"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 29 avril 2011

Afrique boréenne et méthode Assimil

J’évoquais un jour le concept d’Afrique boréenne pour désigner cette improbable excroissance résiduelle du vaste continent asiatique (encore appelé Europe) qu’un phénomène tectonique est en train de rattacher à l’Afrique sans raison géologique apparente. Le glissement des plaques démographiques est bien évidemment la cause de ce phénomène mais ne suffit pas pour en expliquer l’actuelle accélération à une vitesse en progression géométrique…

Cette accélération résulte, me semble-t-il, du comportement totalement différent des deux plaques continentales qui sont en contact : l’une s’insère superficiellement dans l’autre, l’autre s’y intègre vigoureusement

J’ai compris cela en lisant [*] le rappel du sens des mots par Malika Sorel, géologue à sa manière, qui ne cesse de rappeler avec clarté les mêmes évidences terre à terre :

"L’insertion, c’est l’obligation de respecter les normes collectives d’une société, les règles du “bien-vivre ensemble”, même si l’on ne partage pas la même culture. C’est ce que font les expatriés français à l’étranger, par exemple. L’intégration, c’est plus profond : c’est le fait de se sentir concerné par une communauté de destin avec les Français. Cela se traduit, concrètement, par la transmission à ses propres descendants des fondamentaux qui composent le noyau identitaire français, ce que l’on nomme le legs ancestral. C’est un long processus qui, lorsqu’il réussit, aboutit à l’assimilation."

Or donc, l’Afrique ne submerge pas l’Europe contrairement à ce qu’affirment fallacieusement les obscurantistes de la Réacosphère et j’en suis navré. Non, elle s’y insère. Et encore ! Elle le fait avec retenue et en surface seulement. Oui, oui ! Je vais y revenir….

L’Europe, en revanche, avec toute la force de l’énergie qu’elle a accumulée au cours de son égoïste phase de boulimie coloniale, violente l’Afrique. Elle se pousse en elle pour s’y intégrer, impatiente de s’y assimiler

Relisez Malika, c’est tout à fait ça…

Regardez les Africains. Jamais ils n’auront l’indélicatesse d’aller visiter nos monuments, cathédrales et musées, de contempler les merveilles de nos sculptures (qu’elles soient de Michel-Ange, de Maillol ou de Franz West…), de s’inviter normalement aux bals du 14 juillet, de manger du cervelas en buvant un canon, de réveillonner à la Saint-Sylvestre ou d’encombrer nos cimetières… Ils demandent juste de pouvoir s’insérer, juste ce qu’il faut (carte Vitale, etc.)

Nous autres, Européens, nous voulons être eux sans l’être. Nous les exaspérons à leur tourner autour comme le caniche qui fait fête à son maître et bave sur son pantalon en jappant "Droit à la Différence !" tout en croyant voir en l’homme un chien comme lui (mais dominant…), ce qui nie leurs identités… Nous les saoulons comme l’amoureux transi qui fait le siège de la belle indifférente ; c’est du harcèlement ! Et ça n’arrête pas :

On ne sait plus où donner de la tête. Tenez, on doit pouvoir remplir un numéro entier de Pariscope avec les expositions des merveilles africaines où iront s’esbaudir des foules de Caucasiens mais guère d’Africains (super- ou sub-sahéliens)

- Je vous recommande, entre autres, l’expo 30 et Presque-Songes à la Maison Revue Noire (sic) consacrée à des artistes contemporains awficains. C‘est sur l’initiative d’un artiste malgache qui définit "qu’être contemporain, c'est se trouver soi-même n'importe où" (ça plait à Attali) et se dit inspiré par un poète compatriote qui chercha une voie entre deux cultures, celle de l'oppresseur et celle de l'oppressé. Il y a plein de trucs sympas : Un camerounais expose des pièces d’un Euro refondues à son effigie et enfilées sur des rubans ; Une présentation de photographies froissées de transsexuels de l'océan Indien ; Une installation de charbon et de craie d’un écrivain haïtien, etc. Bien entendu, toussa avec un budget global d'environ 370.000 €, financement essentiellement assuré par le "Programme d’appui de l’Union Européenne aux industries culturelles ACP" [ACP = Asie-Caraïbes-Pacifique]

- Il y a aussi la grande exposition des statues Dogon au Quai Branly. Là, je ne m’étends pas, je vous laisse aller en lire la promo faite sur le torchon Slate.fr par Anne Khady Sé, journaliste sénégalaise dont les papiers plus politiques sur la Côte d’Ivoire étaient souvent assez lucides. , elle suit docilement la ligne du site : "Il faut profiter de l'art Dogon exposé au musée des arts d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques à Paris sans se laisser submerger par la culpabilité de l'ex-colonisateur" et elle délaye la sauce… Les souchiens d’Auteuil-Neuilly-Passy vont se précipiter…

- Après de gros travaux et sans communiquer le prix de ce mécénat, la maison Chanel vient de faire don à l’Institut du Monde Arabe d’une structure gonflable de 600 m² pour accueillir diverses expositions d’artistes contemporains arabes.

- A Nantes, une assoc’ présente un projet de bateau pédagogique : la construction d’une réplique d’un navire négrier du XVII° siècle pour mieux toucher du doigt l’histoire de l’esclavage et jeter un pont entre le passé et l’avenir… (on parle d’un projet de 7 millions d’euros…)

- Dans un autre genre, pour aller à marche forcée vers toujours plus d’intégration, les révélations indiscutables et/ou scientifiques se succèdent à une cadence d’arme lourde. Celle que j’évoquais ici il y a déjà trois semaines n’ayant pas fait un buzz (la peur du ridicule joue encore…), on s’est dépêché de sortir du chapeau l’étude du Néo-Zélandais Atkinson parue dans la revue Science. Il ressort de ce pavé que plus une langue est parlée loin de l’Afrique plus elle est pauvre en phonèmes. "Au fil des millénaires, en s’éloignant de son berceau originel africain (dit-on) l’homme a perdu des phonèmes tout comme il a perdu de sa richesse génétique…" Si, si, puisqu’on vous le dit… Je ne m’étends pas, d’autres l’ont déjà fait…

Ce ne sont pas des secousses sismiques, même de niveau 1, juste des signes, comme ces pierres se décrochant des aiguilles Rouges qui nous rappellent que le plissement quaternaire n’est pas fini et que la vallée de Chamonix se rétrécit d’année en année. L’Afrique est immuable, c’est l’Europe qui s’impose des contorsions pour en devenir les marches boréenne, pour s’y dissoudre.

[* interview de M.Sorel]

mardi 26 avril 2011

Retour de ouiquinde pascal…

J’aurais dû… Oui, j’aurais dû avoir une pensée pour tous ces malheureux qui revivent à leur manière les affres de la Passion du Christ, terrorisés qu’ils sont par leurs lourdes responsabilités d’édiles en charge de protéger leurs semblables contre les dérives délétères qui empoisonnent le vivre ensemble. Entre l’office du Jeudi Saint et le Chemin de Croix, entre la poire et le fromage, entre mon verre d’eau du Vendredi et l’apéro de Dimanche, entre Christ est ressuscité ! et le Gevrey-chambertin, j’aurais dû prier pour eux :

Prier pour ce pauvre maire de Carrières-sous-Poissy si soucieux de ne pas exclure l’enfant autre, qui a pris sur lui d’avancer de huit jours la traditionnelle chasse aux œufs municipale pour éviter qu’elle soit associée à une tradition chrétienne. Quel courage ! Quelle abnégation !

Prier pour ce pauvre maire de Montiers (Oise, 430 hab.) si soucieux de ne heurter personne, qui a pris sur lui de virer la crèche traditionnelle de l’espace public.

