"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 28 novembre 2014

Le bouffon magnifique et le fou à lier.



- Le bouffon magnifique, tout d’abord. Avec sa tronche de gendre idéal malgré son œil de (plus très) jeune coq avide de trousser les poulettes, avec sa suffisance, son arrogance et sa certitude d’être le seul avenir dont le futur a droit, Arnaud Montebourg de mes deux est un bouffon magnifique. Oui.
Pas un bouffon du roi, non. Quand je dis bouffons du roi, évidemment pas (ou plus) du roi qui procrastine dans notre château ; ces bouffons-là, on ne les évoque plus qu’à l’imparfait de l’indicatif. Mais des bouffons des rois, empereurs et sultans de l’Empire du Bien, il y en a à la pelle. Ce serait donc trop banal, Arnaud ne mange plus pas de ce pain-là.
Et pour remplir son office de bouffon, il n’a pas besoin de s’affubler de fripes d’Arlequin, de claquettes surdimensionnées, de nez rouge et de clochettes aux fesses, non. Être lui-même suffit. Il est le bouffon de lui-même. On pardonne beaucoup à ceux qui nous font rire, surtout quand leur performance dans le ridiculisme provient principalement, comme chez lui, du fait de ne pas se rendre compte à quel point il se caricature lui-même. Bien mieux que Bébel dans Le magnifique car lui, Arnaud, il ne joue pas un rôle, il "vit" son réel Et son ridiculisme en vérité fait oublier les répliques lourdingues et les effets néfastes de son socialisme sur-joué

Aujourd’hui donc, Arnaud a le plus sérieusement du monde pondu une tribune où il nous explique doctement que "(…) la politique, elle ne se rend plus elle-même compte de l'institutionnalisation de sa propre arrogance, matrice fondamentale de la décision erronée ou fautive."

Les indulgents diront peut-être qu’il commence à virer sa cuti dans le cadre de son business plan… Au demeurant, sortir ça le jour même où tombe l’annonce qu’après une ultime tentative suppliante auprès de Titan, il n’y a désormais et définitivement plus rien à faire d’autre que fermer Goodyear-Amiens, c’est magnifique !
Arnaud, ce n’est jamais qu’un petit marquis poudré qu’on a laissé monter en graine à force de lui passer ses caprices. Sous le costard et la mèche artistiquement bouclée, c’est resté un insupportable gamin narcissique en culotte courte. Il suffit de lui enlever les jouets qui ne sont pas de son âge ; c’est fait. Il ne peut plus blesser quelqu’un, casser la boutique ou nous faire pleurer mais il peut continuer à nous faire rire.

[pour rafraîchir la mémoire sur l’Affaire Goodyear, c’est ICI ]

- Le fou à lier, c’est autre chose. Béachelle, lui, est un bouffon sinistre, un fou dangereux à enfermer d’urgence (camisole, cellule capitonnée et sédation au Valium). Ce vautour ne jouit qu’à l’idée de déclencher des guerres, des bombardements, des affrontements et des massacres. Il bande à l’idée de pouvoir disposer de nouveaux tas de ruines qui feront un joli décor pour se faire prendre en photo. La Libye ça lui a plu. Bon, maintenant il vaut mieux ne plus en parler et passer à autre chose. C’est comme le Kosovo, ça lasse. Ah l’Ukraine ! Voilà un charnier chantier à sa mesure ! On va voir ce qu’on va voir !
Certes, une guerre on sait comment ça commence mais pas d’avance comment ça finit ; surtout que l’Ours n’a pas la même pointure que l’autre bédouin de Tripoli. Mais c’est sans importance !

