"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 29 septembre 2011

L’avenir entre au musée…

Faut reconnaître, y sont pas cons les mecs ! Limite, on serait presque rassuré pour la réélection du Président sortant tellement est époustouflante la créativité de ses portes-flingues…

Même les socialos ne leur arrivent pas à la malléole. Dieu sait pourtant qu’ils en ont ! Je sais bien que leurs communicants mercenaires grassement payés ont inventé le concept incontournable de démocratie réelle, et même le rêve métissé d’un éternel futur ! Mais face à la crise, nous avons besoin de vraies innovations, d’inventer du neuf en osant de vrais sauts qualitatifs brusques comme jargonnaient les vieilles barbes marxistes !

Et sur ce plan-là, trop occupé à s’obésifier dans le marais mouvant des ors sénatoriaux où se sédimente la lassitude des ambitions carriéristes, les socialos sont out ! L’UMP les laisse carrément sur place…


Dans la perspective des prochaines élections, nonobstant le défaut prochain de nos potes hellènes, l’UMP, donc, a présenté avant-hier cinquante propositions pour la culture. Parmi celles-ci figure le projet de créer un Musée.


Encore un me direz-vous… Déjà, notre Président, tout fringuant en 2007 comme un Bonaparte sur un pont d’Arcueil, nous avait annoncé la création d’un Musée de l’Histoire de France bien qu’il en existât déjà deux. Lequel projet n’en finit pas depuis lors de se noyer tout doucement sous le titre étriqué et provisoire de Maison de ladite histoire ; appellation fort explicite, même si les pensionnaires d’une Madame Claude se gardent bien d’y loger. Maison qui veille évidemment à se noyer suffisamment doucement pour assurer les fins de mois du petit personnel… Pourquoi donc vous en parler ?


Ben voyons ! Pour faire un parallèle entre le projet du programme de 2007, qui n’aboutira pas, et le nouveau projet pour 2012 qui, lui, aboutira forcément tant il est novateur !


En 2007, le projet était déjà sous-tendu par une réalité qu’on osait enfin avouer. Comme l’écrivait Fromage+ il y a bientôt trois ans : " Ouvre-t-on un “Musée de l’Ipod” ? Non, on en fera un quand son usage sera caduc et définitivement étranger à nos usages. On fait des musées de la charrue ou de la locomotive à vapeur, parce que tout cela nous apparaît pittoresque. Et bien pour M. Sarkozy, l’Histoire de France est pittoresque. Elle n’est pas constitutive de son être et du sens qu’il met dans son action politique, il en est le touriste."


En 2012, cette fois, l’UMP n’a pas hésité à remasteriser les concepts, à défricher le chemin vers l’indicible, à pulvériser le mur du son (avec cédille), à nous affranchir de l’espace-temps mieux que Star Gate !


En 2012, donc, ils veulent créer un Musée en banlieue (c’est important de préciser en banlieue, peut-être le plus important…) Et le musée de quoi, je vous le demande ?


Le MUSÉE DU XXI° SIÈCLE !


C’est une révolution (déchirante ?) de l’ingénierie muséale et de la pédagogie mémorielle à qui un certain classicisme académique assignait d’illustrer les seules deux décennies méritant une transmission pour l’éducation des futures générations (rewriting actualisé de la fable du méchant loup…), c’est à dire de 1941 à 1962 (de l’entrée du PCF dans la Résistance à la fin des atrocités coloniales) avec quand même aussi, il est vrai, des coups de projecteurs appuyés sur les heures lumineuses d’avant 1492 (je cause pas du fait divers Christophe Colomb, mais d’avant l’obscurantiste Reconquista espagnole)

Désormais, un nouvel espace, que dis-je, un horizon sans limite, donc sans contrainte, s’ouvre à l’ingénierie muséale comme à la pédagogie mémorielle. Manifestation du volontarisme le plus assumé ! Là, au moins, on pourra y mettre ce qu’on voudra sans être emmerdé par les critiques d’historiens cacochymes et grincheux. Nous pourrons meubler le musée de tout et de n’importe quoi que les prochaines générations d’acurabas devront apprendre à l’école puisque ce sera leur présent sans souci d’avenir validé par les experts !


L’avenir est pittoresque et nous en serons les touristes !

mardi 27 septembre 2011

Avancées des droits de l’homme et de la bête…

Alors que les soucis de l’ONU pourraient se porter sur le statut de la Palestine et bien d’autres choses encore, c’est avec la solennité protocolaire habituelle que Ban Ki-Moon himself a eu l’honneur de présenter à l’Assemblée Générale un rapport du Comité Spécial des Droits de l’Homme sur la santé. Après avoir rappelé que l’accès libre et égal des femmes et des filles à l’avortement à la demande est une condition essentielle pour qu’elles puissent jouir de leurs droits de l’Homme, et donc bénéficier de leur droit fondamental au standard le plus élevé de santé physique et mentale, le rapporteur spécial onusien Anand Grover observe que la seule légalisation de l’avortement ne suffit évidemment pas pour considérer que les Etats ne sont pas coupables de violation du droit des femmes à la santé et qu’il faut leur enjoindre l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour faire en sorte que les services légaux et médicalement sûrs soient disponibles accessibles, et de bonne qualité, toujours et partout… Jusque là, rien de bien nouveau dans la phraséologie hors-sol des apparatchiks du Machin


Mais ce n’est pas tout. Pour faire bon poids, il appelle en renfort un nouveau concept : "les femmes doivent avoir un accès à l’avortement afin de protéger leur santé mentale" Selon lui, "alors que l’impact psychologique de la recherche d’accès à l’avortement clandestin ou la continuation à terme d’une grossesse non désirée a été bien documentée, il n’existe aucun lien de cause à effet qui prouve qu’existent des atteintes à la santé mentale résultant de l’avortement choisi "...


Enfin, nouvelle avancée remarquable, le sieur Grover s’inquiète des effets pernicieux dérivés des législations en matière de préjudice causé aux tiers : "Dans certains cas, la législation civile en matière de bien-être de l’enfant a été étendue pour inclure des sanctions pour exposition anténatale de l’enfant à des dangers et peut être considérée comme preuve de maltraitance ou de négligence à l’égard de l’enfant." Et vous croyez quoi ?

Le rapporteur appelle les Etats à "suspendre ou abolir l’application des législations pénales existantes qui concernent les différents types de comportements pendant la grossesse, tels les comportements liés au traitement du fœtus, la consommation d’alcool et de drogues, et la transmission du VIH."


Au fond, il est surprenant (pas vraiment, sinon comment vivre sans leurs contributions au budget…) que l’ONU tolère encore en son sein des Etats qui n’appliquent pas ce nouveau principe du droit : «Nul ne peut être tenu pour responsable des préjudices causés par ses comportements, dès lors que "c’est mon choix, c’est mon droit"…»


Alors que les soucis de l’Espagne en général et de la Catalogne en particulier pourraient se porter sur la dette, le chômage et que sais-je encore, c’était dimanche dernier la dernière corrida sur l’arena de Barcelone… Le parlement de Catalogne a en effet décidé que ce supplice barbare infligé à de pauvres bêtes était désormais interdit sur son territoire...


