"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 28 février 2015

Rien ne vaut un livre d’images…



Manu la Mâchoire est parti en campagne pour les élections territoriales. Il a commencé son tour de France et compte visiter au moins quarante départements. Bon.
Enfin un homme politique qui fait de la politique ! En effet, il ose, lui, désigner l’ennemi ! Reconnaissons-lui cette qualité…

Au demeurant, ses discours ne peuvent être entendus par les sourds malentendants. Et leur compte-rendu ne peut être lu ou compris par nombre d’analphabètes illettrés de diplômés de l’école de la République. Un nombre non négligeables de citoyens défavorisés se trouvent donc en situation d’exclusion faute de pouvoir exercer leur droit opposable à une information honnête et réaliste avant d’accomplir leur devoir civique. Devoir, soi-dit en passant, qui les contraint à se cacher dans l’isoloir, cette espèce de cabine d’essayage dont ils doivent tirer le rideau ; preuve s’il en est du caractère honteux sinon obscène des gestes qu’ils doivent y faire. Mais je m’égare…
Cette discrimination est d’autant plus inacceptable qu’en privant une partie de la population de la bonne parole, celle-ci risque de se fourvoyer dans ses choix en confondant gngagnaphobie et démocratie au point d’opter par facilité pour pied-sur-terre plutôt que pour vivre-hors-sol. 

Pour aider Manu dans sa démarche citoyenne, il ne suffit pas de payer de notre poche plutôt que sur de ridicules "comptes de campagne" les déplacements de sa personne et de ses massives escortes policières ; non : Il faut prendre des initiatives… A l’attention des populations défavorisées évoquées plus haut, j’ai donc décidé pour ma modeste part de synthétiser la maquette de ses discours en une image qui vaut mieux qu’un long discours :


Et comme je ne suis pas chien (Pluto excuse-moi), pour rassurer les dites populations, j’ai aussi voulu leur montrer qu’il y a des citoyens responsables prêts à faire barrage de leurs corps contre la bête immonde :




vendredi 27 février 2015

Il a eu son Appel…



Chacun de ceux qui sont un petit quelque chose rêvent de laisser une trace dans l’Histoire. Le truc qu’ils oublient généralement, c’est que la trace qu’ils laisseront (peut-être) ne se concrétise qu’après coup avec le recul du temps. Ça ne se décide pas à l’avance autour d’une table au cours d’un remue-méninge de communicants
La déclaration radiophonique du 18 juin à la BBC n’est devenue l’Appel du 18 juin avec culte intégré que bien après 1944…
Et qui se souvient de l’Appel de Cochin ?

- Pendant que tous les médias, l’ONU, l’UNESCO et tout le tremblement s’épouvantent de la destruction de vieilles pierres du patrimoine culturel assyrien de l’Irak, des milliers de chrétiens sont massacrés et/ou réduits en esclavage, en tant que chrétiens et uniquement en tant que chrétiens, mêmes jours, mêmes lieux, dans un silence assourdissant. Même pas une petite indignation subsidiaire comme pour les Yézidites qui eux, au moins, sont considérés par certains comme une branche hétérodoxe de l’Islam…
- Pendant que la violence se répand chez nous, chaque jour plus létale sans qu’on sache d’où elle sort  (cf. ), Manu la Mâchoire donne le la de la campagne électorale qui débute : "La France n’a qu’un ennemi, prioritaire, unique danger : l’esstrêmdrouâte et le Heffaine !"…

Voilà que pendant toussa et le reste, François II Pédalonaute lance son Appel de Manille ! C’est important vous savez…
Et ce le sera de plus en plus durant les mois qui viennent. En effet, compte tenu de la non-inversion de la courge et de bien d’autres menteries, après le recours nécessaire au calibre 49.3 magnum pour faire accoucher une souris, en dépit de la baudruche carnavalesque de l’esprit du onze janvier, le Pédalonaute sait dorénavant que sa stature présidentielle n’aura d’avenir sur le marché intérieur que par défaut en misant sur la Madelon d’Hénin-Beaumont. On fait plus héroïque…
Sur-jouer la peur de l’hydre fasciste va de plus en plus faire rigoler tout le monde, laissons donc ça à ce cher Manuel, il fait ça très bien. En revanche, sur-jouer la peur du réchauffement climatique et autres désastres écologiques, voilà quelque chose de suffisamment grave et non-partisan pour que personne n’ait le droit de rigoler. Ça c’est du concret, du dramatique, du tragique. C’est même le GIEC qui le dit ; il est payé pour ça. C’est donc là-dedans et nulle part ailleurs que le Pédalonaute peut encore espérer affirmer sa stature présidentielle en présidant des réunions dans la cour des grands, en piétinant des tapis rouges, le buste avantageux et le pas hésitant, sous les applaudissements diplomatiques mais si agréables à entendre des grands de ce monde, de leurs séduisantes plantes vertes et de leurs sous-fifres endimanchés…
Faire mieux que le fiasco de la conférence de Copenhague, ça devrait être fastoche. Va donc pour une Conférence mondiale sur le climat organisée à Paris par la France. Il y aura 195 pays représentés et tout le monde sera bien content.        

