"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 23 juin 2012

Mâles et femelles Il les nomma… (4)

 Oualà. C’est complet. On ferme ! Mini-remaniement non-évènement, décevant pour les commentateurs canal habituel qui espéraient quelque chose pour tirer à la ligne. Ben non…
Ben si ! Ils auraient quand même pu en tirer quelques petits enseignements. Mais voilà, il valait mieux parler d’autre chose car ce n’est guère brillant. Il faut donc que je me tape tout le boulot…

Bien sûr, il n’y a pas eu d’ouverture, ni vers la gauche de la gauche ni vers… quoi déjà ? Il fallait être naïf ou bosser à  Libé ou 20Minutes (c’est la même chose) pour envisager du lourd. D’ailleurs, le simple fait d’évoquer des hypothèses comme celle d’aller chercher Robert Hue montre bien le niveau de nos grands médias et à quel point les commentateurs autorisés sont en dehors du réel. Mais ça, ce n’est pas une nouveauté.
D’autre part, on remarquera que les vraies créations de postes portent sur des domaines sensibles importants où les ministres de tutelle ont besoin d’être secondés : Commerce Extérieur, Formation professionnelle, Agroalimentaire, voire Décentralisation. Tout cela avait dû leur échapper, occulté par la nécessité absolue de doter de portefeuilles des domaines comme la ville, la francophonie, l’égalité des territoires ou… la réussite éducative.   Mais ça non plus, ce n’est pas une nouveauté.