On notera que les aficionados dont c’est le choix et désormais plus le droit ne bénéficient pas d’autant de sollicitudes que les femmes gravides souhaitant se bourrer ou se shooter. Ni que les virils bovins qui bénéficient, semble-t-il, d’efficaces lobbies qu’on présume végétariens…


Subsidiairement, nous avons là un exemple supplémentaire des bévues de notre exécutif français à l’approche des présidentielles : l’Etat n’a rien trouvé de mieux à faire cette année que d’inscrire la tauromachie sur la liste du Patrimoine culturel immatériel français ! Sans doute est-ce pour rattraper le coup qu’Arnaud Klarsfeld à été nommé la tête de l’Office de l’Immigration…

dimanche 25 septembre 2011

Disney-moi le Brésil !

Bon, on se fout de Karachi, on va laisser le G20 dans sa désespérante perplexité épouvantée, Béachelle à sa piété pour lui-même et modernoeud aux affres de sa vigilance citoyenne. Et ceux que j’oublie de citer ne se vexeront pas.


Aujourd’hui, c’est récré. C’est parti pour mon quart d’heure de tendre innocence rose bonbon.


Rappelons le contexte :

C’était en 1950. La guerre froide était de forte intensité : on sortait juste du blocus de Berlin et la guerre chaude se profilait en Corée. Les USA cherchaient alors à tout prix un rapprochement avec le Brésil, craignant de le voir basculer du côté soviétique, d’autant que le retour de Getúlio Vargas aux affaires les inquiétaient plutôt…


C’est pour être aimable au gouvernement américain que Walt Disney a produit au début de cette année-là ce court métrage d’anthologie.


Il n’y avait pas d’ordinateur, pas de numérique ni d’effets spéciaux. Pensez-y (et mettez le son) en regardant cette petite merveille réalisée entièrement à la main, calque après calque…


C’est ici.

vendredi 23 septembre 2011

Pour les Nissards mais pas seulement…

NDLR : Billet accidentel suscité par un échange aux conclusions assez vives avec un ami d’enfance que j’avais connu fort "chauvin de clocher" et que je redécouvre infecté par modernoeud à un stade avancé…








On ne se refait pas… Et comme tout bon BCN (je préfère "Bien de Chez Nous" à FDS trop connoté restrictif…) je reste plus que vaguement imprégné par les fondamentaux du douar de mon enfance, même si ce dernier a oublié depuis longtemps son allégeance à la Maison de Savoie….


Aujourd’hui sur la Côte d’Usure, n’en déplaise aux identitaires, la Bella n’est plus rebela qu’à la marge ; pieds noirs de soixante-deux, retraités de partout et, surtout, modernoeuds aidant…


Mais remontons un peu : Lorsque le précédent siècle éclosait, tout ébouriffé et pas encore qualifié de Belle Epoque, le natif de par chez nous, Français depuis tout juste quarante ans, était encore aussi mal lavé des parlers et coutumes sardes que rétif au centralisme jacobin et aux exigences linguistiques préfectorales… Naquit alors la Ratapignata, célèbre canard local dont le nom, bizarrement, signifie la Chauve-Souris et qui vécut cahin-caha jusqu’en 1940.


Ne serait-ce que pour emmerder ceux qui, sans doute par principe de précaution, considèrent que la date de péremption de ce genre de petite chose périssable est largement dépassée, j’ai envie aujourd’hui de vous donner à mâcher la phrase publiée en exergue du premier numéro de la Ratapignata daté du 30 janvier 1900 :


"Voulen che lu nouastre trau sighou abitat per de Barbairou naissut en li nouastri muraia, o bên pèr d’achelu adoutif che han tougiou demoustrat l’amour dau nouostre païs."


Bon, pour qu’il y en ait de là, faut bien qu’il y en ait aussi d’ailleurs… Faisons un effort et le truchement :


"Nous voulons que nos trous soient toujours habités par des martinets nés dans nos murs ou par ces adoptifs qui ont toujours prouvé l’amour de notre pays"


Conservez-vous et que le Ciel vous tienne en joie…

mardi 20 septembre 2011

Une grande dame européenne…

Dimanche dernier, donc, pour honorer notre patrimoine, je suis enfin allé visiter le Monastère royal de Brou, ce joyau gothique flamboyant qui se dressait autrefois en pleine campagne et continue aujourd’hui d’être, enchâssé avec élégance dans les extensions de la commune de Bourg en Bresse. Je n’ai pas été déçu….


Surtout, j’ai appris à mieux connaître son auteur. Oui, son auteur(e?), même si, après avoir lancé le chantier, elle n’y soit plus revenue que dans son cercueil. Celle qui a tout décidé, choisi, dirigé en permanence de loin, attentive à ce que tout corresponde dans le moindre détail à ce qu’elle voulait : Marguerite, archiduchesse d’Autriche, donc…


Et je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à toutes ces femelles diverses et variées dont on nous rabat tant les oreilles : Les Joy Sorman, fille de son père (la première qui m’est venue à l’esprit, allez savoir pourquoi…), Anne Sainclair (fille de ses parents plus qu’épouse de l’autre), Claire Chazal et autres Béatrice Schönberg, sans parler des Charlène, Carla et autres Princesse Diana… Poussières que le temps effacera vite. On a les icônes du féminisme et du pouvoir des femmes qu’on peut ; ou qu’on mérite…


Pour relativiser, j’ai décidé de vous imposer aujourd’hui le CV de Marguerite d’Autriche :


Née en janvier 1480 à Bruxelles, Marguerite n’est autre que la fille de Maximilien 1° de Habsbourg, empereur du Saint Empire et de Marie de Bourgogne, donc aussi la petite-fille de Charles le Téméraire comme son frère Philippe, futur roi de Castille…


Présumée future reine de France…

Elle n’a que 2 ans quand elle perd sa mère. Et n’a que 3 ans quand, dans le cadre des arrangements entre son père et Louis XI, elle est donnée en mariage à Charles, Dauphin de France qui a 13 ans… La pauvre gosse se trouve donc expédiée en bords de Loire pour être élevée à la française et finit par éprouver une grande affection pour son fiancé.. Las ! Elle a 11 ans quand son promis, devenu Charles VIII, la répudie pour pouvoir épouser Anne de Bretagne et la renvoie chez son père avec sa dot… Meurtrie, Marguerite gardera une rancœur à vie contre la France…


Future reine d’Espagne…

Elle retourne donc aux Pays-Bas. Toujours en lutte contre la France, son père négocie avec les Rois Catholiques. Marguerite, qui est très belle, a 16 ans lorsqu’elle part pour l’Espagne épouser l’infant Jean d’Aragon, héritier des deux royaumes de Castille et d’Aragon (son frère Philippe, lui, épousant l’infante Jeanne) Les deux jeunes gens se découvrent amoureux l’un de l’autre et vivent six mois de lune de miel. Las ! Jean décède brusquement et elle accouche d’une fille mort-née… Veuve, elle n’a que 20 ans lorsqu’elle revient à Bruxelles pour assister au baptême de son neveu et filleul Charles d’Autriche…


Duchesse de Savoie...

