par des petits traits au feutre d’un ou deux centimètres !
« C’est une chose que l’on n’aurait pas vue à l’œil. Le restaurateur de l’exposition, qui passe régulièrement, a remarqué que l’œuvre avait été légèrement crayonnée » Fabrice Hergott, directeur du Musée a expliqué à l’AFP. « C’était une des œuvres les mieux protégées de l’exposition »
Une négligence gênante, d’autant plus qu’elle intervient après le vol, en mai, de cinq toiles de maîtres dans ce même musée.

Faut dire que le Musée d’art moderne de la ville de Paris présente depuis le 15 octobre et jusqu’au 30 janvier 2011 (z’avez le temps mais notez bien surtout, faudrait pas rater ça) une rétrospective Basquiat.
Vous, vous connaissez sûrement. Mais moi, Plouc inculte, toute honte bue, je me suis immédiatement rencardé sur le gonze, me disant d’après ses nom et prénoms que c’était sans doute un impressionniste qui m’avait échappé plutôt qu’un maître de la Renaissance.
Que nenni ! Jean-Michel Basquiat est un artiste peintre américain d’origine haïtienne et portoricaine (de famille bourgeoise) né en 1960 à Brooklyn et mort à 28 ans à Soho. A lire sa notice sur Wiki-sa-race, j’ai l’impression d’être le seul à ne pas connaître ; un peu comme un cauchemar où on se croit tout nu au milieu de Châtelet-les-Halles…

A l’évidence, pour un artiste aussi important, une grande rétrospective était indispensable pour conforter l’ouverture à la culture des foules parisiennes. C’est bien. Le pognon est bien employé.
Surtout, la rémunération du restaurateur de l’exposition est amplement justifiée. Remarquer la dégradation, fallait le faire… Il faudra veiller à confier la restauration de l’œuvre aux meilleurs ateliers spécialisés. Ça coûtera ce que ça coûtera… Le musée est fautif. Paris paiera. Le défaut de vigilance des gardiens n’est dû qu’au manque d’effectifs et de moyens. Bien sûr.

Ah oui ! Voici l’œuvre :

vendredi 12 novembre 2010

Oubliez le mythe des deux France !

Il y en a trois…




Je tiens à relayer ici ce papier
publié le 5 novembre par Polémia
que j’ai trouvé chez Hoplite :





Les trois France :
France des privilégiés, France d'origine immigrée, France ostracisée


La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.

La France des privilégiés
La France des privilégiés d’abord, qui constitue le principal soutien de la majorité parlementaire actuelle et de l'action de Nicolas Sarkozy. Elle est avant tout constituée de la nouvelle classe dirigeante des managers des entreprises transnationales, des institutions financières et de leurs compagnons de route médiatiques et politiques notamment. La France des privilégiés est la France légale, celle des gyrophares et des médias. Elle comprend aussi les retraités riches et certaines professions protégées de la concurrence mondialisée.
Tous sont les principaux bénéficiaires du libre-échangisme mondialiste.
Les entreprises transnationales font supporter aux Etats les conséquences de leurs prises de bénéfices, c'est-à-dire des réductions d'effectifs, des délocalisations et de l'immigration. Elles payent moins d'impôt relativement à leur richesse que les autres agents économiques.
Les seniors ont leur retraite et leur dépendance, financées par les actifs d'aujourd'hui, c’est-à-dire par les enfants qu'ils n'ont pas voulu faire hier. Ils ont profité de la hausse du prix de l'immobilier et de la bulle financière née des privatisations des années 1990. Ils profitent de la hausse continue des dépenses de santé et de la baisse des prix à la consommation qui est une conséquence de l'ouverture des frontières économiques.
Bien entendu, la France des privilégiés ne comprend pas les grévistes et les accuse de mettre en péril l'économie. Tous sont de chauds partisans des « réformes », dans la mesure où… ils n'en supporteront pas vraiment les conséquences.

La France d'origine immigrée
La France d'origine immigrée ensuite. Elle se développe numériquement et se caractérise par un taux d'activité inférieur à sa part relative dans la population. Elle reçoit en contrepartie des transferts sociaux, payés par les actifs, d'un volume plus important que son poids numérique. Elle se protège aussi par des solidarités familiales et claniques fortes, implantées solidement sur des territoires.
Elle bénéficie de l'attention constante de la France des privilégiés, toujours prompte à s'épancher sur les malheurs des « pauvres Africains » : financement de mosquées, investissements et subventions prioritaires dans le cadre de la « politique de la ville », mise en place d'une discrimination dite « positive » car elle s'exerce en leur faveur, régularisation des immigrants clandestins, législation protectrice, etc. Car les entreprises transnationales ont besoin de l'immigration.
La France des « jeunes » d'origine immigrée a plutôt tendance à se retrouver épisodiquement du côté des manifestants.

