"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 30 avril 2013

Routine quotidienne des tapissiers en murs des cons…



Faut pas croire. Entre deux occases de s’abimer le pouce en tirant la langue pour punaiser "en privé" près de la machine à café la tronche des citoyens qui les gênent, ils continuent de bosser.
 

Et mettez-vous à leur place ! Leur job n’est pas facile. Ils sont souvent obligés de sauter du coq à l’âne, tant ils sont débordés ; ce qui nécessite une haute conscience professionnelle pour éviter de commettre un impair. Surtout quand il leur faut bien faire la différence - sans discriminer personne - entre la victime d’une suspicion préventive excessive de policiers trop zélés et l’individu représentant un réel danger pour la société et qui cache bien son jeu…

Ainsi donc, la semaine dernière, deux policiers se sont crus permis de présenter trois présumés honnêtes citoyens à un de nos tapissiers. Ces trois malheureux, voleurs avérés, avaient été interpelés dans la rue, les policiers ayant trouvé suspecte leur façon de sortir d’un magasin en courant… Victimes du zèle éhonté de deux CRS passant par-là, nos trois guignols ont été illico relaxés par le tapissier de service au motif que "la justice estime qu’ils n’avaient pas à faire l’objet d’un contrôle d’identité, au prétexte que courir en sortant d’un magasin ne constitue pas un délit."

Il se trouve que la nuit suivante un jeune homme ayant participé à une Manif pour tous rentrait manifestement chez lui en obtempérant aux ordres de dispersion puisque (dixit le Parisien) : "le jeune homme a été arrêté mercredi à 1 h 30  du matin, après la fin des incidents, par les CRS à qui il demandait son chemin"…

Ironie de l’histoire : Il a été interpellé et embarqué par les deux mêmes CRS qui avaient auparavant alpagués les trois gonzes coursés à la sortie d’un magasin…

Félicitons les tapissiers pour leur célérité : Après environ 36 heures de garde à vue, notre post-manifestant de 26 ans comparaissait dès le jeudi après-midi en correctionnelle. Illico jugé en comparution immédiate pour "violences sur fonctionnaire de police" et "non dispersion après sommation". Reconnu coupable de violences sur des fonctionnaires de police, il a été condamné dans la nuit de jeudi à vendredi à quatre mois de prison avec sursis, peine assortie d'une obligation d'effectuer 70 heures de travaux d'intérêt général (tig) (comme il  est rarement d’usage dans le 9-3…) Il a également été condamné pour "non dispersion après sommation". Sur ce dernier point, on notera la mansuétude du tapissier de service puisque ce délit est passible d’une peine d’un an de prison et de 15.000€ d’amende…
Mais on notera aussi qu’à ce titre, mine de rien, pour la prochaine fois il sera récidiviste

lundi 29 avril 2013

Hystérolaïcité dhimmitudisée bunkerisée phobique…



Je pense sincèrement - je l’écris, persiste et signe - que non seulement cela relève grave de la psychiatrie, mais que le délire anxiogène dont souffre le sujet est entré en phase terminale sans autre espoir de soulagement possible que l’administration d’une surdose létale de Valium…
Le sujet en question est évidemment l’individu qui est censé présider à notre destin grâce au seul mérite d’une convergence inopinée : celle de la haine qu’il a contribué à diffuser à l’égard d’un autre et du retour de flamme d’un fait divers aussi sordide que new-yorkais…     
Nous avions déjà perçu nombre de signes cliniques de l’état pathologique du sujet : Les cartes de vœux de Moi-président à la communauté musulmane pour l’Aït et son silence assourdissant pour Pâques, le caprice de Moi-président exigeant qu’on enlève le portrait de l’abbé Pierre quand il fait l’honneur de sa visite au siège d’Emmaüs, etc.

Et voilà qu’à l’heure du café je découvre ce que le misanthrope du Plessis-Hébert a fait de son dimanche… Grâce à lui et à son intérêt pour l’impressionnisme normand, je découvre la dernière de Moi-président :
Certes, la prudente dérobade d’icelui, qui ne sort plus de son bunker élyséen que pour aller respirer à l’étranger en brûlant du kérosène, a permis aux grands media de passer la chose sous silence. Rouen c’est barbant ; en plus de la contrariété due aux manifestants de tous bords, il risquait même de devoir faire un détour pour éviter de passer devant une statue de notre Jeanne. Imaginez la gêne ! Au moins en Chine y  a pas ce genre de risque…

De quoi je cause, là ?
Ben figurez-vous que sa présence était programmée à l’inauguration hier du festival Normandie Impressionniste au Musée des Beaux-Arts de Rouen.
En vue de ce déplacement présidentiel, ses sbires du protocole étaient évidemment venus contrôler les lieux. Découvrant que  François Hollande devait prononcer un discours devant une immense toile représentant une scène à caractère religieux, et devant l’impossibilité technique de déplacer cet énorme tableau, les autorités ont exigé qu’on tende une immense bâche bleue pour masquer cette horreur…
Ce n’est pas un canular. Ce fut fait en dépit de la complexité de la chose et des heures sup’ nécessaires… Finalement privés de leur chef, les trois ministres de service (
la sinistre de la Kultur, of course et les deux régionaux de l’étape) ont donc pu pérorer sur fond bleu comme les shampouineuses reconverties qui meublent la météo à la télé...

