"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 31 mai 2012

Tremblement de terre et effets terre à terre…


Pendant que nous (euh… enfin "nous", on se comprend, hein ?) nous esbaudissons devant la sobre normalité de nos champions revenus en 4° semaine (restent 256…) dont chaque vrai-faux pas est célébré à la une des journaux, nos pauvres voisins transalpins morflent jusqu’à la gauche (sic) Déjà plus de 400 secousses et répliques,  18 morts, 400 blessés, 14 000 sans-abris et déplacés et, en Emilie-Romagne, tout ce qui n’est pas réduit à l’état de gravats est méchamment lézardé. La région est ponctuée de campements de fortune montés dans des champs et des jardins, venant s'ajouter aux campements "officiels" installés par la protection civile ; même les wagons-couchettes accueillent les rescapés dans les gares… Peu nous chaut ! Car nous, nous avons un président qui prend le train, nous avons un ministre des phinânces et des impôts qui sait envoyer au piquet et menacer de sa règle les petits doigts des gros méchants, cébien… Bien sûr, les journaux et la télé font un geste avant de terminer par les résultats sportifs en nous passant les diapos de dégâts choisis bien spectaculaires pour inquiéter nos méridionaux et des intervious choisis pour émotionner Margot… Peut-être même qu’ils affichent un numéro vert pour donner des sous ; encore que… c’est quand-même moins grave que le téléthon ou le Sidaction ! Si prompts à chercher le scoop, à prétendre analyser les causes et les conséquences quand il y a la moindre anguille sous roche, les médias restent sérieux : Ils ne vont quand-même pas s’interroger quand il y a hippopotame sous gravillon pour parler comme ma fille. D’ailleurs, ils ne le voient pas. Et s’ils l’aperçoivent par inadvertance, ils se détournent gênés de cet incident ponctuel qu’il ne faut pas généraliser et parlent d’autre chose…    
Pourtant, c’est lorsque survient une situation de catastrophe, lors d’une brutale et imprévue désorganisation du système et que le fonctionnement social normal devient brusquement inopérant, qu’apparaît en pleine lumière l’état réel d’une société.
On a alors, si j’ose dire, la chance de pouvoir étudier le phénomène autrement que sur le papier dans un laboratoire de sociologie. Pourquoi le faire ? Surtout pas !

Le seul petit indice pointant le bout de son nez, on le doit au penchant naturel des journalopes de l’AFP dans le choix des tronches à retenir pour les micros-trottoirs : Celle d’un rescapé ayant bénéficié d’un de ces wagons couchettes pour dormir avec son frère, sa belle-sœur et leurs deux enfants. Il a dit "Ici, on se sent plus en sécurité".  Il s’appelait Hussein Mzhar et venait du Pakistan…

Qu’ajouter d’autre ? Juste vous dupliquer ici partiellement une dépêche datée de Bologne de l’agence Novopress (évidemment, c’est Novopress s’exclameront certains…) qui est allée se promener dans les camps de sinistrés :  
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- Les volontaires italiens pleins de bons sentiments sont dépassés par les événements. Jeudi soir, au camp de San Felice sul Panaro, dans la province de Modène, la société Vodapfone est venue distribuer des cartes téléphoniques gratuites. Résultat, une rixe a éclaté entre immigrés maghrébins, l’un d’eux a sorti son couteau et poignardé un de ses congénères.
- Samedi, une vraie émeute a éclaté dans le même camp, après qu’une volontaire a servi à une jeune musulmane un plat avec de la sauce bolognaise. La Protection civile de Trente, qui est en charge du camp, assure qu’il s’agissait d’une simple erreur : « la jeune volontaire a tendu le plateau par mégarde ». Mais la musulmane s’est mise à hurler, toute sa famille est arrivée et a accusé l’administration du camp d’avoir délibérément insulté l’Islam. Il a fallu une intervention des forces de l’ordre en civil pour rétablir le calme.
- « En venant en Émilie, franchement, nous ne nous attendions pas à devoir affronter ce type de problèmes », ont commenté certains des volontaires du Trentin.
- Il a par ailleurs fallu désinfecter à deux reprises une tente qui était occupée par des maghrébins atteints de la gale. Après la seconde opération de désinfection, effectuée par une équipe spéciale de techniciens arrivée de Venise, la tente devra être détruite par la commune de San Felice : ni les tridentins ni les vénitiens ne sont en effet disposés à la reprendre. Les maghrébins galeux ont été envoyés à l’hôpital.
- Selon le journal local, « le comportement des immigrés maghrébins met à dure épreuve les nerfs de beaucoup d’autres sinistrés », autochtones et qui, eux, n’ont droit à rien. « Nous avons été évacués de notre maison, juste à côté, se plaint un couple de jeunes mariés, nous sommes de San Felice, mais on ne nous donne pas de repas, qui sont réservés aux seuls “résidents” du camp. Nous demandons qu’on prenne en considération aussi des situations comme la nôtre ».
Ceux-là seraient trop contents si on leur servait des spaghettis bolognaise…
 © Novopress.info

mardi 29 mai 2012

Les élections vues de mon balcon…

 Je regarde les législatives de mon balcon. Pas pour "prendre de la hauteur", non. Je regarde ça de façon très terre à terre et je vais y revenir. Quand je dis "de mon balcon", je veux dire que l’âge, la déprime et la lassitude m’ont fait lâchement renoncer à m’en mêler, que ce soit en tirant les sonnettes, en collant, en tractant, etc., comme je l’ai fait dans ma jeunesse mais pas seulement, parfois avec mais le plus souvent sans illusion. Et aussi en bossant, en amont comme en aval, dans la stratégie, la tactique, les éléments de langage comme on dit maintenant, l’intox, les réseaux, etc. "J’ai déjà donné"… Toujours pour la bonne cause et à ma manière… Pour que vous ne vous mépreniez pas sur ma façon de considérer ce genre de chose, je vais vous citer un exemple vécu par le Plouc :

"Il était une fois" des législatives et une circonscription à jeu assez ouvert sans sortant en piste. Plus d’un an à l’avance, X y pense en se rasant. La trentaine assumée, compétent, efficace, déjà bien rôdé aux mandats en collectivités locales, certes un peu trop "clivant" pour les mous du genou mais ayant la niaque, le savoir-faire et, surtout, un mec bien câblé aux fondamentaux politiques et spirituels solides… Je marche à fond dans son truc ; ça prend tournure et le RPR qui a investi un jeune invertébré commence à se faire du souci… Bref, l’étiquette aidant, l’invertébré termine au 1° tour devant X et la gauche est localement haute… Retrait, désistement, toussa… M’étant un peu trop frité avec un des bras gauches de l’invertébré, je rentre à la maison et me pointe dans l’isoloir le dimanche suivant. Sachant que la majorité était cette fois-là sûre de rester en place sur le plan national, nous étions localement en présence d’un socialo en fin de maturité au déclin de sa carrière de second couteau de sous-préfecture face à un invertébré sans autre conviction que suivre celui qui lui assurera sa place. Mais un jeune du genre que l’électrice de base aimerait avoir pour gendre. Il était probable que si la droite restait aux affaires, ce mec-là une fois élu on en prendrait pour quinze ans sans pouvoir faire émerger une relève locale. Ce jour-là, pour la première fois (et j’espère la dernière) le Plouc a voté socialo…  Le guignol a malgré tout été élu.
Et qu’a ensuite fait le Plouc ? Il… est allé bénévolement bosser pour l’invertébré… Pourquoi ? Ben, puisque ce mec était là, autant que, dans divers domaines, ce soit le Plouc qui lui en cause à sa manière et lui écrive certains trucs plutôt que… d’autres. Le mec savait d’où je lui venais mais n’aurait jamais pu imaginer que je n’avais même pas voté pour lui au second tour ! [il a depuis été sorti par la gauche et je n’y suis pour rien…]   