Prier pour ce pauvre Jean-Marc Ayrault, baron de Nantes et du PS qui, atrocement confronté pour une fois à un front uni obscurantiste de curés, popes et pasteurs, a eu le courage de dénoncer l’occupation de l’espace public, lequel n’a pas à être utilisé pour la célébration des cultes… Et aussi pour ce pauvre Delanoë de la même paroisse qui va sûrement (euh) se sacrifier en disant la même chose comme une évidente nostalgique des HLPSDNH…

J’aurais dû aussi rendre grâce pour la Légion d’Honneur enfin attribuée dans la promotion de Pâques à Rudolf Brazda. Il était temps ! A 97 ans, ses éminents hauts-faits, sa carrière et ses services rendus à la République sont enfin récompensés. Il pourra arborer jusqu’à la fin des ses jours le ruban qu’il a mérité en sa qualité de dernier survivant connu de la déportation pour motif d’homosexualité (celle des HLPSDN, je suppose ; confondez pas avec le goulag…)

J’aurais dû prier pour toutes ces petites porteuses de carte de presse (j’ose pas dire journalistes) qui font chaque jour dans leur culotte, terrorisées par les avancées de la bête toujours féconde… J’aurais dû…

Ben non…

Non, figurez-vous. J’ai prié pour les miens. J’ai rendu grâce pour les miens. Avec les miens… Les autres, ils ont tout ce qu’il faut ; ils ont les pleureuses des assocs’, les profs d’EMT syndiqués SNES à la retraite d’ESF, les copains de La Règle du Jeux et du Flore, les JAP et les JLD du syndicat de la Magistrature, les carabiniers de Lampedusa, Laurent Joffrin, Béachelle et toussa pour s’occuper d’eux. Les miens n’ont pas tout ça…

Christ est ressuscité bordel ! Ils n’en veulent pas ?

On se le garde pour nous !

jeudi 21 avril 2011

La cage aux folles 3.0

Il y a plus de trente ans, la pièce de théâtre et le film éponyme avaient longtemps fait s’écrouler de rire la France entière et bon enfant. C’était une autre époque…


Désormais, l’intrigue apparaît évidemment totalement surannée. Le politicien coincé, conservateur et sulpicien de façade n’est plus crédible : Aujourd’hui, évidemment, il verrait dans la future belle-famille poly-dé-recomposée de sa fille une occasion à ne pas rater pour afficher sa modernité. Quitte à payer lui-même de sa personne en faisant son coming-out devant les médias… Quant à Renato, il n’aurait pas besoin de s’inquiéter et de jouer les crapauds de bénitier pour aider son fils. Car, bien sûr, l’homosexualité est dorénavant institutionnelle, pour ne pas dire constitutionnelle. En tout cas, elle bénéficie (avec quelques autres que nous connaissons bien) de ce privilège d’intouchabilité que même l’Eglise n’a plus, en droit depuis plus d’un siècle et de fait depuis le XV°…


Reste un aspect du film qui n’a pas vieilli, c’est la susceptibilité maladive d’Albin. Et le passage, pour sa paroisse, de la tolérance à l’institutionnalisation, de l’indulgence à l’allégeance obligatoire et du rôle de Cathare à celui d’Albigeois, n’a fait qu’accentuer, exacerber, hystériser la susceptibilité pathologique de ses semblables. Leur position sociale (pas si) chèrement acquise leur permet dorénavant de laisser libre cours à leurs penchants pour les querelles de chapelle, les caprices d’enfants gâtés, les jalousies de refendeurs capillaires, les masturbations sur le sexe des anges (sic) et autres enculages (resic) de mouches…


Dans la série "On s’en branle mais on en rigole quand même", vient de se produire un tsunami dans un godet à Porto :


Les organisateurs de la Marche des Fiertés (Gay Pride, c’est naze) prévue le 25 juin à Paris viennent de décider d'abandonner l'affiche déjà imprimée en nombre pour annoncer la manifestation.


Cette affiche montre un coq arborant fièrement un boa en plumes très dans le style de la Grande Zora. Accessoire que, perso, je trouvais plutôt bien venu et rassurant. Il semblait nous montrer, en effet, que les guignols (je n’ai pas le féminin du mot, ni le neutre d’ailleurs), les guignols du genre, donc, ne seraient pas définitivement perdus pour l’espèce puisque encore capables de ce je-ne-sais-quoi d’humour et d’autodérision qui caractérise l’homme (et la femme) bien né(e) et bien de chez nous, surtout pour nous dire avec classe : "- Je suis comme ça et je vous emmerde ! "…



Las ! C’était trop demander. Connaissez-vous Le Refuge ? Non ? Moi non plus jusqu’à ce jour. Il s’agit d’une assoc’ qui s’occupe d’aider les adolescents victimes d’homophobie, notamment au sein de leur propre cellule familiale (hébergement temporaire et accompagnement) On ne la trouve active qu’à Montpellier et, depuis fort peu, à Paris et Marseille. Evidemment conventionnée par l’Etat pour faire le job avec votre fric. Bref, une assoc’ comme tant d’autres et pas des plus influentes dans la galaxie nébuleuse du LGBT…

Et bien figurez-vous qu’à peine l’affiche sortie, Le Refuge a réclamé son retrait ! Motif : elle "stigmatise" les homosexuel(le)s et constitue "un grand pas en arrière dans la lutte contre l'homophobie"…


Aussi sec, la commission politique de l'Interassociative lesbienne, gay, bi et transsexuelle (Inter LGBT), organisatrice de la Gay Pride a dénoncé les "procès contradictoires intentés" et a éprouvé le besoin de se défendre en affirmant qu’elle n’était ni "une profession de foi machiste et misogyne", ni "une réduction du mouvement LGBT aux pires clichés homophobes" ni… "un hommage nationaliste rendu à l'extrême droite" (??)


Ce qui n’a pas empêché ladite commission politique de décider trois jours après de ne plus utiliser cette affiche…


J’aurais bien voulu être une mouche (vachement dangereux, je sais) pour ouïr les débats de cette commission politique qui, dit-on, réunit toutes les sensibilités de la mouvance. En effet, il y aurait sûrement eu là matière à compléter ce billet de l’an dernier qui m’avait laissé, sinon sur ma faim, du moins fort perplexe (j’ose pas dire…)

mardi 19 avril 2011

Anastasia, la Palme du petit flic de la pensée.

Je ne suis pas cinéphile, vais au ciné moins d’une fois pas an et n’ai vu aucun film d’Emir Kusturica. Bref, ce n’est pas le 7° art mon sujet ici.

Au demeurant, ce type fut encensé par la critique et collectionna les prix à Venise et à Cannes, y compris un Lion d’or et deux Palmes d’or (ce qui, vous me direz, n’est pas vraiment une référence, mais bon…) Devenu moins productif au tournant du siècle (j’ai maintenant compris pourquoi) il réapparaît Président du jury du festival de Cannes en 2005, année où il décroche le César du meilleur film de l’Union Européenne pour une sorte de Roméo et Juliette à faire pleurer Margot sur fond d’horreurs de la guerre, ceci expliquant peut-être cela. Depuis, il s’occupe de son village, d’enseignement, tourne comme acteur et ses créations cinématographiques me semblent se limiter principalement (vu de loin, à moi qui n’y connais rien) à des produits dérivés de ses activités dans d’autres domaines comme la musique. Bref, on en entendait moins parler… Et voilà qu’il réapparaît cette année comme président du jury d’une section secondaire (Un certain regard) du festival de Cannes. Est-ce possible !