Le 18 novembre dernier, Béachelle était à Kiev pour prononcer une allocution (pourquoi lui ? allez savoir…) lors de la remise de la médaille d’honneur Andrey Sheptytsky (métropolite orthodoxe d’Ukraine pendant la guerre mondiale) à Viktor Pinchuk (un oligarque triple milliardaire juif d’Ukraine). A cette occasion, construit comme le sont habituellement ses logorrhées, il a fait un discours absolument effarant. Pieusement publié par son site d’autopromotion La règle du jeu, il a été repris mot à mot (j’ai vérifié), décortiqué et commenté par le site Les crises où je vous invite de vous référer. C’est ni plus ni moins qu’un appel à la guerre contre la Russie, au réarmement à outrance du régime de Kiev avec intervention de l’OTAN, la France en tête !
Non seulement il y est dit que la France ne livrera jamais le Mistral à ce "minable petit officier du FSB () qui serait bien capable de l’acheminer devant Marioupol ou Odessa." mais aussi qu’il "y a la solution que j’ai proposée qui serait de vendre le navire à l’Ukraine moyennant un prêt de longue durée et à intérêt privilégié que lui consentirait l’Union Européenne"… [pas pour l’acheminer devant Sébastopol ?] Tout est à l’avenant…  
Ce type est plus qu’un fou dangereux fauteur de guerre, c’est déjà depuis la Libye un criminel de guerre et même déjà le commanditaire de crimes contre l’humanité ! Putain faites-le taire !

jeudi 27 novembre 2014

Lanterner jusqu’à nouvel ordre…



Oui, jusqu’à… le plus tard possible… Encore une minute, siouplait monsieur le Réel… Enfin, quand je dis une minute, on se comprend, hein ? Laissez-nous encore… disons deux ans et demi… Ce n’est plus possible ? Oui, je comprends… Un an alors ? Non ? Six mois ? Difficile ? Oui je sais…
Quatre mois ? Vous seriez d’accord pour quatre mois ? C’est gentil de votre part. Après tout c’est déjà ça. Merci pour ce moment. Et puis quatre mois ça nous mène à mars ; c’est loin et entre-temps le changement pourrait devenir maintenant ; qui sait ? Suffit de lanterner et de croiser les doigts…
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Pourquoi vous causer ici de quatre mois ? D’un horizon reporté vers mars ? (je ne vous cause pas de la planète Mars, encore que…) Pour plusieurs raisons :

- La première raison, c’est qu’il semblerait que l’Union Européenne, dans son indulgente grande bonté, donnerait quatre mois à la Fwance, non pas pour rentrer dans les clous – faut pas rêver – mais pour faire preuve d’un peu plus de sérieux dans l’agencement de sa vitrine chiffrée et, surtout, pour donner un peu plus de consistance concrète à un début de soupçon d’amorce d’une intention non virtuelle d’entreprendre diverses réformes structurelles. Passé ce énième délai de grâce accordé au gros morceau que nous sommes, il faudra bien finir par passer à la caisse. Il y va de la survie des restes épars de crédibilité du machin communautaire. Sinon les 25 autres associés ne nous le pardonneront pas ; à commencer par la Grèce…Donc, en mars au plus tard, il y aura forcément une explication de texte auprès de laquelle l’échange de courrier du mois dernier entre Sapin et Bruxelles n’était qu’une petite blague de cour de récré…