Pourquoi vous causer de ça ? Parce que je suis atterré par ce que je vois sur le terrain. Et ce que je vois trouve notamment son origine dans les distorsions délétères dues au système de financement des partis politiques. Ça brouille l’intrigue sur le théâtre des opérations bien plus que l’inflation des ambitions personnelles, lesquelles contribuent au moins à l’émergence de sang neuf (ou non)…  
D’abord, j’ai été surpris par le nombre d’e-mails reçus de droite et de gauche (enfin, toujours de droite…) de jeunots (pour moi, c’est-à-dire déjà souvent des quadras…), tous bien câblés, mecs ou nanas, généralement rencontrés et appréciés dans l’action en des temps pour moi révolus et rangés au rayon des souvenirs d’ancien combattant. Ils se lancent dans la bataille, les uns ici, d’autres là (même chez les français de l’étranger !); et leurs e-mails me sollicitaient évidemment pour un financement et plus si affinité… Hormis deux cas relevant de la simple figuration dans le cadre du financement des partis évoqué plus haut et de leur souci de remplir les quotas, je me dis que la plupart feraient de bons députés. Je n’ai répondu à aucun et je m’en veux un peu…
Ensuite, descendant acheter mon pain, je découvre l’autre jour les panneaux électoraux encore vierges fraîchement installés par la mairie : 17 ou 18 candidats attendus dans mon douar de cantonnement ! A y regarder de plus près sur les 14 circonscriptions du département (13 candidats en moyenne, maxi 21…) la majorité des candidats n’est là que pour tenter d’obtenir à leurs petites formations les subsides promis par l’Etat pour les cinq ans à venir. C’est leur droit légitime et on les comprend…
Mais aujourd’hui, avec ce système abscons franco-français (uninominal à deux tours) couplé au cordon sanitaire républicain (certains ont un droit d’expression restreint aux limites fixées par les autres et ne sauraient être élus), on va tout droit à un désastre. Il faudra que j’expose un jour ici mon système de scrutin que j’évoquais déjà il y a plus de vingt ans accoudé au zinc de je ne sais plus quel café du commerce (uninominal à x tours en un seul tour ; j’y reviendrai…) Mais bon, je m’égare…

*
Au vu du gouvernement qui nous a concocté notre  Président normal, il est manifeste qu’il voudra aller au bout de son projet de réforme constitutionnelle sur le droit de vote des étrangers aux élections locales. Or comme avait coutume de dire Pompidou : "Quand la borne est franchie, il n’y a plus de limite…" A l’instar de l’IVG vendu au bon peuple pour la santé de la mère qui est devenu par glissement naturel le droit inaliénable de disposer du contenu de son ventre dans tous les cas, le vote en question conduira automatiquement au remplacement de la notion de nationalité par celle de résident légitime…   Et par glissement naturel, à l’évaporation de tout ce que peut contenir le concept France et son remplacement par une vague notion réductrice de territoire administré… Comme le chantait Souchon : "On avance, on avance ! Ya bientôt plus d’essence pour aller dans l’aut' sens…"

La "majorité présidentielle" disposera d’une majorité parlementaire, n’en doutons pas. D’ailleurs, au point où nous en sommes, le contraire ne serait pas souhaitable. Autant qu’ils puissent nous imposer leurs conneries législatives et en porter l’entière responsabilité devant le peuple dans cinq ans (moins ce serait bien^^)
En revanche, pour la réforme envisagée, il faut tout faire pour qu’ils ne puissent pas nous la fourguer vite-fait par la voie parlementaire ! Car s’il leur faut passer par la voie référendaire, ils laisseront tomber comme Mitterrand qui l’avait déjà promis…  Donc, il ne faut pas qu’ils puissent disposer de la majorité requise des trois cinquièmes au Congrès. 3/5° des 348 sénateurs et 577 députés, ça fait 555… Il y a déjà 178 sénateurs de gauche et assimilés. Si j’y ajoute, allez, une vingtaine de sénateurs centristes mous du genou, il leur faudra 357 députés prêts à voter la réforme constitutionnelle. Avec la marge de sécurité à prévoir compte tenu des démocrates et autres centristes étiquetés plutôt à droite mais du genre à se laisser convaincre, il ne faudrait pas que la majorité présidentielle dispose de plus de 300 ou 310 sièges à l’Assemblée Nationale, ce qui leur sera bien suffisant pour gouverner (maj. absolue : 295)… Retenez bien ça : 310… Ce sera notre ligne bleue des Vosges

Ce scrutin est donc important.

*
Dans ce contexte, je suis atterré par ce qui se passe sur le terrain. A cet égard, j’ai choisi (au hasard^^) deux circonscriptions que je trouve exemplaires :

- La première, ce sera vite vu. C’est la nouvelle 8e circonscription de Paris, composée de l’ancienne 8° (le gros du XII° arrondissement) auquel on a ajouté un bout du XX°. La sortante de gauche sera réélue. Si je l’évoque, ce n’est pas seulement parce que s’y bousculent pas moins de 23 candidats, record national. C’est l’occasion de se demander pourquoi cette circonscription est passée à gauche en 2007. Bien sûr, on évoquera la boboïsation du XII°. Mais est-ce suffisant ? Je trouve cette circonscription exemplaire de la connerie, du copinage, de l’endogamie de milieu et du mépris de l’électeur manifestés par les appareils de la droite de gouvernement : Savez-vous qui était le candidat portant les couleurs de l’UMP en 2007 ? C’était… Arno Klarsfeld… 
Et savez-vous qui porte les couleurs de l’UMP cette fois-ci ? C’est… Charles Beigbeder. (Fondateur compulsif de sociétés d’avenir comme Poweo dont il céda vite-fait ses actions, le cours s’effondrant curieusement juste après, ci-devant président de la candidature d’Annecy aux JO, etc. Frère de Frédéric.) parachuté là dans le cadre du duel Copé-Fillon…
[à titre indicatif, si je votais là, je crois que je serais tenté par un certain Frank Margain, je dis ça, je dis rien…]

- La deuxième, ça ne vous étonnera pas, c’est celle de mon douar d’élection ! Et là, c’est vraiment "l’exemple exemplaire" ! Voilà un département "plus à droite tu meures", pire peut-être que le Haut-Rhin. Et le coin sans doute le plus à droite du département… Même Passy qui nous tient lieu de banlieue rouge pour qu’on ait l’air un peu comme tout le monde, Passy où on a brûlé deux voitures et demi en avril 2002 et on s’en souvient encore, Passy, donc, a voté Sarko à 52%. Ailleurs les scores les plus minables étaient au-dessus de 57% dans les villes d’en bas, 70 à 85% dans les villages… Et vous savez quoi ? C’est peut-être bien parti pour élire une socialo ! Une première dans le coin au moins depuis le règne d’Alexandre de Macédoine (pour avant je manque de documentation^^)