A 21 ans, elle se remarie avec Philibert II le Beau, duc de Savoie qui a le même âge qu’elle. Ils sont follement amoureux l’un de l’autre et Philibert lui a tout appris, des joies de la chasse aux subtilités de la politique, l’impliquant dans la gestion des affaires du Duché où Marguerite sut montrer intelligence et fermeté. Rappelons que le duché de Savoie étendait alors sa souveraineté jusqu’au Jura comme jusqu’à Nice et à Turin…

Las ! C’était trop beau pour durer : Ils n’ont que 24 ans lors de la mort brutale de Philibert et ils n’ont pas eu d’enfants…

Elle décide alors de rester là où ils avaient été les plus heureux, une des résidences ducales proche de Bourg en Bresse (aujourd’hui un tas de ruines, je crois) et de faire édifier au lieu-dit Brou un monument à la mémoire de son époux. Pourquoi Brou ? Parce qu’elle faisait d’une pierre deux coups en réalisant un vœu de sa belle-mère de reconstruire là un prieuré d’Augustins. Le chœur de l’église, les tombeaux, retables, statues, etc. en font un exceptionnel "musée" de sculpture flamande de l’époque. Elle choisit les chefs de chantiers, les peintres, les sculpteurs, fait appel à des artistes d'Europe du Nord, ce qui explique qu'un tel monument gothique se dresse au début du XVIe siècle aux portes de l'Italie.

Las ! La mort de son frère Philippe la rappelle aux Pays-Bas pour assumer la tutelle de son neveu et de ses nièces du fait de l’incapacité de leur mère (Jeanne la Folle…)

Pendant encore plus d'un an, son père tentera de la remarier. L'ouverture la plus concrète est faite auprès de la cour d'Angleterre. Mais Marguerite résiste à l'Empereur son père, refusant toute proposition : Trois fois elle a été anéantie par l'échec d'un mariage prometteur. Elle portera le deuil pendant ses vingt-cinq dernières années…


Régente des Pays-Bas…

Elle le devient officiellement à 27 ans avec les pleins pouvoirs pour le compte de son neveu Charles, âgé de 6 ans qui est à la tête d'un fabuleux héritage : Pays-Bas, Espagne, Autriche, Italie, Allemagne... Elle élèvera avec soin ce jeune neveu tout en dirigeant d'une main ferme ces riches et turbulentes provinces d'Europe du Nord. On peut dire que c’est elle qui a fait l’éducation humaine et politique de Charles-Quint !

Ce n’est pas tout. Elle joue aussi un rôle important dans la politique internationale de l'époque, avec réalisme mais le plus souvent avec une ligne bourguignonne opposée à la France.

A 35 ans, privée de sa régence par l'émancipation de son neveu (qui a 15 ans), elle se retire dans son palais de Malines, passant son temps à écrire et à protéger peintres et poètes.

Elle a 39 ans à la mort de son père Maximilien Ier. Charles brigue alors la couronne impériale et Marguerite revient sur la scène publique. Elle trouve de l'argent, achète les électeurs, fait des promesses, et Charles devient empereur. Il la remercie en lui confiant de nouveau le gouvernement des Pays-Bas qu'elle gardera jusqu'à sa mort. Dans la lutte entre ses neveux (Charles Quint, fils de son frère Philippe et François Ier, fils de Louise de Savoie, sœur de Philibert), elle soutiendra toujours Charles… Fine diplomate, elle a 49 ans quand elle appose sa signature pour le compte de Charles-Quint sur le traité de Cambrai dit la Paix des Dames


L'éternelle douairière…

De ses fiançailles et ses deux mariages, Marguerite a accumulé une fortune considérable en possessions à titre viager qui la met à l'abri du besoin et lui permet de mener un politique de mécénat intense. Sa cour, à Malines, est un des centres septentrionaux de la Renaissance. Elle accueille et pensionne de nombreux artistes. La peinture, la tapisserie et le vitrail prennent un nouvel essor grâce à ses commandes. Son château de Malines (actuel palais de justice) mêle subtilement le gothique du Brabant et la première Renaissance. Son jardin à l’italienne était une véritable révolution dans les palais de l'époque…


Mais la plus grande œuvre de son mécénat demeurera le monastère-nécropole de Brou.


A 50 ans, elle se préparait à regagner Brou au printemps suivant lorsqu’elle mourut de la gangrène en décembre 1530. L’Europe perdait une de ses brillantes têtes politiques, une femme qui avait toujours su arrêter les conflits à temps.

Deux fois veuve, elle s'était choisi une devise trop souvent écrite ainsi : "Fortune Infortune Fort Une"


En fait, la devise de Marguerite était : "Fortune Infortune Fors Une"…

lundi 19 septembre 2011

L’étoile blanche.

J’ai plutôt glandé aujourd’hui, pas tout à fait remis, sinon de ma visite du "Patrimoine" (dont je compte vous reparler), du moins de sa continuation fortement arrosée et de la, euh…, promenade digestive qui a suivi. Au demeurant ce soir, j’ai machinalement allumé le poste tout en me bricolant un frichti tardif finalement peu conforme aux préconisations de mon médecin généraliste vu cet après-midi…


Ça m’a valu d’écouter distraitement sur Frawnce Cul’ l’interview de Pierre Truche, ci-devant Procureur au procès Barbie, puis Procureur général près la Cour d’Appel de Paris, puis premier Président de la Cour de Cassation, puis Président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, puis (reprenez votre respiration) de la Commission nationale de déontologie de la sécurité ; interviewé, donc, par une connasse de service...


Le type n’a rien d’un minus habens et, quoique forcément formaté, il aurait été fort intéressant à écouter s’il n’avait été constamment interrompu, repris, recadré par la connasse ; laquelle n’avait qu’une chose en tête : Lui faire causer du procès Barbie, de Nuremberg, des enfants d’Izieux, de "la sombre époque antérieure à l’abolition de la peine de mort", du recours scandaleux à la détention (ce à quoi Truche lui a répondu qu’il y avait 45 000 détenus au début de sa carrière, qu’il y en avant aujourd’hui 65 000 et que, rapporté à notre population, si on était les USA, on en aurait 400 000. Elle est passée à autre chose…) etc.


Bref, cette audition involontaire et tardive m’a convaincu de vous inviter, si ce n’est déjà fait, à aller lire d’urgence le papier du Pélicastre que j’ai lu tout à l’heure sur la hiérarchisation de l’information.


