"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 12 décembre 2014

Bercy pour ce moment de sédation profonde anticipée…



C’est n’importe quoi mais c’est le titre. Après tout pourquoi m’en priver ? Les gens qui nous gouvernent ou le croient n’arrêtent pas d’enfiler des mots à la queue leu-leu, des formules piquées dans les manuels de prépas, des incantations, des pléonasmes, des tautologies, etc. Quand il leur faut causer pour causer, donc meubler, ils mettent bout-à-bout quelques fondamentaux piqués dans le manuel et que tout le monde attend par routine ; par exemple exprimer sa solidarité, exiger que toute la lumière soit faite, condamner fermement… Heureusement, la nécessité d’introduire dans le texte omnibus quelque chose ayant un rapport avec le sujet du discours conduit parfois à nous faire lever une paupière ; par exemple en entendant cette petite merveille : "il n’y a rien de pire pour un soldat inconnu que de mourir anonyme". Heureusement aussi, quand, à la place des points-virgules mais pas seulement, le type ponctue son discours par des sortes de mini-arrêts respiratoires ça nous fait des nano-vacances.
Ce n’est pas le contenu qui compte mais le contenant. C’est le nombre de minutes pendant lesquelles on a laissé le type postillonner à la tribune sans lui couper le sifflet qui définit l’importance de l’orateur.
Pas vraiment en fait. L’important c’est évidemment le message contenu dans la jactance. Mais la jactance étant  par construction sans consistance, le message se résume presque toujours à une phrase que le journaliste ensommeillé a entendue par inadvertance et retenue d’un discours de trente minutes qui aurait dû en durer dix. Qu’il a retenue ou peut-être pas. C’est sans importance car, de toutes façons, la première chose qu’il fera ensuite c’est de consulter la dépêche AFP et les tweets de ses collègues. S’il a retenu la même phrase que tout le monde, il peut se dire "- J’ai bon" En revanche, s’il a retenu autre chose, il s’alignera discrètement…

Où je vais, là ? Je m’égare.

Bercy pour ce moment disais-je. J’ai aussi entendu parler de "sédation profonde et continue sur directives anticipées"… Toussa est bien long et alambiqué, donc je contracte, je concentre. Bref j’abrège (sic) A défaut d’abroger le début de vie, abrégeons-en la fin. Mais je m’égare encore.

J’étais parti avec l’idée de vous dire qu’en dépit de la vacuité du contenu des discours, ils contiennent souvent un message subliminal n’ayant rien à voir avec la phrase retenue par les titres gros mots des journaux comme disait ma grand-mère.

Il n’y a pas vraiment de message de ce type dans la prestation de Montebourg au concours d’éloquence du barreau. En fustigeant avec sa bouche, et rien que sa bouche, la gauche caviar et l'ENA, "école de l'arrogance", il rappelle juste qu’il existe encore et ne compte pas se faire euthanasier. Vulgaire et banale opération de com’ pour préparer l’avenir en faisant risette au populisme qui lui a fauché ses parts de marché. Bref, une commande d’épicier emballée dans un amusant papier sulfurisé.

Il n’en est pas de même pour le Pédalonaute. Vous aurez remarqué qu’il évite dorénavant de causer d'économie, de fiscalité, et même de croissance et d’emploi. Que Valls et Macron s’en débrouillent. Il ne prend plus la parole que pour causer de vivre-ensemble, de confiance et de sociétal.
- Lundi il ira inaugurer la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. Inaugurer ! En fait, ce Musée existe et est ouvert depuis fin 2007 ou 2008 ! Mais Sarko avait refusé d’y aller, certains "historiens" nommés au comité scientifique du machin ayant démissionné pour protester contre la création d’un Ministère de l’Immigration et de l’identité française… Et voilà que brusquement on fait une inauguration officielle ! Et l’Elysée fait dire que "Hollande prend un soin particulier à préparer son discours"…
- Mardi, il va aller à Boulogne/Mer et à Lens "s’adresser aux habitants des quartiers"…  Et présentera à cette occasion un nouveau programme de renouvellement urbain doté de 5 Milliards d’euros. Dotation dont je ne sais d’où elle sort, avant ou après les arrangements budgétaires avec Bruxelles…

- Mais surtout, aujourd’hui, le Pédalonaute a reçu les auteurs du Rapport sur la fin de vie. Le rituel est toujours le même pour la remise de tels rapports, qu’on y donne suite ou qu’ils finissent dans un tiroir : Petit discours en petit comité dans un salon de l’Elysée, échange de ronds de jambes, photo du rapporteur et du Président le rapport dans les mains… Cette fois-ci, le François a sorti le grand jeu, un inédit hors protocole : Il a convoqué la presse et fait une quasi conférence de presse sur le sujet qui lui tient particulièrement à cœur, etc. Bref, ce fut THE news de la journée jusqu’à l’irruption de la décision du Conseil d’Etat sur la GPA. On parlera plus tard de la grève des routiers.

Il ressort de toussa, que le Pédalonaute a renoncé à lutter (la finance, l’emploi, la courbe, l’Europe, etc.) Il a renoncé à l’avenir. Même s’il l’habille encore de social, il n’a plus comme horizon que le sociétal. Il sait qu’on ne le débranchera pas avant vingt-huit mois. Alors il anticipe : Être d’ici-là plongé dans le sociétal lui assurera le confort d’une sédation profonde continue, il ne demande que ça.     

2 commentaires:

  1. " Mourir dans la dignité, c'est profiter pleinement de la vie " François Hollande, Présiflan de la République, le 12 décembre 2014.

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    1. Ah oui ! Je l'avais lu celle-là ! Il n'en rate pas une. C'est devenu tellement banal que je l'ai oubliée ce soir en m'asseyant pour claviéter...

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