Résumons. Contrairement à Paris qui perd trois députés, l’évolution démographique attribue un 6° siège à la Haute-Savoie. On décale tout et cette création recouvre le "haut pays" et son voisinage, c’est-à-dire un mélange de stations de ski, de villages, de petites villes et une moyenne. L’élu(e) sera vraiment le premier "député du Mont-Blanc"…
Dans cette nouvelle configuration, le député UMP sortant du secteur se replie logiquement sur la basse vallée maintenant centrée sur Bonneville dont il est maire et tout un chacun guigne le fauteuil tout neuf. Du côté de la gauche, le PS laisse évidement généreusement la place à une radicale de gauche ancienne maire de Servoz, vivement encouragée à aller au casse-pipe avec un suppléant aimablement fourni par Europe-Ecologie. Le Front de gauche envoie l’ancien maire de Passy faire le hallebardier d’opéra par principe. Ajoutez en poids plumes une trotskiste ou assimilée et deux écolos indéterminées pas forcément gauchos mais qui ne veulent pas de camions dans la vallée…  Et en face il y a quoi ?
Figurez-vous que les hautes instances parisiennes de l’UMP n’ont rien trouvé de mieux que de parachuter pour cette place théoriquement gagnée d’avance une charmante dame, certes native et conseiller municipal de Morzine, mais surtout parisienne et conseillère de Sarkozy en charge du sport à l’Elysée. Toussa sans consultation des notables locaux… Alors que beaucoup n’y pensaient pas seulement en se rasant. Du coup, les candidatures "divers droite" sont sorties comme perce-neiges : Les poids mi-lourds d’abord : Le maire quasi UMP de Sallanches, discrètement soutenu par son prédécesseur UMP sur zone, et le maire conseiller général de St Gervais, genre radical Borloo. Et puis les autres : Un animateur vedette de la télé locale TV8 Mt-Blanc, plutôt démocrate-chrétien, connu de tous et adoré des vieux ; le maire Nouveau Centre de Marnaz ; un autre encore… Et, bien sûr, le gars du FN, élu municipal à Cluses ; et celui de la Ligue Savoisienne, adjoint à Taninges. Encore est-on revenu de 16 à 13, le gars du MNR, élu municipal à Scionzier laissant finalement le champ libre au FN, deux divers-droite dont un adjoint de Chamonix ayant jeté l’éponge et le FOPOD ayant renoncé par civisme à présenter un candidat...

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que dans cette circonscription où le rapport droite-gauche est de l’ordre de 65-35 et où, à droite, le FN n’a jamais fait que de la figuration, l’analyse des rapports de force en présence conjuguée au taux probable d’abstention et à la règle des 12,5% des inscrits conduit à envisager deux hypothèses possibles pour le second tour :
- soit l’abstention est faible et on pourrait avoir raz les cheveux un duel entre deux "divers-droite". On aura alors sauvé les meubles mais ce sera le plus "mou" qui sera élu.
- soit l’abstention est élevée et on pourrait avoir un duel gauche contre FN dont le résultat est bien connu.
C’est un peu pile ou face…

A l’idée que ça puisse se répéter ailleurs, j’avoue que mon café a du mal à passer…     

lundi 28 mai 2012

C’est de l’âne et pas du cochon !


Surtout, il travaille plus pour gagner plus qu’en 2007 !

Merci qui ? Merci Sarko ?? 

C’est ICI et nulle part ailleurs…
Les merguez c'est maintenant !
Et la vacuité du commentaire c'est permanent... 
 

dimanche 27 mai 2012

Pour "Pentecôte" [republication…]

Pentecôte. Fête chrétienne majeure : Début de la Mission… Ravalée par sa reductio ad festivum au statut de "droit acquis" à un week-end prolongé pour réunions sportives et congrès associatifs, elle célèbre pourtant le mémorial du démarrage de la Mission apostolique de l’Eglise sous la bannière de l’Esprit. Fête du prosélytisme donc (quelle horreur… J’assume !) Finie la frileuse nostalgie entre potes planqués bien au chaud au cénacle. Quand faut y aller, faut y aller !
Ad majorem Dei gloriam (sans oublier le Salut du Monde…)

Pour marquer ce jour saint (et oublier un peu mes billets de la semaine), j’ai décidé de vous présenter mon tableau préféré : "La vocation de St Matthieu" du Caravage qui orne la chapelle Contarelli en l’église San Luigi dei Francesi à Rome. [ " - Suis-Moi ! " - Mt 9,9 ]
 


 La scène se passe dans ce qui pourrait être un de ces bouges des bas-fonds de Rome que le peintre fréquentait assidûment. Les personnages profanes sont en costumes contemporains (de l’époque…), occupés à leurs affaires de pognon. Les uns restent absorbés dans leurs combines, indifférents à l’irruption de Jésus et de l’apôtre Pierre ; Les autres, à peine dérangés, ont l’air de se dire : "- Qu’est-ce qu’ils nous veulent, ces deux-là…" Celui qui est de dos a même un côté un peu hargneux et agressif ; le plus jeune, de face et en pleine lumière, a l’air de se poser un peu plus de questions… Peut-être est-ce un signe d’Espérance pour l’apostolat ?

Jésus et Pierre, eux, sont vêtus comme des galiléens du 1° siècle et pieds nus (en quelque sorte ils sont "hors du temps"…) L’attitude de Jésus incarne toute l’autorité du Christ et sa main tendue vers Matthieu rappelle celle de Dieu tendue vers Adam au plafond de la Sixtine. L’attitude de Pierre est nettement plus hésitante (même si le coq n’a pas encore chanté…) Sa main aussi appelle, mais avec plus de retenue. J’aime à penser qu’il laisse au Patron le soin de recruter son futur collègue de la bande des douze et que, "visant moins haut", son geste apostolique s’adresse plutôt au petit jeune. Mais sans doute n’y a-t-il pas mis assez de conviction…

Quant à Matthieu ("- Moi ? "), son visage, son regard et son geste manifestent ce mélange confus de surprise, d’étonnement, d’incompréhension et d’inquiétude déjà éprouvé par nombre de prophètes de l’Ancien Testament. Matthieu est ici l’expression de la pleine et prosaïque humanité confrontée à l’appel de la transcendance…

Et puis, il y a cette lumière qui vient éclairer les personnages, c’est à dire les hommes (tous, qu’ils soient de "bonne volonté" ou non…) Et cette lumière ne vient pas du Verbe Incarné mais de derrière Lui, d’au-dessus de Lui et on ne peut en voir la source... Enfin, (détail ?) il y a cette fenêtre, simple accessoire meublant du vide supérieur du tableau, mais dont la croisée banale rappelle que toute cette histoire doit faire un détour par le Golgotha…


Il est vrai que Le Caravage, paillard débauché s’il en fut devant l’Eternel, grand amateur de rixes et de filles faciles, avait aussi de bonnes connaissances théologiques… Fasse le Ciel que se poursuive la transmission si ténue et si fragile du Message. Le Ciel, certes, mais à condition aussi qu’on s’y colle…

samedi 26 mai 2012

Le Thalys ? au Salang deux minutes d’arrêt !


Nous avons un Président normal. C’est cool… Et un gouvernement sobre. C’est supercool…

La baisse de 30% des rémunérations de ministres, c’est citoyen ! Au premier juin 2013, ça nous aura fait économiser sur l’année pleine dans les 1,7 millions d’euros, vous vous rendez compte ! Surtout que le 19 août 2012 il faudra sortir en trésorerie une rallonge d’à peine 345 millions d’euros rien que pour couvrir la majoration promise de la prime de rentrée scolaire, 100% empruntée sur le marché vu qu’il n’y a plus un rond. Mais dès fin août on pourra déjà en rembourser tout de suite 280 mille euros économisés sur les deux premières paies des ministres ! Pour les 344 720 000 € restant, le riche ou l’Allemagne paiera…   

"Les membres du Gouvernement privilégient le train pour les déplacements d’une durée inférieure à trois heures.
Sauf contrainte particulière justifiant une escorte motocycliste, leurs déplacements en automobile se font dans la discrétion et le respect des règles du code de la route
."
- Quand tout fout le camp, l’autorité suprême de la République attend que le petit bonhomme passe au vert…
- Quand il y aura le feu à la maison, que le patron qui a les clefs est en rade à Bruxelles et qu’on lui phone à 12h30’ de revenir, avec les encombrements et les feux rouges il rate évidemment le 13h15’ à Bruxelles-Midi. Et le porte-serviette (il y en a encore) revient tout penaud d’avoir fait la queue au guichet pour changer le billet du soir : Le 14h37’ est plein, faut rester l’oreille scotchée au portable en attendant celui de 15h15’. Venez me chercher gare du Nord à 16h35’ et ne passez pas à l’orange…    

J’arrête de rigoler. Je ne rigole pas du tout. Il ne s’agit plus du citoyen François Gérard Georges Nicolas Hollande, de ses caprices à la con et de son petit plan-média perso, il s’agit de la France. Et là, on a un quintuple et triste constat : Celui de la vanité superficielle de gens qui se croient tout permis et à l’abri de l’erreur et de la faute ; Celui de l’amateurisme et de l’enfantillage ; Celui de l’irresponsabilité la plus crasse ; Celui de la naïveté bisounoursienne et, enfin, celui d’un souverain mépris pour le travail des professionnels.  

