"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

mardi 11 octobre 2011

Commediante ! Tragediante !

Rendons hommage aux artistes ! Ils n’ont pas fini de battre l’estrade et ont encore du boulot…


Tout d’abord, rendons-leur hommage pour l’exceptionnel succès de leur pièce qui a battu tous les records d’audience et montre à quel point ils ont innové avec courage et révolutionné leur art. Les spectacles de leur spécialité ne pourront plus jamais être comme avant…


Ouais… Sans même se référer aux coutumes en usage chez les modernes puritains d’outre-Atlantique, il n’y a guère à s’esbaudir, ni de la soi-disant innovation, ni du succès de la pièce auprès du chaland…

Relativisons :


Chez les enfants aussi adultérins que putatifs de Molière, qu’observe-t-on ?

Après un battage médiatique ahurissant où, outre la presse et les médias en ligne, la Télé n’a parlé que de ça durant quatre semaines, sans qu’il n’y ait un seul soir au moins deux des six compétiteurs présents sur les plateaux ; avec une couverture médiatique comparable à celle d’un mondial de foot organisé en France. Avec le soutien logistique de milliers de communes et de la quasi-totalité des départements et régions. Et avec tout ça, dans un pays de 65 millions d’habitants, il n'y a eu qu'un peu plus de 2 millions de guignols pour se déplacer en payant en moyenne leur place de théâtre 1/5° du prix d’une place de cinéma, ce qui valait sans-doute le coup…


Et alors ?


Dans le pays de la Commedia dell’Arte, bien rôdé à la chose, cette pratique des primaires ouvertes est une routine à gauche depuis déjà plus de cinq ans.

Voilà un pays, on nous le dit assez, où la presse et la Télé sont muselés par l’affreux Berlusconi dont l’indigène, paraît-il, veut se débarrasser au moins autant que de Sarkozy ici. Dans ce pays de seulement 60 millions d’habitants, donc,

- 6 millions de guignols se sont déplacés en octobre 2005 pour désigner Romano Prodi comme leur leader.

- Et près de 5 millions en mai 2007 pour désigner Walter Veltroni pour le même rôle d’acteur…


Bon, 2 millions quelque chose, y a pas de quoi pavoiser…


Il y a pourtant un truc intéressant dans la version franchouillarde de cette spécialité théâtrale. C’est la deuxième partie après l’entracte. La première partie est à l’évidence une pièce "à masques" qui sacrifie à une collection bien connue de figures imposées. Mais à part la haute figure de Ségolène qui se veut Antigone mais tient compagnie à Jean-Michel dans le rôle oh combien nécessaire de hallebardier, ça n’a rien à voir avec les tragédies grecques… Nous sommes jusqu’au cou dans la commedia dell’arte. La distribution des acteurs est telle qu’on sait d’avance qui est qui, ne serait-ce que par son costume ou son phrasé…


Ouais, mais tout se joue dans la deuxième partie. Là, les acteurs résiduels sont en principe libres de choisir leur masque et le livret n’est pas vraiment écrit.


Vous avez déjà vu une compagnie théâtrale, même une vague troupe de saltimbanques, qui fête le succès de sa première à peine le rideau retombé sur le prologue ? Vous leur confiriez la salle ?

3 commentaires:

  1. Oui mais bon, il faut reconnaître que c'est une grande victoire pour la gauche (et donc naturellement pour la démocratie) : ce sont deux socialistes qui sont en tête : alors, hein, quand même...

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  2. Ben c’est normal. A part le figurant sorti du cours de Mireille dans les années 50 et embauché à l’arrache comme faire-valoir, tous les acteurs sortent de la même école d’art dramatique. Même le petit brun là au fond ; comme lui a un peu vécu dans un vrai théâtre de périphérie (pas de province…), il fait un peu illusion mais c’est tout comme… Il permet d’attirer le bourge borloesque à la billetterie…

    Je persiste. C’est une grande victoire, certes, mais pour l’instant seulement dans les pages de critiques dramatiques du Monde, de Libé et de Télérama. Bien sûr, ça va conforter le chaland pour aller au théâtre dimanche et sans doute pour la reprise des Burgraves de Victor Hugo en avril prochain avec l’autre à talonnettes dans le rôle titre, mais bon…

    D’ici là, voir si le principe du grand classique sera respecté : On ne meurt pas sur scène…

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  3. On peut dire, en effet qu'il s'agit d'une pantalonnade (de Pantalon, le personnage
    le plus ridicule de la Comedia del Arte).
    Du coup, c'est un succès que d'avoir trouvé
    plus de deux millions de corniauds capables
    d'aller voter pour ces andouilles.

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