Non seulement je viens d’avoir droit à une belle illustration de la chose, mais le ton quasi professoral de la connasse m’a aussi fait penser qu’elle n’aurait rien trouvé à redire aux commentaires des lecteurs de Rue 89 au sujet de "l’affaire" d’Angers…


Le franchouillard de base est persuadé que jamais un pays comme le sien ne tombera dans l’infamie comme les Allemands en 1941. L’étoile jaune, c’est une aberration des HLPSDNH… Ouais. A voir…

samedi 17 septembre 2011

Pèlerinages et Patrimoine…

Je m’en va égoïstement visiter avec des potes un édifice gothique devant lequel, en traçant la route, je suis tant de fois passé avec Mme Plouc. Chaque fois on se disait "- Il faudrait…" Et chaque fois, on n’avait pas le temps


Mais VOUS qui avez le temps (puisque vous le perdez à traîner ici), allez ailleurs. Profitez de cette journée pour faire une bonne action. Allez visiter un des hauts lieux de l’Histoire de France et du progressisme architectural des années 60 (du XX°, i specify…) Vous ne ferez pas la queue et vous en aurez pour votre argent : dix mille mètres carrés sur huit étages ; dedans c’est béton gris et formica, moquette râpée et éclairage en alu. Un must comme décor pour une BD de Bilal…


Grâce à Jack Lang, grâce au gouvernement Jospin des très riches heures de la Gauche Plurielle aux enluminures de roses, d’ors et de pourpres, ce sanctuaire de l’obsolescence ouvrière, Espérance de Billancourt, incontournable chef d’œuvre soviéto-brésilien de style Spoutnik, est depuis 1997 classé Monument Historique. Oui Monsieur ; on l’oublie trop…


L'immeuble siège du Comité Central du Parti Communiste Français, donc (place du Colonel-Fabien, Paris XIX°, c’est dans l’annuaire, z’ont pas encore coupé le téléphone…) Œuvre de l’architecte coco-brésilien Oscar Niemeyer (génuflexion SVP)


Bon, tout ne se visite pas. Les temps sont durs et le taulier comptant ses sous est bien obligé de mettre ça et là quelques locataires friqués qui vont bien avec le look maison : société de production de dessins animés, défilés de mode kitch, tournage de clips… Et des bureaux. Mais il reste quand même de beaux morceaux à visiter et c’est ouvert une fois par an pour les journées du patrimoine. Bien obligé, en contrepartie du classement qui autorise les subventions d’entretien allouées par le ministère…


S’il vous plaît, faites un effort.

Soyez gentils avec les fossiles et les marteaux qui accueilleront les visiteurs. Ils sont si seuls…


Merci pour eux.

vendredi 16 septembre 2011

Mâle comme X et plus si affinité…

(titre à la con, oui je sais)


J’avoue ne pas trop savoir par quel bout prendre ce truc qui constitue à n’en pas douter une avancée kolossale de l’humanité sur la voie de son salut :





Désormais, les acurabas de nationalité australienne sont libérés de l’obligation de choisir nécessairement la case "masculin" ou "féminin" lorsqu'il s’agit d’établir leur passeport. En effet, le gouvernement a annoncé hier que ses ressortissants pourront désormais faire figurer sur le document le genre de leur choix. On notera toutefois que lorsque ce choix diffère de celui retenue par les contraintes sociales obscurantistes antérieures (acte de naissance, etc.) il faudra encore produire un justificatif ; ce qui montre bien, même si une simple lettre d’un médecin suffit, qu’il y a encore du chemin à faire pour libérer egobody des contraintes pesantes du réel…

Quant aux personnes qui ne souhaitent pas se déterminer "féminines" ou "masculines", elles se verront attribuer le signe "x" sous la rubrique genre du passeport.


Une sénateur(trice?) a justifié la chose ainsi : "Il y a eu de nombreux cas de personnes inquiétées dans les aéroports étrangers par la police de l'immigration simplement parce que leur passeport ne coïncidait pas avec leur apparence"

Le fait que la dame tenant ces propos soit la première parlementaire australienne à vivre en couple avec un transsexuel (né femme et devenu homme) n’est pas ce qui importe ; le premier modernoeud venu aurait pu dire la même chose… Non, ce qui est intéressant, c’est le propos lui-même.


Ce qui en ressort, c’est bien que le confort personnel, l’immédiateté de la satisfaction des désirs et le statut de VIP du citoyen boboïde festif au ventre plein assez friqué pour voyager en avion hors de son continent et exaspéré de subir quelque tracas sont des soucis suffisamment prioritaires pour nécessiter une réponse de la société s’appliquant à tous. Réponse dans l’urgence pour répondre à une pulsion du présent sans souci d’avenir


En effet, ma première réaction fut de me souvenir de la "perte" avant de me rendre aux USA de mon passeport couvert de visas et/ou tampons d’entrée artistiquement décorés de macaronis afghans, iraniens, syriens ou libyens… Et d’imaginer ensuite notre kangourou débarquant avec son "x" devant quelque agent d’immigration lambda au Caire, à Téhéran ou à Riyad… L’animal (terme générique) n’est pas rendu…


Ma deuxième réaction est de méditer sur une incohérence dont modernoeud n’est pas prêt de sortir.

D’un côté, il veut être reconnu et respecté par tous dans ce qu’il croit ou a décidé d’être. Pour cela, il lui faut s’affirmer socialement et s’afficher, y compris, le cas échéant, dans ce qu’il a de plus intime ; obliger l’autre à le supporter ? Peut-être plutôt, inconsciemment pour obtenir d’être cocooné… Pour se rassurer, pour se persuader lui-même de ce qu’il dit être… Transparence absolue, donc.

D’un autre côté, les atteintes à la vie privée lui sont insupportables. La suppression de la mention de la religion sur les cartes d’identité en Grèce est une grande victoire obtenue sous la pression de l’Europe. Les mentions ethniques et les statistiques de même tonneau sont inacceptables. L’indication du département de domicile ou du lieu de naissance peut être stigmatisant. L’indication du patronyme ou du prénom aussi. Que dire de la photo !


Démerde-toi avec toussa, modernoeud chéri !


Je ne vois qu’une soluce : virez-moi toussa ! "x" partout pour tout le monde et les vaches* seront bien gardées !


[* vaches, taureaux, bœufs et entre-deux…]

mercredi 14 septembre 2011

Dans les news, que du cool !

Je devrais reprendre l’habitude perdue durant l’été de lire la presse au petit dej’ plutôt qu’à l’heure du pousse-café. La journée n’en serait que plus ensoleillée…

En effet, les dépêches du jour, aujourd’hui encore, ne peuvent que ravir l’acuraba de base que je suis malgré tout :


L’euphorie de la démocratie musulmane consolidée :


Dans son premier discours public, Mustapha Abdeljalil, président du CNT, a solennellement rejeté toute "idéologie extrémiste" par la Libye et expressément confirmé que "la charia sera la principale source de la législation".