* La sauterie improvisée en gare du Nord a d’ailleurs fait bondir tous les spécialistes de la protection rapprochée : "les gardes du corps du chef de l’Etat ne sont pas là pour prendre des photos.", "Il n’est plus en campagne, il est président de la République", "Si on continue comme ça, on va au-devant d’une catastrophe". Un fonctionnaire de police confiait même à Europe 1 en y mettant les formes : "F. Hollande et son entourage ne semblent pas avoir pris la mesure des contraintes exigées par le statut de chef de l’Etat..." Si tout c’est bien passé mercredi, c’est grâce à l'effet de surprise. Les services de sécurité aimeraient bien que survienne un truc un peu périlleux pour que ces gens-là comprennent. Un truc sans conséquences évidemment. Mais quand un truc commence on ne sait pas comment ça va finir… On n’est pas là pour jouer au loto, ou à la roulette russe. Faudra-t-il en arriver là?
Il y a des règles précises qui relèvent d’une obligation absolue d’assurer la continuité de l’Etat. François Hollande s’imagine-t-il que son élection par défaut lui donne la liberté de faire joujou comme Louis II de Bavière ?
Si Môssieur le Président veut continuer à prendre le train de façon programmée, les exigences normales sont claires : Il faudra prévoir une rame ouvreuse pour vérifier qu’il n’y a pas d’obstacle sur les trajets et mobiliser des centaines de policiers et gendarmes pour contrôler les ponts et les gares. Ce sera plus coûteux que de prendre l’avion. Surtout si, comme c’est parfois sinon souvent nécessaire, avec l’envoi parallèle d’un Falcon à vide pour que le chef de l’Etat puisse regagner Paris au plus vite en cas d’urgence ! Et les Shadocks pompaient…

* L’Afghanistan, parlons-en. D’abord, dans un discours officiel répercuté dans le monde entier et aux côtés du président Karzaï, aussi fantoche soit-il, comment peut-on déclarer la bouche en cœur : "Le temps de la souveraineté afghane est venu !" ? …puisqu’on s’en va… En décalage complet du discours de nos alliés, comment mieux dire à l’Afghan moyen : "- Nous n’étions finalement qu’une armée d’occupation, vos gouvernants ne sont évidemment que des collabos, et mon voisin d’estrade, pendant que je vous parle, n’est qu’un clone de Laval"… Bien sûr que personne n’est dupe. Mais le langage diplomatique, ça s’apprend. Et même sans l’avoir appris, à un certain niveau de responsabilité, il faut un minimum de jugeote. C’est qui la plume qui lui a soufflé ça ? Sans doute un conseiller aux éléments de langage de politique étrangère débarqué il y a une (petite) semaine qu’on a choisi au vu de son CV : il a appris l’Internationale devant la machine à café de Solferino… 

Et puis il y a le retrait. Là aussi des paroles verbales auquel l’auteur, revenant en deuxième semaine, a ajouté les mots ordonné et coordonné en insistant un peu moins sur la date…
Retrait jusqu’alors programmé étalé sur un an et demi et maintenant à torcher vite-fait dans les six mois. A l’OTAN, Hollande les a tous bluffés, d’ailleurs c’est écrit dans le journal. Ouais. Ils en ont d’ailleurs tellement rajouté que même l’intéressé a fini par dire d’une (petite) voix : “Euh… Je ne dis pas que le président Obama a adhéré à ce que je lui disais
Finalement, sur les 3550 militaires sur zone, on en rapatriera 2000, les combattants, c’est-à-dire qu’on laissera des instructeurs, logisticiens et gardiens d’entrepôts à la dispo des Talibans au tir forain sous la rassurante protection de l’armée afghane et, espérons-le, de nos alliés résiduels qui auront sûrement autre chose à faire…

Car il reste la question du matos. Et on n’est pas les amerloques laissant leurs surplus en 44/45. On a expédié là-bas ce que nous avons de mieux. Il y en a des milliers de tonnes : Au total, 1 500 conteneurs, 300 VAB, environ 500 blindés lourds, des pièces d’artillerie,  900 camions et véhicules divers et 14 hélicoptères. Etaler ça en douce jusqu’à fin 2013 était une chose et c’est ce qu’on finira par faire… Ou alors, ce sera un bordel inénarrable qui coûtera une fortune, que ce soit en dépassement de devis comme en vies tant il est vrai que les armées en déroute, qui plus est dépourvues d’accompagnement combattant, sont toujours la proie de charognards… 
"Ça prendra plus de temps" et ce n’est pas grave puisque les deux mille combattants seront rentrés au chaud à la maison. Ouais, mais si on a besoin d’eux ailleurs au pied levé pour la défense ? Où est le matos ? Tant qu’il restera à rouiller à la consigne là-bas, nos gars ne seront que des carabiniers d’Offenbach avec leurs petits Famas individuels. Vu que pour le collectif, les armes lourdes, le transport et les communications on a un petit retard de livraison, soyez gentils d’attendre un peu pour nous tirer dessus !

Il faudra donc aussi rapatrier tout ça fissa… Et il n’y a pas trente-six solutions. Ils n’y en a que trois.
- La plus logique, c’est la route par la passe de Kyber et la traversée du Pakistan (notre "allié") jusqu’au port de Karachi. Le hic, c’est qu’à la suite d’une bavure US, le Pakistan a fermé le passage en représailles et que les négociations pour trouver un arrangement sont au point mort. De toute façon, compte tenu du climat actuel, tant du côté des autorités que de la population, il est probable que le Pakistan refusera désormais de voir passer des convois d’engins militaires étrangers sur ses routes. J’ai entendu dire qu’ils pourraient accepter de laisser passer le matériel exclusivement en conteneurs plombés transportés par des poids-lourds civils (sans doute pakistanais) sans escorte française avec quelque chose comme une taxe dans les 5 ou 10.000 US$ par conteneur…
- Une noria de gros porteurs pourrait évacuer l’essentiel par les airs. Nous n’avons pas les avions qu’il faut. Et ce n’est pas la peine de compter sur les américains qui ont d’autres soucis que d’aider des gens qui ont unilatéralement déchiré le contrat un an avant l’échéance. La seule chose à faire dans cette hypothèse est de louer des Antonov aux Russes qui sauront arrondir leurs tarifs…
- La seule solution terrestre actuellement ouverte est une évacuation par le nord en traversant l’Hindu Kouch en passant par le Salang. Le col étant inaccessible en hiver, les Russes ont autrefois offert à l’Afgha’ la réfection complète de la route sur 400 km, un beau tunnel de près de 3 km à 3360 m d’altitude avec à un bout des kilomètres de route couverte en pare-avalanche. Bref une route accessible toute l’année et assez large et solide pour le passage des chars. Les Russes sont des gens prévoyants… C’est le seul passage entre le nord et le sud du pays "utile" et il y passerait actuellement un bon millier de véhicules civiles par jour. Ceci-dit, le Salang je connais, la route et le tunnel  n’ont pas changé au vu des photos récentes : Pour de gros convois, si rien ne presse il vaut mieux attendre la fin de l’hiver…

