"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 29 avril 2015

Le rire du sergent de l’école ménagère…



Quand j’étais (encore relativement) jeune, le SMA, c’était une marque de lait maternisé en poudre qu’on donnait aux nourrissons 1° âge pour qui on avait dû interrompre prématurément l’alimentation déjà démarrée au sein… Mais on en apprend à tous âges. Aujourd’hui, je découvre l’existence du SMA : le "Service Militaire Adapté".
- J’avais entendu parler de "l’EPIDe", "Etablissement Public d’Insertion de la Défense". Il a dix-huit établissements répartis sur le territoire métropolitain (sauf en Corse, il ne faut pas déconner quand-même…) Financé sur les budgets des Ministères de l’Emploi et de la Ville abondés par le Fonds Social Européen, cet EPIDe est placé comme d’hab’ sous une triple tutelle (Ministères de l’Emploi, de la Ville et de la Défense) pour diluer les responsabilités de reporting des résultats… La mission de ses établissements ? - Proposer, dans le cadre d’un projet éducatif global, des parcours d’insertion sociale et professionnelle à des jeunes hommes et jeunes femmes de 18 à 25 ans, sans qualification ni emploi, et cumulant des difficultés sociales ou en risque de marginalisation. Reposant sur le volontariat, le dispositif doit notamment favoriser leur entrée dans la vie active en leur permettant d’acquérir les comportements sociaux de base nécessaires pour vivre au sein d’une communauté de travail. Il y aurait actuellement dans ces structures environ 3.000 volontaires pris en charge et échappant aux statistiques de Pôle-Emploi pour des durées de 6 à 24 mois…
Déjà, je ne voyais pas trop ce que la Défense venait faire là-dedans. Enfin, on se comprend, n’est-ce pas ? Lorsque la divine Ségolène avait parlé en 2007 d’encadrement militaire pour les petits sauvageons, ses amis socialos s’étaient harmonieusement répartis entre railleries et indignation (alors-même que l’EPIDe existait déjà depuis 2005)
- En revanche, le "SMA", j’ignorais que ça existait déjà Outre-Mer pour placer sous encadrement militaire l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté. Je découvre d’ailleurs que notre Pédalonaute était allé en août dernier visiter le Bataillon du service militaire adapté de Mayotte… Je néglige trop le suivi des déplacements présidentiels et je m’en excuse.

Donc, François II Pédalonaute s’est rendu lundi dernier dans l’établissement de l’EPIDe d’Alençon, en cortège comme il se doit avec Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, François Rebsamen, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et de Myriam El Khomri, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, chargée de la Politique de la Ville. Reprenez votre respiration.
Maipourkpidonc ? Ben pour annoncer solennellement que le "Service Militaire Adapté" sera dorénavant offert aussi aux jeunes de métropole. Oui Madame, oui Monsieur. Trois centres accueilleront dès l’automne prochain quelques centaines de jeunes et quatre autres suivront en 2016 afin d’accueillir un objectif-cible de 1.000 jeunes volontaires…
- Quelle différence avec ceux accueillis par l’Etablissement Public d’Insertion de la Défense ? Ben ceux-là pourront intégrer les "Bataillons du Service Militaire Adapté" dès 17 ans au lieu de 18 et jusqu’à 26 ans au lieu de 25. A part ça, le contenu de la formation est strictement la même : ils auront des cours de remise à niveau, une formation professionnelle liée à des métiers pour lesquels il y a des besoins (principalement dans le BTP et la restauration) D’ailleurs, la presse s’est précipitée pour interroger à ce propose la sous-divine George Pau Langevin dont vous n’ignorez rien (ici). Désormais ministre des Outre-mer après avoir meublé la Réussite éducative, elle a bien déclaré : "Le but, c'est de redonner une seconde chance à un public éloigné de l'emploi"… Car la principale originalité du dispositif, sous le contrôle de formateurs militaires et avec la rigueur s'imposant dans l'armée, ces jeunes vont "apprendre à faire leur lit, à respecter les horaires, les règles de politesse et de vie en collectivité, etc." Je ne sais toujours pas quelle est la nouveauté par rapport aux missions de l’EPIDe, créée, il est vrai sous l’ère Sarko…

- En définitive, il n’y en a pas. La seule raison d’être de cette annonce, en recyclant une vieille idée ridiculisante de Ségolène-l’ex-qui-s’accroche, c’est de permettre au Pédalonaute d’en placer une, de faire du bruit avec sa bouche pour meubler le PAF, de rouler des muscles (est-ce possible ?) devant les électeurs FN et Droite Forte… tout en admettant sans le reconnaître que l’Education Nationale c’est du pipeau…
- L’avantage, c’est que ça devrait donner quelques résultats puisque les intéressés seront des volontaires. Sauf que le vrai problème, ce sont les autres
- Mais on s’en fout. Le Pédalonaute a fait sa com’.
- Quant au nom de la chose, il n’a de Service et de Militaire que… je-ne-sais-pas. FED aurait mieux convenu : Formation Elémentaire Disciplinarisée… Encore que disciplinarisé, on va voir. Seul le mot Adapté semble l’être ; peut-être…  
 - Vigipirate et le Mali attendront les renforts. Les jeunes, eux, n’attendent pas ; l’adjudant de semaine va les border. Peut-être…