Anastasia Levy, vous connaissez ? Je vous la recommande… Anastasia Levy, donc, au prénom le bien nommé et au patronyme omnibus ouvre-boîte, a lu Stéphane Hessel et ne va pas rater une telle occase de pondre sa crotte laborieuse de plus de 12 000 signes et, toute fière de son accroche, de la fourguer au torchon Slate.fr qui ne demande pas mieux :

Kusturica, la Palme de l'obscurantisme


"Double Palme d'or à Cannes, le grand cinéaste serbe, continue de se signaler par des dérapages politiques."

La gonzesse est appliquée – la conscience pro, que voulez-vous – et tire sûrement la langue pour tirer à la ligne. La pige, c’est au poids, ce qui justifie de recopier un digest d’au moins dix ans de guerre balkanique, d’évoquer les accords de Dayton et d’aller rechercher dans les archives du Monde et de Libé des éructations du Finkelkraut d’avant son virage de cuti et de BHL évidemment…

Bien sûr, comme on ne peut pas dire que l’establishment mé®diatico-people s’est trompé, elle enrobe :

"…il n’en est pas moins controversé. Pas artistiquement, non, puisqu’il fait quasi l’unanimité, il est respecté et célébré, à raison."


Mais… c’est qu’il y en a des Mais !

- Et Anastasia d’aller déterrer les propos des prétendues autorités morales d’il y a seize ans : "illustre les discours des assassins","Le collabo a empoché la Palme du martyr","les termes mêmes de la propagande serbe la plus éculée pour fustiger le ‘passé’ nazi de la Croatie et de la Bosnie", "sa Palme est une offense aux milliers de victimes des atrocités serbes, des meurtres et des viols orchestrés par Karadzic et Milosevic", etc.

- Et Anastasia, comme une grande, rappelle que "le Bosniaque Kusturica refuse de faire allégeance au défenseur de la Bosnie multi-ethnique." Elle relève qu’il a "la nostalgie de la Grande Serbie, patrie imaginaire et fantasmée" [et mon cul c’est du poulet ?] Elle s’étonne qu’un des ses films soit co-produit par certains de ses compatriotes proches de Milosevic (proches donc de leur chef d’Etat légitime d’alors…) Elle s’indigne qu’il ait pu tolérer que son film soit applaudi par des spectateurs par ailleurs accusés (2 et 3 ans après…) de crimes contre l’humanité "soutiens visibles et choquants". Elle renifle les relents nauséabonds des paroles chantées en serbe par son groupe musical [c’est pas du rap du 9-3] Elle s’auto-épouvante de soupçonner chez lui "une fascination malsaine envers Karadzic, reconnu aux yeux de tous comme un bourreau", etc.

- Et notre Anastasia de s’inquiéter dans sa péroraison : "Il paraît presque inconcevable qu’un si génial réalisateur, si ouvert sur le monde, et tellement brillant quand il s’agit de raconter une histoire, se rende à ce point coupable d’obscurantisme. Qu’enseigne-t-il aux étudiants étrangers qui viennent prendre ses cours et connaissent mal l’histoire de son pays ? Si ce sont ses mouvements de caméra, il a prouvé qu’il était un maître. Si c’est la politique, alors il en devient dangereux."


Pourquoi ce dégueuli inattendu (et pas si gratuit) de fiel ? Simple :


1° D’abord parce que malgré ses origines musulmane et bosniaque, Emir Kusturica a pris le parti au début de la guerre civile de devenir serbe. Interviewé sur son identité il avait répondu : "Je suis un exemple vivant de Bosnie, de mélange et de la conversion des serbes", "Mes grands-parents vivaient dans l’est de l’Herzégovine. Ils étaient très pauvres. Les Turcs sont venus et avec eux l’islam. Il y avait trois frères au sein de la famille. L’un était chrétien orthodoxe. Les deux autres ont été convertis à l’islam pour survivre."

En 2005, le jour de la Saint-Georges, Emir a été baptisé dans l’Église orthodoxe serbe. A ceux qui analysaient cela comme une trahison de son passé musulman, il a osé répondre : "Mon père était athée et il s’est toujours lui-même décrit comme un Serbe. Ok, nous étions peut-être musulmans pendant 250 ans, mais nous étions orthodoxes avant cela, nous avons toujours été des Serbes. On ne devient pas musulman par intérêt, mais pour survivre aux Turcs"


2° Ensuite parce que Anastasia Levy est une de ces petites choses secrétées par nos lycées, nos écoles de journalopes et tous les maîtres-mots du système tels que : "bisounoursez!" (cocoonez sans froisser l’Autre qui est puissant), mais "stigmatisez l’infâme!" (virtuel ou désigné, pour maintenir le minimum de peur nécessaire à la vie du consommateur) et cultivez votre ego "parce que je le vaux bien"… La concurrence est rude et il faut bien qu’elle perce, la petite…


Alors tout est bon (pas dans le cochon, faut pas déconner) qui pourrait lancer un débat, faire un buzz et me faire connaître. Emir Kusturica à Cannes, c’est pas Bertrand Cantat en Avignon, c’est peut être en ressortant ce salaud(-émissaire) que je décrocherai ce CDI dont je rêve à Libé

entre les deux y'a pas photo...

lundi 18 avril 2011

La gestion du tapis en coloc’ (♦)

[(♦) : Titre à la con pour retenir le chaland…]

Une civilisation, peut-être pas sa substantifique moelle mais son évolution vers son avenir radieux, peut se lire dans son rapport au tapis. On ne s’intéresse jamais assez à la gestion du tapis dans les sociétés humaines. Le rôle social du tapis est cependant incontournable pour la compréhension des rites, tabous et totems qui président aux rapports entre les hommes. Les ethnologues les plus considérables ont pu écrire des choses essentielles et définitives qui meublent des kilomètres de rayonnages universitaires sur les rites d’initiation pubertaire chez les pygmées et sur les coutumes funéraires chez les Arumbayas, ils ont tous négligé l’apport essentiel de la médiation du tapis dans les rapports sociaux. Or, dans l’étude des civilisations en général et des situations d’allégeance et codifications des relations inter-personnelles en particulier, le tapis joue un rôle majeur. Il conditionne notamment l’harmonieuse stabilité des groupes d’individus mis en situation de vivre ensemble. Il y a là tout un espace de la recherche anthropologique resté en friche, celui qui se pose cette question essentielle :

Qui doit dérouler le tapis et pour qui ?


Vendredi dernier, une estimée consœur de la réacosph.. pardon de la blogosphère réacocompatible (vue la nuance lexicale ? j’suis bon hein ? des fois que Suzon passe me lire…) glosait non sans justesse sur le rapport du contrôleur des lieux de privation de liberté (j’adore ce genre de formulation) Là n’est pas mon sujet, mais j’observe que, comme bien d’autres, elle a illustré son billet par l’image ci-dessous. En adéquation avec son sujet, cette photo représente des détenus musulmans en prière dans le local affecté aux cultes dans leur pris.. lieu de privation de liberté.

Je passe sur la banalité de la scène, sa seule originalité étant le lieu clos de prise de vue pouvant surprendre le touriste martien persuadé que la posture des acteurs n’était chez nous qu’un numéro d’intermittents du spectacle de rue.


