"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 16 mai 2015

Vision chantée de l’Europe…



Le cycle des saisons suit son cours avec son lot habituel d’entertainment attendu avec impatience par l’acuraba médian pour meubler ses heures de désœuvrement devant la télé, "temps pour soi" arraché de haute lutte grâce aux 35 heures et aux RTT (ou à la faculté de pointer en ligne à Pôle Emploi). Voici donc revenu le Festival de Cannes en prélude à la riche période où se succèderont bientôt Roland Garros et le Tour de France avant les bouchons du mois d’août, purgatoire nécessaire pour mériter enfin la cuisson des viandes sur la plage de Palavas.  

Mais nous ne sommes pas encore rendus. D’ici-là, il faudra passer par l’Eurovision, autrement dit par le Concours européen de la chanson. La première édition du bidule (en 1956) réunissait en Suisse sept pays concurrents sous l’appellation de "Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne". Cette année, en Autriche, sous le logo de l’Eurovision Song Contest, ils seront quarante dont… l’Australie. C’est dire le chemin parcouru sur la voie du progrès en général et de l’affirmation en particulier de la raison d’être de la chose : "promouvoir les relations entre les pays membres de l’Union Européenne de Radio-télévision en diffusant un évènement ou chacun d’eux présente une chanson originale, jouée et interprétée en direct."
Ce barnum est surtout intéressant dans la mesure où l’on ne connaît pas vraiment la pondération opérée entre le vote des auditeurs et celui d’un jury réunissant les diffuseurs des quarante pays concurrents. Les diffuseurs ? Ben les chaînes de télé et autres producteurs, c’est-à-dire un milieu que nous connaissons bien… Bref, le résultat de l’an dernier, par exemple, nous a permis de découvrir le tartiste que les huiles du paysage audiovisuel et artistique autrichien avaient sélectionné comme étant le plus représentatif de leur pays (Grüss Gott !) Je ne reviens pas sur Conchita Saucisse, on n’en parle plus. Si. Juste une anecdote que j’avais alors jugé inutile et déplacé de rapporter ici (ça l’est toujours mais bon…) : L’an dernier, à l’annonce du vainqueur (de la vainqueuse ? vainqueresse ?) "Conchita Wurst", m’était venue par une association d’idées aussi totalement débile que vulgaire de penser : Le "Con" de "Cheeta" et "Appendice viril au repos"… Jusqu’à ce que je découvre à ma grande confusion que le singe de Tarzan n’était pas une guenon…

A ma grande confusion, disais-je. Mais la confusion de tout dans tout n’est-elle pas dorénavant l’horizon toujours dépassable du concours de l’Eurovision ? L’incarnation de l’universalité confusionnelle de la chanson de variété européenne nécessite, n’en doutons pas, de nouvelles avancées. Et on ne saurait en rester là.
Les vieux dont je suis peuvent vous dire que le succès parfois mondial fait par la vox populi à des titres primés à l’Eurovision comme Tom Pillibi’, ‘Non ho l’età’, ‘Poupée de cire,  poupée de son’ validait la raison d’être de ce concours pour la promotion de la chanson de variété européenne. Toutefois, curieusement, on constate que celles que je viens de citer ont toutes été primées avant 1968…
Nul ne se souvient aujourd’hui, onze mois après, que dis-je, juste après, de l’air, du rythme et des paroles de la bluette émise par Conchita Saucisse. Seul surnage le vague souvenir d’une tronche de femme à barbe de genre indéterminé donc supposé universel. Pas un air et des paroles donc mais une image, un hologramme, un concept flou. C’est un concours de chansons ; une image de l’Europe.  

