"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

dimanche 14 décembre 2014

" R F " - La République Funéraire…



L’ami Corto m’a fait découvrir hier soir la dernière invention de notre estimée gueuse pour accompagner les acurabas. "Von Geburt bis zum Grab, Formular, Formular !" disaient mes amis chleues.
Il est vrai que ce quinquennat veut s’inscrire dans les mémoires, tout à la fois comme l’apothéose qui marquera la sortie définitive des Zeurléplusombreudenotrhistoire et comme l’entrée glorieuse dans une nouvelle ère où chacun, selon son espèce, pourra s’endormir dans le confort duveteux du ventre douillet de Big Mother, protectrice de sa couvée dispensée de naître aux contrariétés de la vie et du bilan carbone.
Il est vrai que les mandats précédents avaient déjà fait laborieusement quelques efforts encore insuffisants pour préparer le chemin du (quoi au juste ?) comme il causait le Baptiste. Giscard, celui qui se la jouait page centrale dans Play-Boy, avait inventé le regroupement familial ; Le Mythe-Errant, Rastignac à options multiples, avait entubé la gauche, créé le croquemitaine borgne et vendu l’Europe aux Allemands ce qui n’était pas rien ; Chirac, le rad-soc immobile, avait inventé le sur-place avançant vers l’avenir ; Quant à Sarko, l’agité éternel futur présumé repris de justice, il faut lui reconnaître qu’avec la pirouette du traité de Lisbonne, l’introduction de nouveaux droits opposables et l’enterrement républicain de l’identité nationale, il avait fait faire un grand bond en avant vers l’avenir. Mais toussa, c’était avant…  

Aujourd’hui, c’est du sérieux. La géopolitique, la stratégie à long terme pour sécuriser l’approvisionnement énergétique, le traité transatlantique, l’emploi, la production, la finance, l’apprentissage scolaire des fondamentaux pour comprendre ce qu’on lit (consignes de tâche simple comme contrats commerciaux), etc., toussa n’est que contrariété subalterne que l’on peut aisément externaliser. Ça peut se sous-traiter à des tiers compétents comme la Maison Blanche, Goldman Sachs, la CEDH ou les intermittents du spectacle vivant       
En revanche, ce quinquennat sait se concentrer sur ses missions régaliennes ; les vraies, les seules qui comptent. Les esprits chagrins qui racontent que ce quinquennat est désastreux se trompent : Il s’active avec bonheur pour développer l’assistance qui est due aux acurabas tant il est vrai "qu’il y a encore des progrès à faire dans l’accompagnement."
Désormais, il est du devoir de Big Mother de mettre à disposition de tous, automatiquement et gracieusement, les prestations normales dont tout un chacun ne peut se passer, donc sur lesquels tout un chacun bénéficie d’un droit à satisfaire ses besoins légitimes. Il s’agit là d’un service public. Quel qu’en soit le coût, il est dû à quiconque, afin de lui éviter l’injuste contrainte d’avoir à se bouger le fion pour échapper à l’éventuel, inacceptable et tant redouté risque d’exclusion préjudiciable au vivre ensemble™…
Big Mother doit procurer maternellement Droidlhom™ à chacun. Droidlhom™, c’est-à-dire le respect et la satisfaction de ses droits, non définis donc infinis. Collection de tous les droits possibles (ou non) que chacun s’estime en droit de disposer pour satisfaire ses besoins comme ses désirs, collectifs, individuels, privés, intimes, fantasmés, ou judicieusement suggérés par la pub à la télé… Big Mother et sa noble figure hollandaise et momentanée s’y emploient et vont de l’avant. Big Mother avance, si nécessaire en n’hésitant pas à devancer les attentes de ses chers petits pour rester en avance. Car avancer pour avancer vers Droidlhom™, horizon indépassable, descente aux enfers orwellienne, est pour la République la seule manière de continuer à exister et de justifier son existence…

Regardez le bilan de cette première moitié de mandat. Foin de prosaïques résultats économiques ou sociaux ! Cessez d’être bestialement matérialistes et regardez les magnifiques avancées dans le registre de l’humain : Mariage zinzin porteur d’une exceptionnelle fécondité ; suppression des évaluations discriminantes ; lutte contre les panoplies sexuées dans les magasins de jouets ; suppression du mot race ; ouverture de la CVG (Continuation Volontaire de Grossesse) aux lois du marché ; interdiction de tout ce qui fâche ; etc. Et maintenant, continuant de singer ce qu’elle n’arrive pas à éradiquer, après le mariage et le baptême, Big Mother a l’intention d’offrir à ceux de ses chers petits qui le souhaitent un discours du Maire avant leur mise au trou ou au four crématoire revenu à la mode. Comme lors de cérémonies laïques au Funérarium, on verra un malheureux officier d’Etat-civil singer l’ordonnateur des pompes funèbres qui, singeant lui-même un souvenir de curé de son enfance, fait se lever et s’asseoir l’assistance éplorée sans que personne sache pourquoi.