Pédalonaute, donc, est allé passer deux jours à Manille pour tenter de booster comme on dit sa conf’ de décembre, temps fort de son quinquennat, sans doute le seul d’ailleurs à horizon humaine aujourd’hui.
On n’en aura pas retenu que Sark…Hollande One a bouffé le kérosène qu’il fallait, mais que le Pwésident a pour ça volé toute la nuit et dîné à bord en compagnie, certes, de Ségolène pour l’environnement et Fabius pour le reste, mais surtout de Marion Cotillard avec ses béquilles, ce qui est tout un symbole, et Mélanie Laurent dont on se souviendra qu’elle tuait des nazis dans Inglorious Bastards, ce que justifiait sans doute sa présence. On me dit dans l’oreillette que Julie était restée à Paris pour garder les enfants (non, ça ne doit pas être ça)
Cette visite de deux jours aux Philippines avait été préparée avec beaucoup de soin par l’envoyé spécial du Pwésident pour la protection de la planète, Nicolas Hulot soi-même, autant dire que c’était important.

Le président local Aquino s’est prêté au jeu et c’est avec lui que notre Pwésident a lancé son Appel de Manille pour le succès de la Conférence mondiale sur le climat à Paris "qui concernera la vie de milliards de personnes." L’affaire était suffisamment grave pour que le texte de l’Appel soit solennellement lu en présence des deux signataires par Marion soi-même entre ses béquilles, ce qui justifiait amplement son déplacement en dépit de sa patte folle.
 
Faut dire que ça commence à urger. Il ne reste que neuf mois pour trouver comment éviter que la conférence de Paris soit un flop de plus dans la série : Pédalonaute s’était imprudemment engagé il y a trois mois à y arracher un accord historique, universel et contraignant sur le climat… Or, quels que soient les enrobages ne mangeant pas de pain qu’il fera ajouter aux pour-parler, l’ordre du jour concret de la conférence est bien connu de tous : Va-t-on enfin abonder le Fond Vert de l’ONU "mis à disposition des pays vulnérables, fragiles, émergents et pauvres pour leur permettre d'affronter les défis du climat."… Ce truc lancé en son temps avec de grandes envolées verbales devait être capitalisé à raison de 100 milliards de dollars US par an à l’horizon… 2020. C’est dans cinq ans, la cagnotte est à ce jour toujours vide et quand on leur secoue la sébile, tout le monde regarde ailleurs…  

Bref, ça craint.

Heureusement que Pwésident a trouvé du répondant aux Philippines. C’était bien vu de trouver un pays du tiers monde, non aligné, émergent, du sud pour faire front commun contre l’égoïsme des nantis et montrer que la Fwance était du côté des damnés de la terre…
Paris et Manille ont donc "scellé une alliance qui a vocation à emmener le monde avec elle." Elle ? N’insistez-pas, c’était le Pédalonaute qui causait et on ne va pas pinailler…
Le président Aquino ne s’est pas fait prier. Il est gentil. Faut dire que le Pwésident lui a proposé une "contribution" de 50 millions d’euros de l'Agence française de développement pour des projets à forte composante climatique
Evoquant les besoins considérables des Philippines dans les domaines du durable et du renouvelable, le Pédalonaute qui s’y connaît les a lui-même chiffrés "à plus de 100 milliards de dollars." Une année entière d’abondement mondial du Fond Vert toujours à sec… Sont pas rendus. Mais il y a déjà les 50 millions d’euros proposés… Et des contrats ont été signés pour le métro de Manille et le traitement des eaux…

