"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 30 janvier 2014

Psychologue perruquière…



Lors d’une de ces conversations de coquetèle où le souci de tenir son rang vous contraint parfois à meubler la conversation, j’évoquais récemment le fait que si mes quatre enfants avaient tous la chance d’avoir du travail, c’était probablement dû au double fait qu’ils bossaient tous pour des actionnaires étrangers et, sans doute plus qu’accessoirement, qu’ils faisaient tous des jobs qui n’existaient pas de mon temps. J’entends par là que soit leur métier n’existait pas, soit leur mission bestialement commerciale consistait  à vendre des produits qui n’existaient pas encore.

Pourquoi vous causer de ça ? Parce que je sors de prendre mon café en prêtant une attention distraite au fond sonore généreusement fiscalement dispensé par Fwance Cul’. Après une interview de Chantal Delsol veillant intelligemment à où elle posait ses pieds comment elle tournait sa langue, puis de Taddei taillant à Caroline Fourest un costume mérité quoique politiquement correct, j’ai oublié de cliquer sur l’espèce de briquet qui allume ou éteint le poste… Du coup, j’ai eu droit au début de l’émission "Les pieds sur terre" consacrée aujourd’hui aux années d’odyssée d’une dame envahie par des tumeurs incurables.
C’est ainsi que j’ai pu profiter des échanges non dépourvus d’humour de l’héroïne sortant de sa première radiothérapie, accompagnée de sa filles et de copines, avec… la psychologue perruquière

La psychologue perruquière, donc, qui œuvre dans les hôpitaux en recevant les usagers choppés sans débander à la sortie de leur première séance de chimio ou de radio.
J’ai évidemment tout de suite eu une pensée dévote pour Muray. P’tain ! Voilà un emploi autrement plus utile pour lutter contre l’exclusion sociale des femmes que celui d’animateur de proximité !
Et tout de suite après, j’ai forcément revécu ces deux années et demi de combat aux côtés de Madame Plouc. Bientôt six ans qu’il a fallu rendre les armes et pourtant c’était comme hier…

A l’époque, sans qu’on ne lui demande rien, le CHU nous donnait d’office les heures de visite du marchand de postiches dans le service. De psychologues ? Point avant la proposition d’accompagnement des soins palliatifs en fin de parcours… Principe de précaution et cellule d’assistance psychologique aidant, c’est à ce genre de détails qu’on mesure le chemin parcouru sur la voie du progrès.
Faut dire que Madame Plouc se foutait éperdument de ça dans un contexte où son pronostic vital se trouvait brusquement nettement plus engagé sous Sarko que sous Vincent Auriol. Elle avait donc refusé la perruque pourtant aimablement prise en charge par la Sécu. Dès la veille de la première chimio, elle avait adopté une coupe maison à la Jean Seberg dans "A bout de souffle" (sic), histoire de limiter le déprimant volume des touffes de cheveux qui allaient ensuite tomber dans le lavabo à chaque brossage…
Le seul moment où elle s’est préoccupée de la question fut à l’approche du mariage de notre fille, survenu par la grâce de l’Esprit Saint dans une phase de rémission momentanée : Trouver un "chapeau" à la fois ayant de la gueule et suffisamment couvrant qui soit suffisamment discret pour pouvoir le garder à table… On a trouvé.
Pour le reste du temps, foin de perruque ! Le foulard suffit. Un bien-de-chez-nous. Mais pas comme la Mère Denis gardant ses oies. Plutôt le genre canaille, pirate, à la corse, le truc noué sur le côté comme on imagine la Colomba de Prosper Mérimée… Pas de hijab, faut pas déconner quand-même !

mercredi 29 janvier 2014

Montécarlisation de la France…



J’emprunte sans vergogne pour mon titre une expression utilisée par Serge Federbush.

