"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 24 février 2014

NDDL - ANTIFA - LMPT - ONLR – ALLO PAPA TANGO… AARGH !



Non, je ne vais pas refaire en moins bien les billets d’indignation ou de constat navré de mes potes sur la sauterie imprévue de samedi à Nantes. Ni chercher à affiner les excellents comparatifs statistiques de notre ami Corto. Ni imaginer la suite du psychodrame éphémère Ayrault-Duflot, il n’y en aura pas avant les élections. Ni évaluer la dose non létale de stéroïdes que peut encore prendre Manuel Valls pour muscler ses mandibules. Non. J’ai juste jeté un œil sur le vocabulaire utilisé à cette occasion. Jeté un œil sur les mots choisis… ou omis. 

Ah ! Manuel ! Ses discours, communiqués, propos de tribune et jactances diverses pourraient peut-être faire un sujet de thèse de sémantique. Il est vrai que son lexique est assez pauvre. Le nombre de mots utilisés est somme-toute limité et ceux-ci sont toujours piochés dans les mêmes tiroirs. Mais tout l’intérêt des sécrétions verbales du locuteur réside dans sa façon d’utiliser ou non les mots et de les agencer dans leurs relations les uns aux autres. En général de façons différentes en des circonstances comparables et de façons comparables en des circonstances différentes. Vous me direz que c’est là banalement la marque du politicien chevronné.
Pourtant, si ce grand savoir-faire dans le ministère de la parole comble d’aise le mercenaire pourvoyeur en signes et espaces des médias en lui donnant de quoi meubler pour pas un rond, le résultat concret au stade de la consommation finale se résume à une sorte de bruit de fond qu’on fait avec la bouche.
Il y a donc là matière à s’interroger et un chercheur universitaire en panne d’idée pourrait avec ça étoffer pour pas cher sa bibliographie de publications académiques. Mais je m’égare…

NDDL, donc. Manuel en cause, forcément.   

Passons sur : "[action] inadmissible qui continuera à trouver une réponse particulièrement déterminée de la part de l’Etat " etc. Là, on est dans le blabla générique habituel. Voyons plus en détail :

Manuel Valls a exprimé sa crainte que «des groupes isolés continuent cette guérilla urbaine». «Cette violence venant de cette ultra-gauche, ainsi que des Black Bloc, très violents, qui sont originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers »
«manifestation transformée en véritable guérilla urbaine échappant totalement à ses organisateurs» Etc.

- Déjà, il ne s’agit pas comme souvent d’affirmer une certitude mais seulement d’exprimer une crainte
- On notera l’insistance à parler de groupes isolés, expression jamais utilisée pour "JDC" ou "LMPT".
- Surtout, l’expression ultra gauche n’est jamais couplée avec extrême-gauche. En d’autres circonstances, les rengaines "extrême-droite et ultra-droite" et "droite et extrême-droite" n’arrachent pourtant pas la gueule du locuteur.
- Les Black Bloc gagnent enfin leur titre de noblesse !  "Ainsi que" ces individus... Ignorés jusqu’à présent par la grande majorité des acurabas, ils évitent avantageusement d’évoquer les Antifas et autres anarchistes qui, hier encore, suivis (et non pas précédés) par CGT, Front de Gauche et PCF, battaient le pavé lyonnais, masqués et avec manches de pioches en scandant "Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour nos fachos"… Manuel ne désigne pas à la vindicte citoyenne les potes de ce pauvre Meric. D’ailleurs, il a dit samedi soir qu’il ne voulait "surtout pas faire des amalgames"…
- On notera aussi que ces Black Bloc étaient très violents. Manière de préciser que les autres ne l’étaient (sans doute) pas… Et, curieusement, il était besoin d’indiquer "qui sont originaires de notre pays", précision inutile, évidemment, dans des circonstances comme celle du Trocadéro…
- Et puis, la manifestation "a totalement échappée à ses organisateurs". Qu’on se le dise.

En bon répétiteur, Libé-qui-n’en-a-plus-pour-longtemps a d’ailleurs cru bien faire en écrivant :
«La fête est gâchée, les organisateurs sont débordés par la frange radicale sur laquelle ils s’appuient depuis le début de ce mouvement» In cauda venenum…
Lesquels organisateurs ont déclaré par la voix de leur porte-parole :
«Peu importe ce que dira la préfecture, pour vous tous et toutes c’est un grand succès» en se plaignant que la manifestation ait été «coupée par une intervention des forces de l’ordre»

Une dernière curiosité est à relever : Manuel s’est attardé avec complaisance à énumérer les exactions commises. Il a parlé d’incendies, de flics blessés, de boulons, de cocktails Molotov, de destructions, etc. Pas une fois, il n’a évoqué l’antienne si souvent entendue contre « tous ceux qui s'en prennent à nos institutions et nos valeurs »…
Il est vrai qu’en d’autres circonstances il n’avait même pas un abribus à se mettre sous la dent pour meubler son temps d’antenne…

Enfin, il aussi affirmé samedi soir :
"Moi j'ai en charge la sécurité des Français. C'est ma tâche quotidienne (…) Je suis cohérent, je suis responsable et cette cohérence et cette responsabilité, chacun doit la partager"

?? Pourquoi ce Moi je ? C’est son job, on le sait. C’est quoi cette sortie comme un cheveu sur la soupe pour nous persuader de sa cohérence et de sa responsabilité, responsabilité que nouzôtres devrions partager porter ?

Trépignement, envie de pisser et fin de rêve du type les pieds dans l’eau qui perçoit le glouglou annonciateur de l’inéluctable engloutissement du radeau de la Méduse ?

1 commentaire:

  1. Belle analyse. En particulier sur "groupes isolés".
    Ceci dit, il apparait évident que a Nantes police, renseignements généraux et préfecture ont été en dessous de tout.

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