"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 7 juillet 2014

Les grues seront contentes



Et les morues vont se rincer l’œil…

La lassitude me ramollit chaque jour un peu plus : 9° (ou 14°, quand on aime on ne compte pas) procédure judiciaire visant à finir de couler Sarkozy ; Aurélie Filippetti passant la brosse à reluire sur les intermittents-militants comme on pisse dans une contrebasse ; la Rachida bâchée mère de famille déséquilibrée trucide une disciple d’Education sans frontière militant pour la régularisation de sans-papiers ; Ségolène bredouille n’importe quoi plus que bidon sur ma facture d’électricité ; désormais 7 contrôles judiciaires stricts comme si 4 ne suffisait pas dans l’instruction pour incitation à la haine toujours pas bouclée à Poitiers depuis un an ; Cazeneuve se targue de 82 interpellations après Allemagne-Algérie dont on ne connaîtra jamais les suites ; le CSA qui se réveille pour se préoccuper de la neutralité des blogs ; la conférence sociale qui tourne en eau de boudin et les pactes sœur-Anne-ne-vois-tu-rien-venir ; le Pédalonaute qui retrouve tout content dans sa boîte à outils l’astuce éculée du Mitterrand il y a 28 ans : la dose de proportionnelle pour limiter la casse aux législatives ; et Estéban toujours en taule préventive depuis plus d’un an sans que rien n’avance quand tant d’autres de multiples fois condamnés fermes sont dehors… Quoi d’autre ?

J’ai le moral dans les chaussettes et en serai bientôt réduit à plagier les pages cultures de Libé.

Bon, cépatout. Je lisais récemment sur le site de La Tribune un papier fort intéressant sur le problème auquel les spéculateurs et la finance sont confrontés avec l’évolution accélérée de l’art contemporain où les œuvres pérennes cèdent de plus en plus le pas à des installations éphémères, des performances fugaces, voire carrément à des "choses" carrément… virtuelles.

J’y ai repensé ce matin en lisant une dépêche sur la dernière performance de JR. Vous ne connaissez pas JR ? C’est pas grave. Photographe, ce type de 31 ans, fwançais d’origine tunisienne comme de juste, se définit lui-même comme un artiviste urbain. Déjà, en 2009, Le Monde décrivait son travail comme révélateur d’humanité et Beaux-Arts magasine disait que c’était le Cartier-Bresson du XXI° siècle…J’avoue que ce qu’il fait vaut souvent le coup d’œil. Le bougre a le sens des affaires mis au service d’une créativité indéniable. Et lui au moins fait dans le construit et ne vend pas que du vent. Enfin, si ou veut…

Figurez-vous qu’après avoir investi le Panthéon, il s'est lancé dans une nouvelle œuvre : réaliser un collage géant de plus de 5.000 mètres carrés sur un porte-conteneurs. 
Intitulée Danse avec les grues, cette œuvre a été conçue avec l'aide des dockers du port du Havre (où se trouvait le navire), dans le cadre du festival Terre d'eaux. Chaque conteneur est comme un pixel de l'image (le regard d’une femme) qui n’a été dévoilée que lorsque le navire a quitté le port samedi matin…

Une fois hors de portée des plus grosses jumelles de marine, les grues du port seront définitivement privées de leur danseuse et même les travailleurs de la mer embarqués ne pourront rien voir, ayant le nez dessus. Hormis quelques plaisanciers durant les premières heures de navigation, peut-être un banc de morues en profitera-t-il si cette vision inhabituelle ne le perturbe pas trop.
Car dès la première escale, les nécessités commerciales reprendront le dessus. Les boîtes "équivalent vingt pieds" seront tellement brassées qu’à l’instant où j’écris l’image de la pauvre fille ayant servi de modèle est sûrement déjà borgne, édentée, lacérée comme une fatma ayant fauté au pays des printemps qui ne finissent pas.    

Cette opération qui, je suppose, vise à valoriser le patrimoine a été financée par la compagnie CMA-CGM armateur du navire, le regroupement des ports du Havre, de Rouen et de Paris (excusez du peu) et les collectivités de l'estuaire…
Si la famille Saadé que j’ai un peu connue et qui ne néglige pas le mécénat veut claquer ses surplus de marge de cette façon, c’est son droit légitime. Ceci-dit, je vois mal les dockers, honnêtes syndiqués, y avoir mis la main sans contrepartie consistante. Et je m’interroge sur le retour sur investissement attendu par nos Ports autonomes et les collectivités de Basse-Seine.

Mais au point où nous en sommes, que puis-je faire d’autre que de m’en foutre ?







JR  

3 commentaires:

  1. kobus van cleef09/07/2014 21:42

    La compagnie se nomme "cma cgm"
    Un copain de mes gosses est embarqué dans la marchande
    Dans leur milieu cet acronyme est interprété comme ça ; c'est mon argent, c'est géré méchamment
    Sinon, désolé pour votre photo, mais les morcif de la greluse sont ininterpretables, trop petit, trop flou, trop tout

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    1. Cliquez sur la photo, mettez vos lunettes et vous verrez les mirettes de la gonzesse...

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  2. kobus van cleef09/07/2014 21:50

    Il y a moultes années, Bourlanges, le zentrist honteux, avait, au micro de l'esprit public, soutenu qu'un FRAC quelconque s'était porté acquéreur d'une 'stallation d'un grand nom de l'art contempourien, laquelle 'stallation consistait en..... rien, précisément
    Y en avait pas pour cher, quelques millions de francs, on était encore au 20eme triomphal....
    Enfin, ces millions lorsqu'il a fallu les verser, ce fut une autre paire de mostach' l'acheteur du FRAC poussait, le CA du FRAC reculait
    Acquisition annulée donc
    Procès des ayant droit du tartiste, pas jouaces de faire l'impasse sur la monnaie
    L'affaire, parait-il, court toujours

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