"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 31 mai 2014

Ma clope ? K’ess-tu lui veux à ma clope ?



"Galipoff mâchouillait le chewing-gum écœurant qui lui permettait de supporter ces longues journées sans clopes. Au siècle dernier, le commissaire Maigret était inséparable de sa pipe à la télé. C’est à ce genre de détail qu’on mesure le chemin parcouru sur la voie du Progrès.
Fumer était maintenant interdit partout, hormis au domicile de l’intoxiqué à condition qu’il soit équipé d’une VMC dotée d’un filtre spécial. Même au grand air à la campagne, on ne pouvait pas fumer à moins de 50 mètres d’une habitation, d’un bâtiment agricole ou d’un champ cultivé.  Les fumeurs ne pouvaient plus souscrire d’assurance-vie mais il s’en foutait, n’ayant ni enfants ni besoin de crédit immobilier. Il payait la majoration tabagique aux assurances sociales et à la taxe carbone ainsi que la contribution spéciale de solidarité au plan cancer. Ça lui donnait droit à la "carte T", biométrique et mieux sécurisée que la carte Vitale. Elle était indispensable pour pouvoir acheter des clopes chez le buraliste qui tenait un registre plus contrôlé que celui des pharmaciens. Mais, comme tout le monde, il ne s’en servait pas, n’achetant ses clopes qu’en contrebande. D’ailleurs, les buralistes n’étaient plus que des marchands de bimbeloterie vendant les timbres-amendes et les tickets à gratter. Quant aux taxes pharaoniques sur les clopes, elles ne rapportaient plus rien à l’Etat. Il prenait quand-même la carte pour pouvoir l’exhiber en cas de dénonciation par un voisin gêné de l’apercevoir fumant derrière ses rideaux empuantis d’odeur de tabac…
Il avait hâte de rentrer s’en allumer une dans le deux-pièces qu’il habitait depuis qu’il s’était dépacsé d’avec Samantha. Elle l’avait quand même supporté six ans - un record - après qu’il ait divorcé. Son divorce lui avait d’ailleurs coûté la peau des fesses. C’était parti pour une séparation amiable mais ça s’était terminé à ses torts exclusifs. Car pour pouvoir arracher à sa cliente un doublement de ses honoraires, l’avocat de sa femme avait invoqué son tabagisme en glissant sur le fait qu’elle fumait aussi. Et son propre baveux, ce con, n’y avait vu que du bleu…

Galipoff mâchait donc son chewing-gum devant l’écran affichant […]"

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J’allais oublier ! C’est aujourd’hui la Journée sans tabac ! (et jeudi prochain la Journée mondiale de l’Environnement)

Je me suis laissé prendre de court et n’ai pas le temps de chercher quoi dire sur les dernières inventions de Marisol Touraine. Faut pourtant que j’en cause ! C’est si important ; bien plus que le traité transatlantique ou le retournement qui arrive…

Alors que faire pour marquer le coup ?

Rien. Je me contente donc, histoire de meubler, de vous copier-coller quelques lignes extraites de mon feuilleton d’octobre dernier.
Bon dimanche…

L’Elysée, cabinet d’outplacement…



Egalement appelée en bon français "reclassement externe" ou "replacement externe", cette activité s’est développée parallèlement à la non-inversion de la courbe que nous connaissons bien. Pour la plus grande joie des guignols faisant leur beurre dans "l’assistance aux RH", cette prestation de service est devenue en Fwance  une obligation incontournable du plan de sauvegarde de l’emploi devant être mis en place en cas de restructuration d’une entreprise entraînant de nombreux licenciements économiques… Bon.

De nos jours, il semble que l’Elysée consacre une part croissante de ses ressources intellectuelles et de sa force de vente à ce business. Il est vrai que celui-ci recèle de nos jours des perspectives de croissance bien supérieures à celles offertes par les autres secteurs d’activité traditionnels de la boîte, qu’il s’agisse du conseil en compétitivité, de l’audit des organisations, des sociétés de gardiennage et de sécurité ou que sais-je encore…
En principe, offrir des prestations d’outplacement implique de faire un bilan de compétence, d’analyser en vérité le projet professionnel, la personnalité et les motivations du débarqué bénéficiaire afin de l’orienter vers le genre de poste correspondant le mieux à son savoir-faire. Mais il ne faut pas trop en demander… L’essentiel n’est-il pas de reclasser en un minimum de temps ?
Et en ce moment, il y a du boulot...