Comme, au regard des atroces crimes contre l’humanité de Kadhafi, Amnesty International, toujours si vigilant, n’évoque qu’en toute discrétion quelques cas de crimes de guerre éventuellement imputables au CNT, on s’étonne que l’ONU s’inquiète


Moi, je trouve ça cool car on n’entend plus trop Béachelle sur le sujet…


L’Office français de l’immigration a touché un vrai patron :


On se souvient qu’ayant émis des doutes sur la cohérence de notre politique migratoire, Dominique Paillé (UMP) a été illico viré de la présidence de l’OFII. Fils de ses parents et grand défenseur, entre autre, des sans-papiers et de RESF, c’est donc Arno Klarsfeld himself qui le remplace...


Moi, je trouve ça cool. L’ouverture n’est pas morte. En outre, nous avons là un signal fort qui confortera la sérénité de l’incontournable socle électoral dont notre président ne pourra pas se passer pour être réélu dans six mois…


Extension continue du domaine de la lutte :


Ça y est ! J’attendais ça avec impatience, tout étonné que ça tarde tant à venir… Une association américaine de victimes d’abus sexuels a enfin déposé hier devant la Cour Pénale Internationale une plainte contre la personne du Pape Benoît XVI pour crime contre l’humanité.

Bien qu’on n’ait jamais donné de définition officielle du crime contre l’humanité (faut pas se lier les mains, tant pis pour l’état de droit…), la définition informelle généralement admise dit : "violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux"… Bref, ça colle… Les criminels de paix vont pouvoir se gaver…


Moi, je trouve ça cool et rassurant. Il suffit que je m’en tienne à des violations délibérées etc. exclusivement inspirées par des motifs crapuleux, de volonté de puissance et/ou de satisfaction sexuelle personnelle pour ne pas risquer les foudres du TPI…


(PS : Quand je vois le mode de vie sexuelle adopté par certains, je me demande quand même si leurs atteintes délibérés aux personnes ne sont pas un peu inspirées par des motifs philosophiques…)

mardi 13 septembre 2011

Et Bruxelles brussellait…




Au café, je lis dans mon quotidien une petite brève dans un coin :





"Une centaine de députés européens vont exiger des excuses – voire la démission – de Günhter Oettinger, commissaire européen à l’énergie, qui a proposé de mettre en berne les drapeaux des pays trop endettés afin de les punir"… Et ces braves députés d’exprimer leur indignation en ces termes : "Proposer d’humilier les Etats endettés comme une des solutions à la crise va à l’encontre des valeurs européennes. La Commission doit prendre des sanctions."…


Perso, cela me suggère deux remarques :


1°- Que ce commissaire teuton de l’inexécutif européen en ait gros sur la patate des Grecs, on le comprend. Qu’il le fasse savoir aussi. Après tout, c’est la moindre des choses qu’on sache ce que pensent les guignols qu’on paie à brasser le vide. Mais sa suggestion débile d’un ridicule absolu met en lumière de manière exemplaire ce brassage de vide qui constitue la seule échappatoire possible qu’ait ces commissaires pour avoir l’air de "poser un acte" justifiant leurs sinécures.

J’imagine un prof qui, dans une de ces classes où chaque élève vaque à ses pulsions perso dans le plus complet bordel, voudrait envoyer le plus turbulent au piquet avec un bonnet d’âne. Il ne le ferait pas. Car lui, il se coltine avec le réel, il n’est pas hors sol

La connerie de Günther Oettinger n’est qu’une manifestation parmi tant d’autres de l’impuissance du bidule bruxellois trop content de réglementer la hauteur des cuvettes de WC pour masquer sa vacuité et qui se tord les doigts de perplexité devant la crise comme un homard qui vient de trouver un vélo.

La Commission n’a pas à prendre des sanctions. La commission est la sanction


2° Les députés, maintenant… J’ose pas dire les élus du peuple pour cette assemblée d’apparatchiks des partis politiques de tous bords et de notables ou présumés tels placés en position éligible par tel ou tel cabinet ou comité pour les remercier d’on ne sait trop quoi ou, bien souvent, pour s’en débarrasser… Les députés, donc, qui ont cosigné cette merveille.

Deux concepts ressortent de leur prose dont chaque terme a sûrement dû être pesé et soupesé avec empressement par quelques-uns de ces petits marquis de cabinet et chargés de com’ qui pullulent autour de ces indignés.

- Le premier, c’est humilier. Une fois encore, et nonobstant le refus des extrêmes, on observe cette tendance à aller aux extrêmes dans le choix des qualificatifs, sans doute est-ce une nécessité pour bénéficier en retour de la jouissance onaniste d’être cité par les médias. Les Grecs ont des reproches à se faire ; et alors ? Faut-il leur en faire reproche ? les tancer ? les sanctionner ? les punir ? Non ! Car ce serait les mettre en cause, leur demander d’assumerHumilier c’est mieux : Pas de référence à leur éventuelle responsabilité et connotation de victime… Il y a là derrière tout le reflex pavlovien de bisounours et/ou modernoeud face au réel : l’école, la récidive, l’économie souterraine, le touriste de Lampedusa, le martyr palestinien, la déesse Kâ, etc.

On voit bien, toutefois, que le communiqué est la résultante d’un compromis européen ; la rédaction eue été franco-française, à humilier on aurait sûrement préféré stigmatiser

- Le second concept, c’est… les valeurs européennes. Là, c’est le must ! Il n’y a plus rien à dire vu que c’est la version non nationale, donc supérieure, du pacte républicain


Amen…

dimanche 11 septembre 2011

Retour vers le futur antérieur…

Non, ça ne pouvait hélas plus durer. Les exigences de la vie sociale étant ce qu’elles sont, c’est donc en traînant les pieds et après avoir plusieurs fois différé la chose que je me suis enfin décidé ce matin à regagner mes pénates urbaines après soixante cinq jours consécutifs en mon refuge alpin.

En dépit de la fraîcheur humide de juillet et, cette année, d’une exceptionnelle floraison de panneaux de permis de construire dont je me serais passée, cet été fut enchanté de mille façons et je ne vous en partagerai rien, hormis ses derniers instants…


Hier après-midi, donc, soucieux d’accomplir ça et là diverses salutations d’avant départ, j’ai dû me résoudre à m’aventurer dans cette sorte de banlieue quasi pavillonnaire et bizarrement fréquentée, sinon réputée, des environs de mon refuge. Là, à mon grand étonnement, mon automobile se trouva bloquée dans un bouchon qui n’était plus de saison en ce lieu depuis au moins quinze jours… Mais oui ! Mais c’est bien sûr ! La raison de cette (longue) attente m’a sauté aux yeux quand je vis déboucher le corbillard de la rue adjacente venant de l’église…


C’est qu’ici, braves gens, on respecte les traditions ; surtout quand la "saison" est finie. Même quand le de cujus arrive à l’église dans la limousine ad hoc directement du frigo de l’hosto dans la vallée, le trajet de l’église au cimetière se fait dans la carriole à pompons noirs tirée par un cheval du même cirage (quand la pratique se fait rare, paraît qu’on la loue pour des films…) Ladite carriole est évidemment suivie pédibus par jamais moins de 10 % de la population de natifs, petites vieilles clopinantes comprises.