La France ostracisée
La France ostracisée, enfin, est composée du reste de la population française, c'est-à-dire des actifs, de la classe moyenne salariée et des Français de souche jeunes ou pauvres. C'est-à-dire tous ceux à qui il revient de vivre dans une économie soumise à la dure loi du libre-échangisme mondialiste. Les plus nombreux.
Cette catégorie de Français connaît les petits boulots, les contrats à durée déterminée, la crainte du chômage pour elle ou ses enfants et l'accroissement des impôts, des taxes et des prélèvements. Elle a du mal à acheter un logement en centre ville et doit supporter un long temps de trajet domicile-travail. Elle éprouve des difficultés à assurer les fins de mois ; elle est endettée et elle fait ses courses dans les magasins de hard discount. C'est elle qui supporte le plus la dégradation du service public à la française et du cadre urbain. C'est elle qui est du côté des victimes de l'insécurité, quand les « jeunes » ont « la haine ». Ce sont ses enfants qui souffriront des politiques de « discrimination positive » mises en place par la France des privilégiés, après avoir souffert de la dégradation du système d'enseignement public, délaissé par les mêmes. C'est elle enfin que la France des privilégiés accuse en permanence de tous les péchés de la terre : conservatisme, corporatisme, pétainisme, frilosité, xénophobie etc. C'est elle qui est soumise aux perpétuelles campagnes de repentance qui visent à mettre en accusation son passé, son histoire et son identité.
La France des autochtones souffre et s'inquiète pour son avenir. Mais elle n'a pas droit à la parole et n'intéresse la classe politique que tous les 4 ou 5 ans, lorsque le risque électoral menace.
La France ostracisée fait grève ou comprend les grévistes, même si elle souffre des arrêts de travail, des retenues sur salaires et des pénuries. Car c'est elle à qui la France des privilégiés promet une retraite tardive, des services sociaux réduits et « la vérité des coûts », c'est-à-dire des tarifs en hausse. Elle perçoit comme une injustice une réforme qui les touchera personnellement, alors qu'elle épargnera la France des privilégiés, cette même France des privilégiés qui a creusé les déficits et la dénatalité et qui aujourd'hui lui fait la leçon.
Bien sûr, la frontière entre les trois France n'est pas étanche : il y a des Français issus de l'immigration qui accèdent à la France privilégiée, il y a des retraités sans ressources, il y a des autochtones qui sont riches.

A chaque France, sa trajectoire
Mais ces exceptions ne sont plus un modèle du genre. Chaque France suit désormais sa trajectoire propre.
La France privilégiée poursuit, protégée par les cordons de CRS et par le verrouillage du système électoral, son projet mondialiste et son repli égoïste sur ses seuls intérêts.
La France immigrée fait des enfants et impose progressivement ses mœurs et sa religion : elle a le temps pour elle.
La France ostracisée s'enferme dans la précarité.
Jusqu'à présent cette France ostracisée était résignée. Mais aujourd’hui, différents signes montrent que les choses sont en train de changer.
Car la France autochtone se rend de plus en plus compte que le monde réel n'est pas celui de la France officielle, n'est pas celui de la France des médias et de la publicité.
Elle se rend compte aussi que les deux autres France sont liguées contre elle par un pacte implicite et qu'elle est de moins en moins chez elle dans le pays de ses aïeux.
La France privilégiée a en effet besoin de la France immigrée.
Elle empoche sans vergogne les bénéfices de sa posture immigrationniste, sans en supporter les charges : les bénéfices moraux (la France privilégiée n'est pas « raciste », bien sûr, mais à condition que les Africains s'installent en banlieue, pas dans les beaux quartiers) ; les bénéfices politiques (les personnes d'origine immigrée votent en majorité pour les candidats de gauche après avoir voté pour J. Chirac en 2002) ; les bénéfices économiques, enfin : les patrons des entreprises transnationales sont de chauds partisans de la « diversité » car elle contribue à leur bonne image auprès de leurs clients potentiels des pays musulmans, d'Afrique et d’Amérique.
La France immigrée offre aussi à la France privilégiée un peuple de rechange, ce qui est bien commode depuis qu'elle s'est coupée de la France autochtone, c'est-à-dire de son propre peuple. La France immigrée peut à loisir se moquer, voire défier les « céfrans » autochtones : jamais la France privilégiée – qui n'a que mépris pour les « franchouillards » – ne s'en offusquera.