Tenez, par exemple : Vincent Feltesse vous connaissez ? Pas forcément ; c’est un quadra, régional de l’étape dans le Bordelais. Le brave garçon n’a pas démérité et son savoir-faire est reconnu en matière de manip’ des élus locaux. En plus, cet homme profondément laïc a fait le geste de prélever 50.000€ sur sa réserve parlementaire pour le projet de grande mosquée à Bordeaux. C’est tout à son honneur.
Et vous savez-quoi ?  
- Suppléant de Michèle Delaunay aux législatives juste après qu’on ait rallumé la lumière il y a deux ans, il s’est retrouvé député dans la foulée et, tout heureux, a démissionné aussi sec de son mandat de maire de Blanquefort au titre du cumul…
- Président de la Communauté Urbaine de Bordeaux, candidat à la mairie de la ville et sèchement battu par Juppé dès le premier tour, il a dû lui céder son fauteuil à l’agglo’ avec la voiture et tout ce qui va avec…
- Et voilà-t-y pas que la Delaunay n’est pas reconduite au gouvernement ! Il vient donc de devoir lui restituer son siège de député le mois dernier ! Snif…
Qu’à cela ne tienne ; on n’allait quand-même pas le laisser pointer à Pôle-Emploi ! On lui a donc trouvé un poste dans les couloirs de l’Elysée : "conseiller en charge des relations avec les élus et les formations politiques" (y a du boulot…) et…"il sera également chargé des études d'opinion et des argumentaires politiques" Restera sans doute à affiner la répartition des tâches entre lui et Gaspard Gantzer nommé le 23 avril "conseiller chef du pôle communication" Mais ce n’est pas grave ; on a l’habitude et ça prouve au moins qu’il faut bien deux types pour remplacer Aquilino Morelle…

Mais c’est que maintenant il faut entrer dans le dur

Eh oui ! La brusque augmentation du chômage, l’ampleur des charrettes de licenciements déplorées le mois dernier dans une certaine catégorie socio-professionnelle rend la tâche de plus en plus ardue. Tenez par exemple : Pour la place de commissaire européen fwançais à Bruxelles, on avait un client tout désigné en la personne de Moscovici qui s’ennuyait à Bercy. Patatras ! Il n’y a qu’un poste à pourvoir et voilà qu’il y a un autre client dans la short list : Notre Jean-Marc Ayrault… Et ce n’est pas tout !  Il y a aussi Elisabeth Guigou qui, en plus, excusez du peu, se verrait bien remplacer Catherine Ashton au poste le mieux rémunéré d’Europe ! Et Pervenche Berès qui ramène aussi sa fraise !

Certes, aucun n’est à la rue ; les trois premiers émargent au Palais Bourbon et la quatrième à Strasbourg. Mais ça libèrera un emploi… Le drame, c’est que le choix final de l’heureux élu revient au seul Président de la République et il lui reste à peine trois semaines pour se décider…

Commençant à connaître François II Pédalonaute, son indécision soleferinesque et sa répugnance à trancher, je me marre…

Mais rassurez-vous. De toutes les façons, ce n’est pas l’intérêt supérieur de la France comme causait De Gaulle, qui présidera à la décision qu’il va bien devoir prendre…  
    

vendredi 30 mai 2014

Futurs "petits blancs" et grosse fatigue…




Hier donc c’était la grosse manif anti F-Haine. Manif réservée aux "jeunes" ; pour les jeunes, par les jeunes… Cébien. Sans les politiques. Et les brutos antifas ont plutôt fait profil bas. Tant mieux. Et tant pis pour papa et maman, grand-papa et grand-maman qui ont été priés de rester à la maison ou en EHPAD, privés de la petite joie de rejouer encore une fois, une dernière fois, qui leurs frissons nostalgiques de résistants en ticheurtes made in ailleurs et keffiehs palestiniens, qui leurs rêves pubertaires en cols Mao sous les pavés la plage….

C’est pour ça, et rien que pour ça, que le séisme de mai 2014 n’a mobilisé que 0,8 % des masses ayant été conscientisées par le séisme d’avril 2002. Le plus con, c’est que Hollande et Valls ne peuvent même pas se vanter d’être à l’origine de ce regain de sérénité

- A 20 ans, Myriam en est déjà à sa deuxième manifestation anti-F-Haine. La première fois, c’était en 2002. Elle avait alors 8 ans, la petite ! Mais elle y était et ça l’avait marquée. Donc, au coup de sonnette de la sirène d’alerte annonçant le tsunami, comme le canidé de Pavlov, elle est redescendue dans la rue pour dénoncer… C’est écrit dans le journal.
- Charlotte aussi est revenue. En 2002, elle avait déjà 23 ans et militait peut-être à donf’. Aujourd’hui elle en a 35 mais et est toujours comptabilisé dans les "jeunes" grâce aux bienfaits de l’adulescence. Elle ne faisait pas tache dans le cortège qu’il fallait meubler. J’ai relevé ce qu’elle a dit au mercenaire de presse enchaînant les micros-trottoirs : "- Aujourd’hui, on devait venir à 25, mais nous ne sommes finalement que deux - les autres étaient fatigués… "

