"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 4 janvier 2012

Urbanisme infantile…

Au mois de décembre, pendant que le centre ville se garnissait de lampions en vue des fêtes de fin d’année et que la place du Ralliement se transformait en inévitable marché de Noël, la bonne ville d’Angers a pris l’heureuse initiative d’ouvrir les portes d’un immeuble municipal du centre-ville à tous les enfants de ses administrés et de leur proposer des animations autour du jouet (c’était de saison…) Il y avait des ateliers de dessin, de jeux de société, et même un coin dînette et poupées à côté des petites voitures et outillages de travaux publics en dépit du principe de précaution et des risques encourus par le genre, mais on ne se refait pas forcément…

Et puis, il y avait surtout un grand espace dédié, semble-t-il, à l’éducation des mouflets.

Ceux-ci étaient conviés en préliminaire à une sorte de briefing des combattants avant la montée au front… Là, de gentils emplois-jeunes en sur-liquette rouge expliquaient aux mômes la mission citoyenne qui allait être la leur : Construire la ville de Bon air [ou de Bonheur, ou Débonnaire. Un peu sourd et planqué derrière un pilier, le Plouc-em’ de la 5° colonne ennemie n’a pas forcément tout compris…]


Nantis de leur feuille de route, les mômes s’attaquèrent courageusement au chantier.

Pour ce qui est de développer la créativité, dans le cahier des charges implicite donné aux mômes il s’agissait manifestement de recréer leur ville d’Angers comme on leur suggérait qu’ils voudraient qu’elle soit.

De part et d’autre de la Maine symbolisée par un ruban bleu, les mômes pouvaient organiser leur imaginaire autour du réseau des rails du tramway représentés en planchettes Kapla, réseau à l’évidence structurant, forcément structurant…

Pour se faire, ils disposaient d’un stock considérable de ces petites planchettes Kapla.

Mais ce n’était pas tout. Afin de valoriser le bâti fruit de leur imagination, les constructeurs de Bon air étaient vivement incités à l’agrémenter de compléments indispensables mis à leur disposition en quantité sur une petite table. Il y avait là [liste exhaustive] : - pistes cyclables - panneaux solaires - toitures végétalisées - jardins partagés - réservoirs d’eau de pluie - composteurs collectifs - points de tri sélectif - feux rouges solaires ­­- réverbères solaires et… des éoliennes comme s’il en pleuvait…

Deux urbanistes en herbe bestialement classiques ont alors consciencieusement entrepris de reproduire le château d’Angers (en haut à gauche sur la photo) Pour schématique qu’il soit, le résultat était somme-toute symboliquement reconnaissable. Mais il manquait un truc, ce je-ne-sais-quoi qui différencie sans doute la Joconde de la présentatrice météo de BFM-TV (ou d’Audrey Pulvar si vous préférez)… Non, ça n’allait pas ! Après mûre réflexion, le visage de l’un des jeunes bâtisseurs s’est éclairé. Comme dans les vieux illustrés de Donald et Picsou, le Plouc-em’ a fugacement mais nettement aperçu l’ampoule basse consommation qui s’allumait au-dessus de la petite tête blonde qui avait trouvé ce qui manquait : Les éoliennes ! Chaque tour du bon Roi René a eu la sienne… Sûrement, ce jeune garçon a de l’avenir…


"En construisant, on se construit soi-même." disait Tom van der Bruggen, le créateur de Kapla soucieux de maximiser sa marge sur la surproduction de bois nordiques…
Et comme l’a écrit la directrice de Kapla France : "Le bâtisseur KAPLA est bâtisseur de l’Éphémère. L’œuvre finit toujours par s’écrouler. Reste le petit tas de planchettes, à nouveau disponible pour une création nouvelle..."


Pourr nô bétites zenffants, zent mille emblois werrtes et turrââples môa Efa che grééer !

3 commentaires:

  1. C'est socio-cul comme un fou, ce truc!

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  2. J'adorerai que mon gamin pose une mini-centrale nucléaire et une caserne de police playmobil au beau milieu de la connerie, histoire de rafraîchir l'ambiance...
    A.g.

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  3. Mais c'est kaplaïen, ce truc !

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