La France des autochtones et le populisme

La France des autochtones comprend désormais qu'elle est abandonnée de la France des privilégiés, de la France officielle, et concurrencée par la France immigrée pour l'accès aux emplois et aux prestations sociales. Cette situation est politiquement et socialement explosive.
Les conflits sociaux, parfois violents, accompagnant la réforme des retraites constituent un avertissement adressé à la France privilégiée par la France ostracisée.
Un avertissement qui s’inscrit dans le grand mouvement de protestation populaire qui se dessine partout en Europe pour des raisons comparables et que les médias appellent « populisme » pour tenter de le dévaluer. Mais le mouvement est en marche.

mercredi 10 novembre 2010

Les naïfs et les salauds…

"Une" de La Croix d’aujourd’hui. Evidemment…
Dieu sait que, depuis la disparition de Combat puis du Quotidien de Paris (il y a déjà des années-lumière), c’est le moins nul et orienté de nos quotidiens nationaux généralistes…

Et hier sur Radio Luxembourg, question essentielle posée avec gourmandise par l’animateur d’un débat à ses invités bien sélectionnés :

"- Est-il normal en France d’accueillir plus facilement des chrétiens d’Irak que des musulmans ?"

lundi 8 novembre 2010

FLOP MOB et hausse du tabac…

Le Pape à Barcelone… Evidemment ça craint. Comme le disait un hispano-homo-quadra-bobo interviewé avec gourmandise par la presse : "L'Eglise nous opprime et ne nous respecte pas. Nous ne pouvons tolérer ce type de pape au XXIe siècle" Faisons barrage de nos euh… viriles poitrines aux divisions blindées du Panzer-Kardinal. Nous, les Résistants, l’avant-garde de l’avenir. Risquons nos vies ; la Gay Pride plus fort que la bataille du rail !
Vite, vite, faisons feu de tous nos maigres moyens (merci Fessbook) pour une FLASH MOB d’enfer (sic) comme ils disent à Libé. Le cacochyme en blanc n’avait pas encore quitté Rome que tout le monde (tout le monde, quoi ; la télé, les journaux…) en parlait déjà. Les quelques retraités papistes seront noyés sous la marée humaine et festive des géniteurs de l’avenir se bécotant les amygdales…
Bref, ce fut une réussite. Z’avez qu’à lire les dépêches et les articles (un seul suffit, d’ailleurs, c’est le même texte partout) En nombre de lignes : 50% sur les discours du vieux schnoque, 30% pour laisser entendre qu’il s’est fait latter par Zapatéro et 20% rien que pour parler de nous ! Ouf ! Heureusement qu’on a les média…

Moi, Plouc, je suis content pour eux et j’admire leur courage… Leurs organisateurs ont eux-même annoncé deux cents participants à leur truc. Disons donc une grosse centaine, noyée dans la foule de milliers de gens. Pour 3 minutes 35’ de fugace bécot au 3° rang derrière les barrières. La durée commercialement optimale d’une chanson de Raphaël ; ça valait donc le déplacement. Libé, Reuters et les autres bien gentils ont dit 5 minutes ; pas très endurants les mecs… Les rares photos sont très mauvaises, curieux…
"A côté d’eux, les supporteurs du pape agitaient des drapeaux aux couleurs jaunes et blanches du Vatican" ont écrit les dépêches. Normal ! On a que… deux mains. Ceux-là préféraient réserver leurs bouche-à-bouche pour des instants plus intimes et confortables (sinon moins bousculés…) et, surtout, pour honorer convenablement leur différence, eux…
Bon, c’est pas tout. Vu qu’ils doivent quand même être un peu déçus et que le tabac augmente aujourd’hui pour la santé des masses et les comptes de la Sécu, je leur offre gracieusement un paquet de clopes. Je sais bien que la plupart sont non-fumeurs mais ça ne les empêche pas d’avoir un problème…

dimanche 7 novembre 2010

Etat de guerre ? Mon cul !


La gamine jouant le rôle de Zazie dans le film de Louis Malle était encore un peu trop jeûnote pour que le Plouc-émissaire, du haut de ses quinze ans, ait alors envie de se la peloter dans un slow avec poutre apparente, histoire de lui apprendre la vie. Il n’empêche… Si l’héroïne de Raymond Queneau revenait aujourd’hui à Paris visiter enfin le métro, toujours aussi délurée et un chouïa salace mais avec sa tignasse plus sel que poivre et ses soixante ans bien sonnés d’expériences acquises dans sa province profonde, je me demande bien ce qu’elle aurait envie de dire à Gabriel. Dans quel bac à sable aurait-t-elle viré sa cuti ? Je ne sais…

Ce qui va suivre n’a rien à voir. La guerre, Zazie n’en avait (et n’en a sans doute encore) rien à foutre. Elle ne fait une fugace apparition nostalgique en préambule de ce billet que pour justifier le titre et nous fait toucher du doigt, en repensant au petit bouquin de Queneau, que l'ambiance qu'il décrit c'était hier mais déjà à des années-lumière… Je veux vous parler de la guerre.

