"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 28 juillet 2015

De Bardot à Bouteldja…



L'agression, ce week-end à Reims, d'une jeune femme par cinq autres jeunes filles et femmes a déclenché des réactions parfois très vives ces derniers jours, incluant des débats et des réflexions parfois hâtives sur une éventuelle composante religieuse à l'agression…

Résumons. Donc une jeune fille accompagnée de deux amies profite de la canicule pour faire bronzette (non pas en bikini mais en short et soutien-gorge de maillot de bain) sur la pelouse d’un parc en bordure du stade de Reims. Passe alors un groupe de cinq gazelles âgées de 16 à 24 ans, "originaires de divers quartiers" dont une lui lance d’aller se rhabiller ! En ajoutant que… ce n’est pas l’été (!) L’interpellée réagit par quelque propos jugé blessant par son interlocutrice qui la gifle ; s’en suite semble-t-il une autre en retour. Aussi sec, les cinq se jettent sur la baigneuse virtuelle. Laquelle n’a dû son salut qu’à des passants qui ont quand-même pris sa défense et appelé les pompiers. Admise aux urgences de l’hôpital, elle en est ressortie avec 4 jours d’ITT. Les trois majeures seront convoquées en Correctionnelle mi-septembre. Les deux mineures (+ de 16 ans…) iront se marrer en écoutant la bonne parole du juge pour enfants…  

Bon. Ce fait-divers a évidemment été rapporté par L'Union-L'Ardennais, éminent organe local de la PQR. Et, bien évidemment, l’affaire a fait le buzz sur les réseaux sociaux tant l’acuraba de base est plein de bon sens terre à terre. Et les commentaires ont inondé la toile : "Défense de la laïcité" ; "Menace sur le mode de vie à la française" ; "Morale de l'oppression" ; "Laboratoire de la charia"… Il est vrai que le pisse-copie de l’Union, tout aussi plein de bon sens que ses lecteurs, n’avait pas jugé contraire au dit bon sens de suggérer quelque rapprochement entre les faits et des "relents de police religieuse". Les cinq donzelles ayant d’ailleurs confirmé lors de leur interrogatoire leur statut de musulmanes "quoique tolérantes"…
Tout aussi évidemment, les hommes politiques n’ont pas été en reste pour prendre le train en marche tant il est vrai qu’aucune occasion ne doit être ratée pour adresser à leurs followers 140 signes et espaces…

Que croyez-vous qu’il advint ?

- Pour la commissaire de permanence chargée du dossier, il s'agit d'"une altercation entre jeunes filles qui dégénère et c’est avec insistance qu’elle précise : "Aussi bien dans les déclarations de la victime que des mises en cause, aucun élément à caractère religieux ou moral n'est évoqué pour expliquer l'agression".
- Le parquet, en la personne de la vice-procureure de Reims, évoque une "embrouille entre filles" et réfute expressément tout motif religieux.
- Aussi sec, L'Union-L'Ardennais rectifie la position, s’excuse auprès de ses lecteurs d’une "formulation jugée maladroite" due à une rédaction prématurée insuffisamment informée… Et titre pour se faire pardonner : "Décryptage d'un emballement"…
- Dès hier, Apolline de Malherbe, chroniqueuse politique sur BFM-TV a fait son show quotidien sur l’affaire. Le fil rouge de son propos était axé sur l’irresponsabilité des politiques (on voit surtout lesquels) qui prennent la balle au bond de n’importe quoi et "créent des divisions au lien d’apaiser". Elle trouve même là l’occasion de dédouaner les journalistes qui seraient bien plus responsables que les politiques en ces matières…
- Enfin, cerise habituelle sur le gâteau, Libération titre :
"L’affaire du maillot de bain à Reims s’est dégonflée en banale embrouille entre filles". En se gaussant de la "fachosphère" et de la droite qui n'a pas été en reste…

Circulez, y a rien à voir !

Pourquoi vous causer ici de ça que vous avez sûrement tous lu quelque part ?

- D’abord, parce que nous avons là un signe : A l’évidence, le moindre incident sur-émotionne désormais l’acuraba moyen bien-de-chez-nous. Trop souvent agressé - ne serait-ce que par des petits riens -, son épiderme sur-réagit de plus en plus au moindre effleurement. Une allergie s’installe… Plus ça va, plus - comme dit l’autre – il suffirait d’une étincelle
- Ensuite et surtout, parce que nous avons là un signe de la convergence chaque fois de plus en plus automatique et spontanée du comportement des diafoirus sensés veiller sur la santé des dits acurabas.  Pour éradiquer la peur de l’Autre, l’ordonnance est toujours la même (et la seule remboursable par la Sécu) : inoculer la peur et la soumission. "La saignée, je vous dis !"…


6 commentaires:

  1. Clysterium donare, postea saignare, ensuita purgare faisait dire Molière à l'ignorant Argon. Il est vrai que la médication que nous donnent les politiques d'aujourd'hui n'est guère différente, ils nous enfoncent le clystère bien profond, ils nous purgent de nos mauvaises pensées avant que nous passions à la saignée par tranchage de la gorge.

    Je suis certain que le malade mourra guéri !

    Le Nain

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  2. cette affaire m'a bien fait marrer Je sais je devrais pas rira bien qui rira le dernier mais malgré la gravité du sujet je n'aurais jamais pensé que l'on puisse aller si loin dans le déni C'est du "cacher ce sein que je ne saurais voir" puissance 10

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  3. cinq musulmanes cassent la gueule d'une non-musulmane parce qu'elles lui reprochent une nudité indécente. Pas de quoi faire monter la mayonnaise. Nous vivons dans une société multiculturelle ou toutes les sensibilites doivent etre respectees et il faut savoir s'accommoder de quelques incidents pour favoriser la paix sociale entre communautes. Et evitons de donner du grain a moudre au FN.

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    1. Ah Brindamour ! Vous êtes charmante ! Oui, nous vivons dans une société multicul, que c’est beau ! A ceci près que, quelles que soient leurs cultures juxtaposées, la majorité de nos contemporains et voisins de palier n’ont pas, comme dit Christophe Guilly, "les moyens de la frontière" pour éviter les conflits… Et ça, que ce soit aux USA ou au Liban, au Brésil ou à Londres, à Palavas ou dans nos piscines urbaines cet été… In fine, cela génère toujours de la violence ; il n’y a pas de contre-exemple. Vous dites "qu’il faut savoir s’accommoder de…" Vous dites ça avec l’autorité (?) du maître d’école à ceux qui n’ont pas "les moyens de la frontière", qu’ils soient "divers" des "quartiers" (sûrs d’être l’avenir et qui en rigolent) ou bouseux de Pellouailles les Vignes (qui ne se sentent plus "chez eux"…) Ça vous est facile car vous êtes sûrement (comme moi) de ceux qui les ont (les moyens de la frontière : mobilité réelle, stratégie foncière, évitement de la carte scolaire, etc.) Evitez, vous aussi, vous surtout, de… donner du grain à moudre au FN !

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  4. J'espere que vous avez note le caractère ironique et provocateur de mon texte qui tentait une imitation
    du discours implicite d'un journaliste de France Inter ou du Monde.
    Mais j'aime bien le concept de la frontière.

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    1. Nous hésitions en fait. Votre imitation était un peu trop bien faite.
      Sémaphore.

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