"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 12 mars 2012

Adieu Méandre !

La bécane alourdie de concrétions et de virus commençant sérieusement à foirer après six ans de bons et déloyaux services, je me suis récemment décidé à changer d’ordinateur. J’en ai donc profité pour faire le tri et le grand ménage numérique dans les fonds d’armoire délaissés par le veuf solitaire. Ce que faisant, j’ai remis la main sur le lot de fichiers intitulé "Brouillons Méandre"… Il s’agissait du synopsis et des ébauches de diverses versions d’un objet imprimable non identifié (un peu long pour une nouvelle, mais pas le tiers ou le quart d’un roman) que je m’étais mis en tête d’écrire il y a plus de deux ans (après l’arrestation de Polanski en Suisse). L’ayant trituré durant près d’un an sans aboutir à quelque chose me semblant probant et dispersé en cours de route par le démarrage du blog, j’avais fini par me lasser et laisser ça dans un coin de disque dur…

Foutu pour foutu, autant vous en faire profiter (ça fait toujours un billet…) :

Titre : Méandre

Le point d’ancrage de l’intrigue était une vieille cocotte névrosée célib’, super friquée et affabulatrice. Passant ses journées sur sa méridienne, elle se rêvait tout à la fois diva ou courtisane à la manière Second Empire et "tenant salon" pour le tout Paris… En profitant des astuces de son entourage pas désintéressé et de son petit personnel, elle arrivait à attirer chez elle quelques "célébrités" ou chevaux de réforme venus là par erreur ou par lassitude…
Moins par bonté d’âme que par souci d’égayer visuellement ses tentures et papiers peints par les allers et venues d’une virile jeunesse qui l’avait de tout temps négligée, c’était gracieusement que, quelque part dans le désert de ses trois cent vingt mètres carrés Carrez, elle hébergeait Julien, un étudiant désargenté en histoire de l’art...

Personnages de fiction :
- Julien (le narrateur à la première personne)
- Méandre di Castigo-Varèse (75 balais, reliftée, de son vrai nom Berthe Mercier)
- Marie-Zephyr Commodo de Beaurut (confidente, quasi gouvernante entretenue comme faire-valoir par Méandre, à peine plus jeune)
- Marina Youssoupovla Teretchenko (très jeune poule de luxe biélorusse)
- Nestorio Cortizone (cinéaste vieillissant)
- Kevin-Ibrahim (32 ans, manager d’un site de e-commerce important du Viagra contrefait conditionné à Tachkent)
- Serge et Sabine (vague petit neveu de Méandre et sa plante verte, deux tarés genre lumpenjet-set louchant sur les petits fours et le testament de la tante)
- Charly (la quarantaine, gigolo natif de Knokke-le-Zoute)
- Le père Armando Della Gata (abbé mondain)

Personnages historiques évoqués :

- Lou Andréa Salomé (la muse de Méandre…)
- Madame Récamier (j’ai pas retrouvé pourquoi dans mes notes…)
- Gabriele d’Annunzio (fausse citation…)
- Coco Chanel (anecdote inventée…)
- André Malraux (sa voix dans le poste sur France Cul’…)

Personnages réels* contemporains intervenant ponctuellement dans l’intrigue :

* sous des noms fictifs (que je me garde, ça peut resservir, on ne sait jamais…) mais si transparents !
- Frédéric Mitterrand (remarquable baisemain à Méandre, se trouve souvent là par fascination pour Kevin-Ibrahim…)
- Frigide Barjot (tornade fugace s’étant trompée d’étage ; servait de support pour lancer quelques répliques…)
- Roman Polanski (arrivé là pour draguer Marina ; la pénitentiaire suisse lui a perdu son portable, il ne s’en remet pas…)
- Bernard-Henri Levy (lui, je ne pouvais pas m’en passer; venu manifester son indéfectible soutien à Polanski…)
- Mazarine Pingeot (suffisante et condescendante, croyait que c’était retransmis par Arte avec Pivot…)
- Arielle Dombasle (muette et gloussante au bras de son homme…)

Lieux :

Le grand appartement haussmanien de Méandre à Paris - Pseudo salon littéraire.