Il est vrai qu’à bien des égards le qualificatif est cruel. Mais ça y ressemble…   J’avais été fasciné naguère en observant comment le précédent prince souverain avait méthodiquement et très consciemment fait pour que son Etat timbre-poste sans épaisseur humaine et territoriale  puisse survivre et prospérer dans le monde d’aujourd’hui. Progressivement, par touches successives, en s’appuyant autant sinon plus sur la presse people, les tour-opérateurs, les culs de la famille et la distribution de privilèges discrets que sur l’économie, il avait radicalement transformé la sérénissime Principauté endormie en une espèce de juteuse entreprise de communication.  Oui, l’Etat souverain de Monaco n’est pour l’essentiel qu’une boîte de com’ dédiée à son autopromotion.

Et ben la France (modèle Hollande, version 2012 modifiée 2014 en attendant la suite) c’est désormais tout à fait ça : Une entreprise de com’ et de production de reality show qui, comme leur nom l’indique, n’ont d’autre but que de détourner l’acuraba de la vraie vie, des vrais gens et des vrais problèmes en meublant les 80% de son temps excédant 35 heures. Une boîte de prod que nous payons pour créer des images. Et, avec le choc des mots et le poids des photos, toussa, des images suffisamment fortes pour cacher le réel et tout ce qui fâche sous le tapis. Des images qui se succèdent dorénavant à un rythme tellement accéléré et dans un tel désordre qu’on en a le tournis…

L’avant dernière en date, c’est bien sûr le référendum sur l’adhésion de la Turquie. Toute l’Europe était doucement en train d’enterrer le dossier au fond des tiroirs et ce n’était pas la peine de déplacer une tripotée de ministres et chefs d’entreprises à Ankara pour y sortir ça. Si ! Car du coup, on ne parlera pas d’autre chose pendant 36 heures, c’est toujours ça de pris en espérant gagner un point dans les sondages…
En vrac, avant ou après ça, Peillon transforme ses circulaires en rumeurs. Ayrault convoque des partenaires sociaux s’entendant comme larron en foire pour se partager le beurre mais seuls aptes à trouver un consensus sur les contreparties, la fiscalité et les réductions des dépenses à définir sans mise effective en place avant 2017.  Valls éructe contre les intégristes catholiques après avoir déclaré onze fois la Nation en danger depuis un an (Meric, Virkenes, Dieudonné, Bourdouleix, banane…) Le pédalonaute va baiser en scooter et plaque sa compagne comme la première traînée d’un soir. L’homme du viagra industriel fait cover-boy en marinière. La Duflot se met en jupe et la Najat rajuste son mascara pour défendre les femmes. Etc.

Pourquoi tous ces efforts ? Pour couvrir la surface publi-rédactionnelle et le temps d’antenne.

Tout va bien, on fait toujours la couverture des magazines, Donc l’image est bonne… Surtout ne regardez pas ailleurs. Achetez Voici. On le Monde, c’est pareil…  
        

lundi 27 janvier 2014

L’anonyme à lunettes a tout vu.



Moi aussi…

Oui, j’y étais. C’était hier "Jour de Colère" et j’y étais. Pour dire vrai, j’aurais un peu hésité sans l’occasion d’en profiter pour déjeuner avec quelques potes aussi divers que Corto, Boutfil, Carine, Vlad, Lo, la Plume, Orfeenix avant d’aller défiler avec eux. Trempés sous la pluie à ne plus avoir un poil de sec, nous n’y étions pas qu’avec les nôtres, certes. Nous étions, le plus souvent ensemble, parfois seulement en même temps, avec une foule d’inconnus. Une foule qui, sans doute et même sûrement, n’avaient pas en commun un même programme (d’ailleurs, dites-moi un peu où sont les programmes de ceux qui se pincent le nez ?). Mais une foule partageant la même colère. Une colère trouvant sa source pour certains dans la déception du cocu humilié ; pour beaucoup dans l’inquiétude raisonnée de voir détruire méthodiquement ce qui nous lie ; pour tous dans la rage d’être ignorés, méprisés, ridiculisés, traités en quantité négligeable par des petits marquis mondains. Une foule qui avait aussi quand-même autre chose en commun : Composer un peuple. Ou, du moins, de partager un vivre ensemble, sur un même territoire dans sa diversité. Qu’est-ce que j’ai dit là ? J’ai dit vivrensemble et diversité ? Oui, je sais, j’ai lu ; je confonds tout. C’est pas ça, ça ne peut pas être ça. C’est forcément autre chose et on sait parfaitement ce que c’est : Ce n’était pas du être-ensemble, c’était la haine. Ce n’était pas de la diversité, c’était de l’hétéroclite. C’est même écrit dans le journal….

