"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 5 juin 2015

De G8 en G7…



Je ne sais plus pourquoi, mais je me souviens que quand nous recevions trois couples à dîner (c’était dans une autre vie), avec huit convives j’avais toujours un problème avec le "plan de table"… Au fond, la solution aurait été de virer le mec le moins marrant – donc probablement le plus réaliste.

Suite au premier "choc pétrolier", l’année 74 du précédent siècle vit apparaître un groupe de discussion et de partenariat économique, juridiquement informel et non contraignant, réunissant USA, Japon, RFA, , France et GB. On appela ça le G5. Il devint G6 en 75 en invitant l’Italie au club, puis G7 en 76 en ajoutant le Canada… Ce n’est que vingt ans plus tard, après les diverses péripéties que l’on sait que la Russie intégra officiellement le club dès lors renommé G8…
 Eh bien, après seize réunions annuelles ayant eu, notamment, à se pencher sur les suites du 11 septembre et la crise financière de 2008, voilà-t-y pas qu’en 2014 la Reichkanzlerin Angela fit son caca nerveux et ne voulut plus voir la Russie autour de la table. Toussa pour une bête histoire d’Ukraine et de Crimée, je crois… Sautant sur la bonne occase, Obama suggéra qu’on boude l’invitation des Russes chez qui devait avoir lieu la prochaine et imminente rencontre programmée pour laquelle ils avaient déjà mis le couvert à Sotchi. Comme gifle, on ne pouvait pas faire mieux… A la place et à la date prévue, on se réunit à sept, entre soi ; et où, je vous le demande ? A Bruxelles ! C’est-à-dire ni chez l’un ni chez l’autre mais chez tous et personne à la fois, le truc à faire plaisir aux Européens… On notera que, pour l’occasion, le petit non-pays accueillant la sauterie a été autorisé à rétablir pour quelques jours le contrôle aux frontières interdit par l’accord de Schengen. Tout un symbole…
 Bref, c’est ce week-end qu’a lieu la réunion suivante de ce G7 dépollué après éviction de l’Ours. Tout le monde est content… Tous les sujets brûlants du moment pourront être abordés entre gens de bonne compagnie : L’Etat islamique, l’Irak, la Syrie, l’Ukraine, les taux, le prix du pétrole, etc. sans être embêtés par les commentaires hors sujet de l’Ours. Sûr qu’on laissera aussi Hollande tenir le crachoir sur le climat dont tout le monde se fout ; ça lui fait plaisir et, en meublant les comptes rendus, ça laissera un peu sous le tapis tout ce qui n’avancera pas d’un poil en l’absence des poils de l’ours.

L’important, c’est de faire apparaître sur le papier l’isolement du plantigrade en question…
   
Le fait que de plus en plus de dirigeants de pays de l’U.E. fassent la queue pour être reçus à Moscou (Grèce, Slovaquie, Hongrie, Chypres,…) est sans importance. Et si Poutine sera à Rome la semaine prochaine, il ne se limitera sans doute pas à une audience chez le Pape…

Non. Le plus important se situe plutôt du côté de l’intensification manifeste de la coopération engagée dans de nombreux domaines entre la Russie et la Chine. Que ce soit de façon bilatérale ou au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai où l’Inde, l’Iran et le Pakistan sont observateurs et la Turquie partenaire…
D’autre part, la Russie a manifestement pris le leadership d’une véritable institutionnalisation des BRICS dont elle présidera le prochain (premier vrai ?) sommet qui aura lieu ce mois-ci à Moscou. Là, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du sud  auront un ordre du jour chargé. Ils auront au programme des choix à faire et des décisions concrètes à prendre sur des projets probablement déjà très travaillés :
- la création d’une banque de développement commune aux cinq pays pour le financement de projets d'infrastructure intéressant plusieurs d’entre eux.
- la création d’un pool de réserves monétaires, d’institutions financières et une agence de notation qui leur seront propre.
- la création d’une banque commune de réserves de combustibles et d’un organisme commun de politique énergétique…
- il y aura évidemment aussi sur la table divers projets de coopération dans les domaines de l’industrie, de la recherche et des hautes technologies…  
Bref. Les BRICS ont l’intention de compter sur la scène internationale. Certes, nul ne sait ce qu’il en sortira mais ce qui est sûr, c’est que les USA ont atteint leur objectif à court terme. Bien sûr, ils savent bien que leur hégémonie n’aura qu’un temps et ils ne savent pas encore s’ils auront à faire avec un monde en deux blocs (eux et la Chine) où à un multilatéralisme (moins confortable…)  Mais en attendant, ils ont réussi à détacher l’Europe de la Russie pour se la garder comme larbin et clientèle contrainte.

Vu la façon dont évolue l’Europe, on se demande bien à quoi ça va leur servir…  


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