"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 10 octobre 2014

Du hochet de saison et de l’utilité de l’éternel futur…



Deux nouvelles qui n’ont rien à voir entre elles mais qui illustrent chacune dans son genre la vanité satisfaite conjuguée à l’impuissance de fait des présumées autorités morales et politiques…

- Le hochet tout d’abord. L’aréopage académique et scandinave a fait sa corvée annuelle consistant à attribuer le Prix Nobel de la Paix à la personnalité ayant cette année le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes et à la propagation des progrès pour la paix… A lire la consigne, je reconnais que le job est assez coton bien qu’il semble désormais impossible de ne pas l’attribuer. Pourtant, cela a été le cas treize fois au cours du précédent siècle. Mais depuis quarante-sept années consécutives on a toujours trouvé un guignol ou une organisation à qui donner le hochet ; au point d’aller chercher l’Union Européenne après le Kosovo, sans doute en prévision de l’Ukraine, et même Barak Obama en anticipant sur les drones et bien d’autres choses…
Bien sûr, j’ai un grand respect pour Malala Yousafzai et son courage de vraie résistante, à 14 ans, face à l’atroce fin qui lui était promise par les "puristes" musulmans. Il n’en demeure pas moins que, pour symbolique qu’il soit, le choix de cette gamine de 17 ans, maintenant sensée être à l’abri et scolarisée à Birmingham, illustre parfaitement le peu qu’on attend désormais des acteurs œuvrant au rapprochement des peuples, au désarmement et pour la Paix : tout juste de l’émotionnel et du compassionnel bisounoursien…

C’est toujours ça et ça ne mange pas de pain.

- Le même jour, au terme de quatre jours de débats, nos chers députés ont voté le 1° des 54 articles du projet de loi de" transition énergétique". Cébien.
Par cet article rédigé par l’exécutif, le législateur a décidé de donner force de loi aux obligations suivantes :
a) la part du nucléaire dans la production d’électricité sera réduite d’un tiers à l’horizon 2025 (10 ans…)
b) sur la base de 2012, la consommation d’énergie devra avoir diminué de moitié en 2050 (35 ans…) avec en objectif intermédiaire une diminution de 20% en 2030 (15 ans…)
c) sur une base de 100 en 1990, les émissions de gaz à effet de serre ne devront plus être que de 60 en 2030 et de 25 en 2050…
d) la part des énergies dites renouvelables (8,8% actuellement) devra être portée à 23% en 2020 (triplée en 5 ans…) et à 30% en 2030…

Que c’est beau ! Ce volontarisme a heureusement tiré les leçons de celui manifesté naguère pour l’inversion de la courbe du chômage et autres changements ahorita… On ne fait plus ce genre d’erreur puérile de débutant. Aucun objectif d’étape n’est acté pour 2016 ou 2017… Il suffit de prendre des engagements bricolés à court terme pour contenter trois écolos capricieux dès lors que les dits engagements n’engagent pas le maintenant mais meublent l’estrade en singeant une ferme volonté présumée adossée à une vision à long terme

C’est  toujours ça et ça ne mange pas de pain.

Mais ne soyons pas pessimiste. Compte tenu de l’effondrement économique et social qui se profile si rien ne change, ils arriveront peut-être à atteindre leurs objectifs… sans faire exprès !  

En 1793, chargé de relayer à son escouade la harangue du représentant de la Convention aux Armées un caporal de mes aïeux leur a dit : "- Le représentant a dit : Avec du fer et du pain on peut aller en Chine !" Puis il a ajouté, un ton en dessous : "- Il n’a pas parlé des souliers…"
En 2014, le projet de loi sur l’énergie ne dit absolument rien de l’impact du calendrier affiché sur les factures d’électricité…
Mais c’est sans importance. Faute d’avoir la moindre prise sur le réel, il suffit d’occuper l’estrade en manifestant un volontarisme rêvé dans l’éternel futur…

Et tant pis si ça n’a pas plus d’impact sur le réel qu’un Prix Nobel de la Paix…

1 commentaire:

  1. "changements ahorita…"

    ou même "hasta la vista", voire "hasta plus" pour les rêveurs tristes et doux...
    Aussi efficace qu'un "La Révolution!!!... mais tranquillou, hein".

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