Question préliminaire d’apparence débile : Quand est-on en état de guerre et quand ne l’est-on pas ? Durant les HLPSDNH (c’est à dire depuis toujours jusqu’à avant-hier soir) la réponse était fastoche. De nos jours, c’est plus compliqué. Mais le critère de base est inchangé : Pour qu’il y ait guerre, mon con, il faut qu’il y ait un ennemi. C’est quoi ça ? Chacun de nous fait quotidiennement l’agaçante expérience récurrente d’être environné, assiégé, emmerdé, par d’inévitables connards véhéments qui nous pompent l’air et le sang comme moustiques et sangsues. Il y a de tout ; des Séraphin Lampion, des Hilarion Lefuneste, des fâcheux, des collants aux paluches moites, des procéduriers, des rivaux en amour, des briseurs de carrière, des concurrents en affaires, des adversaires de toutes sortes, etc. Mais chacun d’eux n’est qu’un inimicus pour causer comme Cicéron, un enemy pour causer comme les Rosbifs… Alors, un ennemi, c’est quoi ? Je veux dire un hostis pour causer comme Cicéron, un foe pour causer comme les Rosbifs, un hostile pour causer comme nos marsouins dans la Kâpîssâ au nord de Kabul… Qu’est-ce qui distingue l’ennemi des guignols évoqués plus haut ? D’abord, puisque son existence est nécessaire, voire suffisante, pour que soit envisagée la survenance, en principe redoutée, d’un état de guerre, il s’agit évidemment d’un ennemi public, collectif, et pas d’un quelconque ennemi privé. Mais encore ?

Ne tournons pas autour du pot. Allons directement lire ce qu’écrivait Carl Schmitt dans La notion de politique :
"L’ennemi ne sera pas nécessairement mauvais dans l’ordre de la moralité ou laid dans l’ordre de l’esthétique, il ne jouera pas forcément le rôle d’un concurrent au niveau de l’économie, il pourra même, à l’occasion, paraître avantageux de faire des affaires avec lui. Il se trouve simplement qu’il est l’autre, l’étranger, et il suffit, pour définir sa nature, qu’il soit, dans son existence même et en un sens particulièrement fort, cet être autre, étranger et tel qu’à la limite des conflits avec lui soient possibles qui ne sauraient être résolus ni par un ensemble de normes générales établies à l’avance, ni par la sentence d’un tiers, réputé non concerné et impartial. (…) Dans la situation extrême où il y a conflit aigu, la décision revient aux seuls adversaires concernés ; chacun d’eux, notamment, est seul à pouvoir décider si l’altérité de l’étranger représente dans le concret de tel cas de conflit, la négation de sa propre forme d’existence, et donc si les fins de la défense ou du combat sont de préserver le mode propre, conforme à son être, selon lequel il vit."

Bon. Autrement dit, l’autre cesse d’être seulement autre pour devenir mon ennemi (incarné, concret…) dès lors qu’il se révèle être celui qui remet en question ce que je suis, dans mon existence même, et cela radicalement, totalement, (létalement…) Donc, sans me laisser d’autre alternative que la soumission sans condition (c’est à dire la négation, la disparition existentielle de ce que je suis) ou le recours à la violence, à l’état de guerre….
Et la guerre n’est pas une opération de police puisque sans recours possible à quelque arbitre ou règle du jeu que ce soit. Il n’est plus question de pantalonnades du genre riposte proportionnée, etc. Ou de pleurer sur des dommages collatéraux. La "guerre en dentelles" causait bien des dégâts, des souffrances et des morts, mais ce n’était pas la guerre ; c’était un truc d’aristos désœuvrés qui respectaient une même règle du jeu. La guerre est totale ou elle n’est pas et on y fait feu de tout bois. Reste à savoir qui, dans une communauté de destin, a la responsabilité de discerner, désigner l’ennemi et décréter l’état de guerre. Le pouvoir politique, évidemment… En principe…

S’agissant de ce dernier, reportons-nous à quelques lignes de Julien Freund dans sa préface de l’édition en français de l’ouvrage de Carl Schmitt cité plus haut :
"- J’avance à titre d’hypothèse une interprétation de la pensée de C.Schmitt qui montre son actualité. (…) Autrement dit, toute politique implique la puissance ; elle constitue un de ses impératifs. Par conséquent, c’est agir contre les lois même de la politique que d’exclure d’emblée l’exercice de la puissance, en faisant par exemple d’un gouvernement un simple lieu de concertation ou une simple instance d’arbitrage à l’image d’un tribunal civil. Et puisque par essence la politique exige de la puissance, toute politique qui y renonce par faiblesse ou par juridisme cesse aussi d’être réellement de la politique, parce qu’elle cesse de remplir sa fonction normale du fait qu’elle devient incapable de protéger les membres de la collectivité dont elle a la charge."

