"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 30 août 2014

La guerre N’EST PAS pour la semaine prochaine !



J’avais depuis trois jours sous le coude les premières lignes d’ébauche d’un billet à publier au plus tard le 31 août et intitulé :

La guerre, c’est parti pour la semaine prochaine !

C’est rappé. Pour l’instant…

Il commençait ainsi : "Préalablement aspergés de l’eau bénite du Conseil de Sécurité, les premiers F16 de l’US Air Force vont tirer leurs missiles préventifs et larguer leurs bombes humanitaires aux frontières nord et est du Donbass dès lundi matin avant l’aube afin d’épurer l’Ukraine de ses populations russophones de repousser l’agresseur moscovite…"

Je divaguais. On ne va pas mourir pour Dantzig Kharkiv… Pourtant, c’était bien parti pour…

- D’abord, parce que depuis huit jours les fauteurs de guerre étaient tous sur le pont pour faire monter la pression chaque jour un peu plus jusqu’au paroxysme : Les faucons US étaient à la manœuvre, les faux-cons couillons européens à la télé, les journaux de tous bords en rajoutaient de façon visiblement orchestrée, les bonnes âmes trépignaient, les pacifistes et les internationalistes appelaient aux armes, Béachelle et Merkel, Mélenchon et Fillon itou, et même Carine pour faire bon poids… L’union sacrée, je vous dis !
Pensez donc ! Le Conducator de Kiev appelait au secours, la CIA avait les preuves : Mieux que les armes-de-destruction-massive à Saddam, après les camions de bouffe et de matelas, des mitrailleuses, des missiles et des bidasses, rendez-vous compte ! Il y a 48h, le Conseil de sécurité se réunissait en urgence, l’OTAN vissait les fusées sur les obus et décoiffait les bouches à feu… Il suffisait d’un rien…

- Ensuite, pourquoi avais-je choisis la semaine prochaine, première de septembre ?
A cause des manœuvres internationales en Ukraine…
Comme tout pays qui n’est pas la Corée du Nord, l’armée ukrainienne organise chaque année sur son territoire des manœuvres communes avec des forces "amies" pour échanger expériences et méthodes.
Chez eux, la Rada (assemblée nationale) doit valider au préalable le programme annuel d’exercices conjoints avec indication des effectifs, armes, périodes envisagée et durée de présence autorisée de troupes étrangères sur le territoire.
Pour 2014, le nombre d’exercices prévus a augmenté d’un tiers et tous le sont avec des pays de l’OTAN (contre seulement la moitié l’an dernier) Ils sont prévus pour des périodes de 7 à 25 jours à fixer au choix des Etats-Majors sur une plage autorisée de deux à sept mois selon le cas. Or, il se trouve que le seul mois où tous ces exercices peuvent avoir lieu en même temps, c’est… le mois de septembre.
Durant le mois qui vient, donc, Kiev est en cas d’accueillir sur son sol plus de 500 soldats européens, en majorité Polonais, pour 7 à 14 jours. OK. Et puis ? - Et puis, pour 25 jours, 2.800 soldats américains avec 39 avions et hélicoptères plus 9 navires et 2 sous-marins…

Heureusement que l’U.E. n’est qu’un ectoplasme virtuel. Au bord du gouffre, les Fabius et Cie ont pissé dans leurs frocs, qui en réalisant les conséquences (rien que celles à court terme, faudrait pas croire), qui en comptant ses sous et l’impact des rétorsions russes aux sanctions, qui… va savoir…Du coup, OTAN et ONU restent flous. Faute à pas de chance. Les Ricains attendront une prochaine occase puisque le but du jeu reste de mouiller l’Europe…
Ouf ! On va donc en rester aux moulinets de bras en aggravant les sanctions qui vont nous coûter un bras. Le fossé infranchissable qui se serait ouvert pour au moins un demi-siècle entre la vieille Europe et la Russie en cas de frappe est partie remise jusqu’à la prochaine… De toute façon, l’objectif des américains reste inchangé et le fossé est déjà bien large.

Que vous dire d’autre ?

- Sur le fond du théâtre géopolitique : d’aller lire ici l’entretien d’Alain de Benoist publié le 14 juin dernier sur Boulevard Voltaire.
- Pour comprendre l’Ukraine : de vous palucher l’épais dossier constitué sur le site d’Olivier Berruyer.
Et puis, sur le "sujet" Ukraine, de compléter la lecture du Monde, du Figaro et d’Atlantico par celle des contributeurs du BoulevardVoltaire sur la question.

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