"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 23 juin 2014

Méditation sur les paysages traversés…



Je suis rentré cet après-midi d’une réunion de famille dont je ne vous conterai rien mais qui fut un de ces petits moments de bonheur qui ponctuent la vie du poor lonesome widower

Pourquoi vous en causer alors ?

Parce que je viens à cette occasion de traverser les paysages de la France…

- J’ai donc quitté ce matin un des douars de cantonnement de ma lignée. Celui-là, précisons-le, n’est pas au tréfonds de la Lozère ou un de ces écarts périphériques chers à Christophe Guilluy. C’est quand-même le chef-lieu de 26.000 habitants d’une agglo’ en comptant 60.000 à une demi-heure de TER de Paris (à l’ouest, certes…) Evidemment, il y a différents quartiers mais tout de même…
En bordure d’un entrelacs de petites rues bordées de pavillons accolés assez modestes et tous pareils avec leurs jardinets, une école communale, publique et laïque donc, bâtie comme un grand hangar autour de sa cour… C’est là qu’officie ce cher Dante en qualité d’élève de CP. Il habite si près qu’il s’y rend à vélo en traversant la seule grande rue au feu rouge…
Dante a tenu hier soir à me montrer sa photo de classe en me détaillant ses potes… Photo classique avec l’institutrice et ses 25 élèves… Sur les 25 élèves, il y en a un (d’ailleurs un de ses potes mais son prénom, bien-de-chez-nous, m’échappe) dont je ne saurais dire s’il est mulâtre, un chouïa magrébin, voire latinos foncé… Et les 24 autres sont sans conteste tous des leucodermes pour jus…
Incidemment, j’ai appris qu’il y en avait au moins huit qu’il voyait très souvent le dimanche à la Messe…

- Dans la foulée, j’ai donc ensuite pu admirer d’autres paysages de la France. Grâce aux attentions compréhensives quoique résiduelles de Sud-Rail et de la CGT, j’ai pu m’attarder plus longuement devant certains tableaux que devant la Joconde au Louvres, compressé entre deux japonais… J’ai ainsi successivement contemplé les intérieurs d’une rame de TER, d’une gare parisienne, de deux rames de métro et des couloirs de correspondance en prime, d’une autre gare parisienne, d’un wagon de TGV, de la gare de Lyon Part-Dieu puis d’encore deux rames de métro et enfin les extérieurs de quelques rues familières…

- Pour conclure ma journée un autre paysage m’attendait : Celui du parvis de l’Opéra. Là, une grosse soixantaine de guignols occupait l’espace en tapant sur des bidons avec une ardeur de trisomiques découvrant une nouvelle activité. Une banderole et des drapeaux noirs ornés de croix blanches (des x genre signatures d’analphabètes) annonçaient que l’Opéra était "occupé".
Ce happening qui nous cassait les oreilles en s’appropriant l’espace public durant plusieurs heures était l’œuvre d’un "collectif unitaire chômeurs-intermittents-intérimaires" Manifestement, si le gros de la troupe semblait constituée d’intermittents du spectacle vivant, le tract distribué n’en disait pas un mot. Pas la moindre envolée lyrique sur la défense de la Kultur ou quoi que ce soit de ce genre. Il n’évoquait que l’assurance chômage en général. Et les pancartes n’évoquaient que la précarité. Point… Comme quoi, il n’y a guère qu’Aurélie Filippetti pour penser que la défense des intermittents d’estrade est un sujet porteur
Mais ce n’est pas ça qui a retenu mon attention. Il y avait là quelques cheveux rouges et même je crois une tignasse teinte en bleu. Mais tous, j’ai bien dit tous, étaient… exempts de diversité !  Je suis resté un bon moment à les détailler tous : Eh bien, rien à voir avec le métro, le train et les halls de gare ! Pas un black, pas un Beur, que dalle ! Ces précaires-là sont-ils bien le reflet de la Fwance ?

Mais ce qui m’a troublé, ce qui m’a inquiété, c’est que, par l’homogénéité de leur look ethnico-épidermique, ils relevaient tous de la même espèce que la classe de Dante !

Ceci-dit, rassurons-nous ; ceux-là n’ont pas l’air de faire beaucoup d’enfants… 

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