Mais j’en reviens à l’ennemi car il me faut encore évoquer ici un confusionnisme cognitif qui, de nos jours, handicape la capacité de discernement de l’homo postsapiens (le bisounoursus boboïdus festivus xénophilus quoique encore érectus comme diront les ethnologues…) : Sous l’effet d’un martèlement éducatif et médiatique systématique des grands principes justifiant l’hégémonie de l’Empire du Bien, l’homo postsapiens a perdu la notion du Bien Commun et ne voit dans l’autre (l’Autre surtout…) que l’individu dans sa dignité personnelle unique, artificiellement extrait de son être social, donc extrait du réel. Il en résulte que devant chaque fantassin de l’ennemi, il ne voit que l’homme. Et il ne fait pas l’amalgame. Bien sûr, c’est comme dans les tranchées de 1917. De chaque côté le même brave type qui a la même chiasse, la même peur au ventre, aime pareillement sa femme, élève aussi dignement ses gosses et voudrait bien être ailleurs. Il est seulement né de l’autre côté… Bien sûr, on ne peut pas le lui reprocher, personnellement. Seulement voilà : On est plus en 1917. Le gus veut légitimement "préserver le mode propre selon lequel il vit." Et ça, mon con, c’est au prix du tien. Même si le gars qui a peut-être été enrôlé de force voudrait bien être ailleurs. Mais l’homo postsapiens ne voit pas, ne veut pas voir, ne peux plus voir que le brave type n’est pas seul. Comme le chantait Michel Sardou :
De toute façon vous n’avez pas le choix de reculer d’un pas.
La gendarmerie est derrière, son artillerie en bandoulière

A ce jeu là, l’homo postsapiens ne peut qu’actualiser le slogan que braillait déjà son père : "Plutôt Rouge que mort !"

Pourquoi toutes ces considérations plus ou moins académiques ? Simple petit rappel pour bien vous mettre la jugeote à peu près au carré avant de lire ce qui suit :

Figurez-vous que mon indécrottable charité chrétienne m’a conduit à héberger chez moi un gus bien plus exotique que ceux auxquels vous pourriez penser. Cet individu au look assez surprenant que je ne saurais décrire, haut comme trois mégots et à la carnation aussi verdâtre que translucide est au demeurant fort civil. Par facilité je l’appellerai le Martien mais j’ai compris qu’il venait de beaucoup plus loin… Le type est journaliste, travaille pour les plus grands média de son monde à lui et il est chez nous en mission pour son boulot. Et vous savez quoi ? Il est ici en qualité de correspondant de guerre !!! Chez lui, on sait que c’est ici la guerre !

Mais de quelle guerre il cause !? Il m’a fait patiemment un petit cours sur notre histoire vue de chez lui : Progressivement, toutes les nations développées, civilisées, innovantes, etc. ont perdu de vue l’origine de leurs fondamentaux et se sont laissées aller au fil de divers Anschluss et traités de protectorat à consentir de se placer sous l’édredon rassurant et reposant d’un Empire du Bien (EB) dont le mélange sirupeux de convictions de supériorité néocolonialiste démocratico-éthique et de repentance donne bonne conscience à ses composantes. Corrélativement, un ensemble aussi hétéroclite que cohérent d’autres sociétés s’est placé sous la houlette de ce que mon hôte appelle par political correctness la Communauté du Sud (CS ; mais on dit aussi أمّة ou Oumma, je crois…) Cet ensemble là se caractérise par trois facteurs : Un immobilisme absolu qui le rassure sur lui-même, une démographie prolifique qui dynamise son optimisme et un ressentiment qui conforte et valide sa volonté de puissance et d’impérialisme colonial nouvelle manière. Tout oppose ces deux entités qui ne se reconnaissent aucun arbitre commun possible. EB est donc confronté à l’obligation de faire la guerre à CS… Elle a commencé.
J’ai naïvement demandé à mon Martien auprès de quel camp il était accrédité comme correspondant de guerre. "- Mais les deux, capitaine Plouc ! J’ai pas de problème de check-point, le front est partout, il passe même par votre palier ce qui est pour moi bien pratique !"