Mais ce que j’ai surtout retenu de ces processions du Saint Sacrement de l’Eglise du Vivensemble™, c’est la collection de photos de presse, ce matin sur Google-images :

Où sont les Blacks, les Beurs, l’avenir des cités et des banlieues, et tous les ex-futurs bénéficiaires du droit-de-vote-ses-étrangers-aux-élections-locales ? On ne voit rien d’autre que de gentilles brochettes de petits blancs bien propres sur eux venus faire rempart de leurs petites mains contre la bête immonde toujours féconde… Est-ce rassurant ?

jeudi 29 mai 2014

Faisons un geste charitable…



C’est si triste de voir tous ces "jeunes" dont le logiciel cérébral s’est ossifié lorsqu’ils étaient encore en culottes courtes. Leurs neurones ont semble-t-il cessé de se renouveler après la "quinzaine héroïque" du 22 avril au 4 mai 2002. Depuis que leurs profs du collège les ont envoyés manifester contre le vieux croquemitaine borgne, ils ressassent leurs souvenirs d’anciens combattants. Je parle des plus âgés ; les plus jeunes, eux, se souviennent que leurs instituteurs, voire leurs puéricultrices, s’étaient mis en grève et que c’était bien…

Par altruisme et charité chrétienne, il me semble être mon devoir de relayer ici "L'appel des organisations de jeunesses progressistes" à manifester ce 29 mai après-midi.
Ils ont rendez-vous à 14 heures place de la Bastille à Paris et partout en France, "pour affirmer que la France du Front national n’est pas la leur"

Bien sûr, vous me direz que je vous préviens un peu tard. Mais il ne s’agit pas de vous inviter à les rejoindre ; ils seront entre eux et il ne faut pas les déranger. C’est comme lors des enterrements, il faut respecter l’intimité des proches et de la famille. Nous ne pouvons rien pour atténuer leurs angoisses et consoler leurs peines. Surtout, sous leurs airs de jeunes pleins de vie, tous ces petits vieux auront besoin de se soutenir mutuellement en rejouant aux résistants et combattants qu’ils n’ont jamais été. En cassant peut être du mobilier urbain pour tenter de masquer le flop et qu’ils ne cassent rien…
Non. Je vous invite simplement à avoir une pensée compassionnelle pour ces petits vieux en baskets.
Pour le compte-rendu, vous verrez demain dans votre journal habituel.

Pour changer de la lecture des Actes des Apôtres en ce jour de l’Ascension, vous pourrez méditer sur le collection de phrases ci-dessous, extraites de leur communiqué dans Libé :      

"Les résultats des élections européennes sont un véritable cataclysme - Notre camp, c’est celui qui s’indigne et se mobilise contre l’expulsion des sans-papiers, contre les violences, misogynes, homophobes et racistes. - C’est celui qui rembourse la contraception et l’IVG, qui s’est engagé pour les droits des femmes. - Cette France doit se mobiliser. - Face au Front national et à la montée des idées d’extrême droite, nous nous engageons. - Leurs groupuscules fascistes réaffirment leur nature violente. Plusieurs ont été reconnus coupables de meurtres racistes. - Ils sont opposés à toute forme de progrès. - L’application de leur programme serait une catastrophe pour les classes populaires. - La France n’a jamais été aussi riche. Nous avons les moyens d’assurer à tou-te-s l’égalité et la justice en répartissant les richesses, et de créer de l’emploi pour tou-te-s. Pour combattre l’extrême droite nous devons continuer à porter le progrès. C’est pour cela que nous nous mobilisons pour le droit de vote des étranger-e-s, la régularisation des sans-papiers et l’accès à la PMA pour toutes. Combattre le Front national, c’est aussi exiger l’augmentation des minima sociaux, l’augmentation des salaires et en assurant l’accès de tou-te-s aux services publiques indispensables. C’est lutter contre l’exclusion, la peur de l’autre et la xénophobie.
Nous, génération sacrifiée, décidons de reprendre notre place dans la marche de l’Histoire. Nos droits ne sont pas le fruit du hasard, ils sont issus des luttes et des combats passés.- C’est un combat entre deux mondes que nous menons, nous sommes déterminé-e-s, uni-e-s, prêt-e-s à mener la bataille…
C’est donc ensemble que nous appelons les forces progressistes, les jeunes et les salariés à s’unir"…

Appel signé par l’Unef, la FIDL, l’UNL, Osez le féminisme, la Maison des potes, les Jeunes socialistes, les Jeunes communistes, les jeunes du Parti de gauche, les jeunes de la Gauche unitaire, les jeunes d'Ensemble, les Jeunes écologistes, les Jeunes radicaux de gauche…

Vous n’êtes pas obligés de faire un don…