"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 25 juin 2012

On recherche une Dropping-Zone pour Béachelle…


(on peut lui prévoir un peigne et un poudrier pour l’atterrissage ; le parachute est inutile, il est incorporé à la bête…)   

J’ai adoré la dernière de Béachelle (oracle de Benghazi) Soucieux de ne pas se laisser oublier en ces temps de courte lune de miel hollandesque, il a délivré son enseignement sur l’indispensable défense et illustration du parachutage. Je tiens absolument à ne pas vous laisser dans l’ignorance de ce Monument et vous en livre ci-après tout le sublime. C’est une contraction de texte, certes ; j’ai renoncé à multiplier les "(…)" mais c’est infiniment respectueux du fond comme de la forme et des nuances. Les mises en italique sont de moi (l’in-extenso est ) :

"Cette histoire de "parachutage", devient franchement étrange. Qu'une certaine droite s'en soit servie est, probablement, dans l'ordre des choses (…) Mais que ce fétichisme du lieu, ce culte de l'esprit local, bref, que ce salmigondis régional, pour ne pas dire vernaculaire, fasse maintenant son lit à gauche et que personne ne trouve à y redire, est un des vrais événements de cette élection.
Ce localisme exacerbé, cette course à un ressourcement imaginaire, cette illusion selon laquelle il faudrait être "pays" pour être l'élu de telle ou telle partie de notre pays, tout cela c'est l'esprit même d'une pensée qui est au cœur de la vieille droite et qui s'appelle le maurrassisme - et c'est la défaite, par voie de conséquence, de la grande idée républicaine. C'est signer la défaite de Jaurès contre Péguy. Ou celle, je le répète, de Péguy face à Maurras. Et c'est sombrer, qu'on le veuille ou non, dans le populisme le plus rance - celui qui tourne le dos à l'esprit des lois républicaines. Vivent les parachutés. Éloge de Ségolène Royal dont la liquidation politique restera comme un moment honteux de ces élections et dont la droiture, le cran, le courage intellectuel et moral, la princière dignité manqueront, par ailleurs, à l'Assemblée nouvellement élue. Hélas."

"L'autre grande victime de ce néomaurrassisme de gauche et, donc, de la régression démocratique qui va avec, c'est évidemment Jack Lang. Et, à lui aussi, je veux rendre ici hommage. La face lumineuse du mitterrandisme. Jack Lang, l'héritier de sa part noble. Gauche festive ? Oui, bien sûr. Mais justement. Je déplore l'assassinat politique de Jack Lang par ces épigones débiles de Muray qui ont transformé l'un des meilleurs ministres de la Culture que nous ayons eus en un héros de gay pride, personnage de carnaval fournissant le bon peuple en pain et en jeux, roi du trompe-l’œil et de l’Entertainment. Gauche caviar ? Gauche paillettes ? Oui, encore. Si l'on veut. Mais étant entendu que le néopopulisme bêlant qui tient lieu de réflexe à une part grandissante de l'opinion a ainsi nommé, dans son cas, à la minute même où il est devenu cet éternel ministre qu'il est, contre vents et marées, resté jusqu'aujourd'hui, la volonté de faire partager au plus grand nombre son goût pour les colonnes de Daniel Buren, pour la peinture de Pierre Soulages (…)- elle nomme "gauche caviar" la volonté de réconcilier la grande et haute culture française avec la modernité. (…) Le moment n'est pas arrivé de faire le bilan des années Lang. Mais, quand on s'y décidera, on verra que ce girondin définitif, cet activiste d'un "État culturel" qui signifia d'abord "maximum de beauté offert au maximum de gens", cet aristocrate de l'esprit qui a cru en son pouvoir d'indéfiniment déplacer l'invisible frontière séparant, selon Condorcet, la "portion grossière" du "genre humain" de sa "portion éclairée", était dans la droite ligne des "cathédrales de la culture" selon André Malraux. Front populaire contre front populiste. Le rêve, non de je ne sais quel parti muscadin, mais de ce que le Parti Communiste a pu avoir - mais oui ! - de meilleur quand il affirmait que l'on pouvait être ouvrier et aimer Matisse ou Picasso. Je lisais récemment, dans les Écrits sur l'art d'Aragon, les textes témoignant de la période où l'ancien surréaliste dirigea l'hebdomadaire Les Lettres françaises. Eh bien, tout est là. Tout est dit de ce beau projet, caviardisé par les crétins, de mettre la culture à la portée de tous. Le Jack Lang : un émule d'Aragon qui aurait eu le pouvoir de Malraux."

AMEN.

Plus fort que Vincent Voiture, LE poète de Cour par excellence, dithyrambiste accrédité du Roi-Soleil… Ségo et Jack ont de la chance…
Son universalisme  mérite à l’évidence un parachutage au-delà de l’horizon du commun. Loin, très loin…

Accessoirement, si Le Point s’est empressé de nous faire connaître l’enseignement du Maître, il n’a pas jugé utile de nous dire à quel point la Tchétchénie est une chance pour la France (en général et pour ses enfants en particulier…)

9 commentaires:

  1. "Loin, très loin…"

    En Egypte ?

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  2. Ou en Syrie... Mais il ne le garderont pas. Tout le monde s'arrachera sa dépouille et ses reliques. De toute façon, quelque soit l'endroit où il se crashera, la Fwance pairea très cher pour récupérer un tel trésor à ranger au Panthéon au-dessus de Victor Hugo et de Chateaubriand, entre Guy Môquet et Jack Lang...

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  3. Ce Jack Lang, quel bel homme !

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    1. Ce com' anonyme a failli passer à la trappe : Ce n'est pas un blog Gore ici...

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  4. La "princière dignité" ? La princière dignité de Ségolène Royal ? Cet homme est fou.

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  5. Il est fou, c'est certain mais cela ne l'empêche pas
    de prendre les gens pour des gogos. Et comme ça
    marche, évidemment, il continue de plus belles.
    Tout de même c'est curieux, un type qui n'écrit
    pratiquement que des âneries et qui se trimballe une
    cote pas possible. Je risquerais bien une explication mais je ne voudrais pas vous causer d'ennuis.
    Amitiés.

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  6. Et c'est sombrer, qu'on le veuille ou non, dans le populisme le plus rance - celui qui tourne le dos à l'esprit des lois républicaines. "

    Ca vaut toujours mieux que de sombre dans le botulisme le plus fatal (même pas…, normalement, ça aurait dû lui être fatal)-celui qui tourne le dos à la plus élémentaire prudence.

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  7. Le portulan te ment27/06/2012 09:09

    Monsieur l'émissaire, merci de nous livrer la dernière béachellure internationaliste. Par un hasard étrange, vous rappelez l'actualité du clan tchétchène, dont j'avoue avec modestie avoir prévu il y a une huitaine d'années le parachutage imminent sur nos contrées, et l'entraînement de survie qui nous permettrait d'en réchapper : courir des heures pieds nus dans la forêt, porter un collier anti-étranglement, adopter un camouflage total évitant la prise d'otages de masse, mais surtout, comme Smaïn en 1989, se répéter comme un mantra "J'aurais jamais dû croiser son regard" !
    C'est toujours amusant de voir les plus enragés, superbement républicains, cracher sur les Français ayant obtenu leur brevet de para, et glorifier dans le même temps les parachutés de l'étranger.

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