Quant à Moi-président, président à sa mesure et doublement pédalophile, son staff de communicants n’a même pas été capable de lui trouver un empêchement mondain de dernière minute pour expliquer son absence. Ce qui fait que, ailleurs que sur le web, les (rares) journalistes qui en ont parlé n’ont pu que dire la vérité : sa peur des français…
Enfermé dans son bunker, le Président, chef des armées (pas le Deus sabaoth…),sort tout au plus occasionnellement sur son perron pour brasser un peu de vent devant une presse triée à cet effet : "S'il y a un fil rouge dans ce que nous avons voulu faire à travers le Livre blanc,…" (la suite dans votre journal habituel)

Il reste encore à tenir quatre ans et six jours…


samedi 27 avril 2013

- Il te reste quoi dans ta boîte à outils ?



Le silence est pesant. François. Son œil erre sur la tapisserie des Gobelins, s’arrête sur le petit Cupidon joufflu aux petites fesses d’un rose indien passé. L’angelot s’apprête à décocher sa flèche à une sorte de walkyrie casquée de fils d’or au visage plus doux que celui de Valérie. Ça doit bien faire plus de deux siècles que la flèche ne part pas, figée dans la chaîne et la trame de cette lourdeur textile… Ça date de quand ce truc ? François ne sait pas, on n’apprend pas ça à l’ENA ; c’est inutile pour faire carrière… D’ailleurs, est-ce que quelqu’un s’est intéressé un jour à ce mioche grassouillet avec des ailes dans le dos ? C’est là parce que c’est à l’inventaire. C’est ce qu’on appelle les ors de la République… Alors pourquoi s’arrête-t-il sur ce détail qui sent la poussière malgré les efforts du petit personnel d’entretien ?

"- Il te reste quoi dans ta boîte à outils ?" Jean-Marc a répété sa question. Assis sur le bord de son fauteuil, aussi faussement raide que d’habitude, il ne cherche même plus à masquer son inquiétude. En principe, comme il serait normal à la Cour, dans une cour normale, pour un Premier, montrer son inquiétude devrait être la goutte d’eau de trop qui déciderait François à le virer…

"- Il te reste quoi dans ta boîte à outils ?" François sort brusquement de son rêve. Il semble se rétracter, se recroqueviller ; le front penché sur le buvard vert Empire, il semble scruter le fond de cette boîte à outil comme si elle était là, devant lui sur le bureau. On ne dérange pas le patron pendant qu’il médite. Jean-Marc attend… Il attend l’oracle du chef. Pourtant, au fond de lui-même, il sait confusément que l’oracle ne viendra pas. Ce n’est pas que la boîte à outils soit vide, non. Il sait – et François le sait aussi – qu’il n’y a même pas de boîte à outils…

On a déjà presque tout essayé pour durer. En dix mois, on a déjà consommé presque toutes les promesses de campagnes. Enfin, les promesses qu’on pensait pouvoir tenir, c’est-à-dire celles qui ne mangent pas de pain, enfin notre pain… Les autres, soit 90 % du total, ce n’étaient pas des promesses, c’étaient des éléments de langage, y a que les cons qui pouvaient y croire…

Le mariage pour tous, ça a pu meubler six mois seulement et pour la suite, manque de pot, la menace fasciste, personne n’y croit. Bon, on va durcir la répression contre ces guignols mais ça ne suffira pas. C’est pas de passer la PMA en douce cet été, la GPA pour Noël et l’euthanazisie l’an prochain qui va suffire à distraire l’électorat… 
Faut absolument se décider à entrer maintenant dans le dur : Le chômage et les dépenses publiques (de l’Etat, des hostos et… des collectivités territoriales !) Mais comment faire en ne changeant rien ?

- J’ai trouvé ! On va faire la guerre à Angela ! Bien sûr, comme on ne va pas envoyer sur le Rhin les troupes rentrant du Mali, ce ne sera pas "nous" qui nous y collerons, c’est le Parti et la majorité parlementaire. Comme ça, nos électeurs auront des distractions et moi, François, qui est le président de tous les Fwançais, je pourrai continuer à aller vider des schnaps à Berlin…
Tout bénef’ ! : Nous contribuerons en plus à dégrader l’image de cette connasse d’Angela et favoriserons l’arrivée très prochaine au pouvoir de nos amis du SPD !
  