Mon Martien est très consciencieux. Il expédie quotidiennement son papier sur l’état d’avancement du conflit et a la gentillesse de me laisser le lire… Il s’intéresse à tout car, rappelons-le, la guerre est totale ou n’est pas. Guerre économique, psychologique, morale, sanitaire, sexuelle, démographique, etc. Et ses papiers sont pleins d’anecdotes qui raviraient nos futurs historiens (s’il en reste encore…)
Par exemple :
- S’agissant de la guerre psychologique, l’EB évite de diffuser les violentes harangues d’appel au meurtre, quotidiennes et bestiales, des leaders les plus violents de la CS pour ne pas inquiéter les siens. En revanche, elle offre avec gourmandise une tribune aux porte-parole de la CS dès lors qu’ils paraissent présentables et rassurants (Tarik R. par exemple) Dans le cadre de sa politique de défense, l’EB s’emploie activement à poursuivre et condamner ceux des siens qui critiquent ouvertement la CS…
- S’agissant de la guerre économique, l’EB veille à octroyer des prêts à taux zéro sans perspectives de remboursement aux structures étatiques de la CS afin de leur permettre de s’équiper et de nourrir leurs populations. Chez lui, l’EB subventionne à tour de bras les implantations à finalité ouvertement militaire de la CS et lui fournit même gracieusement des terrains…
- S’agissant de la guerre sanitaire, l’EB soigne gratuitement tous les fantassins de la CS qui se présentent et accueille leurs chefs pour leur faire bénéficier des soins les plus sophistiqués. En corollaire, l’EB veille à réduire autant qu’il le peut la couverture sociale de ses ressortissants en renforçant sa politique de déremboursement …
- S’agissant de la guerre démographique, l’EB confirme son intention de placer les Allocations Familiales des siens sous conditions de ressource. En revanche, l’EB ne semble pas envisager de restreindre la possibilité pour la soldatesque féminine de la CS de faire valoir son droit à la gratuité totale des traitements d'aide médicale à la procréation…

Je comprends mieux pourquoi, durant nos conversations vespérales, tout en éclusant mes réserves de Dalwhinnie 15 ans d’âge, mon Martien cherche à comprendre comment nos cerveaux son fabriqués. A voir son air de perplexité, je crois qu’il commence à piger que, avec moi, il n’est pas tombé sur le bon spécimen pour avoir une explication…

La collection complète des papiers que mon Martien envoie quotidiennement à sa Rédaction pourrait donner matière au synopsis d’un film ambitieux qui ferait date ; on pourrait en faire une grande fresque genre Guerre et Paix ou Le Docteur Jivago du XXI° siècle (ou un film d’épouvante de série B) Mais n’y comptez pas. L’oscar du metteur en scène le plus abscons a beau faire l’objet chaque année d’une compétition acharnée, le scénario est trop invraisemblable pour trouver preneur. Je vois d’ici les critiques à la sortie en salle (je parle des critiques des critiques, pas de celles des plumitifs vaniteux de Télérama ou de Libé qui ne savent que copier-coller ad nauseam les mêmes mots que nous savons…) La critique unanime, donc, dirait sûrement à peu près ceci : "Intrigue simpliste et manichéenne où les protagonistes de la Communauté du Sud évoluent systématiquement dans un contexte moyenâgeux stigmatisant avec des scènes dignes des plus mauvais Conan le Barbare ou films gore. Quant aux réunions d’état-major de l’Empire du Bien, on se croirait dans un salon de thé de vieilles retraitées filmé à l’heure creuse de l’après-midi par une caméra de surveillance…"

Il fut un temps où l’on parquait les petites mains de la 5° colonne et les défaitistes dans des camps et où l’on fusillait allègrement les déserteurs, les collabos et les traîtres. C’était des temps barbares. C’est bien fini tout ça, n’est-ce pas ?

vendredi 5 novembre 2010

Porcinet et Festibobo sont sur un plateau…

Lequel aura la plus belle déco ?

Préoccupation majeure pour meubler intelligemment, spirituellement, culturellement, ludiquement, euh… bref, essentiellement, la vacuité cérébrale des ventres pleins au doux présent sécurisé sans souci d’avenir…

jeudi 4 novembre 2010

Replanter où ? Gardons les semences…

« Une culture naît au moment où une grande âme se réveille, se détache de l'état psychique primaire d'éternelle enfance humaine, forme issue de l'informe, limite et caducité sorties de l'infini et de la durée. Elle croît sur le sol d'un paysage exactement délimitable, auquel elle reste liée comme la plante. Une culture meurt quand l'âme a réalisé la somme entière de ses possibilités, sous la forme de peuples, de langues, de doctrines religieuses, d'arts, d'États, de sciences, et qu'elle retourne ainsi à l'état psychique primaire. »

Oswald Spengler, Déclin de l'Occident
____

Et dans quel sol, dans quel contexte délimitable, donc identifiable, une nouvelle "grande âme" peut-elle s'enraciner pour croître ?