Bien sûr, j’y suis allé sans illusions. Le "tout sauf Sarkozy" n’était pas un programme de gouvernement mais, à base de Fouquet’s et de yacht à Bolloré, c’est ça et seulement ça qui a fait la différence pour faire gagner le pédalonaute. Un "tout sauf Hollande" à base de Leonarda et de scooter n’est pas non plus un programme et on peut craindre qu’il aurait autant d’effets décevants que l’hystérie précédente vu ce que promet l’alternance potentielle chez nauséelites…             
Mais j’y suis allé quand même parce que si le "tout sauf Sarkozy" était sans contenu, il a été tactiquement et cyniquement efficace pour le faire tomber. Alors, au point où on  en est - et ce n’est pas fini - on ne va pas froncer le nez devant le "tout sauf Hollande". Ni mégoter sur les moyens en ayant les vapeurs de diva d’une groupie d’Elisabeth Levy chez Causeur ou les alarmes angoissées d’un Benoit Rayski chez Atlantico. Je n’évoque évidemment là que des gens dont les arguments sont en général de qualité. Les autres font leur job de répétiteurs besogneux de la religion d’Etat. Laissons-les touiller fébrilement la petite soupe dont ils se nourrissent.  

Donc, j’y étais. Bien sûr, je n’étais pas partout. Mais j’ai remonté une bonne longueur du cortège. J’ai vu de tout. J’entends par là que j’ai vu le pays réel. Oui, j’ai entendu chanter des trucs qui causaient d’Hollande et de quenelle. J’ai aussi très souvent entendu chanter la Marseillaise, toujours sans une faute mais souvent avec des accents de… banlieue. Je n’ai pas vu d’ananas. Mais j’ai vu des nanas. Des bourgeois, des ouvriers (il en reste), des petits-blancs et des petits-beurre… J’ai eu du mal, au faciès, à repérer des intégristes catholiques… Je dois être miro. Je n’ai pas vu de drapeaux choquants. Les fleurs de lys ? Oui, sur les drapeaux des provinces ou régions où elles ont toujours figurées (Koltchak n’a pu venir…) Cette fois-ci, il n’y avait pas de mômes et pas de poussettes. Pour ceux qui s’en gaussaient lors des manifs pour tous, c’était bien le signe que les ligues factieuses de février 1934 avaient décidé de renverser la démocratie. Des fascistes ? Allez savoir s’il en existe encore assez pour qu’on les voit.
Mais des fâchos ? Oui ! Il n’y avait même que ça !!

D’ailleurs, tout le monde les a vus. Lisez le journal. Même l’anonyme qui a commenté chez Corto (dont je vous conseille de lire le compte-rendu) a tout vu. Il devait avoir des lunettes spéciales.

Ceci-dit, Valls a encore sauvé la République. Cébien. 250 interpellés baladés dans les commissariats et 12 blessés parmi les forces de l’ordre. Manuel "condamne avec la plus grande fermeté les violences contre les forces de l'ordre commises par des individus, des groupes hétéroclites, de l'extrême et de l'ultra droite" Cébien. S’agissant de ces débordements violence, on ne saura évidemment rien des origines ethniques géographiques des violents, ni des auteurs des slogans contre les juifs. S’agissant d’une manifestation autorisée, on remarquera toutefois qu’on ne parle plus d’éléments incontrôlés comme aux grandes heures des défilés de la Bastille à la Nation…

Ah oui ! J’ai fini de sécher dans le train…


samedi 25 janvier 2014

Le souci de l’espèce et le ravi de la crèche.