- Le premier enseignement, c’est qu’en ayant un peu imprudemment érigé la parité arithmétique homme/femme en règle absolue, on ne se simplifie pas un merdier déjà suffisamment compliqué comme ça. Je ne sais pas combien de second canifs surnuméraires cela a coûté dans la première version à 34 pour n’avoir pas à se priver de tel ou tel compétence (ou non) portant couilles (j’ai ma petite idée), mais dans la version à 38, 37 auraient largement suffi.
Le plus ridicule, qui m’a mis en joie, a été la façon dont l’Elysée a tenu à souligner que la place des femmes avait été renforcée avec désormais davantage de femmes ministres de plein exercice que d'hommes (11 contre 9) C’est ce qu’on appelle le respect scrupuleux de la parité. Sachant pourquoi la Batho était montée en grade, ils auraient mieux fait de glisser…
- Le deuxième enseignement porte sur l’évidente insupportabilité de la Taubira. Ils l’ont voulue, ils l’ont eu (et nous aussi) Certains doivent secrètement espérer qu’elle finisse par faire une grosse connerie pour pouvoir la débarquer avant cinq ans. Ce n’est pas gagné. Quoi qu’il en soit, au bout de trois semaines ce n’était déjà plus vivable pour la pauvre Batho placée sous ses ordres. Je me demandais le 22 mai à quoi celle-là allait pouvoir servir à ce poste dans ce gouvernement, sinon à faire des cocottes en papier. On a la réponse : elle n’est pas remplacée. A dire vrai, je soupçonne que personne n’a voulu aller travailler avec Taubira…
- Le troisième enseignement, c’est, au-delà des effets de tribune, l’importance toute relative que le gouvernement PS accorde à l’écologie quand ça touche au tiroir-caisse. Seul mouvement de chaises musicales entre ministres de plein exercice au bout d’à peine un mois aux affaires, le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie échoit dorénavant à notre Delphine Batho qui n’y connaît rien et ne risque pas de faire de vague. Quant à Nicole Bricq, elle quitte le job pour s’occuper du Commerce extérieur qui en a bien besoin.
Figurez-vous que Nicole Bricq avait annoncé la semaine dernière la suspension de l'attribution à Shell de permis de forages au large de la Guyane. Elle voulait réexaminer l'ensemble des permis d'exploration d'hydrocarbures, y compris ceux déjà attribués, dans l'attente d'une refonte du code minier qui doit débuter cet été. Et voilà qu’elle quitte le ministère concerné. Figurez-vous aussi que, selon un élu de là-bas, le préfet de Guyane aurait obtenu le feu vert pour signer dès lundi les arrêtés autorisant de nouvelles explorations. EELV n’est pas content…
- Le quatrième enseignement est plus politicien : Si l’on excepte Benoît Hamon qui, en prenant la Consommation, ne fait que décharger logiquement son ministre de tutelle qui a suffisamment à faire, la seule ministre à voir son domaine de compétence s’élargir – et s’élargir significativement – c’est Marie-Arlette Carlotti. C’est qu’avoir dessoudé Muselier à Marseille n’est pas rien et il s’agit de la soigner. Certes, elle a été un fidèle parmi les fidèles de Guérini pendant très, très, très longtemps et ne l’a lâché non pas dès que ça a commencé à sentir le roussi mais lorsqu’il n’y avait déjà plus rien à sauver des flammes. Mais on n’en parle plus hein ? Montebourg doit la trouver sympa. Il faut bien préparer l’après Guérini, n’est-ce pas… Et pour lui garder la place au chaud à Marseille, en attendant il y a Sylvie Andrieux. Enfin pour l’instant, en attendant que Sylvie fasse un tour aux Baumettes…
Carlotti récupère donc la lutte contre l’exclusion. Jusqu’ici elle n’avait que les Personnes handicapées. Que, pour un gouvernement PS, les gay, les nègres, les gouines, les bougnoules, les trans, les bâchées et autres stigmatisés fassent un lot homogène avec les trisomiques, les malvoyants, les nains, les illettrés, les culs-de-jatte et les schizophrènes est une idée qui me met en joie et les différents intéressés m’excuseront…
Bon, mais de qui relevait jusqu’alors la lutte contre l’exclusion ? Ne me dites pas qu’ils avaient oublié ça ! J’ai (un peu) cherché et je n’ai pas trouvé. Donc directement d’Ayrault… ou alors de… Taubira. Raccrochez, c’est une erreur. On ne laisse pas des joujoux pareils à une sale gosse imprévisible…
- Enfin, cinquième enseignement : Ils se mordent déjà les doigts d’avoir embauché Yamina Benguigui. Il paraît que la tension est palpable et que nombre de ses collègues du gouvernement ne la supportent déjà plus. Une de la société civile totalement ignorante des rouages des administrations et n’ayant ouvertement rien à foutre des domaines qui lui sont confiés. Voilà l’exemple type de l’erreur de casting qui aurait été refusée comme non crédible pour un scénario de film de série B. Elle n’est là que parce que femme, algérienne, producteur engagé de l’audiovisuel et militante des droits des sans-papiers… On ne peut plus la virer comme les jupettes de Juppé. On se contente donc de lui retirer les Français de l’étranger dont je disais le 23 mai qu’elle ne s’occuperait pas. Il lui reste la francophonie. Nous avons donc une ministre de la francophonie avec traitement, chauffeur, etc. Jusqu’ici, on n’avait pour ça qu’un Haut-commissaire, un délégué ministériel ou quelque chose de ce genre. C’est donc un progrès de la République sobre. La preuve, c’est qu’on lui a baissé la paie de 30%. Reste 70% de trop…

Ah oui ! J’oubliais ! Faut quand-même que je vous cause des petits nouveaux :

D’abord, notons qu’il y a trois sénateurs sur le lot. Jean-Pierre Bel s’était plaint qu’on avait oublié le Sénat avec un seul sénateur sur 34 ministres dans la première version. Ceci expliquant peut-être cela…