Etant précisé que l’aisance financière de Méandre lui venait d’une lignée d’ascendants enfants uniques ayant fait fortune dans la baleine de corset, recyclée dans la gaine Skandal puis le soutien-gorge à armature et le bas sans coutures (histoire de la famille racontée à Julien par Marie-Zéphyr "sous le sceau du secret"…)

Ça partait trop dans tous les sens avec trop de personnages et une conclusion nécessitant de trop longs développements parallèles hors du "salon" pour être crédible : Dans le salon déserté par les derniers invités du jour, Marie-Zéphyr toute en lamentations de cocotte abandonnée et l’abbé tout en onctuosité assistent Méandre qui se rassure en affabulant encore dans ses derniers instants (le cœur la lâche). Pendant ce temps-là, en chute finale, Julien et Marina s’étaient éclipsés vers les Portes du Ciel. C’est la main dans la main comme deux tourtereaux adolescents qu’ils allaient se jurer leur amour devant une icône de la Panagia Portaïtissa* dans une église orthodoxe déserte…
[* Il est vrai que Marina avait senti remonter en elle une petite chose très enfouie qu’elle croyait avoir définitivement mise à la porte et qui revenait par la fenêtre : à ses débuts, avant de renoncer à l’Espérance et d’adhérer au cynisme rémunérateur du milieu où elle avait échoué, en reniflant ses larmes et en fermant les yeux pendant que de lourdes brutes d’oligarques besognaient bestialement la fleur de ses treize ou quatorze printemps, elle priait alors intensément la Portaïtissa de lui garder sa vraie virginité intacte sur l’étagère pour ce jour-là]

Renonçant à la forme initialement envisagée dont le manuscrit patinait, j’avais successivement amorcé deux autres tentatives avortées avec le même matériau :
- En élaguant le nombre de protagonistes, j’avais tenté un genre de pièce de théâtre avec la facilité de pouvoir jouer sur les entrées-sorties-côté cour-côté jardin… Mais sans arriver à trouver le ton juste entre comédie de boulevard et portraits de caractères avec chute à message… J’étais surtout incapable d’enchaîner suffisamment de répliques pas trop laborieuses ou convenues…
- Puis, ce qui j’avais cru être prometteur, j’avais repris le projet initial mais en voulant le réécrire un peu sur le principe des Sept Couleurs de Brasillach (ouais, je ne me prends pas pour rien…) : Je suivais la chronologie de l’intrigue prévue mais en alternant des extraits de deux journaux intimes ou monologues tenus respectivement par Julien et Marina racontant chacun de leur côté leur lecture des évènements ; le tout entrelardé de séquences d’un récit impersonnel, d’une voix off décrivant les personnages et les lieux… Mais j’ai assez vite réalisé que c’était pire que la forme originelle (Julien raconte…) : J’étais incapable de suffisamment différencier le style, le ton et le vocabulaire prêtés à chacun des deux jeunes ; et de les faire progressivement évoluer au fil des évènements pour que leurs deux discours finissent par converger, partant de leur mépris réciproque initial pour conduire de façon crédible à leur rapprochement…

Bref, mon truc, ce n’est que de laborieux billets de blog. N’ayant aucun talent de romancier, c’est sans trop de regret que je viens de trasher définitivement tous les brouillons sans en garder copie…

Si le cœur vous en dit, je suis prêt à céder les droits… (cher ^^)


Иверская икона (Panagia Portaïtissa)

4 commentaires:

  1. Bonjour Plouc-ém
    Je vais tenter d'eviter le maximum de faute que je commet immanquablement(aucune adresse quant a d'eventuel talent de romancier) par contre je fus passionné a une epoque,a lire différents auteurs,mais un en particulier:Stephen King,King,et parfois ses "nouvelles",brefs recits (quelques fois une seule page!)peut être pourriez vous vous y consacré malgré l'idée que vous vous faite de votre experience de romancier..:-)
    Voilà,au plaisir de vous lire.
    Dom.

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  2. Si ça peut éventuellement vous consoler, je puis vous
    assurer que vous n'êtes pas le seul.
    Je comprends bien le problème. Ce qui me chiffonne
    c'est qu'il y en a qui y arrivent mais la plupart du
    temps, évidemment, faut voir dans quel état...
    Amitiés.

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    1. Merci pour vos "consolations"… Le problème c’est qu’on veut toujours trop en faire… J’étais parti avec l’objectif de me foutre de la gueule de divers "milieux" ; l’étudiant narrateur n’est venu que dans un 2° temps pour pouvoir construire sur le papier en bien après, pour trouver une conclusion, l’idée de coupler les deux jeunes vivants sur deux planètes… Le merdier assuré !
      Ensuite il faut tenir la distance… et on voit le résultat chez beaucoup d’"écrivains" comme vous le dites…

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  3. kobus van cleef14/03/2012 22:24

    le format que vous évoquez , trop long pour une nouvelle, trop court pour un roman, c'est la novella, genre assez prisé chez les britiches

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