- La deuxième raison, c’est l’incapacité de trancher, de dire oui ou merde à la Russie dans l’affaire Mistral. "Les conditions n’étant pas réunies, on suspend jusqu’à nouvel ordre.". D’ailleurs, si on a décidé de dire ça – en restant encore dans le flou - c’est uniquement parce que l’échéance contractuelle de livraison est dans trois jours… Jusqu’à nouvel ordre… reçu de Washington ? Soyons clairs et n’ayons pas peur de notre ombre : Non adressé par écrit pour respecter notre souveraineté formelle, l’ordre nous est déjà donné… Alors, de deux choses l’une : Soit on prend acte de notre statut d’arrondissement du pays satellite euro-nordique de l’Empire US et on n’a aucune raison de différer notre niet en laissant tourner le compteur. Soit on s’estime souverain et le pour-et-le-contre étant sur la table, sûrement pesé et soupesé depuis le mois d’août, il n’y a pas de raison d’attendre plus longtemps pour dire oui ou non alors que le compteur tourne, sinon pour repousser à plus tard les emmerdes qui ne manquent pas dans les deux cas de figures…  
Là aussi, quel rapport avec le mois de mars prochain ? Reprenons : Il s’agit d’un contrat de droit privé qui prévoit qu’au-delà d’un mois de retard de livraison, des pénalités d’un million de dollars par jour seront dues au client pendant trois mois. Au-delà, le client pourra renoncer à l’achat. Et le contrat prévoit que les litiges éventuels seront traités au tribunal de commerce de Londres selon le droit britannique… Le seul cas de force majeur pouvant exonérer la France de ses obligations serait un embargo général des ventes d’armes à la Russie décrétée "en guerre" par une décision de l’ONU ! Avec les droits de veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité, autant rêver… Bref, si le Vladivostok n’est pas livré le 28 février, je ne vous fait pas un dessin… Outre le remboursement en cash des 800 millions d’euros déjà encaissés et le paiement de 250 millions de pénalités contractuelles, il faudra indemniser l’Ours et tout le monde commence à s’accorder sur un coût global estimé à trois milliards ; sans compter les quatre années de travail de mille salariés pour zéro chiffre d’affaires, la perte de crédibilité sur le marché et… les deux bateaux-lavoirs sur les bras…
J’ai parlé de bateaux-lavoirs. Rassurez-vous, on va les vendre ; ouais. D’abord, ils sont conçus pour répondre aux normes russes ; ensuite il faudra rendre à l’ours les composants qui viennent de chez lui. Il s’agira donc de fourguer en braderie des bécanes à reconditionner sur de nouveaux cahiers des charges,  désossées de leurs systèmes de communication, etc. En plus, les pays ayant les moyens et dépensant actuellement à tout va en matériel militaires d’importation ne sont pas nombreux. Principalement l’Inde et le Brésil. Or, contrairement à nos propres Mistral, les deux en question ont été conçus pour des mers froides… Hier soir à la télé, un journalope lambda qui n’en sait guère plus que moi évoquait des espoirs du côté du Canada. Le cher ange…        
Bien sûr, il ne faudra pas tout payer tout de suite, on imagine le temps que dure ce genre de "litige"… Mais au mois de mars toussa pourra être concrètement chiffré…

- La troisième raison, c’est la présentation hier par Jean-Claude Juncker de son plan de trois ans sensé injecter 315 milliards d'euros d’investissements en Europe pour relancer la croissance. Simple opération de com’ et d’enfumage pour retarder encore la prise de conscience que, comme ses vassaux, le roi "UE" est nu. Ce "plan" qui déçoit tout le monde se résume à offrir sur trois ans 21 milliards de garantie aux investisseurs privés de toutes origines (US, chinois, qataris, …) qui auraient la gentillesse d’investir chez nous dans des grands travaux. Soit un engagement "hors bilan" sans mettre dans le bastringue un euro de liquidité qu’on n’a pas. A priori, pour la part pouvant revenir à la Fwance, cela représenterait par an 700 millions (0,03% du PIB) de garantie donnée à des investisseurs privés… qu’il reste à trouver. Aujourd’hui, on peut espérer qu’il en sorte du bois…
Mais au mois de mars, on pourra faire une première ébauche de rapport d’étape du suivi de cette baudruche…

- La quatrième et dernière raison d’évoquer le mois de mars, c’est l’avenir de Manuel. A ce moment-là, on "aura les chiffres" définitifs de notre année 2014. On y verra plus clair sur les trois premières raisons ci-dessus. Et aussi sur ce que sera l’UMP "vue marcher" depuis le binz de ce prochain week-end. Et des élections locales se profileront pour ce mois-là… Pour suivre son business-plan perso, sera alors peut-être venu pour Manu-la-mâchoire le temps de quitter le navire…

Je dis ça, je dis rien…

mardi 25 novembre 2014

De Florange et de la Roche de Solutré…



Chacun à sa manière, il est fréquent que des individus à peu près normalement câblés au montage d’origine se dotent de petites "traditions" personnelles qu’ils s’imposent à eux-mêmes de respecter chaque année. Cébien.  

C’est ainsi que, jusqu’à ce que la maladie l’en empêche, le Mythe-Errant gravissait chaque année la Roche de Solutré le dimanche de Pentecôte. La première fois c’était à la Libération (oui, celle à qui on met une majuscule) et il n’a jamais raté d’y retourner chaque année, y compris entre deux saute-mouton boulevard de l’Observatoire et comme ministre de l’intérieur de la IV°. Devenu Président de la République, la chose a même été élevée par ses groupies au rang de rituel républicain où, chaque année, des grappes de fidèles du culte se pressaient pour toucher son vêtement comme la femme aux flux toucha ceux du Christ… Même Pierre Berger et Jack Lang faisaient comme elle bien que, en ce qui les concerne, des doutes subsistent quant à la nature de leurs menstruations permanentes.