Si je vous raconte ça, c’est d’abord parce que durant ma longue attente au point mort, j’ai repensé à cette délectable connerie qui remonte à une dizaine d’années : Figurez-vous qu’un fonctionnaire zélé (ou un élu pusillanime) a eu un jour l’idée de suspendre l’agrément du corbillard en cause pour non-respect de la réglementation. Cette dernière, soucieuse du confort de l’usager et de ne pas, le cas échéant, en rajouter au chagrin des proches, édicte en effet formellement ceci : "La roue de secours du véhicule doit être accessible sans devoir déplacer le cercueil" Ce qui sous-entend évidemment que le véhicule doit avoir une roue de secours… Je n’ai pas suivi la suite du film à l’époque mais quelques fourches seraient sorties des granges à foin et je constate que le ferronnier doit continuer à faire la révision du cerclage comme le contrôle périodique du moyeu et des rayons…


Mais ce n’est pas tout…


J’aurais pu rester sur cette agréable impression que même en cette banlieue plutôt foutraque, la résistance à la connerie du temps n’était pas un vain mot. Hélas !

A peine cent mètres après avoir pu redémarrer et souhaitant tourner à droite (je tourne rarement à gauche) je me suis heurté à un comminatoire rectangle jaune : "RUE BARRÉE". Avec, juste à côté, l’explication gentiment dispensée par la municipalité avec les adjectifs qualificatifs de rigueur ; et même pas un mot d’excuse puisque c’est pour notre bien :

Bref, là aussi, la mobilité est partagée et l’avenir durable…


Et aujourd’hui à Lyon, je tombe sur plein de cyclistes gentiment casqués de toutes les couleurs : Aujourd’hui c’est Lyon free VTT !

vendredi 9 septembre 2011

"Modération" a posteriori…

Ce matin vers dix heures, Causeur à mis en ligne un billet de Luc Rosenzweig intitulé "Faut-il supprimer le 11 septembre du calendrier ?" Bafouille fort convenable qui n’a, somme-toute, rien à voir, ni avec le 09-11 ni avec Al Qaida ou Georges debeulyou Bush si ce n’est de servir d’exemple d’actualité à l’auteur pour illustrer son propos et retenir le chaland. La cible du propos, venons-y, n’était, me semble-t-il que l’expression d’une humeur chagrine et pleine de bon sens devant certain des petits (mais coûteux) travers des grands médias, histoire de noircir du papier ou de meubler les écrans au moindre prétexte mémoriel, même quand le sujet a déjà fini par devenir un marronnier


Intéressant à lire mais sans réelle valeur ajoutée pour qui suit un peu l’agitation des guignols médiatiques, l’article a très vite eu les honneurs du top des nouvelles gracieusement distillées par Yahoo actualités sur Yahoo.mail pour ses fidèles abonnés.


Du coup, tout juste quelques heures après, parmi les dépêches au combien importantes de Yahoo, entre le rugby, Obama et Miss Monde 2011, j’ai cliqué sur le lien et j’ai obtenu ceci. Evidemment c’est maintenant retiré de l’affiche…


J’imagine assez bien le film : Le préposé à l’alimentation en ligne de la rubrique news (sûrement un stagiaire encore tout frais…) a trouvé le papier changeant un peu du robinet d’eau tiède habituel de la ligne non-éditoriale ; bref, un truc de nature à pimenter un peu l’actu à l’approche d’après-demain et peut-être une occasion de se distinguer dans le grouillant panier de la maison…


Malheureux ! La question qui reste pour moi sans réponse, c’est bêtement la suivante : Quelle est la raison première pour laquelle cette actu a si rapidement, non seulement été virée de la page d’accueil mais effacée des archives ?


Ce pourrait être que Causeur est ostracisé chez Yahoo ; chose possible et même probable mais bon, comme meunier, Yahoo est maître chez lui…

Ce qui me semble beaucoup plus certain, c’est qu’on ne peut pas cracher dans la soupe Les grands médias ne se contentent pas seulement de veiller à éradiquer les dérapages racistes, islamophobes, eurosceptiques, anti-réchauffistes und zo weiter… Ils veillent avant tout à préserver les niches banales de la boutique…

jeudi 8 septembre 2011

Mon Dieu, que sont-elles devenues ?

Ma charité chrétienne est toute étonnée de me surprendre à leur souhaiter d’être islamiquement bâchées (sans plus…)

Snif…

mardi 6 septembre 2011

Canigou halal…

Une brève en passant…


Les habitants de Tripoli sont encore confrontés à une pénurie de denrées alimentaires, marchés et boutiques tardant à rouvrir faute d’approvisionnements consistants en produits alimentaires de base.

Trois jours après la chute de Kadhafi, un navire transportant de l'aide humanitaire en provenance de Malte a déchargé dans le port de Tripoli plusieurs tonnes d'aliments pour chats et chiens.
Interrogés sur la destination de cette cargaison, les représentants des insurgés se sont abstenus de répondre… Le correspondant de RIA Novosti à Tripoli affirme qu'il n'y a pas beaucoup de chiens circulant dans la ville… (
Peut-être guère plus que de deux roues ? ** )

** Ça n’a rien à voir, mais ce qui m’avait le plus frappé dans cette ville (comme dans le reste du pays d’ailleurs) c’est l’absence totale de deux roues : ni vélo, ni cyclomoteur, ni scooter ni moto ! Exclusivement des voitures et des bus ! Il est vrai que l’essence ne coûtait rien aux indigènes et que ‘’on est pas un pays du tiers-monde et on n’a pas de leçon à recevoir de Delanoë avec ses couloirs dédiés !’’ C’était en 2004, je crois…


C’est pas la Somalie non plus…

lundi 5 septembre 2011

A tombeau ouvert ! Bisous, bisous !

Il est bon de rêver un peu, d’autant que ‘’le pire n’est jamais sûr’’ et que l’avenir donne parfois raison aux visionnaires hors sol… Il n’en demeure pas moins que lorsque les dits visionnaires oeuvrent pour les décisionnaires, leurs rêves me foutent une peur bleue…


Je vous livre ci-après la contraction d’un texte publié il y a dix jours (pour le graphisme, les mises en italiques sont de moi) :


"Dans l’hypothèse, qu’il ne faut pas écarter où le triomphe de la rébellion libyenne déboucherait sur la création d’un gouvernement démocratique dans ce pays, les conséquences seraient profondes. Il suffit en effet de jeter un œil sur une carte pour voir apparaître une nouvelle géographie au sud de la Méditerranée.