A vue humaine, ni dans la mondialisation matérialo-marchande, ni dans l'Islam ossifié,
ni dans l'humanophobie mortifère du droitdelhommisme écolo qui disparaîtra avec sa cause première (que sont les ventres pleins...)

"Si les eaux de l'Occident sont polluées, la source en reste pure" disait Gómez Dávila.

Par "principe de précaution" cherchons donc à en conserver précieusement les germes pour pouvoir féconder de nouveaux sols.

Dieu sait où, quand et comment...

mercredi 3 novembre 2010

Du rien, du je-ne-sais-quoi et de l’âme du saucisson…

(…) Et ensuite il y a M.Verdure qui est professeur de philosophie, et qui m’écrit que j’aurais dit des bêtises dans La Montagne du 3 mars. Je lui ai répondu que c’est entièrement faux. Je les ai dites le 20 février. Et c’est tellement entièrement faux que, même si j’avais voulu les dire, la chose m’eût été impossible car le 3 mars était un samedi et ma chronique paraît le mardi. Je ne peux dire des bêtises que le mardi, c’est le triste sort des journalistes ; au lieu que les professeurs peuvent en dire tous les jours ; je ne parle pas pour M. Verdure car sa lettre est pleine de bon sens ; on voit par là pourtant combien ses calomnies sont dénuées de toute espèce de fondement. « Vous parlez, m’écrit-il, dans votre paragraphe trois d’un professeur qui a écrit trois mille pages sur les nuances et sur les gouffres qui séparent le Rien du Je-ne-sais-quoi » (C’est fort exact) « Il s’agit, ajoute-t-il, de mon maître Wladimir Jankélévitch » (Pure vérité. M. Jankélévitch sépare déjà à 8 heures du matin, à la radio, le presque-rien du je-ne-sais-quoi, pour que l’homme se réveille dans l’utile de la chose et se trouve jeté tout nu dans le vrai sérieux de la vie.) « Je vous signale, continue M.Verdure, que le titre de son ouvrage n’est pas le Je-ne-sais-quoi et Rien, mais le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien » Qui ne le sait ? Et on ne me l’apprend pas. Mais le Presque-rien cassait la cadence de ma phrase. Au lieu que le Rien s’emboîtait parfaitement. Les lois de la prose ne sont pas celles des évènements : Un historien vraiment soucieux de son style fait perdre ou gagner la bataille suivant les intérêts de sa phrase et non pas ceux d’une ressemblance photographique avec des faits qui auraient pu être tout différents ! C’est une question de conscience professionnelle. Ou alors qu’on nie Picasso ! M.Verdure songe-t-il à nier Picasso ? Va-t-il acheter ses tableaux chez le boucher, chez le menuisier, chez le marchand de singes ? Non, M .Verdure ne songe pas à nier Picasso, et c’est pourquoi, tel que je le sens, il est navré de ses affreuses calomnies, il bat sa coulpe, il souffre, il ne sait pas où se fourrer.