- Sinon, si les Taleb’ ont la gentillesse de nous laisser passer par le sud et l’ouest, on peut aussi sortir par… l’Iran.
- Ou alors, il y a peut-être le Thalys… 
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jeudi 24 mai 2012

Mâles et femelles mais tous pareils…


En guise de postface au pensum que je me suis imposé ces trois derniers jours, je trouve approprié de relayer ici, copié-collé, le premier paragraphe de la chronique que Serge Federbusch consacre désormais chaque mercredi sur Atlantico.fr à la vie de la gauche au pouvoir :

Apparatchiks et bureaucrates forment 100 % du personnel de direction «hollandais» !

La sclérose de la classe dirigeante française a deux origines. D’une part, le système des grands corps administratifs, qui verrouille les carrières, crée des chasses-gardées pour les uns et des plafonds de verre pour les autres. D’autre part, celui des élus à vie qui portent les serviettes de leurs aînés en débutant comme assistants parlementaires puis élus locaux et nationaux. N’ayant connu d’autre métier que celui de la politique, ils sont hautement fragiles en cas de perte de leurs mandats et peu enclins à prendre des décisions difficiles ou à s’opposer aux consignes venues d’en haut.

Certains individus appartiennent aux deux groupes : fonctionnaires très peu de temps, élus professionnels ensuite ; François Hollande en est un parfait exemple, comme Laurent Fabius ou Pierre Moscovici.

Quand on observe dans le détail la composition du cabinet du nouveau président et celle du gouvernement, on se rend compte que ces deux filières trustent quasiment 100 % des emplois de direction - politiques et administratifs - de l’Etat : à l’Elysée, que des énarques ou presque ; au gouvernement, que des élus à vie ou presque. On confie à Emmanuel Macron, un inspecteur des finances de 34 ans qui a pantouflé deux ans dans une banque d’affaires, le suivi névralgique des questions économiques et financières quand, dans l’entourage d’Obama par exemple, des universitaires et banquiers chevronnés assument ou ont assumé le rôle de conseiller sur ces sujets. Que pèse-t-on face à un ancien président d’Harvard comme Lawrence Summers ou un ancien président de la Fed, comme Paul Volcker, quand on quitte à peine les langes de Bercy ?

Bref, la république «hollandaise» va devoir lutter contre un virus avec l’instrument même qui l’a inoculé. Bon courage la France !

La suite de sa chronique d’hier n’est pas inintéressante non plus (oups ! j’ai horreur de ce genre de tournure de style, mais bon…) sur la charte de déontologie du gouvernement, la pudeur de Médiapart à l'égard de Lionel Jospin, etc. c’est ici.

Ah ! En passant :

SOS Racisme dénonce vigoureusement  la faible représentation de la diversité dans la composition des cabinets ministériels malgré les promesses d’ouverture faites par le nouveau gouvernement (tiens donc !), estimant que les cabinets "ne sont pas à l'image de la rénovation de la vie politique que semblait indiquer la composition du gouvernement" et "il est à remarquer qu'il y a un nombre infinitésimal de membres de cabinets ministériels issus des immigrations maghrébine et africaine ainsi que des Dom-Com" (c’est vrai qu’il n’y a plus de Tom, pratique pour le futur bilan de mandat de Duflot : y a plus de territoires…)
Vont quand même pas devenir nauséabonds à Matignon ! Sûr qu’on va arranger ça avec la version post législative du gouvernement : Les économies upsilonnesques dégagées par la baisse de 30% des rémunérations de ministres (soit environ 0,2% du surcoût budgétaire dû à la seule augmentation de l’allocation de rentrée scolaire…) servira à créer des postes de conseillers surnuméraires sans affectation qu’on garnira avec les potes des assoc’s. Le changement c’est maintenant et les emplois fictifs c’était hier…

mercredi 23 mai 2012

Mâles et femelles il les nomma… (3)


Je termine…

- Michèle DELAUNAY, ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes âgées et de la dépendance. Elle est la fille de son père Gabriel Delaunay, grand manitou de la Libération (et de l’épuration) à Bordeaux avant de finir préfet de région Aquitaine sous De Gaulle et Pompidou ; et évidemment de sa mère, laquelle a siégé à l’Assemblée consultative provisoire composée de résistancialistes cooptés qui servait de parlement fin 44 début 45 avant de finir inspectrice générale de l'Education nationale. Mariée à un haut fonctionnaire européen à la retraite (du Conseil de l'Europe) nommé Klaus Fuchs, elle est médecin cancérologue en CHU de Bordeaux.
Avant même qu’elle se décide à prendre sa carte au PS, elle est sollicitée pour figurer en bonne place sur la liste gauche plurielle aux municipales de 2001, histoire de profiter du double aura local de sa réputation professionnelle et de son nom que les vieux n’ont pas oublié. En 2007, devenue un des fervents soutiens de Ségolène, elle connaît son heure de gloire en dessoudant (d’un cheveu) Juppé de son siège de député. Le fait que ce ne soit pas une pute confirme que l’avoir chargée de s’occuper des vieux n’est pas une sanction mais une petite gratification… 

- Sylvia PINEL, ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée de l'artisanat, du commerce et du tourisme. C’est là qu’on voit que le radicalisme cassoulet bouge encore et sait se rajeunir sans être toujours systématiquement réduit à sous-traiter son étiquette à des agioteurs ou agités multicartes genre Tapie ou Taubira. Sylvia a débuté en politique comme chargée de mission puis chef de cabinet de Jean-Michel Baylet dont elle est la protégée. Bénéficiant des réseaux du susdit, indéboulonnable président du Conseil général du Tarn-et-Garonne et tout puissant patron de la Dépêche du Midi, elle est élue députée en 2007 et la plus jeune femme du Parlement. Elle se signale notamment en proposant à ses pairs d'abroger la loi du 26 brumaire an VIII, oubliée dans un coin et toujours en vigueur, laquelle précise que "toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation", modifiée par des circulaires de 1892 et 1909 autorisant le port féminin du pantalon "si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval" Elle ne laisse passer aucun détail, cébien. Accessoirement, le Nouvel Obs’ nous a appris en 2009 qu’elle avait adressé une lettre de mise en demeure aux responsables d'un site de surveillance de l'activité des parlementaires afin d'exiger le retrait de la page la concernant… C’est rassurant. Au moins on est sûr qu’elle ne laissera rien passer de nature à freiner le redressement du tourisme et de la vente de pizza kebabs.

