"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 7 novembre 2014

Pathétique ?



Même pas.

Bien sûr, je n’ai pas regardé la prestation télévisée du Pédalonaute hier soir. Je n’en attendais rien puisque, au stade où il en est, son quinquennat est déjà terminé, bouclé, torché, classé sur une étagère des archives. Il ne lui reste plus qu’à commenter les faits-divers tel qu’ils se présenteront au cours des vingt-neuf prochains mois. Et ceux-ci lui donneront sûrement matière à jouer au conseiller Pôle-Emploi qui fait ce qu’il peut, à habiller de "- J’ai décidé que…" récurrents les mesures allant de soi (ou non) prises dans l’urgence du moment par les fonctionnaires d’autorité… Et - de plus en plus souvent au fil du temps – de "condamner fermement la violence" (sans préciser vraiment du fait de qui, d’ailleurs)…

Malgré tout, sa prestation d’hier soir a été suivie par 7,8 millions de guignols, plus que les précédentes. Et les médias ont insisté sur le fait qu’il avait laissé sur place en termes d’audience… Mystic River de Clint Eastwood avec Sean Penn ! OK ; que dans une période de plein désarrois du pays, le Président de la République retienne devant le poste plus d’acurabas que d’habitude et fasse près du triple d’audience que la énième rediffusion d’’un film oscarisé il y a dix ans, c’est sûrement très encourageant…
C’est surtout, me semble-t-il, l’effet du désastre : Nombre de nos con-citoyens ont dû se pendre à ses lèvres car "Ce n’est pas possible ! Ça ne peut pas durer comme ça ! Il va dire quelque chose ! Faire quelque chose ! " Un peu comme tout le monde de tout bord était devant la TSF en juin 40, pas pour écouter l’autre inconnu de Londres, mais pour écouter le Maréchal, pour essayer de comprendre, et aussi pour se rassurer, se faire réconforter…

Je n’ai pas regardé, disais-je, mais j’ai lu ce matin le déroulé de ces 90 minutes de florilège du hollandisme. Picoré çà et là :

- A un jeune chômeur bien-de-chez-nous judicieusement choisi qui reproche aux emplois d'avenir de concerner uniquement les jeunes non diplômés, au dépens des jeunes diplômés, tout ce qu’il trouve à dire c’est : J’ai décidé d’en ajouter 15.000 dans l’emploi vert qui seront ouverts sans conditions de diplômes….
- Et aussi sec, il rappelle que "Les seniors doivent être prioritaires" dans le retour à l'emploi". Il défend un contrat de génération qui ne marche pas face à une dame qui n'en a pas besoin... Puis il lui dit "Je vais mettre en place un contrat subventionné en complément etc." lequel, tel qu’annoncé, revient de fait à ramener l’âge de la retraite de 62 à 60 ans aux frais du contribuable ! Pathétique…
- Interrogé sur la désertification et le désastre scolaire en zone rurale, il n’a à la bouche que le plan numérique qui sera généralisé en… 2017 et certains futurs collèges expérimentaux avec l’apprentissage des fondamentaux du "code informatique"…  
- A l’écouter, on a compris que l’usine à gaz du compte pénibilité est mort-née avant d’avoir existé mais-il-ne-fait-pas-le-dire-faisons-comme-si…  
- A l’écouter, le crédit d’impôts du CICE attendu par trois couillons va se transformer en quelques baisses de charge… On verra.
- Entre deux, on a appris aussi l'élargissement du service civique, qui deviendra universel, bénévole et d'une durée de trois mois… Déjà, apprendre que ça existe ne peut pas faire de mal…
- On en sait aussi un peu plus sur son cap. Nous savions déjà qu’il a un cap et qu’il le tient contre vents et marée, contre Marine et Merah. Mais quel cap ?  Il l’a dit : "- Mon cap, c'est que la France soit en avance sur trois domaines : le numérique, la transition énergétique, et la santé." Ça rassure.
- Surtout, on a appris le scoop – jusqu’au prochain – qu’en plus de la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu, "à partir de l'année prochaine, il n'y aura pas d'impôt supplémentaire sur qui que ce soit (notez qu’il n’a pas dit sur quoi que ce soit…) et ce jusqu'à la fin du quinquennat. J'en prends l'engagement solennel."

Mais pourquoi je vous raconte ça que vous avez déjà lu et relu par ailleurs ? D’autant que je m’étais promis de ne pas parler de cette prestation superflue…

Ben uniquement pour meubler le vide et éviter de faire un billet d’une seule ligne. Car finalement, je n’ai pas pu m’empêcher d’en reprendre huit mots :

«Je ne suis pas devenu président par hasard»

8 commentaires:

  1. M. Bricolage n'a même pas le niveau du jardinier/bouseux de base. Oser dire "Ce n'est pas cher, c'est l'Etat qui paie"!!!

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    1. Je n'avais même pas voulu croire qu'il avait dit ça ! Outre le fait qu'on peut se demander s'il n'a pas les mêmes travers que Thévenoud (on n'a sûrement pas dû vérifier), cette simple phrase qu'on pardonnerais à un analphabète trisomique assisté suffit à elle seule à effacer définitivement le dernier éventuel soupçon de trace de crédibilité de la Fwance à Bruxelles, à Berlin et chez les agences de cotation de la dette !

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  2. Je n'ai pas regardé et je m'en félicite. A lire ici et là un florilège de son intervention, je suis déjà en rogne. J'ai préféré regarder Lillyhammer sur Arte et j'ai bien rigolé.

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    1. Exactement !
      Quelle rigolade ! Excellent...

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  3. Comme Orage, cette merveilleuse réflexion: " Ca ne coûtera pas un sou aux contribuables puisque ce sera à la charge de l'Etat" ! non mais quel naze !

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  4. En effet, il n'est pas là par hasard.
    On a le plus con.
    C'est qu'on le mérite.
    Du moins, c'est ce que pense le Crif.

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  5. kobus van cleef09/11/2014 11:54

    Dans "double détente" un film Hamericain sorti en 1987 ( de mémoire) avec Schwarzenegger et Jim Belushi, à la fin, Belushi, qui incarne un flic de Chicago, dit à Schwarzenegger, lequel incarne un milicien russe venu choper un malfaisant mafieux ( c'est à propos des sports nationaux, ils regardent la télé à O'Hare en attendant l'avion qui va ramener Schwarzenegger à moscouilles)
    "Ça, c'est notre sport national !"
    "Difficile à comprendre les rrregles" retorque Schwarzenegger
    "Non non, contentez vous de ce que vous savez faire, tu sais ,les p'tits ours sur des bicyclettes dans les cirques, les lanceurs de couteau tziganes, toussa"

    J'ai beau chercher, je vois pas trop ce qu'on pourrait conseiller à Molleglande

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    1. kobus van cleef11/11/2014 20:34

      Pêche à la ligne ?
      Boxonnage en scoutaire ?
      Pantouflage dans un burlingue de la préfecture de Corrèze ?
      Pasque le lancer de couteau tzigane ou la bicyclette avec les p'tits ours, franch'ment, je le voit mal

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