Ce sera beau…

 Surtout, surtout, nous aurons-là une avancée plus que symbolique :
Venant comme un couronnement après la "sédation profonde et continue sur directive anticipée dans la dignité", une mesure aussi humainement indispensable vient parachever le remplacement du légal par le létal et l’endormissement de l’agir sous l’édredon palliatif de la République funéraire.

5 commentaires:

  1. Il faudra une personne à temps complet pour officier.... C'est que des enterrements, il y en a plus que des mariages ou des baptêmes.

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  2. Excusez-moi de me servir de votre texte pour souligner comment très souvent, ds l'espace public ou les conversations ordinaires, quand quelqu'un veut pointer l'horreur et la saloperie, il féminise/maternise les termes et les actes.
    Vous énumérez des Messieurs Etats et autres décideurs (Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Obama, Sachs, Hollande qui .. singe .. l'officier d'état civil qui singe l'ordonnateur des pompes funèbres qui singe le curé) qui promeuvent tout ce que vous dénoncez dans votre article.
    Le terme "république" transforme ces décideurs en Big Mother funéraire, Big Mother qui empêche sa couvée de naître aux contrariétés, qui procure maternellement à chacun des droits infinis, qui promet à ses petits un endormissement de l'agir sous son édredon palliatif ..).
    C'est un ressenti personnel (sur un article par ailleurs très juste) que je pointe quand je le peux et je comprendrais que mon commentaire ne soit pas publié.
    Je fais sur mon blog une lecture d'un séminaire de Lacan. Je l'introduis par une critique de l'exécuteur testamentaire qui détourne le texte en instrumentalisant l'image de la mère qui serait dévoreuse et létale.
    http://divanfauteuilgargoulettepsychanalyse.blogspot.fr/2012/12/la-relation-dobjet-lecon-11-le-phallus.html

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    1. Si ma Big Mother, est nommée au féminin, c’est par convention. "Elle" est - non - "c’est" ici "la" république qui est la nôtre, Res Publica, bref "une" chose… asexuée qui serait neutre en allemand. Ce n’est pas moi qui fixe les règles du français. Si j’utilise parfois cette expression qui renvoie à femme et mère comme-son-nom-l’indique, c’est en voisinage phonétique de Big Brother pour mettre l’accent sur l’assistanat, le comportement maternant et possessif, infantilisant et intrusif de ce(tte) république, de son principe de précaution… Bref, rien à voir avec la femme-mère porteuse de vie…
      Ceci-dit, ma prose peut agacer des susceptibilités légitimes. Si c’est le cas, j’en suis navré mais tant pis, c’est comme ça. Sinon, on peut très bien s’épuiser à taper sur son clavier comme on marche sur des œufs en surveillant son vocabulaire, en s’épouvantant d’avoir omis de féminiser un métier, en se forçant laborieusement comme les gauchiards à rajouter des (e) partout… Autant ne plus rien dire et cesser de penser. Bref, cesser de vivre. "Funéraire" donc, CQFD…

      J’avoue n’avoir que survolé votre leçon sur Lacan. Comme on dit, "désolé"^^ Merci pour l’attention que vous portez à ma modeste prose et bonnes fêtes de Noël (sans "papa" ^^)

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  3. Merci à vous aussi pour votre attention.
    (Concernant la leçon, ne comptent que les 1ères lignes englobant les 2 images)

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  4. kobus van cleef19/12/2014 15:16

    j'imagine mal ce que l'officiant pourra dire à mon sujet
    rien,probable
    les paroles habituelles de patience, de consolation ....celles de la religion chrétienne , déjà mal énoncées, et mal comprises par le popu ....imaginez donc les mêmes ,prononcées par un cureton républicon....
    "il nous attend là haut , au paradis , avec le bon dieu...."????
    remettons ça en perspective
    "ouiche,il est mourru , mais il vit au paradis et nous attend aux cotés de françois mittrand...."
    désopilant ,non?

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