- Benoît HAMON, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et du commerce extérieur, chargé de l'économie sociale et solidaire. Voilà le type même du mec qui n’a jamais rien fait d’autre dans la vie que de la politique dans les couloirs et salles de réunion. Engagé dès l’âge de dix-neuf ans lors des manifestations contre la loi Devaquet, après une licence d’histoire, il débute sa carrière comme assistant parlementaire d’un député PS. Devenu conseiller pour la jeunesse auprès du Premier secrétaire Jospin, le retour de la gauche aux affaires en 97 fait de lui un conseiller du cabinet de Martine Aubry au ministère de l’Emploi, de la Solidarité et des 35 heures qui vont avec. D’abord chargé de l’emploi des jeunes il devient son conseiller aux affaires politiques. A l’approche du désastre dit du 21 avril il va quand même prendre l’air dans un poste sans doute créé pour lui de "directeur du planning stratégique " à l’institut de sondage Ipsos... Même pas trois ans, juste le temps d’attendre un siège de député européen (grande région Est) qui lui épargnera tout souci de fin de mois pendant cinq ans. Aux européennes de 2009, les arrangements internes entre courants ne le placent qu’en troisième position sur la liste socialo en Île de France et il n’est pas réélu. No soucy, il se retrouve membre du Conseil d’administration de l’université Paris VIII et professeur associé.
On pourrait écrire trois pages police 10 sans alinéas sur son rôle et ses contributions aux motions, courants, alliances et trahisons de congrès et de couloirs dans la vie du PS au cours des7 ou 8 dernières années. 1° J’ai pitié de vous, 2° j’ai pitié de moi, 3° On s’en fout. La seule chose qui compte c’est de se souvenir qu’au cours de ces trois dernières années, toutes ses prises de position personnelles, sans exceptions, allaient dans le sens d’une forte intervention de l’Etat, de règlementations accrues, de l’autorisation administrative de licenciement, d’une nationalisation des banques, de plus de services publics, de la retraite à 60 ans sans augmentation de cotisation, etc. Archéosocialo bon teint à son âge ! Bref, parfait pour équilibrer : Mosco va se coltiner comme il peut avec le réel et Benoît sera la caution morale du Bronx et un peu plus si affinité possibilité…

- Dominique BERTINOTTI, ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée de la famille. Une figure ecclésiastique administrativement incontournable de la Mitterrandolâtrie, culte secondaire (de plus en plus secondaire) du panthéon Droidlhom™. Agrégée d’histoire, enseignant l’histoire contemporaine à l’université, un temps chargée de conférence de méthode "lecture de textes historiques" (sic) à Sce Po, la dame s’est imposée vers 1984 par une magistrale thèse : "La vision de la France chez François Mitterrand, de 1945 à 1981 (à travers ses œuvres et son action politiques)"… Le Mythe Errant himself l’appelle comme chargée de mission à l'Élysée et lui confie le suivi des archives présidentielles et la rédaction de notes historiques pour ses écrits personnels. Il la nommera mandataire des archives présidentielles des deux septennats. Elle collaborera à la rédaction et à la relecture des ouvrages de Dieu Mitterrand publiés après Sa mort aux Éditions Odile Jacob. Ayant activement participé à sa fondation, elle est administrateur et Secrétaire générale de l’Institut François Mitterrand.
Politiquement, maire du 4° arrondissement, elle a été mandataire financier de la candidate Ségolène Royal en 2007 et sa directrice de campagne lors des Primaires citoyennes de l’an dernier.
A part ça, elle a résolument pris parti pour une reconnaissance de l'homoparentalité par la loi.
La vestale gardienne du Temple recyclée groupie des LGBT… Qu’en pense Tonton dans sa tombe ?
Ainsi va la santé de la famille…

- Marie-Arlette CARLOTTI, ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées. Qu’en dire ? Conseiller général d’un canton urbain du centre de Marseille, elle est depuis onze ans vice-présidente du Conseil général en charge de l'enfance et des relations internationales (sic) dans l’équipe de ce cher Jean-Noël Guérini dont elle a été le porte-parole lorsqu’il briguait la mairie de Marseille en 2007. Entre-temps douze ans eurodéputée au titre du PS, elle n’était plus en position éligible en 2009, allez savoir pourquoi… La voilà ministre ! Sans doute ne fallait-il pas désespérer la piétaille de la puissante fédération des Bouches-du-Rhône ; et puis penser un peu à… l’après Jean-Noël… Bon, les handicapés, ça ne la changera pas trop de l’enfance.

- Pascal CANFIN, ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé du développement. Un temps chargé de mission à la CFDT du Nord-Pas-de-Calais puis consultant en ressources humaines, il était jusqu’en 2009 journaliste au mensuel Alternatives économiques. Alors élu député européen des Verts (élu surprise grâce au succès inattendu des Verts, 4° sur la liste Cohn-Bendit en Île de France) Certes, il s’est montré bosseur et compétent à Strasbourg, mais c’est le genre de mec qu’on n’attendait pas au gouvernement au nombre des deux ministres que l’équilibrage concocté dans les coulisses attribuait aux Verts. C’était sans compter les exigences et caprices personnels de la Duflot qui veille avant tout à son business-plan de carrière : Pas question de mettre en avant un de mes concurrents interne ou qui que ce soit susceptible de me faire de l’ombre ! Donc, exit les Cochet, Placé, etc. Du coup, nous avons la chance d’apprendre l’existence de monsieur Canfin…

- Yamina BENGUIGUI, ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger et de la francophonie. Là, nous avons la preuve indiscutable de l’ouverture de la gauche à la société civile, à la kultur, au respect, au surpassement des obsolètes discriminations des nationalités, à l’absolue supériorité des richesses d’une diversité exclusivité culturelle trop longtemps bridée, brimée, ignorée, écrasée sous la botte d’une odieuse vanité étriquée d’un autre âge (reprenez votre respiration)
Madame Benguigui donc, née Yamina Zora Belaïdi à Lille et ayant la double nationalité française et algérienne, est une réalisatrice du monde du cinéma et de l’audio-visuel. Comment résumer ? Associée en société de production avec Rachid Bouchareb, elle produit ou réalise elle-même pour France 3, France 2 ou Canal+ des documentaires, émissions ou séries sur des sujets liés aux communautés immigrées en France, "femmes de l’Islam", les effets du racisme, "d’une rive à l’autre de la Méditerranée", etc. Elle a créé une société de production spécialement dédiée à "favoriser la représentation des minorités à la télévision et au cinéma" et proclame : "à qualité égale, priorité au beur puisqu'il a eu plus d'obstacles à franchir qu'un blanc de souche". En 2008, son documentaire "9/3. Mémoire d'un territoire" retrace l'histoire de la Seine-Saint-Denis depuis le XIXe siècle comme l’éternel sacrifié par l’Etat, la cause des émeutes de banlieue, en 2005 étant cette discrimination territoriale et ethnique. Thèse fortement critiquée par nombre d’historiens sérieux comme œuvre militante virant au montage l’essentiel des faits historiques avérés contrariants pour le but recherché. Objet audiovisuel néanmoins encensé par la presse et récompensé comme meilleur documentaire de l’année…
Evidemment chevalier de la Légion d’honneur, officier des Arts et Lettres et de l’Ordre national du Mérite, cette chère Yasmina est membre du Haut Conseil de l’Intégration. Adjointe de Delanoë  en charge des Droits de l’Homme et de la Lutte contre les Discriminations, elle est aussi membre du Siècle depuis l’an dernier…
Vu la leucodermie souchienne de la plupart d’entre eux, les Français de l’étranger seront cocus mais contents : elle ne s’intéressera pas à eux. En revanche, voyons voir ce qu’elle va faire de la francophonie

- Frédéric CUVILLIER, ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable, et de l'énergie, chargé des transports et de l'économie maritime. On s’approche de la fin de la liste… Que raconter sur celui-là ? Député-maire de Boulogne-sur-Mer, toujours et encore premier secrétaire de quelque chose dans leur truc, c’est depuis longtemps un proche et fidèle soutien de François Hollande au sein du parti. Boulogne et son port de mer qui le restera ? Boulogne et son hydroglisseur trans-Manche en déshérence depuis le Tunnel ? Boulogne dépendant d’une fédération PS ayant bien besoin d’un ravalement de façade ? Allez va ! On va donner un hochet à Frédo.

