"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 6 juin 2013

Emplois d’avenir et autres privilèges…



Ce n’était que pure méchanceté de ma part quand je disais que Dépassé 1° restait terré dans son bunker et n’allait plus à la rencontre des Fwançais. Que nenni ! Maintenant que le Conseil constitutionnel a confirmé la victoire de l’amour sur la haine (et que les CRS sont un peu plus dispos) il peut sortir et ne s’en prive pas. Ainsi donc, il est allé cette semaine faire un tour à Valence après un saut à Annonay pour faire plaisir à cette petite merde d’Olivier Dussopt (ici, §1, 2° partie) Puis il est allé à Marseille inaugurer un musée à défaut d’une usine exportatrice. Ce fut pour lui l’occasion de reparler des emplois d’avenir, ce qui ne nous surprendra pas dans les allées d’un musée (). Il est vrai que cette formule de parkings sociaux d’emplois aidés réservés aux plus inaptes défavorisés fait flop tarde à monter en puissance.

En conséquence, après avoir appelé les collectivités locales à "se saisir pleinement" du dispositif, Moi-Président  a annoncé l’élargissement des emplois d’avenir au secteur privé… On notera que des instructions en ce sens ont déjà été données par certaines préfectures, ouvrant cette possibilité à tous les secteurs marchands à l’exception expresse de celui… des banques et assurances…

Il est certain que les collectivités locales se font tirer l’oreille et que les associations n’utilisent la formule que lorsqu’elles obtiennent des subventions supplémentaires pour couvrir la part de masse salariale laissée à l’employeur… Et quand l’Elysée annonce 25.000 contrats signés à fin mai, le ministère du travail… refuse de donner un chiffre… Or il faut, n’est-ce pas, atteindre l’objectif annoncé de 150.000 emplois d’avenir en 2013 ! Il y va de la crédibilité (^^) du… Président.

Moi-président gronde donc les collectivités locales et redécouvre l’existence du secteur marchand, des fois que…
Mais qui se pose la question préalable à deux balles :
"- Est-ce que le segment de population sans emploi qui est ciblé en veut ?? Est-ce qu’il en demande ??"

Rappelons que l’essentiel de l’enveloppe est destiné aux "jeunes sans qualifications", avec une priorité aux zones urbaines sensibles… Or, que constate-t-on ?
- Seuls des départements comme le Cantal, la Haute-Vienne ou la Haute-Loire ont dépassé 50% de leur objectif annuel dès la fin avril.
- En revanche, les Zones Urbaines Sensibles sont très en "retard". Et le département bon dernier est… la Seine-St-Denis ! Avec moins de 6% de l’objectif à atteindre… Avec pourtant infiniment moins de jeunes éligibles, le Lot-et-Garonne a signé autant de contrats que le "9-3" ! Les Bouches-du-Rhône et le Rhône sont aussi de mauvais élèves…

Du coup, nozélites stigmatisent les collectivités et les missions locales qui ne font aucun effort.
Curieusement, ces attardés keynésiens appliquent à l’emploi une politique de l’offre totalement déconnectée de la demande !
Là où est la vraie misère, dans les départements ruraux de la Fwance profonde, la demande répond. Alors que dans les quartiers gavés de subventions, d’assistanat et d’économie souterraine, la demande n’a pas faim de ces emplois bouffons qui ne sont pas compétitifs   
 
Mais on n’en parle pas, hein ? Et Dépassé 1° a profité de son passage à Marseille pour en rajouter une couche ; et comme il en tient une couche, une sacrée couche : Pour tenter d’élargir le recours aux emplois aidés, il se propose d’expérimenter "les emplois francs". Kéksékça ? Vous n’ignorez rien des Zones franches Urbaines où les entreprises qui s’y installent et embauchent des habitants de la zone bénéficient d’un tas d’avantages. Eh bien, avec les emplois francs, les jeunes habitant des quartiers défavorisés pourront être recrutés hors de ces quartiers, c’est-à-dire n’importe où par n’importe qui, avec les mêmes avantages que s'ils l’étaient par une entreprise installée dans une zone franche…
Çaveudirkoi ? – Ça veut dire que le fait d’être ressortissant de tel quartier, d’être attaché à la terre de tel fief féodal, donne à un individu un statut personnel, un privilège intuitu personæ dérogatoire au droit commun, et que c’est normal au sein de la Ripoublik une et indivisible, "Liberté-Elgébété-Bergé", garante de l’égalité-et-faites-gaffe-à-ce-que-vous-dites…  

Dansons la carmagnole…

8 commentaires:

  1. et pourquoi qu'ils iraient bosser les teneurs-des-murs ? avec le rsa des parents, les allocs et l'ombre bienfaisante de l'assistante sociale, ils n'ont pas envie de se lever avant midi pour un salaire merdique , faut comprendre aussi !

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  2. le communautarise ce n'est effectivement rien d'autre que le retour à la féodalité. Bien vu;

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  3. Si au lieu de proposer des "emplois francs" ils proposaient des emplois maures ou halal ils auraient sans doute plus de succès. Parce que là, franchement, des "emplois Francs" c'est une provocation, une intolérable atteinte au vivre-ensemble dans le rêve métissé d'un éternel futur.

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  4. Très intéressante votre analyse sous un angle marketing (corrélation offre/demande) de ce nième traitement social du chomage. Vous avez des leins qui reprennent vos chiffres?

    Merci.

    Popeye

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    1. Entre autres, pour ce qui est des sources "publiques" :

      http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/05/29/les-emplois-d-avenir-peinent-a-demarrer-surtout-dans-les-zones-urbaines-sensibles_3420007_823448.html

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  5. La notion de musée en tant qu'emploi d'avenir, couplé au termes "sans qualifications" me fait sourire.
    Vu que dans la majorité des musées rattachés aux collectivités locales (principalement communales), le fait d'être "gardien de musée" recouvre tellement plus de choses que ne le prévoit la mission du poste initial.
    On est à la fois adjoint du patrimoine les jours creux, assistant de conservation au bon vouloir du conservateur qui a besoin de personnel pas trop débile pour manipuler les œuvres, on fait les inventaires, on fait la caisse, etc....
    Et la paye est misérable... (vive l'avenir...)
    Donc le coût de rester chez soi à ne rien glander est une bonne affaire, on touche plus (merci les impôts)
    (sauf si comme moi on aime ce qu'on fait... auquel cas on bosse pour pas grand chose, mais avec le sourire)

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    1. Bon courage ! Merci pour ce témoignage et merci d'être ce que vous êtes... comme vous l'êtes...

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    2. kobus van cleef07/06/2013 13:44

      ça me fait penser à cette succession de photos de gardiens de musée que vous nous aviez proposé il y a quelques mois
      sublime !

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