"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 31 mai 2012

Tremblement de terre et effets terre à terre…


Pendant que nous (euh… enfin "nous", on se comprend, hein ?) nous esbaudissons devant la sobre normalité de nos champions revenus en 4° semaine (restent 256…) dont chaque vrai-faux pas est célébré à la une des journaux, nos pauvres voisins transalpins morflent jusqu’à la gauche (sic) Déjà plus de 400 secousses et répliques,  18 morts, 400 blessés, 14 000 sans-abris et déplacés et, en Emilie-Romagne, tout ce qui n’est pas réduit à l’état de gravats est méchamment lézardé. La région est ponctuée de campements de fortune montés dans des champs et des jardins, venant s'ajouter aux campements "officiels" installés par la protection civile ; même les wagons-couchettes accueillent les rescapés dans les gares… Peu nous chaut ! Car nous, nous avons un président qui prend le train, nous avons un ministre des phinânces et des impôts qui sait envoyer au piquet et menacer de sa règle les petits doigts des gros méchants, cébien… Bien sûr, les journaux et la télé font un geste avant de terminer par les résultats sportifs en nous passant les diapos de dégâts choisis bien spectaculaires pour inquiéter nos méridionaux et des intervious choisis pour émotionner Margot… Peut-être même qu’ils affichent un numéro vert pour donner des sous ; encore que… c’est quand-même moins grave que le téléthon ou le Sidaction ! Si prompts à chercher le scoop, à prétendre analyser les causes et les conséquences quand il y a la moindre anguille sous roche, les médias restent sérieux : Ils ne vont quand-même pas s’interroger quand il y a hippopotame sous gravillon pour parler comme ma fille. D’ailleurs, ils ne le voient pas. Et s’ils l’aperçoivent par inadvertance, ils se détournent gênés de cet incident ponctuel qu’il ne faut pas généraliser et parlent d’autre chose…    
Pourtant, c’est lorsque survient une situation de catastrophe, lors d’une brutale et imprévue désorganisation du système et que le fonctionnement social normal devient brusquement inopérant, qu’apparaît en pleine lumière l’état réel d’une société.
On a alors, si j’ose dire, la chance de pouvoir étudier le phénomène autrement que sur le papier dans un laboratoire de sociologie. Pourquoi le faire ? Surtout pas !

Le seul petit indice pointant le bout de son nez, on le doit au penchant naturel des journalopes de l’AFP dans le choix des tronches à retenir pour les micros-trottoirs : Celle d’un rescapé ayant bénéficié d’un de ces wagons couchettes pour dormir avec son frère, sa belle-sœur et leurs deux enfants. Il a dit "Ici, on se sent plus en sécurité".  Il s’appelait Hussein Mzhar et venait du Pakistan…

Qu’ajouter d’autre ? Juste vous dupliquer ici partiellement une dépêche datée de Bologne de l’agence Novopress (évidemment, c’est Novopress s’exclameront certains…) qui est allée se promener dans les camps de sinistrés :  
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- Les volontaires italiens pleins de bons sentiments sont dépassés par les événements. Jeudi soir, au camp de San Felice sul Panaro, dans la province de Modène, la société Vodapfone est venue distribuer des cartes téléphoniques gratuites. Résultat, une rixe a éclaté entre immigrés maghrébins, l’un d’eux a sorti son couteau et poignardé un de ses congénères.
- Samedi, une vraie émeute a éclaté dans le même camp, après qu’une volontaire a servi à une jeune musulmane un plat avec de la sauce bolognaise. La Protection civile de Trente, qui est en charge du camp, assure qu’il s’agissait d’une simple erreur : « la jeune volontaire a tendu le plateau par mégarde ». Mais la musulmane s’est mise à hurler, toute sa famille est arrivée et a accusé l’administration du camp d’avoir délibérément insulté l’Islam. Il a fallu une intervention des forces de l’ordre en civil pour rétablir le calme.
- « En venant en Émilie, franchement, nous ne nous attendions pas à devoir affronter ce type de problèmes », ont commenté certains des volontaires du Trentin.
- Il a par ailleurs fallu désinfecter à deux reprises une tente qui était occupée par des maghrébins atteints de la gale. Après la seconde opération de désinfection, effectuée par une équipe spéciale de techniciens arrivée de Venise, la tente devra être détruite par la commune de San Felice : ni les tridentins ni les vénitiens ne sont en effet disposés à la reprendre. Les maghrébins galeux ont été envoyés à l’hôpital.
- Selon le journal local, « le comportement des immigrés maghrébins met à dure épreuve les nerfs de beaucoup d’autres sinistrés », autochtones et qui, eux, n’ont droit à rien. « Nous avons été évacués de notre maison, juste à côté, se plaint un couple de jeunes mariés, nous sommes de San Felice, mais on ne nous donne pas de repas, qui sont réservés aux seuls “résidents” du camp. Nous demandons qu’on prenne en considération aussi des situations comme la nôtre ».
Ceux-là seraient trop contents si on leur servait des spaghettis bolognaise…
 © Novopress.info

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