Ce qu’on en retiendra, ce n’est évidemment pas qu’Arnaud Montebourg a tenté sans succès de relancer le dit pèlerinage à son profit mais que, en ces temps reculés, un Président de notre estimée gueuse ait pu  réitérer son vœux chaque année avec sa canne, son chien et ses enfants en étant entouré d’un nombre chaque fois croissant de croyants-pratiquants. Et cela même au bout de dix, onze, douze et treize années consécutives de mandat…

Aujourd’hui, le Pwésident que la Sainte Providence nous a alloué par bonté d’âme s’est inventé lui aussi sa petite tradition perso : Il s’est engagé à retourner à Florange chaque année…
Sans doute dans l’émotion d’un moment (merci pour lui) où, pour quelques semaines encore, l’anaphore était reine et les soixante propositions le nouveau décalogue dans l’éternel futur, il avait pris cet engagement et l’avait annoncé urbi et orbi. Et comme tout arrive, il s’y tient.    

Ce qu’on en retiendra en premier, c’est que pour sacrifier au rite de ce pèlerinage à obsolescence programmée, le Pwésident pédalonautique veille chaque fois à en simplifier de plus en plus le rite. Sans doute est-ce par souci d’insister sur la normalitude de sa fonction, on se raccroche à ce qu’on peut… C’est ainsi qu’il ne grimpe plus sur un fourgon pour haranguer la foule comme lors de la première édition. Il ne s’affuble plus non plus comme lors de la seconde des désormais inutiles veste orange et casque de chantier ; ce n’est plus Carnaval. Enfin, pour cette troisième édition, son arrivée en cortège a été marquée d’une discrétion de bon aloi : Vite-fait par la porte des livraisons et de sortie des poubelles. Sans doute faut-il voir là une volonté de contribuer personnellement au choc de simplification dont vous avez peut-être entendu parler…

Mais s’il ne grimpe plus, il se cramponne et c’est tout à son honneur. Et se cramponner à ce rite annuel un peu trop imprudemment institué, ce n’est pas facile  

En sacrifiant à une tradition strictement personnelle, le Mythe-Errant, lui, n’avait pris aucun engagement vis-à-vis de personne d’autre que lui. Arrivé sur la plus haute marche, en bon florentin, il savait tirer de cette tradition divers produits dérivés : Le sentiment de permanence, de constance, de pérennité, de stabilité dans l’Histoire qui se dégageaient du vieux sage sur la montagne… Ça ne mangeait pas de pain et c’était toujours ça de pris…

Croyant singer le vieux, ayant toujours été velléitaire, inconstant avec les femmes et emporté comme tant d’autres par la conviction d’être le seul présent dont le futur a droit, le Pédalonaute, lui, qu’allait-il faire pour instituer son petit pélé à la con ? Il a promis de revenir… C’est à ce genre de détail qu’on mesure l’amélioration de la force d’âme de nos présidents depuis trente ans. On n’arrête pas le progrès.

Et notre Pédalonaute ne peut pas revenir à Florange, son Valmy, son Austerlitz (et son Douaumont) à lui sans apporter de petits cadeaux. Ou du moins des annonces de cadeaux (ce n’est pas grave, c’est l’Etat qui paie…) Annoncer, il sait faire.
Donc, en septembre 2013, il est revenu à Florange pour annoncer la création d’un Institut de la métallurgie sur place.
Et en novembre 2014 qu’allait-il dire pour justifier son déplacement ? Ben, qu’il vient voir ce futur Institut de la métallurgie, "plateforme publique de recherche et de développement industriel" qui devrait ouvrir fin 2015. Et comme il faut bien accompagner ça d’une annonce, il a annoncé que l’Etat devrait apporter au projet 50 millions d'euros et non 20 millions comme prévu l’an dernier...

Bon. De toutes façons, il lui faut encore venir deux fois à Florange ; encore que…