Dans un univers où l’effondrement du communisme avait précipité la chute des dictatures, le monde arabe conservait une triste unité. Des rives de l’Atlantique jusqu’à la Mésopotamie, les tyrannies l’emportaient, qu’il s’agisse des monarchies traditionnelles ou des régimes nationalistes et militaires des raïs nés dans le prolongement de la décolonisation.

Désormais, de la Tunisie à Égypte, l’Afrique du nord possède désormais un vrai continuum démocratique. Celui-ci se prolonge, malgré une hostilité de façade, avec Israël, une oasis démocratique dont les citoyens arabes jouissent paradoxalement de libertés jusqu’alors inconnues hors de l’Etat hébreux. Cisjordanie et Liban, (malgré de puissants communautarismes incarnée par le Hezbollah) constituent des Etats partiellement démocratiques.


"On voit ainsi se dessiner une sorte de nouveau « croissant fertile ». Le croissant démocratique que nous voyons se dessiner aujourd’hui irait de Tunis à Ramallah et serait à terme parfaitement complété par la chute du régime Al-Assad en Syrie. Le bloc démocratique arabe pourrait alors atteindre l’Irak qui entreprend la construction, un peu chaotique mais néanmoins cohérente, d’un système démocratique et dont l’exemple a sans doute joué dans les révoltes arabes de 2011 un rôle souterrain mais crucial. La Turquie, puissance musulmane et démocratique, formerait le flanc nord de cet ensemble.


"Ce croissant démocratique, rayonnant au cœur du monde arabe, exercerait évidemment une profonde influence sur les pays périphériques, encore aux mains de potentats locaux. Il est probable que, peu à peu, le spectacle des sociétés libérées éroderait le soutien aux régimes autoritaires existants, qui se maintiennent aujourd’hui par la répression policière, la peur de la guerre civile (Algérie) ou les concessions financières (Arabie saoudite).


"Si ce croissant démocratique maintient son unité et si les systèmes démocratiques locaux s’enracinent, les conséquences seront aussi majeures dans la périphérie du monde arabe. On peut d’abord imaginer que l’Europe ne regardera pas sans réagir la naissance de ces jeunes démocraties.


Même s’il existe aujourd’hui une « fatigue de l’élargissement », celle-ci ne sera pas éternelle et le précédent des anciens États communistes pourrait faire jurisprudence. On n’échappera pas, dans la décennie 2010, à un débat sur une extension de l’Union européenne vers le sud, retrouvant, après celle de l’Europe « carolingienne », la logique du Marenostrum des Romains. Dans la décennie 2020, l’entrée de la Tunisie et de Égypte sera sans doute jugé d’autant plus naturelle que la démocratisation de ces pays aura rendu leurs sociétés plus proches des nôtres" [Notez que l’auteur n’évoque pas la Turquie dont l’adhésion serait forcément déjà ancienne dans 9 ans…]

.

Question à deux balles : A qui devons-nous ce texte ?

- A Guillaume Lagane, maître de conférences à Science-Po, soit.

Sachez toutefois qu’il est aussi haut fonctionnaire spécialiste des questions de défense et qu’il occupe un poste d'administrateur civil au Ministère de la défense…

Source.

samedi 3 septembre 2011

Inerties de l’ancien monde, OTAN que faire se peut…

Je ne peux pas résister à l’obligation de reprendre ci-après de larges extraits d’un papier d’Aymeric Chauprade, d’ailleurs déjà relayé ce matin par Hoplite dans sa série "Anatomie du chaos" :


" (...) Paradoxalement, l’ancien monde, celui du mondialisme américain vient d’emporter en Libye une nouvelle victoire. Confronté au retour de la Russie, aux ascensions chinoise, indienne, latino-américaine, les États-Unis et les alignés, semblent vouloir reconfigurer le plus rapidement possible les périphéries faibles, qui regorgent de ressources stratégiques, l’Afrique en particulier. Tant pis si ce sont les anciennes brigades d’Al-Qaïda qui affirment leur pouvoir au sein des rebelles libyens ! Tant pis si, nonobstant les incontestables frasques de Kadhafi, l’OTAN vient encore d’abattre un régime qui avait porté le niveau d’éducation et de développement de son peuple au sommet des pays arabes (taux d’alphabétisation de 82% soit le plus élevé en Afrique du Nord), où tous avaient accès à une eau et une électricité gratuite, où le niveau d’endettement de l’État était l’un des plus faibles du monde (dette publique de 3,3% du PIB contre 85% en France), où chaque étudiant qui voulait faire ses études à l’étranger bénéficiait d’une bourse généreuse de plus de 1600 euros par mois… et j’en passe encore. Aucun pays arabe n’avait atteint un tel niveau de bien-être social et économique. Bien sûr que le régime présentait aussi un visage odieux ! Qui dira le contraire ? Je ne suis pas dupe quant à la cruauté des traitements qui pouvaient être infligés aux opposants. Mais je ne suis pas dupe non plus sur la nature première d’une rébellion qui n’avait rien à voir avec un soulèvement général du peuple comme en Tunisie ou même en Égypte. Il s’agissait d’une rébellion ancienne, localisée à l’Est, dans ses bastions de la Cyrénaïque, qui avait été réprimée encore plus durement qu’elle ne le fut au début de 2011, lorsque, par le passé, le monde occidental soutenait sans scrupule Kadhafi.


Mais comment contester que Kadhafi, plus que d’autres, avait réinvesti la rente pétrolière dans le développement et protégé la souveraineté de ses ressources face aux appétits étrangers ?


C’est donc encore la même histoire que l’on nous rejoue. L’Irak était en 1990 un phare du développement et de la modernisation du monde arabe. Deux guerres et un embargo cruel l’auront ramené à ses joutes tribales. La Serbie était la locomotive du monde yougoslave ; un pays indépendant qui refusait le plan d’élargissement de l’OTAN. Les bombes alliées l’ont brisée.


Le bilan de l’OTAN est terrible. Depuis la chute de l’URSS, il n’aura tapé sur la tête que de ce Tiers-monde qui ne voulait plus l’être. Au nom des droits de l’homme et de la démocratie ? Il n’y a désormais que les imbéciles pour y croire encore. Il faut dire que la maîtrise de l’Occident en matière de guerre de l’information est telle que plus le mensonge est gros, mieux il passe. Des sommets ont encore été atteints avec cette guerre contre la Libye. Comme par exemple la fausse liesse à Tripoli tournée dans des studios au Qatar et qui aura servi à duper (avec la complicité déterminante de la chaîne Al Jazeera), non seulement les troupes khadafistes tout à coup convaincues que la partie était perdue, mais aussi les médias occidentaux qui ont tous repris les images. Relayé par les médias occidentaux, dupes ou complices, le stratagème aura accéléré le succès des rebelles. La guerre est la guerre et la guerre psychologique ou guerre de l’information en fait partie. Ce ne sont pas les militaires de l’OTAN ou les rebelles qui sont à blâmer de ce point de vue ; ce sont en revanche les journalistes professionnels qui oublient leur œuvre nécessaire de réinformation.