- Thierry Repentin, ministre délégué à la Formation professionnelle, 48 ans, marié, deux filles. Parcours classique : Sce Po de province, bosse avec un député socialiste, puis au cabinet de son mentor Louis Besson à la mairie de Chambéry puis au ministère du logement. Sénateur de Savoie, il s’est spécialisé sur les questions de logement (les 20% de logements sociaux dans les municipalités, la taxe sur les logements vacants, etc.) Il est ou a été président de la fédération du mouvement HLM. Responsable du pôle habitat et ville dans l’équipe de campagne de Hollande, tout le monde le voyait déjà ministre en mai. Au point qu’avant même la nomination d’Ayrault des agences de communication ont acheté des noms de domaine incluant "Repentin", anticipant des lois portant son nom… Va pour la Formation professionnelle…

- Anne-Marie Escoffier, ministre délégué à la Décentralisation, 70 ans. Elle est sénateur PRG de l’Aveyron. Licenciée ès lettres. Une carrière entièrement consacrée à l’Administration, gravissant les échelons depuis attachée de préfecture jusqu’à administrateur civil à la direction des personnels du ministère de l’intérieur, inspecteur à l’Inspection générale de l’administration, rapporteur général de la commission d’études sur les relations financières entre l’État et les collectivités locales, etc. A été préfet de l’Aveyron puis de l’Yonne jusqu’à sa retraite. Plus toute jeune, au moins connaît-elle bien le merdier auquel elle va être confrontée. Après les affiches de Music-Hall comme Najat Belkacem, Benguigui, Pau-Langevin et les renvois d’ascenseur aux copains, on les sent un peu plus soucieux du réel

- Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire, 46 ans, député-maire socialo de Laval. Parcours classique : Sce Po, travaille au cabinet de Daniel Vaillant à la mairie du 18° puis au ministère de l’Intérieur. Devient ensuite "plume" de Delanoë. Soutien actif de Ségolène dans sa tentative de prendre le Parti au congrès de Reims, c’était un bosseur au parlement. Bon, un homme de la Mayenne à l’agroalimentaire, c’est cohérent.  

- Hélène Conway-Mouret, ministre délégué aux Français de l'étranger, 52 ans, enseignante élue en septembre dernier sénateur des Français de l’étranger sur une liste PS-EELV intitulée "La France est notre pays, le monde est notre avenir" (sic) Qu’en dire ? Au Sénat elle était membre des groupes thématiques chasse et pêche ; communication électronique et Poste ; économie agricole ; et… trufficulture. Wikipedia n’a pas été foutu de trouver une photo d’elle 48 heures après sa nomination. Son site perso sur le net est… bien gentil.
Bon, Ayrault avait un problème : Compte tenu des trois précédents promus, il lui fallait absolument trouver une femme pour équilibrer les sexes. Et pour lui faire faire quoi ? Bingo ! On va en profiter pour réduire le champ d’action de Benguigui ! Cette… comment déjà ? Ah oui, Hélène Conway fera l’affaire…

2 commentaires:

  1. Merci pour ces précisions, grâce à vous nous savons tout sur la bande de rigolos qui est
    censée nous gouverner. Vote observation sur le
    coût induit de la parité apparaît frappée au coin du bon sens mais peu importe, ça fait bien dans le paysage. Il ont juste voulu faire encore mieux que Sarkozy.
    Aujourd'hui, on ne peut plus rien contre la bêtise.
    Amitiés.

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  2. kobus van cleef02/07/2012 23:00

    pour la taubirasse....
    j'ai une idée de génie ...
    sarko avait fait lire la lettre de guy mocquet aux fanfans des zécoles?

    taubirasse fera lire la lettre de boubacar à fatoumata aux mêmes nenfants, celle qu'il a écrite avant que les songaïs le raptent
    heu non , pas les songaïs
    les méchants zarbis
    heun non , pas eusses
    les méchants blancs

    ça commence comme ça

    "chère fatou

    je vais partir demain pour l'amérique la grande , ousque les rues sont pavées de billets de 10 dollards et de MP3
    je t'enverrai un mandat par western union...."

    sauras tu, ignoble lecteur, trouver la suite ?

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