En revanche, je me suis attardé sur une photo trouvée aux même sources, de la même série (en argentique on aurait dit de la même bobine) Précédant la précédente (si j’ose dire), elle est à première vue encore plus banale, même pas bonne à illustrer une pub pour Mondial Moquette ou Saint Maclou. Et pourtant…


La légende du reporter est explicite, précise et sans doute possible : La salle avait servi juste avant pour dire la Messe. Et ce sont bien deux détenus catholiques qui déroulent les tapis pour les besoins cultuels des suivants. Sans doute ont-ils tout remis en place, y compris les chaises tenant lieu de minbar à leur juste place pour le prêche. Le panneau à la gloire d’Allah le miséricordieux paraît suffisamment massif pour rester en permanence en place (consécration eucharistique sous le regard bienveillant du mihrab sûrement…)

Bon, c’est bien normal. Les muzz squattent probablement le local cinq fois par jour (j’ai pas parlé du nombre de fidèles embastillés, je fais gaffe…) C’est leur salle de prière et ils sont bien gentils de la prêter une fois par semaine. Faut bien leur rendre comme c’était…

De toute façon, dérouler le tapis est une posture sociale fort répandue, en Occident comme ailleurs…

samedi 16 avril 2011

Allons enfants de mon business-plan…

Du chant de guerre pour l’armée du Rhin aux débats pour café-citoyen

A la suite, sans doute, d’un raclage de fond de mailing-list récupéré (ou détourné) des archives d’un mouvement aussi peu porté à l’union qu’il n’est populaire, figurez-vous que le Plouc-em’ himself a reçu une invitation de notre estimée quoique jeunette ambassadrice auprès de l’UNESCO.

Tout d’abord, tremblant d’émotion, je me suis regardé dans la glace. Aurais-je la tronche de la Génération du 21 avril 2002 ? Serais-je de cette nouvelle génération de jeunes citoyens apportant un nouvel élan vital à une France fière de son héritage révolutionnaire ? J’ai eu comme un doute… (pas vraiment…)


Dans un deuxième temps m’est revenu le souvenir d’Allonsanfan, un film des frères Taviani qui doit bien aller sur ses quarante balais (le film) C’était l’histoire d’un aristo affilié à un groupe révolutionnaire dans l’Italie post-1815 et pré-garibaldienne [en quelque sorte l’équivalent pour l’époque de l’intellectuel gauchiste sans souci de fin de mois] Balançant entre "ses idées" et le confort de sa vie bourgeoise sous la férule autrichienne, il finit par prendre peur et dénonce ses amis. Ceux-ci, partis libérer le peuple, sont tous massacrés par… les paysans [sans terre mais les pieds sur terre…] Seul survivant mais mortellement blessé, Allonsanfan, un gamin enrôlé sous leur bannière par fascination pour leur utopie, ne veut pas mourir privé de son rêve. Dans son délire d’agonisant il fera croire à l’aristo que les paysans les ont rejoint et que l’insurrection a gagné… Le type panique, remet sa chemise rouge pour courir après la victoire et être abattu par la soldatesque arrivée après la bataille… sur sa dénonciation. Bref, une parabole illustrant la confrontation de l’idéal gauchiste aux aléas de la nature humaine et, surtout, au réel…


Donc, la belle Rama lance son club de réflexion. J’en suis ravi pour elle, ça manquait dans le PPPF (Pandémonium Pré-Présidentiel Français) mais je m’abstiendrai d’envoyer un mot d’excuses et d’encouragement.

Il est quand même intéressant de lire attentivement le Manifeste du dit club qui s’inscrit, bien évidemment, dans un projet politique pour une nouvelle génération.

Jusque là ça va, rien de discriminant, c’est du Hulot-Borloo-Villepin-and-Co. On se demande bien, d’ailleurs, pour quoi d’autre quelqu’un oserait inscrire un projet politique.

- C’est un club "indépendant (…) ouvert à ceux qui ne se résolvent pas à voir la politique, comme les discothèques, réservée aux seuls habitués." [ ça fait du monde, surtout avec les discothèques]

- C’est un club qui "donne la parole à la nouvelle génération de (suivent toutes les catégories socioprofessionnelles) qui vivent leur citoyenneté avec ardeur " Je n’insiste pas sur l’ardeur citoyenne, je remarque juste que les sociologues sont une CSP à part entière et citée en premier ; et que les associatifs le sont aussi, fermant la marche en bouquet final, ceux qu’on attend comme les pompiers au défilé du 14 juillet. Entre ces deux-là défilent pêle-mêle les agriculteurs, syndicalistes, juristes, éducateurs, etc. Curieusement, on a oublié les journalistes et les fonctionnaires… (un bête reflex de communiquant marketing sans doute…)

- Ce club compte aussi sur "les plus jeunes citoyens grâce aux réseaux sociaux Internet, ferments du sursaut civique"

- C’est le club de "notre génération, celle du 21 avril 2002, celle qui ne veut plus vivre avec le pistolet du FN sur la tempe." Son "patriotisme est lié à mon attachement à l’idéal républicain, à la reconnaissance d’une enfant née au Sénégal qui a rêvé la France généreuse avant d’en fouler le sol." [fouler : cf. définitions…]

- Le club "sait pertinemment que la France des origines continue à percer sous la France de la diversité, mais (…) la France est un projet auquel on se lie, non par le sang, mais par l’adhésion." Etc.

- Le tout s’achève sur une référence… au Général de Gaulle.


Bref, assez bonne synthèse de la logorrhée mainstream UMPSTF1andC° liée au fond de sauce du jour. J’imagine notre jeune ambassadrice à la séduisante carnation en train de sucer son stylo à Sciences Po : "- J’ai rien oublié ? J’ai bon ?" Je doute qu’on en reparle souvent… (du club, s'entend...)

vendredi 15 avril 2011

L’Orient-Express

Belle affiche…


LE GÉNIE DE L’EUROPE

L’ISLAM MODÉRÉ ET L’ADDICTION DE L’EUROPE


Lundi dernier, je passais dans les jardins du musée des Beaux-Arts. Il y avait là une grappe d’une trentaine de collégiens qui attendaient visiblement leur prof et l’ouverture du musée. Des gentils bien propres sur eux, 90 % de caucasiens, tout juste un black…

J’étais pressé. Pas le temps d’attendre un petit quart d’heure l’ouverture des portes, ni le courage de leur demander s’ils venaient pour les collections permanentes ou pour l’expo…

Mais pas d’inquiétudes ; on s’occupe de les cultiver ces chers petits…

mercredi 13 avril 2011

Brèves de printemps…

Petite pêche

au fil de l’eau

dans les dépêches

et les journaux…



Vente d’armes :

Le parlement français examine en ce moment le texte visant à adapter nos lois aux directives européennes relatives au commerce des armes. Ces directives stipulent notamment que les pays vendeurs doivent s’assurer que le matériel militaire ne risque pas de nuire aux Droits de l’Homme. M. Behalal de l’ONG CCFD-Terre solidaire s’étonne à cette occasion qu’on ne s’inquiète pas de la portée létale de ces marchandises et de l’usage qu’en fera l’acquéreur…

[Pour répondre à ce légitime souci tout en favorisant le développement de nos exportations, le Plouc-em’ (député du groupe parlementaire FOPOD) aurait déposé un amendement visant à limiter la vente au seul usufruit préalablement expurgé de l’usus et du fructus… Pour faire accepter son texte en commission des lois en dépit du lobbying des marchands de canon et éviter tout relent discriminatoire (la Charia ignorant le démembrement de propriété), les acquéreurs relevant de l’Oumma pourraient, par dérogation, bénéficier de l’abusus…]


Lampedusa, et cetera :

S’agissant des Tunisiens soucieux de participer au relèvement de leur pays en nous apportant ses richesses, Hélène Plautre, député européen E.Ecolo-Les Verts-truc que nous connaissons tous et qui sévit à la commission des libertés etc., observe que "permettre à ces migrants d’aller et venir, de séjourner et de travailler un temps avant de retourner chez eux [NDLR : euh, non, rien…] est aussi dans l’intérêt de notre économie"…

[On attend avec impatience l’indignation de Libération devant un tel dérapage aux visées négrières et néo-colonialistes…]


Médiator :

UFC-Que Choisir a enfin formulé clairement ce qui manque encore à notre société de Care :

"Pour chaque scandale, il faut un modèle d’indemnisation adapté"

Cette vérité d’évidence complète utilement, le principe directeur du programme du Parti Socialiste : "Pour chaque segment de population, type, catégorie, genre, groupe ou exception : une allocation", ainsi que la ligne d’action de l’actuel mandat présidentiel : "Pour chaque fait divers : une Loi."