(…) J’invite les internautes à relire et réécouter maintenant les appels à la guerre soutenus par nos incontournables « experts » en géopolitique ou géostratégie. Ils nous vantaient les mérites d’une guerre qui visait à soulager la souffrance du peuple libyen et à le protéger d’un odieux dictateur. La réalité est que les bombes de l’OTAN auront causé le plus grand nombre de tués parmi les civils. Ne parlons même pas des exactions en cours de la part des rebelles de l’Est lesquels, ne disposant pas du soutien d’une majorité des Libyens, ont engagé une épuration radicale qui sera mise intégralement sur le dos des Kadhafistes. Les révélations macabres (charniers) et caricaturales (les amazones de Kadhafi violées par le satrape africain…) rappellent la fable de la soldatesque de Saddam Hussein s’attaquant aux « couveuses » de Koweït City en 1991, les prétendues attaques serbes sur le marché de Sarajevo ou bien encore l’exode massif des Albanais du Kosovo prétendument causé par une épuration ethnique serbe. En Libye, l’OTAN a d’abord gagné la guerre de la désinformation. Nul ne sait d’ailleurs ce qui se passe réellement sur le terrain en terme de rapports de force. Prudents et intelligents, les Russes ont prévenu qu’ils reconnaîtraient le Conseil National de Transition si celui-ci fait la preuve qu’il peut unir le peuple libyen. Nous en sommes très loin en effet !"


vendredi 2 septembre 2011

Ségoflash : Elle a trouvé !

…mais se garde bien de le dire et perd son temps à dédicacer sa bafouille ‘’aux futurs retraités qui veulent des solutions’’ :

1° à sa gauche (of course…) une grosse partie du problème : les médias, les groupies, les marquis de cabinet, agents de sécurité, etc.

2° à sa droite (bien sûr…) : Eh ben voyons ! La solution !



Pacte Républicain, Pactole Incertain

(mais bien pratique pour certains…)


La presse bien pensante (Libé & Cie) n’en rate jamais une pour monter en sauce la banalité de ces faits divers anodins mais récurrents, forcément récurrents, qui suscitent l’émotion et permettent de rappeler que la bête est toujours féconde.

Ainsi, mercredi dernier, ‘’les forces spéciales du Ministère de l’Intérieur ont eu recours à une rame de tramway de la RATP pour évacuer un camp de Roms.’’ Traduisez : Des fonctionnaires de police ont eu recours à ce véhicule de transport en commun plutôt qu’à des autocars pullman pour transférer de Saint-Denis à Bobigny des familles de romanichels expulsées d’un terrain illégalement occupé (et probablement insalubre) vers des centres d’accueils ou hôtels réquisitionnés aux frais de vous et moi. Bref, l’horreur, quoi !

Evidemment, élus et syndicalistes se sont élevés contre cette évacuation. Jean-Paul Huchon himself a dénoncé "l'inhumanité et la brutalité" de l’opération et demandé que ‘’la lumière soit faite et les responsables sanctionnés.’’…

Evidemment, c’est avec gourmandise que France Info n’a pas manqué de recueillir l’avis du délégué central du syndicat SUD-rail. Se sentant revenu aux heures héroïques de la bataille du rail, tel le cheminot en bleu de chauffe stakhanovien maculé de suie et de cambouis, brandissant sa clef à molette de conscience de classe, comme échappé d’un tableau de Goya retouché par Fernand Léger, son autorité syndicale, donc, n’a pas manqué d’enfoncer son point Godwin : La gare de Bobigny avait justement joué un rôle central dans la déportation vers les camps de la mort de 22.000 Juifs du camp de Drancy ! On ne saurait mieux dire…

Mais bon, si ça lui chante de rejoindre la déjà longue cohorte des nervis new-look de la bête, grand bien lui fasse…


J’ai plutôt retenu le communiqué de Cécile Duflot. Forcément Cécile avait son mot écolo à dire ! C’est une voix autorisée, vous savez. Et faudrait pas qu’elle se laisse oublier… Elle a donc exprimé sa "profonde révolte" et, surtout, ajouté : "Lorsqu'un service public de transports participe à une opération policière aussi abjecte, c'est tout le pacte républicain qui est bafoué et la honte qui nous submerge" Putain ! La honte !


Qu’elle s’y noie n’est pas grave. L’intéressant, c’est sa référence au pacte républicain (génuflexion SVP) Dans la série des mots-valise, en voilà un dont le Plouc-em’ ne s’était jusqu’alors jamais soucié (honte à lui !) Kekséksa ? J’en ai désespérément cherché une définition. Même le dictionnaire de notre ami Ricoxy, indispensable complément au Littré, est muet sur la chose...


J’en suis donc réduit à chercher quelque éclairage là où l’expression est employée :


- Une circulaire de 1998 du gouvernement Jospin concernant les Contrats de ville leur donne pour objectifs de 1° garantir le pacte républicain, 2° renforcer la cohésion sociale, 3° etc. C’est intéressant, car les dits contrats ont été remplacés dès 2002 par des Contrats urbains de cohésion sociale. Exit le pacte républicain qui serait donc autre chose que la cohésion sociale. On n’est pas plus avancé…

- Par ailleurs, une étude autorisée nous dit que ‘’avec la Constitution française de 1958, la laïcité fonde désormais le pacte républicain et garantit l’unité nationale’’… Chic alors !

- Dans sa plaquette de présentation, une communauté de communes de région parisienne se qualifie de ‘’territoire équitable œuvrant pour la justice sociale qui s’inscrit au cœur de notre pacte républicain’’…

- Sur une notice rappelant l’historique d’une petite commune rurale de l’Ouest, on lit : ‘’avant la fin de 1890, la commune avait appliqué avec succès le pacte républicain en offrant à ses citoyens des équipements que des communes plus aisées ont mis un certain temps à avoir’’…

- L’inépuisable Jean-Luc Roméro (homo-écolo-PS ci-devant UMP) réclame la mise en place d'un pacte républicain sur la sécurité publique…

- Pour présenter son club France.9, François Fillon écrit notamment que son ambition est de participer à la rénovation du débat public en ‘’proposant une nouvelle offre politique s'inscrivant dans la rénovation de notre pacte républicain’’…

- Pour Sa Suffisance Jean Arthuis, ‘’la fiscalité est au cœur du pacte républicain’’…

- Enfin, lu dans un commentaire autorisé du fameux discours de Grenoble de l’homme à talonnettes : ‘’Il représente une transgression majeure et irréversible du pacte républicain hérité de la Résistance’’…


Bon, toussa c’est l’énoncé. Maintenant la question :

- Rédigez en une seule phrase avec sujet, verbe et complément, sans faire référence à Rousseau, LA définition (qui ne renvoie à aucune autre) du Pacte Républicain.


Vous avez deux heures. Je ramasserai les copies.