Pauvres cons : D’abord, si tant est que les chleuhs s’intéressent distraitement à ce que vous pensez d’eux, ça ne peut que les pousser à faire un triomphe à Angela aux prochaines élections. Et si d’aventure le SPD arrivait aux affaires, vous découvrirez très vite qu’à côté d’eux les UMP ne sont que des garçons-coiffeurs gauchistes…
Ensuite et surtout sur un plan intérieur, votre diversion n’a déjà pas tenue vingt-quatre heure. Même la presse à votre botte a déjà démonté le truc…

"- Il te reste quoi dans ta boîte à outils ?"

François relève enfin la tête et regarde Jean-Marc avec des yeux de chien battu. Au bout de minutes qui n’en finissent pas, il rompt enfin le silence :

"- Ben… Je… Je ne sais pas…"   

Il faut tenir encore quatre ans et neuf jours…

vendredi 26 avril 2013

Maintenant j’ai vu…



Hier, je vous avais imposé la relecture de l’anaphore célèbre qui fera date, une date dont les historiens définiront un jour la couleur. Proclamation si nécessaire et pérenne qu’on se demande bien pourquoi son auteur n’a pas envisagé de l’inscrire dans le préambule de la Constitution De l’y inscrire en la conservant évidemment à la première personne du singulier du futur de l’indicatif ; ce qui suffirait, me semble-t-il, pour passer à moindre frais de la V° à la VI° République si chère à Mélenchon en faisant l’économie d’un referendum…
Par coïncidence, il se trouve que  j’ai recueilli ce matin un "témoignage oculaire" ; sans doute celui de quelque touriste Persan s’étant naïvement laissé influencer par une lecture superficielle de Montesquieu. Témoignage qui trouve sa place ici en complément de mon billet d’hier :

J’ai vu le changement…

 J’ai vu des gens expulsés d’un jardin public car ils n’avaient pas le droit de porter un certain tee-shirt...mais ce n’était pas en Chine.
J’ai vu une personne à vélo se faire confisquer son drapeau par les CRS.
J’ai vu des policiers arrêter des mères de famille qui se rassemblaient…. mais ce n’était pas en Russie.
J’ai vu des jeunes en garde à vue parce qu’ils étaient silencieux…mais ce n’était pas au Tibet.
 J’ai vu une jeune fille traînée par les cheveux et en perdre une ballerine…mais ce n’était pas en Ukraine.
J’ai vu cette même ballerine exhibée par un député devant une assemblée goguenarde.
 J’ai vu la force publique gazer des personnes âgées …mais ce n’était pas en Syrie.
 J’ai vu une génération de bobos interdire en Mai 2013 ce qu’ils avaient défendu âprement et plus violemment en Mai 68.
J’ai vu des femmes dépoitraillées attaquer une cathédrale et se faire relaxer.
J’ai vu des hommes dépoitraillés créer un embouteillage et se faire arrêter.
J’ai vu les représentants des religions vilipendés…mais ce n’était pas en Irak.
J’ai vu des centaines de milliers de personnes se rassembler et hurler leur mécontentement…mais ce n’était pas en Iran.
J’ai vu des services de renseignements confisquer et retoucher les images probantes de ces rassemblements pacifiques…mais ce n’était pas à Cuba.
 J’ai vu un débat tronqué et un vote précipité pour satisfaire rapidement une petite minorité.
 J’ai vu des journalistes achetés pour négliger de telles informations.
 J’ai vu des journalistes censurés pour diffuser de telles informations.
 J’ai vu des ministres se cacher tellement ils étaient hués.
 J’ai vu des policiers chargés de faire dégénérer les manifestations.
 J’ai vu une ministre de la Justice soucieuse d’ « arracher » les enfants à l’emprise de leurs parents…mais ce n’était pas en Corée du Nord.
 J’ai vu un ministre de l’Intérieur truquer des chiffres trop gênants pour la bien-pensance d’un gouvernement…mais ce n’était pas en Biélorussie.
 J’ai vu un Président rester sourd aux cris de son peuple et claquemuré dans son palais quand on lui parle des générations d’enfants à venir…

Mais…

 J’ai aussi vu un Président s’immiscer dans un débat sur l’euthanasie de deux éléphantes.

C’est donc bien le pays des droits de l’homme, terre d’asile des opprimés, nation enviée par les persécutés…

[avec mes remerciements à Damien Chenel pour sa contribution essentielle]