"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 27 novembre 2014

Lanterner jusqu’à nouvel ordre…



Oui, jusqu’à… le plus tard possible… Encore une minute, siouplait monsieur le Réel… Enfin, quand je dis une minute, on se comprend, hein ? Laissez-nous encore… disons deux ans et demi… Ce n’est plus possible ? Oui, je comprends… Un an alors ? Non ? Six mois ? Difficile ? Oui je sais…
Quatre mois ? Vous seriez d’accord pour quatre mois ? C’est gentil de votre part. Après tout c’est déjà ça. Merci pour ce moment. Et puis quatre mois ça nous mène à mars ; c’est loin et entre-temps le changement pourrait devenir maintenant ; qui sait ? Suffit de lanterner et de croiser les doigts…
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Pourquoi vous causer ici de quatre mois ? D’un horizon reporté vers mars ? (je ne vous cause pas de la planète Mars, encore que…) Pour plusieurs raisons :

- La première raison, c’est qu’il semblerait que l’Union Européenne, dans son indulgente grande bonté, donnerait quatre mois à la Fwance, non pas pour rentrer dans les clous – faut pas rêver – mais pour faire preuve d’un peu plus de sérieux dans l’agencement de sa vitrine chiffrée et, surtout, pour donner un peu plus de consistance concrète à un début de soupçon d’amorce d’une intention non virtuelle d’entreprendre diverses réformes structurelles. Passé ce énième délai de grâce accordé au gros morceau que nous sommes, il faudra bien finir par passer à la caisse. Il y va de la survie des restes épars de crédibilité du machin communautaire. Sinon les 25 autres associés ne nous le pardonneront pas ; à commencer par la Grèce…Donc, en mars au plus tard, il y aura forcément une explication de texte auprès de laquelle l’échange de courrier du mois dernier entre Sapin et Bruxelles n’était qu’une petite blague de cour de récré…

- La deuxième raison, c’est l’incapacité de trancher, de dire oui ou merde à la Russie dans l’affaire Mistral. "Les conditions n’étant pas réunies, on suspend jusqu’à nouvel ordre.". D’ailleurs, si on a décidé de dire ça – en restant encore dans le flou - c’est uniquement parce que l’échéance contractuelle de livraison est dans trois jours… Jusqu’à nouvel ordre… reçu de Washington ? Soyons clairs et n’ayons pas peur de notre ombre : Non adressé par écrit pour respecter notre souveraineté formelle, l’ordre nous est déjà donné… Alors, de deux choses l’une : Soit on prend acte de notre statut d’arrondissement du pays satellite euro-nordique de l’Empire US et on n’a aucune raison de différer notre niet en laissant tourner le compteur. Soit on s’estime souverain et le pour-et-le-contre étant sur la table, sûrement pesé et soupesé depuis le mois d’août, il n’y a pas de raison d’attendre plus longtemps pour dire oui ou non alors que le compteur tourne, sinon pour repousser à plus tard les emmerdes qui ne manquent pas dans les deux cas de figures…  
Là aussi, quel rapport avec le mois de mars prochain ? Reprenons : Il s’agit d’un contrat de droit privé qui prévoit qu’au-delà d’un mois de retard de livraison, des pénalités d’un million de dollars par jour seront dues au client pendant trois mois. Au-delà, le client pourra renoncer à l’achat. Et le contrat prévoit que les litiges éventuels seront traités au tribunal de commerce de Londres selon le droit britannique… Le seul cas de force majeur pouvant exonérer la France de ses obligations serait un embargo général des ventes d’armes à la Russie décrétée "en guerre" par une décision de l’ONU ! Avec les droits de veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité, autant rêver… Bref, si le Vladivostok n’est pas livré le 28 février, je ne vous fait pas un dessin… Outre le remboursement en cash des 800 millions d’euros déjà encaissés et le paiement de 250 millions de pénalités contractuelles, il faudra indemniser l’Ours et tout le monde commence à s’accorder sur un coût global estimé à trois milliards ; sans compter les quatre années de travail de mille salariés pour zéro chiffre d’affaires, la perte de crédibilité sur le marché et… les deux bateaux-lavoirs sur les bras…
J’ai parlé de bateaux-lavoirs. Rassurez-vous, on va les vendre ; ouais. D’abord, ils sont conçus pour répondre aux normes russes ; ensuite il faudra rendre à l’ours les composants qui viennent de chez lui. Il s’agira donc de fourguer en braderie des bécanes à reconditionner sur de nouveaux cahiers des charges,  désossées de leurs systèmes de communication, etc. En plus, les pays ayant les moyens et dépensant actuellement à tout va en matériel militaires d’importation ne sont pas nombreux. Principalement l’Inde et le Brésil. Or, contrairement à nos propres Mistral, les deux en question ont été conçus pour des mers froides… Hier soir à la télé, un journalope lambda qui n’en sait guère plus que moi évoquait des espoirs du côté du Canada. Le cher ange…        
Bien sûr, il ne faudra pas tout payer tout de suite, on imagine le temps que dure ce genre de "litige"… Mais au mois de mars toussa pourra être concrètement chiffré…

