"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 24 mars 2015

Un moment fugace dans le PAF…



Avant-hier soir, en zappant d’une soirée d’élections à une autre pendant les pubs entrelardant la série policière que je suivais distraitement, je suis tombé sur Bayrou "en duplex depuis Pau" sur je ne sais quelle chaîne. Disons que j’éprouve pour Bayrou une sorte d’estime et d’indulgence qui tient à son bon sens terrien rendu inopérant par le fond de sauce démocrate-chrétien dans lequel il est tombé comme Obélix quand il était petit. Entendons-nous bien : je ne voterai jamais pour mettre ce type aux manettes (il ne faut jamais dire jamais, oui je sais) On reconnaît l’arbre à ses fruits, et outre son manque de discernement dans certaines circonstances ou certains domaines, son passage au ministère de l’Education Nationale me suffit. Il est vrai que son principal titre de gloire fut alors, après avoir dit qu’on allait voir ce qu’on allait voir, de remettre au bout de deux mois aux syndicats les rares dernières clefs de la boutique qu’ils n’avaient pas encore… Faut dire, il est vrai, qu’à l’impossible nul n’est tenu…
Cela dit, malheureusement contaminé par le politiquement correct qui tue la parole publique, il a sûrement plus que de vagues souvenirs des fondamentaux non négociables pour la survie de l’espèce. Au demeurant, il lui arrive d’avoir des idées et, faute d’être aux affaires, il ferait sans doute un visiteur du soir très convenable…

Lundi soir donc, la gonzesse co-animatrice du débat (une tête déjà vue souvent mais ne me demandez pas qui s’était) lui demande comment il se positionne par rapport au "ni-ni" prôné par Sarko dans le cas de duels FN-XX, persuadée qu’il allait enfoncer le clou du mol-Zentrum manière Juppé-Lagarde et Cie. Effectivement et comme on s’y attendait, notre Bayrou réfuta la pertinence du ni-niisme. Toute réjouie, la dame en conclut donc forcément qu’il appelait à voter en bon petit soldat du Front républicain. Moment de silence et Bayrou reprend, ce qui, en substance, donne à peu près ceci : "- Madame, vous n’avez pas compris ce que j’ai dit. Tout n’est pas dans l’étiquette. L’électeur privé de son champion au second tour n’a pas besoin de consignes de partis ; il lui faut juger de la valeur des hommes et des femmes restant en présence, au regard de ce qu’ils sont, de leur adéquation à la fonction, de la solidité de leurs convictions, etc."

Du coup, la fille enfonce le clou : "- Donc, bien évidemment, vous appelez à faire barrage au FN !" L’autre : "- Vous n’avez toujours rien compris, le choix est dans la qualité des individus." La fille : "- Ben oui, en fonction des valeurs ; c’est tout vu !" Et c’est parti sur les valeurs  Bayrou n’en démord pas ; on sent qu’il voudrait dire que les valeurs dont il cause lui n’ont pas forcément grand-chose à voir avec les "valeurs" dont se gargarise la gonzesse. Mais il ne peut pas, ça-ne-se-fait-pas et c’est au-dessus de ses forces…
Plus le temps passe, n’arrivant pas à lui faire dire ce qu’elle attend, comme il est désormais d’usage chez les animateurs de débats et les interviewers, la fille affiche son camp sans vergogne avec des reflets dans le regard et des rictus tordant la bouche qu’on imagine chez une chienne de garde de Ravensbrück dans un film gore…

Sauvé par le gong… L’annonce que je-ne-sais-plus quelle grosse pointure allait prendre la parole permet alors de couper brusquement le sifflet à Bayrou (et à la fille qui devait commencer à inquiéter son collègue)

Ainsi vont les valeurs en Socialie…      

Ce qui vaut ne peut pas toujours être évalué et ce qui peut être évalué ne vaut pas forcément.,

(en paraphrasant Albert Einstein...)

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