Pour l’impact sur la conférence de l’Appel lancé de Manille, ce qui fait mieux que de Tulle, on verra…   

jeudi 26 février 2015

Les désarrois du gagnant au loto…



Après la dèche, le trop plein…

Créée guère plus d’un mois avant le "7 janvier", la plateforme en ligne JaideCharlie.fr était initialement destinée à recueillir les fruits d’un énième "appel aux lecteurs" pour sauver le journal. Le 7 janvier à l’aube, ils espéraient ramasser 200.000 € pour éponger les pertes et si c’était un peu plus, on n’aurait pas craché dessus…

Et aujourd’hui, l’avocat des Charlots Charlie l’admet : « Charlie Hebdo n’était pas fait pour avoir autant d’argent »… De son propre aveu ce seront peut-être bien une quinzaine de millions d’euros dont il va falloir savoir quoi faire…

D’abord, il y a environ 4,2 millions d’euros de dons reçus. Dons que le Journal a désormais les moyens de ne pas garder et a décidé d’en arroser les familles des victimes.

- Mais sur ces 4,2 M€, il y en a dans les 2,7 M€ qui sont arrivés d’on ne sait trop où par le biais du fonds Presse et Pluralisme. Le hic, c’est qu’il s’agit d’un fond défiscalisé commun aux éditeurs de presse dont l’objet est d’aider des entreprises de presse, pas des victimes… Il y a donc un problème juridique et fiscal à régler… Mais no panic ! Gageons que le fisc saura là se montrer plus compréhensif que pour l’entreprise lambda…
- Reste 1,5 M€. Il s’agit de dons reçus en direct, versés par des particuliers, des entreprises et autres JesuisCharlie-couillon de base. Ceux-là sont arrivés par le site JaideCharlie.fr évoqué au début et logés dans les comptes d’une assoc’… dont le bureau, seul juridiquement apte à décider de l’usage des fonds, a… été décimé (Wolinski était président…)

Donc, 4,2 M€ à distribuer aux victimes – familles des tués mais aussi des blessés au siège de Charlie mais aussi les autres (Vincennes, Montrouge…) – Ouais mais comment ? Familles qui se sont d’ailleurs constituées en association… D’autre part, les fonds à leur verser ne seront pas des indemnisations provenant de la Sécurité Sociale ou du fonds national d’aide aux victimes d’attentats ; juridiquement, ce seront des libéralités taxables… Tout ça va être coton.

Ouais, Ploukèm, mais vous nous avez parlé d’une quinzaine de millions ! On est loin du compte… En effet. Il y a aussi le pactole généré par le niveau de vente historique du "n° d’après" où un barbu enturbanné s’affiche "Je suis Charlie" sans qu’on sache trop qui dit à l’autre "tout est pardonné"… 8,5 millions d’exemplaires vendus au lieu des 70.000 habituels, ça a généré 10 à 12 millions de marge… Soit dans les 8 millions après impôts sur les sociétés… Et les 220.000 abonnements nouveaux (dont beaucoup par des collectivités avec le fric des con-tribuables) ont généré dans les 3 millions de marge… Le compte y est donc.
Tout ce pognon-là restera à Charlie qui va se payer avec un nouveau siège hypersécurisé, se faire une cagnotte et, histoire d’être citoyen, instituer une fondation pour "soutenir le dessin de presse par la formation, la pédagogie dans les écoles ou l’aide aux dessinateurs dans le monde."…

Ces recettes exceptionnelles devraient permettre à Charlie de "prendre le relais" du million d’euros d’aide versé par le ministère de la culture pour gérer l’urgence. L’expression prendre le relais est assez floue… Ne soyons pas nauséabonds et admettons le principe que ce million sera remboursé au ministère.  Il le sera probablement… comptablement.
Mais gageons que des arrangements seront trouvés : D’abord pour que les fonds provenant de Presse et Pluralisme, défiscalisés au titre de l’aide à la presse ne soient pas refiscalisés pour aider des particuliers… Ensuite pour que Charlie n’ait pas à payer l’impôt sur ce qu’ils verseront en direct aux victimes. A ce propos, des discussions sont déjà en cours avec le ministère des finances… Enfin, les milliers d’abonnements souscrits par les collectivités publiques seront sûrement renouvelés, ceux-là, du moins en janvier 2016 et 2017… Bref, le million pour gérer l’urgence risque fort de rester toujours dehors par solidarité, dehors des mêmes poches…  
  
Donc, ne vous inquiétez pas. Les soucis de Charlie ne sont que des soucis passagers d’agenda momentanément trop rempli. Reste la question du tour de table : Quel actionnariat après le décès de Charb, qui détenait 40 % des parts ? (Riss 40% et Portheault le directeur financier 20 %).