"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 12 mai 2014

Les pilosités du crépuscule.



Tiens ! Ça pourrait être le titre d’une nouvelle ; voire d’un essai hautement philosophique…
C’est juste celui d’un petit billet à la con.
A la con ? Pas pour moi ; je me force à rester puérile, ça aide à vieillir sereinement…
Premiers signes annonciateurs d’un naufrage (non) programmé.
Non programmé mais inéluctable.
Vu que mon pronostic vital est quand-même plus engagé sous le Pédalonaute que sous Vincent Auriol ; c’est comme ça.
Certes, des signes annonciateurs il y en a déjà eu bien d’autres…
Mais, pour moi, pas aussi forts, jamais aussi signifiants sur le plan des symboles.

Je vais devoir m’abandonner cette semaine entre les mains de chirurgiens et autres anesthésistes dont j’espère le niveau de compétence au moins aussi élevé que celui de leurs honoraires.
Ce sont des choses qui arrivent. Et qui sont d’une banalité telle que dame Sécu n’y voit que routine et consent encore avec lassitude à y apporter sa contribution au titre d’un Produit Intérieur Brut bidon. Si au moins ce con de Ploukèm’ bénéficiait de l’AME, elle pourrait présenter la facture à Bercy au lieu de creuser encore le déficit comptable de son budget perso. Même pas. Mais je m’égare…

Le problème, majeur, essentiel, et, hélas, incontournable, c’est qu’il va falloir que… je me rase.

C’est tout ? Oui.

Bien sûr, je me rase régulièrement le cou, les pommettes et le dessous du nez. Et j’égalise au ciseau le dessus de la lèvre pour ne ressembler ni à Obélix ni à José Bové… Car si je suis plutôt ours solitaire, je reste encore, à l’occasion, un ours mondain…

Mais là, c’est comme si une comète de 100.000 tonnes venait de s’écraser dans le jardin de mon douar d’élection ! Il faut que je me rase...

Sans discontinuité, ça fait quarante-deux ans que je porte la barbe…

Pour des raisons très personnelles, je n’ai pas oublié la date : cela fait aujourd’hui 42 ans, 2 semaines et 1 jour que pour la dernière fois je me suis rasé de près menton, maxillaires, toussa

- Je me souviens qu’un jour, avant de sombrer Alzheimer, ma mère m’a dit : "- Est-ce que je te reverrai une fois sans barbe avant de mourir ?" Non…
- Ces jours-ci, mes enfants, tous adultes, eux-mêmes parents et… loin, m’ont réclamé des selfies de la bête post-désastre. Avec l’argument imparable : aucun d’eux n’a vu leur père sans barbe, hormis sur le papier de vieilles photos d’avant eux. Et cépabien  
- Dans quinze jours, nous avons une réunion de famille - loin - où je devrais en principe pouvoir me rendre si l’opération se passe bien. J’hésite. Une barbe de seulement six ou huit jours me semble insuffisante pour oser me montrer. Ce serait comme un cauchemar dont je me réveillerais en sueur, persuadé que je suis à poil en chaussettes dans la rue devant mes enfants et petits-enfants sûrement moins rigolards qu’atterrés…

Bref, j’attends de voir… Encore 48h avant d’entrer à l’hosto. Je vais m’installer demain devant ma glace et commencer par la tondeuse sans sabot avant de passer au rasoir. Je sais que je ferai une selfie avant. Après ? Je ne sais pas. Peut-être n’aurai-je pas le temps. Qui sait ? Un arrêt cardiaque ou un truc de ce genre…

Bon. C’est l’ordi qui va être content. Ça va faire des vacances au clavier. Je vous donnerai des nouvelles ; peut-être…  
   

11 commentaires:

  1. j'ai perdu mes tifs deux fois pour le cancer , ça fait drôle mais on s'en remet !
    courage on va te soutenir moralement, et on viendra aux nouvelles
    on t'aime comme tu es et on n'est pas a un poil près !
    entrant à ton tour dans la confrérie des déplumés passagerement ,je me permets le tutoiement !
    tiens bon et reviens vite en forme !

    RépondreSupprimer
  2. On peut aussi trouver l'expérience du rasage amusante, plus personne ne vous reconnaitra.. Vous serez incognito. Osez le faire maintenant et promenez vous, voyez vos voisins, amis, commerçans, cela vous fera des expériences rigolotes que vous pourrez repasser tranquillou sur votre lit d'hopital.
    Et a très bientôt, une barbe de trois jours c'est top mode, six ou huit, c'est moins clean.

    RépondreSupprimer
  3. Et bien bon courage mon ami, à très, très, bientot !

    RépondreSupprimer
  4. J'espère que vous nous reviendrez, glabre ou pas, au plus tôt et en pleine forme !

    RépondreSupprimer
  5. revenez nous vite vous n'êtes pas rasoir

    RépondreSupprimer
  6. Attention aux UV, attention à la lumière au fond du tunnel c'est parfois un train qui arrive à toute vitesse. Mais je m'égare, au plaisir de vous lire.

    RépondreSupprimer
  7. Une petite photo avant, peut être?

    Bernard de Thailande

    RépondreSupprimer
  8. Barbu de longue date moi-même, je vous comprends. A bientôt et revenez-nous barbu.

    RépondreSupprimer
  9. Bon courage, cher Plouc, et à bientôt!

    RépondreSupprimer
  10. J'espère que tu n'es pas encore entré en clinique !
    Ton billet date du 12 et on est le 14.
    Bon courage ptit Ploukem !

    Je compatis pour la barbe, mais bon, faut ce qu'il faut.
    Ca va repousser et ne perds pas une belle réu de famille pour cette raison-là, voyons !

    Tiens le coup ! Faut qu'on les ait !
    Et faut qu'on soit là quand on les aura !

    Bon courage, donne des news.
    Bisous !

    RépondreSupprimer
  11. Même si je n’interviens guère sur votre blog, cela ne m'empêche pas de me délecter à le lire. Alors je vous souhaite bon courage et revenez-nous très vite !

    RépondreSupprimer