"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 8 juillet 2015

Mots du Président et leçon de choses…



" Le court terme n'est valable qu'à moyen terme..."

Qu’on se le dise. Paraît que notre Pwésident a dit ça hier soir en donnant son cours magistral en faisant son job de commentateur-télé distancié de la situation au regard de la "crise" provoquée par nos chers amis grecs. On se le dit et ça fait le buzz sur Touïttère 

Entre nous, ça ne le mérite pas. A priori, c’est le genre de petite chose sans intérêt qui s’inscrit parfaitement dans la ligne de ma remarque d’hier : Des mots, encore des mots qui veulent faire sérieux, enfilés les uns derrière les autres à la va-comme-j’te-pousse pour meubler le temps qui passe et masquer l’inaction en attendant des jours meilleurs. Pas de quoi en faire une pendule ; on a l’habitude…

Et pourtant… Cette affirmation d’expert -"Le court terme n'est valable qu'à moyen terme"- me suggère deux observations :

- C’est tout d’abord l’occasion de se rappeler que l’homme à qui nous devons cette affirmation n’a pas toujours été Pédalonaute présidentiel ou Premier secrétaire rue de Solferino. Licencié en droit, diplômé de HEC, de l’IEP de Paris, sorti 7° de sa promo de l’ENA, il fut maître de conférence à Sciences-Po Paris où il a donné durant des années des cours d'économie aux étudiants de troisième année.
Certes, il a dix ans de moins que moi. Mais nous étions encore à une époque où les choses ne bougeaient pas beaucoup, qu’il s’agisse des théories économiques, des politiques économiques appliquées ou des règlementations, notamment en matière de règles prudentielles en vigueur dans le secteur bancaire. Donc, durant la période où il étudiait puis enseignait et où j’étais pour ma part déjà les mains dans le cambouis de la chose, nous étions l’un comme l’autre dans un bain où, par principe et sauf exception, la règle comptable fixée était :
"Le court-terme c’est deux ans maximum ; le moyen-terme c’est cinq ans maximum et le long-terme c’est à partir de huit ans…"
Et cela me fait penser que cette phrase prononcée hier est un acte manqué, une manifestation de son inconscient qui révèle à quel point son cerveau est tout entier tendu vers l’avenir… de sa petite personne.
Parce que, hein ! Le court terme n’est évidemment valable qu’à moyen terme puisque le merdier qu’il lui faut supporter durant les deux années qui viennent ne vaut le coup qu’au regard d’une espérance pour les cinq années suivantes…

- Ensuite, cette phrase "Le court terme n'est valable qu'à moyen terme" illustre à la perfection l’art et la méthode du personnage, ses vertus et ses travers, le compromis et l’attentisme, la temporisation et la procrastination… Bref, lorsque le jour viendra, on pourrait la graver sur sa tombe. Ou bien, sans attendre, ce pourrait être sa devise inscrite sur ses armes, sur son blason. En héraldique ça devrait donner à peu près ceci : "Au chef de gueules chargé de sa devise d’or, d’azur à la double figure d'argent : pédalo couronné d’un bonnet de gueules et scooter couronné d’un entonnoir inversé, le tout accosté de crayons de sinople…"
Euh… Non, ça doit être assez moche à l’œil…



1 commentaire:

  1. " illustre à la perfection l’art et la méthode du personnage, ses vertus et ses travers, le compromis et l’attentisme, la temporisation et la procrastination…" c'est tout à fait ça, tout à fait lui, sauf peut-être pour "ses vertus " dont je cherche encore desquelles il pourraient se vanter. En tout cas, c'est tout sauf l'action!

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