"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 26 janvier 2015

Les non-battants et les couillons…



C’était huit jours après la grande marche républicaine du dimanche précédent. Pas la même pointure mais quand-même. Pas aussi médiatisée et on se demande bien pourquoi vu la place accordée d’habitude à ces gens dès qu’ils sont trois pelés à brailler. Mais ça aurait fait un peu tache à la télé, n’est-ce pas ?

Certes, c’était organisé comme une contre manif autorisée à celle du même jour, interdite, organisée par un collectif regroupé autour de Riposte laïque et des Identitaires. Mais ce n’est pas pour ça que j’ai envie d’en causer huit jours après. C’est parce que j’ai bien aimé comparer ces deux affiches.



Sur les deux, personne ne pleure Charlie, on n’est pas là pour prétendre être ce qu’on n’est pas entre un hymne national dont on n’a rien à foutre et une minute de silence. On lève le poing et on vocifère. On est tonique et on est sûr de soi…

- A gauche, on ne sait pas qui a édité l’affiche mais c’est sans importance (c’est une entorse à la loi mais ce n’est pas grave, n’est-ce pas ?) Les corps sont un peu penchés en avant ; on sent qu’ils avancent, en rangs serrés. Ce n’est pas Star War mais ils sont du côté de la force et c’est War quand-même… Ils sont tous là. Le graphiste a bien fait son boulot et n’a oublié personne : du chibani au gars à casquette qui pourrait être chauffeur-livreur, vigile… ou grossiste dealer. Entre les deux, on a le zyva de base, cariatide attitrée des entrées de HLM, puis la furie crépue qui se la joue Houria et l’ensachée qui se la boucle… Vous me direz qu’il a oublié les barbes et les chemises de nuit. Pas besoin, elles sont derrière et ce n’est pas le moment.
Ils sont en marche. Ce sont des battants. Des battants ? Non. Pas besoin… Ils n’ont pas besoins de se bouger vraiment. Ils n’ont pas besoin de se battre, il leur suffit de lever une paupière pour que l’autre rentre à la niche en crevant de trouille. Ils n’ont même pas besoin de se baisser pour ramasser dans le caniveau ce qu’ils réclament, on le leur tend sur un plateau, en tremblant… Ce sont des non-battants mais des gagnants…

- A droite c’est autre chose. C’est plus statique. On s’empile un peu comme s’ils se croyaient encore place de la Bastille en mai 2012. Ils ont réussi à mettre le mot impérialisme et deux poings gauches levés, on ne se refait pas… Le graphiste n’a pas oublié les quotas ethniques et la parité. Un bon point Coco ! Tous bien propres sur eux. C’est sûrement sans faire exprès, mais la face de craie devant fait un peu couillon de service, le jeune black a l’air paumé et l’autre au cache-nez met une touche de couleur. Si la femme au foulard rose arrive à donner une petite touche de féminité, le plus intéressant ce sont les deux autres femelles : L’une domine l’ensemble et n’a pas besoin de crème solaire. L’autre est carrément livide avec une tronche d’hystérique et… une écharpe de marque. Sur cette affiche-là, certains ne sont que des figurants recrutés pour les photos. D’autres sont vraiment représentatifs des militants de l’OCML Voie Prolétarienne… Avec quelques films de retard – et quelques rêves de violence d’avance – ils sont aussi couillons que l’établissement et l’acuraba lambda de base. Tellement couillons qu’ils sont les premiers à servir ceux de la première affiche, les premiers à leur apporter leurs couilles sur un plateau…   

5 commentaires:

  1. Entre un poing levé et une main tendue, je ne vois qu'une différence de style.

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  2. Au bout à gauche de la gauche, il y a même un pépé en béret.

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  3. J'aime les affiches mythomaniaques genres No Passaran bon décryptage merci

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  4. kobus van cleef30/01/2015 13:04

    sur l'affiche de gauche en noir et blanc , la voilée qui ne dit mot a sans doutes ses raisons
    si vous regardez bien, le pourtour de son orbite gauche est surligné ( si , si ,regardez bien ) , on a donc stylisé un cocard
    pour résumer , une voilée , battue....elle a dû dire ( ou pas dire ) à son homme "ji vais ala manif"
    "ta gueul'spiss di counass!"
    et paf !

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