[On est sur la bonne voie…]


SIDA :

Stigmatisée par Act’Up et Cie pour stigmatisation, Nora Berra se reprend, précise, rectifie, reformule (au choix) : "Ce sont les pratiques à risque qui sont à prendre en considération, pas les homosexuels !"

Tout à fait, Thierry : "Ce sont les accidents qui sont à prendre en considération, pas les chauffards", "Ce sont les dégâts matériels qui sont à prendre en considération, pas les casseurs, "Ce sont les overdoses qui sont à prendre en considération, pas les dealers"…

[Tout baigne…]


Etat civil :

Débouté en première instance et au terme de plus d’un an de procédure, le jeune Johnny vient enfin d’obtenir gain de cause auprès de la Cour d’Appel de Pau. Celle-ci a supprimé son premier prénom qu’il jugeait ridicule au profit de son second, Karim. Il va pouvoir commencer une nouvelle vie a dit son avocate.

[C’est bien, garçon, t’as rattrapé le train en marche…]


Super Prépa :

Les 15 élèves (11 filles et 4 mecs) issus de milieux défavorisés sélectionnés en 2009 sur quota méthode Sciences-Po-Descoings, le meilleur de la crème, préparés aux petits oignons en écurie ad hoc pour intégrer l’ENA ont tous échoué au concours ; 14 éliminés à l’écrit, la seule fille s’étant hissée admissible s’est viandée à l’oral.

[Sniff…]


Droit du Travail :

L’assurance maladie reconnait enfin le suicide comme maladie professionnelle

[Non, rien…]

mardi 12 avril 2011

Côte d’Ivoire, vas-y voir...

Les supplétifs français mis à la disposition des Forces Républicaines (ex douteuses Forces Nouvelles) ont l’air d’avoir fini le job… Ils sont même allés extraire le méchant de son bunker, sans doute à la fourchette comme le bigorneau de sa coquille ce qui n’est jamais facile. Quand même plus facile que d’en extraire d’autres (chut ! J’vous dirai pas qui…) A priori ce n’était pas prévu mais on sait faire du zèle. C’était indispensable pour éviter un bain de sang ; à cause des armes lourdes, vous comprenez…

On a remis le colis ficelé à Sa Béatitude Alassane, garant démocratique de la Justice en son pays. Normal. C’est le principe encore une fois vérifié de la non ingérence.

J’imagine que la remise du colis a été faite par un officier ou diplomate français. Je ne sais pas si on lui a remis un reçu ; dit merci ? C’est peu probable ; donné un pourboire ? Vous n’y pensez pas !

Qui aurait l’idée de dire merci et de donner la pièce a des salariés d’un des sous-traitants d’une entreprise qui s’est proposée d’elle-même pour vous faire le job dans un but humanitaire sans vous présenter la facture ?

Mais tout est bien qui fini bien. Vu le paquet de pognon que la Communauté Internationale (un truc qui na pas de fric mais qui a le nôtre) va mobiliser pour la reconstruction du pays, va y avoir du boulot et des contrats juteux à se faire (avec ce que les chinois nous laisseront comme miettes…**)

Bon, tout est bien qui finit bien. On a limité les bains de sang. On n’aura plus à y retourner, vous savez, vu que maintenant ce ne sera plus pareil : la démocratie a eu le dernier mot.

Certes, il y aura peut-être encore éventuellement quelques baignades hémoglobinosaturées, mais ce ne seront là que ces petites poussées de fièvre, apériodiques quoique récurrentes, propres au climat du coin. Et pour ça, la pharmacopée locale ne prévoit pas de prescrire des armes lourdes. Ce ne sera donc plus notre problème…


** On se souviendra en passant que le chef de la mission internationale de contrôle des élections ivoiriennes était un diplomate chinois (donc un fonctionnaire aux ordres à la mode de Pékin). Et que, très attentif à la régularité des scrutins dans le sud du pays majoritairement pro-Gbagbo, il n’avait rien trouvé d’anormal aux scores nord-coréens de Ouattara dans la moitié nord contrôlé par les "Forces Nouvelles" (mais qu’avec des armes légères !) On peut s’attendre à des renvois d’ascenseur…

dimanche 10 avril 2011

Suprême de grand n’importe quoi.

Fallait le faire… Ça y est ! J’ai cherché ce que je pouvais vous fourguer comme illustration de ce billet, genre photo sépia belle-époque de nos quartiers populaires + vue technicolor de ma rue ce samedi après-midi. A quoi bon ?


Finalement, celle-là, c’est juste pour calmer le jeu, enfin, me calmer… Parce que j’aurais plutôt tendance à vouloir balancer une grenade DF dans l’open-space cossu de la société des rédacteurs, arroser-le tout au napalm et allumer à l’AK47 tout ce qui cherche à s’en échapper, histoire de me faire du bien…


Le mur de l’obséquiosité et de la soumission larvaire a, certes, déjà souvent été franchi par certains à titre individuel (exemple ici) mais ce stade de la vitesse de délitement du système est désormais automatique et d’une banalité mainstream. En outre, le mépris affiché par nauzéelites pour le bas peuple d’en bas à la comprenotte bas de plafond s’enrobait jusqu’alors de quelques précautions de forme désormais inutiles. Pourquoi prendre encore des gants ? Les ACURABAs d’en bas ((Administré-Consommateur-Usager-Résident-Assujetti-Bénéficiaire-Ayant-droit) sont tellement débiles qu’on peut (croit pouvoir…) leur faire avaler n’importe quoi…

En suite aux propos controversés du ministre de l’Intérieur, Slate.fr, le torchon de nos amis J-M Colombani et J Attali, nous l’annonce doctement et les dépêches le reprennent religieusement :


Il y a moins de musulmans en France aujourd'hui qu'en 1905…


Après s’être gaussé d’un ministre évoquant un ordre de grandeur et une tendance alors que la loi interdit depuis
1872
d’évoquer la religion dans les questionnaires de recensement, nos doctes journalistes consentent à donner en petits caractères quelques éclairages sur la méthode conduisant scientifiquement à leur conclusion qui ne surprendra personne : Ils triturent d’abord les chiffres issus d’échantillons d’instituts de sondages qu’ils divisent par trois (pour tenir compte des non-pratiquants…) Bref, selon les diverses estimations, il y aurait entre 4 et 5,8 % de musulmans en 2010 soit au plus 3,5 millions (contre 5 à 6 pour le ministre)

Et en 1905 ? Ben… Suffit d’aller lire le site de Laurent Mucchielli, religieusement repris par le Monde diplomatique, c’est écrit dedans !

Laurent Mucchielli, bonze récurrent de la sociologie de l’excuse, vidéosurveillançophobe religieux, grand inquisiteur pourchassant la frénésie du fantasme sécuritaire comme les dérives médiatiques dans l’interprétation des tournantes, grand exorciste des amalgames et stigmatisations, apôtre de la lecture non religieuse des faits religieux, médaille de bronze (à peine ?) du CNRS, intervenant appointé à l’Ecole Nationale de la Magistrature comme de juste, etc. Enfin des sources fiables ! Du concret, du sérieux scientifiquement incontestable !

