"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 26 février 2015

Les désarrois du gagnant au loto…



Après la dèche, le trop plein…

Créée guère plus d’un mois avant le "7 janvier", la plateforme en ligne JaideCharlie.fr était initialement destinée à recueillir les fruits d’un énième "appel aux lecteurs" pour sauver le journal. Le 7 janvier à l’aube, ils espéraient ramasser 200.000 € pour éponger les pertes et si c’était un peu plus, on n’aurait pas craché dessus…

Et aujourd’hui, l’avocat des Charlots Charlie l’admet : « Charlie Hebdo n’était pas fait pour avoir autant d’argent »… De son propre aveu ce seront peut-être bien une quinzaine de millions d’euros dont il va falloir savoir quoi faire…

D’abord, il y a environ 4,2 millions d’euros de dons reçus. Dons que le Journal a désormais les moyens de ne pas garder et a décidé d’en arroser les familles des victimes.

- Mais sur ces 4,2 M€, il y en a dans les 2,7 M€ qui sont arrivés d’on ne sait trop où par le biais du fonds Presse et Pluralisme. Le hic, c’est qu’il s’agit d’un fond défiscalisé commun aux éditeurs de presse dont l’objet est d’aider des entreprises de presse, pas des victimes… Il y a donc un problème juridique et fiscal à régler… Mais no panic ! Gageons que le fisc saura là se montrer plus compréhensif que pour l’entreprise lambda…
- Reste 1,5 M€. Il s’agit de dons reçus en direct, versés par des particuliers, des entreprises et autres JesuisCharlie-couillon de base. Ceux-là sont arrivés par le site JaideCharlie.fr évoqué au début et logés dans les comptes d’une assoc’… dont le bureau, seul juridiquement apte à décider de l’usage des fonds, a… été décimé (Wolinski était président…)

Donc, 4,2 M€ à distribuer aux victimes – familles des tués mais aussi des blessés au siège de Charlie mais aussi les autres (Vincennes, Montrouge…) – Ouais mais comment ? Familles qui se sont d’ailleurs constituées en association… D’autre part, les fonds à leur verser ne seront pas des indemnisations provenant de la Sécurité Sociale ou du fonds national d’aide aux victimes d’attentats ; juridiquement, ce seront des libéralités taxables… Tout ça va être coton.

Ouais, Ploukèm, mais vous nous avez parlé d’une quinzaine de millions ! On est loin du compte… En effet. Il y a aussi le pactole généré par le niveau de vente historique du "n° d’après" où un barbu enturbanné s’affiche "Je suis Charlie" sans qu’on sache trop qui dit à l’autre "tout est pardonné"… 8,5 millions d’exemplaires vendus au lieu des 70.000 habituels, ça a généré 10 à 12 millions de marge… Soit dans les 8 millions après impôts sur les sociétés… Et les 220.000 abonnements nouveaux (dont beaucoup par des collectivités avec le fric des con-tribuables) ont généré dans les 3 millions de marge… Le compte y est donc.
Tout ce pognon-là restera à Charlie qui va se payer avec un nouveau siège hypersécurisé, se faire une cagnotte et, histoire d’être citoyen, instituer une fondation pour "soutenir le dessin de presse par la formation, la pédagogie dans les écoles ou l’aide aux dessinateurs dans le monde."…

Ces recettes exceptionnelles devraient permettre à Charlie de "prendre le relais" du million d’euros d’aide versé par le ministère de la culture pour gérer l’urgence. L’expression prendre le relais est assez floue… Ne soyons pas nauséabonds et admettons le principe que ce million sera remboursé au ministère.  Il le sera probablement… comptablement.
Mais gageons que des arrangements seront trouvés : D’abord pour que les fonds provenant de Presse et Pluralisme, défiscalisés au titre de l’aide à la presse ne soient pas refiscalisés pour aider des particuliers… Ensuite pour que Charlie n’ait pas à payer l’impôt sur ce qu’ils verseront en direct aux victimes. A ce propos, des discussions sont déjà en cours avec le ministère des finances… Enfin, les milliers d’abonnements souscrits par les collectivités publiques seront sûrement renouvelés, ceux-là, du moins en janvier 2016 et 2017… Bref, le million pour gérer l’urgence risque fort de rester toujours dehors par solidarité, dehors des mêmes poches…  
  
Donc, ne vous inquiétez pas. Les soucis de Charlie ne sont que des soucis passagers d’agenda momentanément trop rempli. Reste la question du tour de table : Quel actionnariat après le décès de Charb, qui détenait 40 % des parts ? (Riss 40% et Portheault le directeur financier 20 %).

3 commentaires:

  1. Il y'a des patrons de Pesse qui feraient dessouder leur rédaction pour moins que cela
    Comment ne pas devenir complotiste Riss et Portheault sont ils toujours vivants ??

    beau travail monsieur Plouc

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