Ne piétinons pas l’ennemi vaincu. Mettons-nous d’accord avec lui sur les constatations de M. Jankélévitch qu’il cite avec bien de l’à-propos ; elles ne peuvent que réunir tous les suffrages. « Le pessimisme de la négativité, dit nettement M. Jankélévitch (p.48 de l’ouvrage cité) n’est sans doute qu’une déception du dogmatisme reificateur (Naturellement !) Il y aurait bien un moyen d’éviter à la fois Charybde et Scylla (nous y voilà) : ce serait (bien sûr) de ne pas considérer (folie !) le presque-rien comme la différence mathématique entre le tout et le presque-tout (mais qui y songe, sinon quelque étourneau ?) mais de reconnaître en lui le mystère de la totalité en général. (Ce n’est que trop vrai et tout le monde y consent) Ce mystère ne peut être rongé par le progrès scalaire de nos connaissances. » Voilà la chose, et là j’applaudis des deux mains. Qui a jamais vu le progrès scalaire ronger quelque mystère que ce soit ? Même derrière une malle démodée, dans un grenier de commune rurale ! J’au vu des rats ronger des noix, des lapins ronger des carottes, du tout, du rien, du presque-tout, du presque-rien, et même parfois du je-ne-sais-quoi, jamais je n’ai vu de progrès scalaires ronger de mystère de la totalité. Ce sont des vérités évidentes, et nos lecteurs ont rétabli d’eux-mêmes. C’est bien là où je voulais en venir, et c’est ce qui confond M.Verdure. Sa critique était inutile. Car nos lecteurs ont rétabli. Je les connais bien. Nous avons fait la guerre ensemble. C’étaient des pâtres du haut Cantal. Nous nous entendions sur toute chose, sur le rien et le je ne sais quoi. Nous y étions d’une grande compétence et nul ne nous fit jamais prendre du je ne sais quoi pour quelque chose. Quand on partageait le saucisson, celui qui avait la tranche transparente savait sans nul effort que c’était du presque rien si on voyait le soleil à travers par beau temps, du rien si c’était par temps de brume. Quant à celui qui n’avait que la ficelle, il comprenait très bien que c’était du je-ne-sais-quoi ; pas tout à fait du rien ; il y a dans la ficelle une imprégnation de charcuterie, avec du sel, du salpêtre, ou de la cendre ; l’âme du saucisson, essence immatérielle, qui n’est ni le rien, ni le presque rien, mais le je ne sais quoi. Celui qui la recevait en partage ne faisait jamais l’erreur grossière de la prendre pour le presque tout. Il en naissait mille désaccords qui obligeaient le soldat en campagne à accorder la plus grande importance aux différences du presque rien, du rien abstrait, du rien concret, du rien solide, du rien liquide, du je ne sais quoi qui se met en bouteilles et de celui qui se tartine sur du pain. Toute la vie du soldat, son prêt et sa haute paye, son lit, son vin, sa nourriture, sont une école du presque rien et du je ne sais quoi. Le Puy-de-Dôme également, ainsi que le haut Cantal, et le canton de Brioude qui appartient à l’Auvergne. Ils sont pleins de proverbes et de grand-mères qui enseignent dès la tendre enfance à faire du quelque chose avec du je ne sais quoi, en l’économisant sans cesse. Il n’est pas rare d’y voir des gens partis de rien qui arrivent au même endroit au bout de leur existence. D’autres qui arrivent à du je ne sais quoi avec beaucoup de persévérance. D’autres qui partent de tout et qui n’arrivent à rien. Mais, plus généralement, avec du presque rien ils arrivent à du quelque chose. Et c’est pourquoi ils font très bien la différence, sans ronger le progrès scalaire ni le mystère de la totalité, entre le tout, le presque tout, le presque rien, le je ne sais quoi et le quelque chose. On peut même dire que c’est leur vocation locale et qu’ils y consacrent leur vie. Et c’est pourquoi le professeur Jankélévitch n’a rien à nous apprendre ici sur les problèmes du presque rien dans le partage du saucisson ou la constitution du livret de Caisse d’Epargne.

Nous sommes tous pour le presque tout.
M.Verdure peut dormir tranquille. Les Auvergnats ont rectifié d’eux-mêmes.

Alexandre Vialatte – Sa chronique dans La Montagne du 20 mars 1962.

mardi 2 novembre 2010

Sacralité noire et vacuité blanche (aujourd’hui…)

Rien trouvé à vous dire aujourd’hui. Pour n’être pas passé pour rien, allez donc voir chez le Pélicastre ce qu’il a éructé cet après-midi : "Vénus noire et cerveaux blancs" (c’est le titre et c’est ICI)

Et je n’ai rien à ajouter…

lundi 1 novembre 2010

Dépêchez-vous, on ferme !

Voilà quatre jours que je fais relâche. Petit plaisir d’une tournée des popotes chez trois de mes enfants et occasion si longtemps différée de me décider à aller samedi après-midi écouter (et voir) Fabrice Luchini lire (et jouer) Philippe Muray à l’Atelier...

Que des bons moments, donc. Et loin de mon clavier. Ceci-dit, j’avais quand-même voulu jeter un œil samedi soir sur ma boîte-mail avec le passage obligé par les dépêches "à la une" de l’instant (les "gros mots" comme disait ma grand-mère…)

Et vous savez quoi ?

"L'immense majorité des Français se déclare favorable à une loi sur l'euthanasie dans certains cas selon un sondage CSA. Selon cette enquête, 94% des personnes interrogées se disent pour une telle loi".

Ça c’est l’info brute que je vous ressers en abrégé. On sentait aux fautes de français le frétillement d’échine qu’éprouvait le guignol de chez Yahoo à l’idée de nous divulguer l’info. Et à l’absence de rewriting l’urgence de nos la faire partager… (et aussi que 95% des stations-service sont approvisionnées…)
Ouais ! L’urgence qu’il y avait à nous annoncer la bonne nouvelle se voyait surtout au choix précipité de l’illustration :

Choix pavlovien sorti tout droit du subconscient de nos journalopes zombéifiés…
Depuis, de banales photos passe-partout de l’univers médical on pris la place (parfois avec une boîte de penthotal bien en évidence…) Mais j’ai toujours appris qu’on n’a jamais une deuxième occasion de donner une première impression

Et puis je trouve que, pour ma reprise, ça fait une jolie suite à mon délire sur le Titanic…