Bref, c’est un mandarin qui compte. Et que nous dit-il ? Recensement de 1906 ! (sans question sur l’appartenance religieuse non plus) Or, à l’époque, l’Algérie c’était la France. Pour obtenir la population totale de la France, il faut donc ajouter à la population métropolitaine les trois départements d’Alger, Oran et Constantine, soit, 5,2 millions d'habitants dont 4,5 millions d'indigènes musulmans également sujets français. En négligeant le nombre de musulmans vivant en métropole, on arrive donc à 4,5 millions de musulmans (et pas d’abattements pour non-pratiquants, s’il vous plait) sur une population totale de l’époque (métropole + Algérie) de 44,5 millions d’habitants…

Donc, même en prenant les allégations du ministre pour aujourd’hui, on avait déjà plus de musulmans en France en 1905 ! CQFD ! la France est de longue date un vieux pays musulman.

Chirac avait raison. Et on est tous des cons…

vendredi 8 avril 2011

La guerre est désormais démocratique…

Depuis la nuit des temps, on faisait la guerre pour diverses raisons, toutes bien connues : - guerres d’appropriations (de territoires, de ressources, de potentiel humain…) – guerres de sécurisation (occupation de lieux stratégiques, élimination préventive d’ennemis…) – et, en corollaire, guerre pour se défendre… Ce n’est qu’au XX° siècle qu’avec le communisme on a vu apparaître les guerres pour imposer un système se pensant universel. En effet, la guerre hitlérienne n’était qu’une guerre d’appropriation (voire même de sécurisation pour ce qui est de la Shoah), les croisades de sécurisation et d’appropriation, et les guerres de religion des guerres civiles hors sujet…

Ce type de guerre mis à la mode par le communisme serait désormais le seul valant le coup d’être vécu et donc légitime... Se trouvant fort dépourvu par l’étiolement du communisme, le chœur des bonnes âmes fait dorénavant la guerre pour soutenir la démocratie… Qu’est-ce à dire dans la pratique ?

Simple : Il faut faire la guerre pour imposer le Vivre Ensemble… Cherchez l’erreur…

Nous sommes actuellement impliqués dans trois conflits extérieurs. Je vous propose ci-après l’essentiel de l’article de Philippe Oswald mis en ligne ce vendredi sur Liberté Politique :


L’ennuyeux, avec des dictateurs aussi caricaturaux que Gbagbo ou Kadhafi, c’est qu’ils poussent ceux qui les combattent à verser eux aussi dans la caricature et le manichéisme. Rien n’aura été négligé pour que l’opinion publique reconnaisse que la France défendait la bonne cause, celle de la démocratie, des droits de l’homme et de la justice contre des personnages peu recommandables (d’autant qu’il fallait faire oublier que naguère, on avait tenté de se concilier leurs bonnes grâces) Mais ce qui se passe au fil jours enlève beaucoup de sa crédibilité à ce conte de fée.

Des révélations embarrassantes

Le camp des Parfaits a pris un rude coup en Côte d’Ivoire avec la dénonciation par l’ONU d’assassinats massifs commis, selon toute vraisemblance, par les Forces républicaines d’Alassane Ouattara. La Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur ces "massacres systématiques ou généralisés" dans l’Ouest du pays. Du coup, il commence à s’écrire que "les anciens rebelles du nord, ex-Forces nouvelles rebaptisées Forces républicaines par Ouattara, avaient mis leur moitié du pays en coupe réglée. Ils contrôlaient les ressources naturelles, bois, minerais et diamants, rackettant commerçants et entreprises" (Le Figaro du 7 avril)

Tiens donc ! N’auraient-ils pas contrôlé aussi les élections, comme les en accuse Gbagbo ? Les mêmes troupes que la télévision nous a montrées en train d’investir Abidjan, n’auront pas laissé aux téléspectateurs une impression plus rassurante que celles qu’elles combattent.

On éprouve un malaise semblable devant certaines mimiques vengeresses des soldats improvisés de la rébellion libyenne. Leur nullité militaire et le caractère hétéroclite de leurs chefs jettent le trouble sur l’opportunité d’ouvrir à ces insurgés la route de Tripoli par de nouvelles frappes aériennes. Eux les réclament à cor et à cris, accusant l’état-major de l’Otan de mollesse, alors que nombre de leurs combattants sont à présent encerclés et pilonnés dans la ville de Misrata, dont on ne peut plus s’échapper que par la mer.

Deux grands coriaces

D’emblée en Libye et en dernier recours en Côte d’Ivoire, la France a frappé fort les troupes fidèles aux dictateurs. Puis il a fallu réactiver les négociations, car la résolution 1975 de l’ONU autorise "les mesures nécessaires" pour faire taire les armes "lourdes" menaçant les civils mais pas d’éliminer Gbagbo, pas plus que la résolution 1973 du Conseil de sécurité demandant "un cessez-le-feu et la fin totale des violences et de toutes les attaques et abus contre les civils" ne permet de se débarrasser de Kadhafi.

Manque de chance, l’un et l’autre sont des coriaces, des illuminés, des jusqu’auboutistes. Si les heures de Gbagbo paraissent comptées, Kadhafi n’est pas assez affaibli pour lâcher le morceau, tant du moins que son entourage, à commencer par ses fils, lui restera fidèle.

Trois questions applicables à trois fronts

La seule certitude, c’est que la situation humanitaire est devenue dramatique dans les deux cas. Les interventions militaires décidées par l’Onu, aiguillonnées par la France, auront-elles en définitive atteint leur but ? Ou bien nous sommes-nous engagés dans des aventures sans retour qui aggraveront les maux qu’on prétendait soigner ?

Les évêques américains ont posé trois questions aux chefs de gouvernement engagés dans le conflit en Libye :

"En quoi l'usage de la force est-il en train de protéger la population civile ? " ; "Les conséquences sont-elles plus graves que le mal que l'on espérait extirper ? " ; "Quelles sont les implications de cet usage de la force pour le bien être futur du peuple libyen et pour la stabilité de la région ? " Ces mêmes questions méritent d’être posées à propos de la Côte d’Ivoire mais aussi de l’Afghanistan dont le président Karzaï n’est guère plus fréquentable que Kadhafi ou Gbagbo.

Dans ces trois cas, voulant agir au nom de la démocratie et de la justice, nous nous sommes engouffré dans des guerres tribales doublées de conflits maffieux. Il serait vraiment prodigieux qu’elles s’achèvent dans une paix couronnée par la justice. Quant à la démocratie…

Enfin, engager nos soldats sur trois fronts à la fois, n’est-ce pas beaucoup, humainement et financièrement, pour un pays qui n’est pas au mieux de sa forme ? C’est une première que nous offre Sarkozy. En effet, historiquement, comme l’a fait remarquer Eric Zemmour sur RTL (7 avril), même Napoléon n’avait pas osé

[Article complet]

[mes précédents billets sur la Libye, la Côte d’Ivoire et l’Afghanistan ]

jeudi 7 avril 2011

Progrès de l’Art chez les invertébrés.