Grâce à notre saucisse poilue, l’Autriche a donc cette année l’honneur d’accueillir le bidule et la ville de Vienne s’y prépare avec enthousiasme. C’est qu’il s’agit de chauffer la salle et de mettre les auditeurs comme le jury dans une ambiance appropriée pour favoriser la liberté de choix !
C’est ainsi que les édiles de la capitale de la valse ont décidé de remplacer des feux piétons classiques par des feux qui représentent des couples gays et hétérosexuels en prévision du concours. Oui madame, oui monsieur, oui m(?). Quelques 120 passages piétons parmi les plus fréquentés de la ville ont été équipés avec des feux mettant en scène aussi bien des couples homosexuels, masculins ou féminins, qu’hétérosexuels. A chaque fois réunis par un cœur. Pour ceux qui n’auraient pas compris. Rajouter un peu de kitch ne mange pas de pain….  
La ville a indiqué par un communiqué vouloir ainsi promouvoir "la tolérance et l'ouverture au monde" et aussi que "l'opération est également destinée à renforcer la sécurité routière en incitant les piétons à mieux respecter les feux qui leur sont destinés…"
Le budget de l'Eurovision est estimé entre 25 et 27 millions d'euros selon les organisateurs…

J’adore…

Une remarque toutefois : Il semblerait que l’on garde encore, depuis soixante ans, le même indicatif musical pour accompagner l’écran du générique d’ouverture des "émissions en Eurovision". Même si l’orchestration retenue a évolué vers la crécelle, c’est toujours le prologue orchestral d’un… Te Deum… Marc-Antoine Charpentier, son compositeur, a dû plusieurs fois se retourner dans sa tombe…


9 commentaires:

  1. C'est pure abnégation que de vous répandre sur un sujet aussi futile que planétaire. Soyez-en félicité.

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  2. Bonsoir Le Plouc,
    N'oubiez pas de rappeler que la Wurst doit être découpée :
    "En mars dernier, la Fédération des industriels charcutiers traiteurs a demandé aux fabricants de faire figurer sur leurs produits une recommandation pour éviter les cas d’étouffement. Sur toutes les étiquettes devra apparaître, d’ici septembre, la mention suivante : « pour les enfants de moins de 4 ans, couper la saucisse dans le sens de la longueur, puis en tout petits morceaux, afin de prévenir les risques ».
    Tant que nos impôts ne sont pas découpés....
    Droopyx

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  3. Dont l'Australie... j en reste sans voix !

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    1. La seule hors Europe, la télé australienne diffuse le programme du concours en direct depuis très longtemps. Du coup, pour le 60° anniversaire du truc elle est invitée à participer ! Bienvenue au club ! On marque ainsi que "l'Europe est sans frontières" !

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    2. faut dire que l'austalie est quand meme plus européenne dans l'esprit que la turquie qui participe pourtant depuis des années Monde de fou

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    3. sinon hors sujet mais pas totalement, je me demande si un beau jour une équipe de football au couleurs de l'union européenne serait amenée a jouer certains match amicaux, caritatif voir officiels voire meme a remplacé carrement nos antiques sélections nationales coupables de tant de xénophobie et de haine de l'autre D'autres continent aux résultats internationaux moyens voir faibles ont tout interet a developper les séléctions transnationales (maghreb united, sélections des pays du golfe, des nations arabes du monde, d'asie du nord-est, du sud-est, d'afrique de l'ouest, d'afrique centrale et du sud, etc) Ca limiterait le nombre de matchs mais améliorerait peut etre la qualité du spectacle des rencontres internationales

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  4. Totalement hors sujet (mais musicalement pas tant que !).
    Un mien cousin m'a fait découvrir la suite du Te Deum de Charpentier.
    C'est une oeuvre beucoup plus intéressante que les 1ères phrases reprises par le générique Euro ne le laissent penser.
    Et pour ceux qui se laisseront tenter les Leçons des Ténèbres... etc.
    On aime ou on aime pas (des yaourts et des douleurs) mais c'est de la très grande musique chargée de spiritualité (à l'époque c'était ça la zizique).
    Amitiés ziziquales.
    Droopyx (qui porte la barbe mais pas la robe)

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    1. amitiés en retour d'un autre barbu (qui la porte courte - pas la jupe...)

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  5. Si je vais à Vienne accompagnée de mon mari et des deux enfants encore à la maison, les feux de signalisation ne s'adressent pas à moi si j'ai bien compris. Donc je peux traverser quand l'envie m'en prend ?

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