- La troisième raison, c’est la présentation hier par Jean-Claude Juncker de son plan de trois ans sensé injecter 315 milliards d'euros d’investissements en Europe pour relancer la croissance. Simple opération de com’ et d’enfumage pour retarder encore la prise de conscience que, comme ses vassaux, le roi "UE" est nu. Ce "plan" qui déçoit tout le monde se résume à offrir sur trois ans 21 milliards de garantie aux investisseurs privés de toutes origines (US, chinois, qataris, …) qui auraient la gentillesse d’investir chez nous dans des grands travaux. Soit un engagement "hors bilan" sans mettre dans le bastringue un euro de liquidité qu’on n’a pas. A priori, pour la part pouvant revenir à la Fwance, cela représenterait par an 700 millions (0,03% du PIB) de garantie donnée à des investisseurs privés… qu’il reste à trouver. Aujourd’hui, on peut espérer qu’il en sorte du bois…
Mais au mois de mars, on pourra faire une première ébauche de rapport d’étape du suivi de cette baudruche…

- La quatrième et dernière raison d’évoquer le mois de mars, c’est l’avenir de Manuel. A ce moment-là, on "aura les chiffres" définitifs de notre année 2014. On y verra plus clair sur les trois premières raisons ci-dessus. Et aussi sur ce que sera l’UMP "vue marcher" depuis le binz de ce prochain week-end. Et des élections locales se profileront pour ce mois-là… Pour suivre son business-plan perso, sera alors peut-être venu pour Manu-la-mâchoire le temps de quitter le navire…

Je dis ça, je dis rien…

2 commentaires:

  1. Il semblerait, au surplus, que l'Inde ait menacé la France d'annulation d'un futur contrat d'achat de Rafales et autres joyeusetés pour un montant de 20 milliards d'€uros, si monsieur Hollande ne livrait pas les Mistrals à la Russie.(N'ayant pas vu cette nouvelle dans les médias conventionnels, celle-ci demande à être confirmée.)
    Si les BRICS commencent à être d'une telle solidarité, ça risque de faire très mal.
    Les socialistes ont bousillé la sidérurgie, on porte le coup de grâce aux chantiers navals, le prochain coup d'éclat de monsieur le président de la république sera de liquider notre industrie aéronautique.
    Auparavant, je croyais qu'il était stupide; je m'aperçois qu'il est fou.

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  2. J'ai cru entendre du coin de l'oreille mais sans y croire tant la chose me paraît invraisemblable, qu'on envisagerait de vendre les mistral à l'Egypte avec en prime quelques Rafales. On sait bien que l'Egypte est complètement fauchée, alors, pour rendre la chose crédible, on nous suggère que la France consentirait "des facilités de paiement". Une bonne façon de se débarrasser de nos Mistral qui vont encombrer les chantiers navals.

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