Entretiens de sélection à l'EPIDe

mardi 28 avril 2015

Les Suisses sont de méchantes gens…



Relevé dans je-ne-sais quel canard de la Confédération Helvétique à la suite d’une visite à Berne d’une délégation du Sénat de la Ripoublik Fwançaise :


lundi 27 avril 2015

De chrysanthème en chrysanthème…



A peine rentré d’Erevan où il était allé honorer de sa présence la célébration du centenaire du début du génocide des Arméniens de Turquie, notre Pédalonaute suprême s’est donc rendu hier en Alsace pour visiter le camp du Struthof à l’occasion du 70° anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination nazis. La presse a bien évidemment tiré à la ligne. C’est ainsi que nous avons appris que c’était la première fois qu'un chef d'Etat visite la chambre à gaz du lieu, la seule construite en territoire français (à l’époque annexé par l’Allemagne) Et aussi que le Président avait pris son temps pour visiter toutes les installations, baraquements, crématoire, etc. Quand Florange ferme, on fait le tourisme industriel qu’on peut… Ce fut évidemment l’occasion de faire un discours en lançant un vibrant appel à la paix et à la dignité. "Le pire peut encore se produire" ; "l’antisémitisme et le racisme sont encore là et donc nous devons à travers cette cérémonie du Struthof agir pour protéger ceux qui peuvent en être encore aujourd'hui les victimes"
Bien évidemment, ces cérémonies de mémoire permettent d’évoquer le présent d’une manière qui ne mange pas de pain : "Chaque fois que des chrétiens sont tués parce qu'ils sont chrétiens, chaque fois que des juifs sont tués parce qu'ils sont juifs, chaque fois que des musulmans sont tués parce qu'ils sont musulmans, la France est présente". La jactance incluant toujours comme il se doit un appel à "la défense de toutes les minorités"… Oui, "la France est présente"…
Si j’ai dit "évoqué d’une manière qui ne mange pas de pain", c’est parce que, manifestement, il est toujours fait une distinction, consciente ou non, entre les crimes en question selon qu’ils sont commis en France ou ailleurs : Pour les crimes commis ailleurs, on se préoccupe beaucoup du présent, surtout quand c’est loin. En revanche, pour ceux commis chez nous, on évoque par priorité les drames du passé vécus par les seules minorités encore cataloguées comme telles au présent avec un statut que l’on pourrait qualifier de victimes institutionnelles ou d’espèces protégées. Le corollaire qui découle de cela, par construction, c’est évidemment que l’Etat de droit, la République, toussa, ne reconnaît pas, ne reconnaît plus, de dwouâts particuliers à la majorité, et notamment le droit d’être protégé. La majorité n’a en effet aucune existence juridique et ne peut se définir, le cas échéant, que comme ce qui reste après avoir défini les minorités… Bref, le Non Dénommé par Ailleurs, l’erreur statistique. Mais je m’égare…   

De chrysanthème en chrysanthème, disais-je. L’avantage de ces cérémonies mémorielles, c’est qu’elles permettent de meubler positivement la com’ en fabriquant sans efforts des images de stature présidentielle. En toute autre circonstance, le Pwésident dont il s’agit ne pourrait pas masquer longtemps ce qu’il est en vérité : Un commentateur distancié qui ne sait - et ne peut - que commenter des évènements sur lesquels il n’a aucune prise. Et au sujet desquels il n’ose même plus, comme avant-hier soir, nous dire que ce sera mieux demain… Alors qu’en commémorant, il peut encore nous faire croire que c’était pire hier et donc que tout va bien aujourd’hui…
Car devant des discours à tonalités funéraires en souvenir des défunts, des rappels de faits dramatiques ("qui pourraient se reproduire"…), des dépôts de gerbes, des minutes de silence et des sonneries aux morts, comment oser ne pas être Charlie ? 

- NB : N’oubliez pas ce prochain mois :
3 mai : Journée internationale de la liberté de la presse
10 mai : Journée commémorative de l'abolition de l’esclavage (Fr. métropolitaine seulement…)
17 mai : Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
21 mai : Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement
25 mai : Journée mondiale de l'Afrique…
- Mais vous pourrez oublier :
11 mai : Journée des espèces menacées
15 mai : Journée internationale des familles
   Ce ne sera pas grave…