[NDLR : On va encore me dire que je fais une fixation sur un présumé allergène originaire de Médine, mais je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle dans ce billet consacré à l’art con-tent de soi subventionné…]

Kabul : Un imbécile n’ayant pas trouvé plus intelligent à faire que brûler un exemplaire du Coran quelque part au fin fond de l’Arkansas ou équivalent, on signale un total de vingt quatre morts et plus de cent vingt blessés. Nombre de braves humanitaires catalogués chrétiens ont été arrachés in extremis à la fureur des foules par les forces internationales et des ONG ont plié bagage… Légitime réaction épidermique tout à fait compréhensible de la part de braves gens sensibles déjà choqués par certaines caricatures…

Avignon : Une exposition appelée “Je croix aux miracles” est organisée autour de la photo d’un Christ plongé dans l’urine. Des affiches de l’expo avec photo de la chose appelée « Piss Christ » sont placardées dans les rues de la ville… L’ordre règne et silence radio…

Il est vrai que le Ministère de la culture, la mairie UMP et le conseil régional PS parrainent et subventionnent l’exposition. Le groupe LVMH (Dior, Guerlain, Moët, Hennessy etc. ) en est également sponsor et exhibe avec fierté son logo sur l’affiche "Piss Christ". Normal puisque LVMH se définit sur son site Internet, comme l’ambassadeur de l’art de vivre occidental dans ce qu’il a de plus raffiné

La photo en cause (que je me refuse à reproduire ici) est une œuvre d’art réalisée en 1987 par l’artiste américain Andres Serrano. Elle représente un petit crucifix en plastoc immergé dans un verre rempli d'urine de l'artiste. L’œuvre a été récompensée en 1989 par un prix d’un musée américain...

Notons qu’un groupe de musique avait voulu utiliser Piss Christ pour la pochette d’un de ses albums. Mais leur maison de disques a refusé, souhaitant éviter une éventuelle controverse mais, surtout, le versement de droits de reproduction considérés comme extravagants…

Le plus jouissif, c’est la lecture de l’article béat écrit par un journalope ayant eu l’insigne honneur d’interviewer l’artiste à cette occasion pour les Inrocks :

A 48 ans, il en fait facilement dix de moins, affiche une ligne de jeune premier et un sourire d'ange aux traits latinos. "Vous savez, ce n'est pas une grosse expo pour moi", lâche-t-il, une canette de Coca à la main, en désignant les photos qui l'entourent. Une quinzaine d’œuvres (…) encore jamais montrées en France. D'étranges clichés de liquides corporels : sang, urine, lait maternel et sperme saisis dans l'abstraction la plus totale (…) Un rectangle jaune canari, lisse comme un miroir, ne révèle sa vraie nature que vu de très près : gonflé de petites bulles translucides, ce liquide est bien de l'urine, versée dans un bocal transparent et photographiée en gros plan asphyxiant (Piss, 1987). Même procédé pour un rectangle blanc (du lait) et un rouge rubicond, presque synthétique. "Mais c'est bien la couleur du sang frais", précise l'artiste. A l'époque, il en achète par gallon chez son boucher et le stocke dans son réfrigérateur. Tout comme son sperme, qu'il congèle sur des plaquettes de plexi et photographie en train de fondre. Le résultat ressemble à une carte du ciel excentrique ou à un cliché médical.

Chapeau ! J’avoue que le mec a su trouver un truc qui marge plus avec un meilleur rendement du retour sur investissement que Damien Hirst, Franz West ou Wim Delevoye.

Pétition et suites à donner ici.

mercredi 6 avril 2011

Ils ont trouvé la soluce !

On s’escagasse à trouver comment obliger les français à manger cinq fruits et légumes par jour en dépit du coût exorbitant de ces denrées fraîches (et du boulot de leur préparation pour la femme libérée par le travail ) par rapport aux boîtes en carton de chez Speed Pizza.


Ils sont forts à l’UMP ! Leur brain storming (en vieux français on peu enlever le i du cerveau…) sur la laïcité de mes deux a accouché d’une proposition qui fait d’une pierre deux coups :

Confrontés aux exigences communautaristes du halal et de la cacherout, afin de "répondre aux prescriptions alimentaires de certaines religions sans remettre en cause la neutralité des écoles, collèges et lycées publics", nos braves ont courageusement suggéré :

Des menus végétariens à la cantine…

Suffisait d’y penser. La question est torchée, on n’aura plus à en parler… Et comme le dit l’expérience (cf. les compagnies aériennes et les Quick…), faudra que tout le monde se passe de protéine animale ailleurs que derrière les rideaux tirés de son appart’. Sauf, bien entendu, à fréquenter les kebabs, restaus halal ou cacher, tout autre établissement servant de la bidoche en général et du porc en particulier devenant vite suspect d’exclusion et de stigmatisation de clientèle…



Dupont et Ducon peuvent maugréer en douce, Ahmed est content. Tout baigne…

Islam et Laïcité : rien à voir !

Laïcité : "Principe de séparation de l’Etat et de la société civile d’un côté, de la religion et des institutions religieuses de l’autre."


Je trouve nécessaire de reprendre les propos de Suzanne dans son billet d’avant-hier :


Pourquoi jouer sur les mots ? La burqa dans la rue, rien à voir avec la laïcité ! Si on n'en veut pas, c'est pour autre chose. La non mixité prônée par l'islam, met-elle en danger la laïcité ? La laïcité en tant que telle, je ne sais pas, mais les femmes oui.

Les maires qui mettent en place des horaires séparés pour hommes/femmes ne commettent pas de délit contre les lois sur la laïcité, mais un délit de discrimination sexiste. On est donc tellement peu sûr que les hommes et les femmes sont égaux et ont le droit de partager le même espace, d'exercer les mêmes professions, d'être soignés également par les mêmes médecins, qu'il faille prendre des milliards de précautions envers des personnes qui prétendent défier les principes d'égalité ?

Il n'y a pas matière à débats. Les débats ont eu lieu [en leur temps, celui de notre histoire et de notre culture…]à l'Assemblée nationale et des lois ont été votées.

Cette égalité est récente et fragile, il faut ne rien admettre qui puisse l'ébranler.

Les débats sur la laïcité organisés par le gouvernement sont un aveu de faiblesse de sa part.

Est-ce qu'il y a des débats organisés sur le Code de la Route, sur la propriété privée ou sur la protection de l'enfance ? (…)


Suzanne relève la "discrimination sexiste", ce qui ne nous surprend pas, connaissant sa légitime "sensibilité" sur ce point. Mais ce n’est pas tout…

Qu’il s’agisse des menus de cantine, des carrés musulmans dans les cimetières, des jours chômés, des régimes particuliers dans les hôpitaux, des aménagements de programmes scolaires, des adaptations spécifiques des uniformes et des dérogations fiscales (cf. déjà, par exemple, en Grande-Bretagne pour les couvres-chef de la police et les taxes sur transactions immobilières), etc., tout ça n’a non plus rien à voir avec la laïcité. Il ne s’agit rien moins que d’instaurer le "développement séparé" (ce qui existe déjà de fait dans les quartiers, de plus en plus dans les transports publics et dans l’application des lois pénales…)

Il y a quelques décennies, les couillons invertébrés qui nous gouvernent n’avaient pas de mots assez durs pour stigmatiser ce que, par inculture, naïveté et toujours par faiblesse, en psalmodiant des cantiques sur les droits de l’homme et le vivre ensemble, ils tolèrent, favorisent et instituent de fait aujourd’hui.

Ça s’appelle "l’apartheid"…

Ceux qui veulent imposer ça, des bancs publics distincts par sexe, des bus prioritaires qui restent à l’arrêt à l’heure de la prière, etc., ou ils s’écrasent et respectent la Constitution, ou ils dégagent !

mardi 5 avril 2011

Un Rafale ou F15 ne fait pas le printemps…

En 1973, discrètement assisté par les USA via la CIA, l’affreux Augusto Pinochet bombardait le palais de la Moneda et Sa Béatitude Salvador Allende membre de l’internationale socialiste. On voyait à peu près pourquoi et ce qui allait se passer…




En 2011, pour aider le gentil Allassane Ouattara qui doit (et devra) tout aux tribus musulmanes du nord, l’ONU et la France bombardent le palais présidentiel de l’affreux Laurent Gbagbo membre récemment répudié de l’internationale socialiste. On voit à peu près pourquoi sur le papier. Ce qui va se passer ensuite n’est pas notre problème… De toute façon, les moyens de l’OFPRA sont extensibles à l’infini….