- Fleur PELLERIN, ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique. Là, mine de rien, ils ont peut-être déniché une future pointure. Quand je dis une pointure, je cause pas d’une de ces devantures d’estrade au plan de carrière construit sur le bonus du paraître divers et séducteur. Diplômée de l’ESSEC à 21 ans, Sce Po Service public, cette asiatique dont vous n’aviez jamais entendu parler a réussi à 24 ans le concours externe d'entrée à l'ENA et en est sortie magistrat à la Cour des Comptes. En 2002, elle est entrée dans l’équipe de campagne de Lionel Jospin, intégrée sous la houlette de Moscovici dans le staff restreint des "plumes" Depuis, elle bosse pour eux, en douce…

- Kader ARIF, ministre déguisé délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants. Là, j’arrive enfin à la fin du pensum et je ne peux qu’éprouver une tendresse affectueuse pour le petit dernier raccroché au wagon au titre du quota de divers et des bons et loyaux services. On a pensé à lui pour le truc que, depuis trente ans et à chaque nouveau ministère de quelque bord qu’il soit, on réalise last minute avoir failli oublier : les anciens combattants… Né à Alger il y a 53 ans, Kader à une formation dans la communication et l’audiovisuel. Militant socialiste en Haute-Garonne, il est repéré par Jospin qui était alors le patron du parti dans le coin. Député européen et, surtout, depuis plus de dix ans premier secrétaire départementale du parti, en lui attribuant ce hochet on fait un geste pour une des trois fédérations du parti les plus consistantes en effectifs…  
  
La photo est de l’an dernier. A l’occasion du 30° anniversaire du passage de l’ombre à la lumière, Paris-Match avait réuni (à la bibliothèque François Mitterrand, of course) les retraités survivants du ministère Mauroy de mai 81. L’article nostalgico-dithyrambique associé était de la plume de… Valérie Trierweiler…

mardi 22 mai 2012

Mâles et femelles il les nomma… (2)


Bon, je continue…

- Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement. Cette chère Najat…
Née au Maroc et arrivée en France grâce au regroupement familial  pour rejoindre papa Belkacem ouvrier maçon, devenue juriste dans un cabinet d’avocat, elle épouse Boris Vallaud rencontré à Sce Po et actuel directeur général des services du Conseil général de Saône-et-Loire (présidé par Montebourg…) Elle incarne à la perfection cette nouvelle génération suffisamment compétente et vive d’esprit pour savoir maximiser à son profit les opportunités de marchepied de carrière et de promotion rapide qu’offre la double aubaine d’être à la fois femme (les quotas, messieurs, les quotas !) et issue de la diversité… Plus que femme puisque aussi séduisante qu’intéressante à médiatiser ; plus que diverse puisque arabo-musulmano-étiquetable… Ainsi s’est-elle retrouvée, presque d’un seul coup d’un seul à la trentaine, conseiller général, adjointe au maire de Lyon chargée des grands événements, de la jeunesse et de la vie associative et Secrétaire nationale du PS en charge des questions de société. Sur ce dernier point, elle est le porte-voix du courant proche des associations LGBT au sein du bureau national du parti. Elle est notamment très en pointe en faveur de la légalisation de la gestation pour autrui… Notons qu’elle a pondu un fascicule intitulé : Pluralité visible et égalité des opportunités
Avec sa frimousse de petite brune à la mèche en bataille, elle a déjà été à 29 ans porte-parole de Ségolène pour la dernière présidentielle et a remis ça pour la diva des Charentes lors de la campagne primaire. Le bon François n’allait pas se priver de sa charmante petite gueule pour vendre sa viande aux acurabas qui, comme chacun sait, se décident souvent moins sur le produit que sur le sourire de la vendeuse… J’allais oublier : en 2007, le magazine Lyon Capitale l’avait élue "Lyonnaise de l'année" en compagnie de… Karim Benzema.
Pourquoi se priver d’elle comme porte-parole jouant de sa séduction de fausse gamine à la sortie du Conseil des ministres ? Quel journalope serait assez hors système pour oser poser la-question-qui-faut-pas à ce minois, qui plus est gaucho, qui plus est divers, qui plus est maghrébin pas encore voilé, qui plus est aux yeux de braise (et aux dents longues bien acérées) ? C’est tout bénef’ ! Mais ce n’est pas tout. C’est qu’elle en veut la petite… Elle veillera donc aussi au droit des femmes, et surtout à leur droit de faire ce qu’elles veulent du contenu de leur ventre ou, pour faire leurs fins de mois ou payer l’écran plat, leur droit d’en louer l’usage à des working-girls friquées trop occupées ou à des triolistes de genre indéterminé en phase d’achat d’impulsion de progéniture. Tant il est vrai que pour la libération de la femme il y a encore des progrès à faire dans l’accompagnement
  
- Stéphane LE FOLL, ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire. D’abord prof d’économie en lycée agricole et élu municipal du côté du Mans, il devient permanent au siège du PS en 91. Après un passage éclair au cabinet de Le Pensec au ministère de l’agriculture il devient pendant onze ans directeur de cabinet d’Hollande au parti et grimpe dans la hiérarchie interne. Récompensé par un siège de député européen, à Strasbourg il s’intéresse au développement rural, à l’agriculture confrontée au changement climatique et aux négociations de l’OMC ainsi qu’aux relations de l’Europe avec le Conseil Palestinien. Deux fois battu par François Fillon aux législatives. On en reparle le mois prochain…

- Marylise LEBRANCHU, ministre de la réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique. Enseignant accessoirement l’économie appliquée à l’aménagement du territoire, cette bretonne a débuté au PSU avant d’intégrer le PS il y a déjà 35 ans. Devenue maire de Morlaix, elle entre au gouvernement Jospin comme secrétaire d’état aux PME, au commerce, à l'artisanat et à la consommation pendant trois ans, ce qui la désigne pour passer ministre de la Justice les deux dernières années… Députée du Finistère, elle soutenait Strauss-Kahn contre Ségo aux primaires de 2006. Elle est membre du comité d’honneur de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité

- Victorin LUREL, ministre des outre-mer. Président du Conseil régional et député de la Guadeloupe ayant ratiboisé la mère Michaud-Chevry, c’est l’homme fort du coin. Ayant fait capoter en 2003 le projet d’assemblée unique fusionnant le Conseil général et le Conseil "régional" de l’île (ce qui aurait sacrément réduit le stock de strapontins et prébendes à distribuer), il a démissionné en 2006 du secrétariat national du PS pour protester contre le non-respect par la direction du parti de son engagement à mieux représenter la "diversité" à travers les investitures pour les législatives et en particulier les originaires de l'outre-mer. No panic ; il a très vite retrouvé son poste. On lui doit notamment un "Centre caribéen d'expression et de mémoire de la traite et de l'esclavage" Nul doute qu’il est l’homme de la situation pour torcher les problèmes rencontrés de la Guyane à Mayotte et de Saint-Pierre à Nouméa…

- Valérie FOURNEYRON, ministre des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative. Née Absire, médecin généraliste puis médecin inspecteur pour jeunesse et sports et ensuite au Ministère des Sports, elle est député de Rouen. Elle s’est surtout signalée par ses contributions au travail législatif sur la lutte anti-dopage. Elle connaît bien de l’intérieur les milieux des sports collectifs mais nous verront bien ce que nous réservera cette proche de Martine Aubry dans l’ensemble des domaines subventionnaires de la vie associative fwançaise que le monde nous envie…

