"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 12 janvier 2015

La barbarie sans barbaresques…



En des temps reculés heureusement révolus, largement documentés jusqu’aux périodes d’avant-hier soir (gréco-romaines puis des grandes invasions germaniques, vikings ou asiates…), les "barbares" étaient farpaîtement identifiables ; et identifiés…
Plus récemment, disons hier, peut-être sous l’influence de quelque retenue judéo-chrétienne, les "barbares" se sont mués en "barbaresques" ; ils n’étaient donc plus à proprement parler des "barbares" mais des individus "de forme barbare". Infréquentables et dangereux, ils présentaient certes "toutes les caractéristiques des barbares" mais sans qu’on puisse en tirer des conclusions hâtives quant à leur nature profonde. Après tout, ces canards n’étaient-ils pas aussi des enfants du Bon Dieu, accessoirement un peu plus sauvages que d’autres ?
Au demeurant, ces "barbaresques" restaient parfaitement identifiables et identifiés sans état d’âme ni la  moindre hésitation par nos pères. En cas de doute, les mises à sac sur nos côtes, avec pillages, viols, enlèvement de villageois vendus comme esclaves et la piraterie en Méditerranée furent longtemps là pour le rappeler… C’était de la "barbarie" bien réelle dont la mise en œuvre nécessitait le recours à des "barbaresques" tant il est vrai qu’on a rien sans rien et que, quoi qu’en pense la libre pensée, la "barbarie" n’advient pas par l’opération du Saint-Esprit.    

Et aujourd’hui comme hier, la "Barbarie" prospère dans nos contrées comme ailleurs. On trouve beaucoup de "barbaries" de grande qualité offertes à la vente sur les rayonnages des magasins, et même en promo sur les têtes de gondoles. En revanche, j’ai beau chercher, je ne trouve plus de de "barbaresques" ! L’article a curieusement disparu des présentoirs… Il est vrai qu’en cherchant bien on peut encore en trouver, au détail et sans packaging, à condition de s’aventurer dans les arrières boutiques d’un de ces rares bric à brac de proximité tenus par des types en blouse grise, le crayon de bois Caran d’Ache sur l’oreille comme on n’en fait plus…
Or, Dieu (Allah, Yahvé, toussa) m’est témoin : Il est des contrariétés de nature qui demeurent incontournables : Pour qu’il y ait un veau il faut que la vache aille au taureau. Et quelles que soient les oraisons et mortifications de Sainte Dialogue (vierge et martyre) et de Saint Padamalgam (évêque in partibus infidelium), pour qu’il y ait "barbarie" il faut qu’il y ait sinon un "barbare", du moins un "barbaresque" ! Et à ça, même Sainte Rita de Cascia à qui je dois mon bac n’y peut rien !
Il est donc stupéfiant qu’aujourd’hui, en ces temps où rien n’est plus rassurant que la traçabilité, on ne puisse plus acheter de la barbarie, même de très grosses barbaries de qualité supérieure -  du genre de celles qu’on ne se paie qu’une fois dans sa vie – où l’emballage, la notice et la garantie vous indiquent clairement et précisément l’origine, la composition et, surtout, le cursus diplômant de formation des "barbaresques" qui ont œuvré laborieusement en étant mal payés par une multinationale non précisée afin que vous puissiez en profiter !

N’achetez pas de la Barbarie sans indication précise sur les Barbaresques ou Barbares producteurs. Ça cache quelque chose de suspect…

"- Les barbares ne sont pas nécessairement des gens courageux : ce qui leur donne de l’audace est la passivité tremblante et soumise de ceux qui sont en face d’eux. Je dirais même que la passivité tremblante et soumise crée des vocations de barbares et constitue une incitation à la barbarie."
(Guy Millière - 21 avril 2009)


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