En 2011, pour aider d’improbables gentils de Cyrénaïque aux destins aléatoires, l’OTAN et la France bombardent d’horribles nervis Tripolitains et le ci-devant respectable Mouammar Kadhafi membre de lui-même et de sa tribu. Il y a au moins BHL qui sait pourquoi, ça rassure…Pour ce qui se passera après, no problem : Malte, la Crète et Lampedusa sont dans l’espace Schengen…

lundi 4 avril 2011

Vous aimez Gaza ? Vous adorerez Sebha !

Ah ! Le Printemps arabe ! Toute la conscience germanopratine s’est sentie revivre les frissons de la Marianne dépoitraillée et de Gavroche brandissant sa pétoire sur leur barricade immortalisée par Delacroix (il y a vingt ans ça ne valait que cent balles…) Forcément plus teinté que l’original, le Gavroche Universel de Benghazi brandissant sa Kalach’ fait mouiller la culotte à Margot (pas à Duflot, celle-là est trop occupée à s’astiquer au plutonium sous pilule d’iode…) Il fournit aussi une sacrée dose de Viagra à Béachelle. Et Dieu sait que ce dernier en avait besoin (vu que Sakineh, c’est plus très commercial, ça lasse…) Son brushing artistique qui doit lui coûter un max chaque semaine chez Alexandre en est tout ébouriffé. Rendez-vous compte la bonne occase ! Il redore sa banquette au Flore, son rond de serviette à France Télévision et son plastron de mère maquerelle sur le perron entre le garçon aux talonnettes et les bédouins de Benghazi en veston.

Pourquoi je cause de ça ? Parce que je viens de lire sur le site de Bernard Lugan ses réflexions sur la crise libyenne :
"Aspiration démocratique ou éclatement des alliances tribales ?"

A lire en ayant à l’esprit que ça date de plus de dix jours avant que le Président de la République (laquelle ne reconnaît que les Etats), bras dessus bras dessous avec le clown-philosophe et trois guignols représentants on ne sait trop quoi, n’adoube officiellement les dits guignols comme représentants exclusifs et légitimes de la nation libyenne sans en informer le ministre des affaires étrangères et les services du quai d’Orsay…

Je reproduis in-extenso :

Personne ne regrettera le satrape libyen responsable de multiples attentats, de nombreux crimes et de la déstabilisation de régions entières de l’Afrique.
Ceci étant, laissons l’émotionnel aux amateurs de superficiel et les pâmoisons aux journalistes, pour ne nous intéresser qu’au réel La fin de Kadhafi qui risque d’avoir des conséquences dont nous sommes loin de mesurer l’ampleur est en effet moins une aspiration démocratique populaire que la manifestation de l’éclatement de l’alchimie tribale sur laquelle reposait son pouvoir.

A la différence de la Tunisie ou de l’Egypte, la Libye dont plus de 90% du territoire est désertique, n’est en effet pas un Etat, mais un conglomérat de plus de 150 tribus divisées en sous tribus et en clans.

Ces ensembles ont des alliances traditionnelles et mouvantes au sein des trois régions composant le pays, à savoir la Tripolitaine avec la ville de Tripoli qui regarde vers Tunis, la Cyrénaïque dont la capitale est Benghazi et qui est tournée vers Le Caire et le Fezzan dont la principale ville est Sebha et qui plonge vers le bassin du Tchad et la boucle du Niger.
De l’indépendance de la Libye en 1951 jusqu’au coup d’Etat qui porta le colonel Kadhafi au pouvoir en 1969, la Libye fut une monarchie dirigée par les tribus de Cyrénaïque.
Membre d’une petite tribu chamelière bédouine, le colonel Kadhafi fut porté au pouvoir par une junte militaire multi tribale mais dans laquelle dominaient les deux principales tribus de Libye, celle des Warfallah de Cyrénaïque et celle des Meghara de Tripolitaine. La plupart des tribus de Cyrénaïque demeurant attachées à la monarchie, le colonel Kadhafi réussit un grand coup politique en épousant une fille du clan des Firkeche membre de la tribu royale des Barasa, ce qui lui assura le ralliement de la Cyrénaïque rebelle.

Or, aujourd’hui, c’est tout son système d’alliance avec la Cyrénaïque qui a volé en éclats. La date clé du délitement tribal du système Kadhafi est 1993 quand un coup d’Etat des Warfallah fut noyé dans le sang Les haines furent ensuite tuées tant la terreur imposée par le régime fut forte, mais les tribus de Cyrénaïque n’attendaient qu’une occasion pour se révolter et elle se présenta durant le mois de février 2011.
Elles s’emparèrent alors de la région et arborèrent le drapeau de l’ancienne monarchie.
Kadhafi avait certes perdu la Cyrénaïque, comme les Turcs et les Italiens avant lui, mais il lui restait la Tripolitaine et le Fezzan.
Dans ces deux régions, le régime avait également constitué de subtiles alliances tribales. Au moment où ces lignes sont écrites, à savoir le 27 février 2011, certaines tribus ont ainsi quitté le camp Kadhafi, mais les grandes solidarités demeurent, même si elles sont chancelantes.
A court terme, le principal danger qui menace le colonel Kadhafi n’est pas la Cyrénaïque séparée par plus de 1000 km de désert de la ville de Tripoli ; ce n’est pas non plus la surréaliste armée libyenne et encore moins les volontaires que l’on voit parader dans les rues de Benghazi ou de Tobrouk.
Tout est en effet suspendu au choix que vont faire les chefs de la tribu guerrière des Megahra qui domine en Tripolitaine.
Longtemps alliée à celle de Kadhafi, les Khadîdja, elle donna un temps le numéro 2 du régime en la personne du commandant Abdeslam Jalloud avant sa disgrâce de 1993 quand il fut suspecté d’avoir noué des liens avec les putschistes warfallah.
Si les Megahra demeurent loyaux ou même neutres, Kadhafi se maintiendra un temps encore au pouvoir sur une partie du pays.
Dans le cas contraire, il se trouvera alors véritablement en difficulté et contraint de se replier sur sa seule tribu laquelle n’est forte que de 150 000 membres.
Si les Meghara abandonnaient Kadhafi, cela voudrait dire qu’ils ont l’intention de s’emparer du pouvoir et la Libye serait coupée en deux, la Tripolitaine et la Cyrénaïque se trouvant dominées par les alliances tribales constituées autour des Warfallah et des Meghara.
La question qui se poserait alors serait celle de la survie de l’Etat libyen.
Ces deux ensembles se combattront-ils ou bien se partageront-ils le pouvoir dans un cadre fédéral ou confédéral ? Nous l’ignorons, mais le danger est de voir apparaître une situation de guerres tribales et claniques comme en Somalie. Elles pourraient être suivies d’un éclatement en plusieurs régions, ce qui ouvrirait un espace inespéré pour Aqmi (Al-Quaida au Maghreb islamique) qui prospérerait au milieu du chaos avec en plus, dans le sud du pays, une dissidence Toubou qui aurait des répercussions au Tchad, et des initiatives touareg auxquelles pourraient s’adosser l’irrédentisme touareg du Mali et du Niger ; sans parler, naturellement des conséquences pétrolières qu’aurait un tel conflit.

(source)