Hier 24 janvier, comme par hasard en la fête de saint François de Sales. Un docteur de l'Eglise, saint patron des diplomates et, en même temps, comme son contemporain et collègue Saint Charles Borromée, chacun de son côté des Alpes, un féroce combattant de terrain faisant reculer pied à pied les affidés de la Réforme qui ont alors fait chouffa sur mes terres et mon diocèse d’élection… En ce 24 janvier, donc, Son inversante et quinquennale fugacité François II Pédalonaute a rempli l’obligation protocolaire surannée voulant que chaque guignol élevé sur le pavois de la Gueuse présumée une et indivisible aille une fois serrer la louche de Sa Sainteté le souverain Pontife. Lequel, quoiqu’aujourd’hui sans numéro, est tout de même le 266° successeur de Pierre sur deux millénaires, ce qui en jette quand même plus que la succession apostasique de Mac Mahon à l’actuel normal accouchée par nos propres Curies et Conclaves en moins d’un siècle et demi…

Mais je m’égare.

Regardez-les. L’un porte sur ses épaules tout le poids des emmerdes et de la souffrance du monde en se demandant pourquoi il perd son temps à devoir faire risette à ce guignol bouffi de suffisance.
L’autre n’en pense pas moins à ce temps perdu. Lui aussi attend que ça se passe mais il a l’esprit ailleurs : Il est content parce que c’est bon pour la com’ et que c’est toujours 24 heures de gagnées avant qu’on revienne le bassiner avec la réduction des dépenses publiques. Content aussi car il s’est enfin décidé à trancher,  ça lui arrive : C’est demain [aujourd’hui] qu’il va officialiser la rupture d’avec Valérie. Bien sûr, on ne saura pas que c’est le chef du protocole d’Obama qui lui a posé un ultimatum sous la menace de missiles sur la rue du Cirque (pour régler son problème de plan de table…) Bien sûr aussi, ses conseillers le pressaient d’en finir. Mais lui espère bien que les suites de cette rupture vont meubler la presse pendant au moins quinze jours. Ce sera encore ça de gagné. Il ne pourra quand même pas répondre "- Ça relève de ma vie privée" quand on l’emmerdera avec la fusion des collectivités territoriales…

Mais je m’égare encore.

Après l’entretien en tête à tête (35’ pour 30’ prévues. Le truc paarfaîtement calibré par les communicants des deux parties), le must est quand même la mise en parallèle du communiqué du Vatican et du compte-rendu du Pédalonaute à la presse. Les deux évoquent bien sûr divers échanges sur des thèmes internationaux comme la paix, l’environnement et la faim dans le monde, gnagna, etc.  
En revanche, seul le communiqué pontifical dit que "la contribution de la religion au bien commun a été évoquée" et que "quelques arguments d’actualité ont été examinés, comme la famille, la bioéthique, le respect des communautés religieuses et la protection des lieux de culte"…

De deux choses l’une : Soit le Pape ment, soit…

Encore de deux choses l’une :
- Soit notre pwésident s’assoupit et dort pendant les entretiens diplomatiques en tête à tête entre chefs d’Etat et au secours ! Il risque de faire de même demain avec Merkel ou Erdogan et il faut le virer vite fait…
- Soit il ment… Ou, plus banalement, plus bestialement, plus normalement, il fait systématiquement l’impasse sur ce qui le dérange. On en a l’habitude. Et devant la tournure catastrophique de l’état du pays dans tous les domaines il faudrait qu’il fasse un autre job.
Mais quoi ? Louis XVI au moins savait réparer les serrures…