- Jérôme CAHUZAC, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et du commerce extérieur, chargé du budget. Chirurgien plastique œuvrant dans une clinique d'implantation capillaire, c’est le frangin d'Antoine Cahuzac, président du directoire d'HSBC Private Bank France filiale du monstre de Hong Kong. Conseiller au cabinet du ministre des Affaires sociales des deux gouvernements Rocard il élabore la fameuse loi Evin (publicité sur l'alcool et le tabac) Ensuite conseiller de Jospin pour les questions de santé, il est élu député du Lot-et-Garonne à la dissolution de 97 en battant Jean-Louis Bruguière, non sans avoir au préalable vainement tenté de faire invalider la candidature de celui-ci en raison de ses antécédents de juge. Devenu porte-parole du groupe socialiste sur les questions financières, il est bombardé président de la Commission des finances de l’Assemblée grâce à la remarquable ouverture sakozyenne offrant sur un plateau à Didier Migaud le fauteuil cossu de premier président de la Cour des Comptes. C’est ainsi qu’on devient ministre du budget et que votre sœur est muette…

- George PAU-LANGEVIN, ministre déléguée auprès du ministre de l'éducation nationale, chargée de la réussite éducative. Encore une Guadeloupéenne. Ça fait déjà deux pour la Guadeloupe, une pour la Guyane et zéro pour les autres ultra-marins. Et les quotas, non de Dieu ! La dame est une ancienne présidente du MRAP… Avocate, elle dirigera longtemps l’Agence nationale de promotion et d’insertion des travailleurs d’outre-mer. Conseillère de Delanoë pour la vie associative et déléguée générale à l'Outre-Mer, elle a fait changer de nom la rue Richepanse dans le 1° (le gus qui rétablit l’esclavage en Guadeloupe en 1802) Député du 20° arrondissement, elle ne s’intéresse pour l’essentiel qu’aux questions d’immigration, d’asile et de lutte contre les discriminations liées à l’origine, combat les tests ADN en matière de regroupement familial, saisit le Conseil Constitutionnel sur les statistiques ethniques, etc. Ses participations aux missions parlementaires d’information se limitent à celle sur les centres de rétention et celle sur les questions mémorielles.
La réussite éducative est entre de bonnes mains…

- Alain VIDALIES, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. Député des Landes, avocat spécialisé dans le droit du travail, c’est un bon petit soldat qui bosse depuis plus de vingt ans à la Commission des Lois de l’Assemblée. Son truc c’est l’amélioration des conditions de travail des salariés. A souvent été rapporteur de lois sociales (prévention des accidents du travail, limitation des intérims, etc.) Un défenseur bec et ongles des 35 heures… Il connait bien la boutique et on a dû lui trouver là son bâton de maréchal des logis.

- Delphine BATHO, ministre déléguée auprès de la garde des sceaux, ministre de la justice. Fille des photographes du même nom, elle incarne farpaîtement l’un des cheptels reproducteurs, pouponnière assez prolifique pour bébé-éléphants de l’armée rose (surtout pour les capitaines, pour les généraux, voir plutôt du côté de l’ENA et Normal Sup’) : Lycée Henri IV (c’est du sérieux) et militante des organisations lycéennes, à 17 ans présidente de la FIDL grèvicole puis, étudiante sans étudier, elle s’engage à SOS Racisme et en devient à 19 ans vice-présidente aux côtés de Fodé Sylla. "La représentante de la deuxième génération de SOS" écrit alors Le Monde
A 30 ans, lors du psychodrame de l’éclatement du courant Gauche socialiste,  elle reste fidèle à Julien Dray dont elle était alors l'employée au Conseil Régional d’Île-de-France… Jusqu’à l’autre jour elle était députée au siège que Ségolène Royal lui a refilé dans son fief… Bombardée porte-parole de la campagne d’Hollande après l’avoir été de Ségo, elle n’a guère fait d’étincelles. Faut dire qu’elle n’a eu la casquette qu’au titre des équilibrages internes avec les battus des primaires et que c’était sûrement un cadeau empoisonné pour qu’elle se plante, rendue invisible par le sex-appeal de Najat dont on se doutait bien qu’il allait faire frétiller tous les journalopes. Vu la concurrence effrénée pour les sous-portefeuilles, elle aurait logiquement dû rester sur le tapis. Mais c’était sans compter les petits arrangements du marigot solférinien…
Qu’elle obtienne ou non le perchoir de l’Assemblée, il faut que Ségolène récupère un siège de député. Parachutée par Solferino, au titre des quotas (candidature d’une femme chaque fois qu’un sortant mâle ne se représente pas, règle interne au PS), à la Rochelle où le siège est acquis d’avance à la première vache coiffée étiquetée PS, notre Ségo s’y est heurtée au suppléant sortant qui attendait la place, appuyé par tout le PS local. Le type étant prêt à une candidature dissidente avec défaite assurée pour la bravitude™… Problème ? Meuh non ! Suffit que Batho entre au gouvernement pour que "Ségo puisse naturellement se représenter dans son fief des Charentes…
Et ça fait d’une pierre deux coups : La Batho récupère un appart de fonction et libère enfin son logement social auquel elle s’accrochait comme l’arapède à son rocher, ce qui commençait à faire désordre. N’oublions pas, en effet, qu’elle est locataire à Paris dans le 19° d’un appart’ propriété de la Régie Immobilière de la Ville qu’elle refusait de quitter mais avait fini par accepter une très sensible révision de loyer, lequel reste quand-même après augmentation 40% en dessous de l’équivalent dans le parc privé…
Oui, mais où peut-on la mettre ? Fourguons-là à la justice. Taubira verra bien ce qu’elle peut lui faire faire. Des cocottes en papier peut-être. On s’en fout le problème est réglé…

-  François LAMY, ministre délégué auprès de la ministre de l'égalité des territoires et du logement, chargé de la ville. D’abord animateur socioculturel (Muray où es-tu ?) puis instituteur, il devient "assistant" (donc permanent rémunéré) au PS en charge du secteur cadre de vie. Sous la 2° présidence Mitterrand, il est successivement  chef de cabinet du secrétaire d’Etat à l’enseignement technique (Robert Chapuis), assistant du président de la commission des lois, puis conseiller du secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement (Martin Malvy) avant de se faire embaucher par le ministère du Budget suffisamment tôt avant la 1° gamelle de Jospin en 95. Plutôt tendance Aubry, l’équilibrage l’a fait atterrir là et il trouvera bien à se débrouiller avec Cécile.  

- Bernard CAZENEUVE, ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires Européennes. Fils d’un cadre du PS, il débute comme juriste à la Banque Populaire C’est un homme d'appareil, proche du courant fabusien. Il a fait la tournée des cabinets de secrétariats d’Etat sans jamais s’y attarder bien longtemps : successivement aux Relations culturelles, aux Affaires étrangères et enfin à la Mer. Ce qui l’amène ainsi jusqu’à la 2° cohabitation de 93 où la gauche doit rendre les clefs. Et comme la droite, brave fille comme d’hab’, ne manque jamais de recaser ses adversaires battus dans diverses sinécures, ce sera pour lui le secrétariat général du Conseil supérieur de la navigation de plaisance et des sports nautiques... Ces dernières années, il bossait pour un cabinet parisien de droit des affaires, cabinet mentionné par Vincent Nouzille comme "chargé de dossiers de lobbying pour le PS" dans son livre La République du copinage. Etant forcément pro-nucléaire en sa qualité de député-maire de Cherbourg, sa présence comme porte-parole dans l’équipe de campagne de Hollande faisait bien dans l’équilibrage du tableau. En remerciement, on trouvera bien à l’occuper au quai d’Orsay.

La suite et fin viendra… (quelle galère ! si j’avais su j’aurais pas venu…)

La photo, c'est le gouvernement Mauroy en mai 1981...