"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 30 septembre 2015

Des crayons et des gommes…



L’année avait commencé avec des tripotées de JesuisCharlie brandissant des crayons en carton creux. On ne s’en souvient déjà plus. Les crayons fictifs ont été rangés (n’oubliez pas le tri sélectif : poubelle des emballages…) On aurait été bien mieux inspirés de faire défiler tous ces guignols avec des gommes pour éviter de libérer la parole

Il y a des infos (il est vrai oh combien moins importantes que le retrait de l’investiture imprudemment donnée par la drouâte à Nadine Morano en Meurthe-et-Moselle) qui échappent par hasard aux journaux de 20 heures comme aux grands titres de la presse écrite. Comme c’est curieux.

Par exemple, jeudi de la semaine dernière, le sulfureux Président de Hongrie, Viktor Orbán soi-même, était en visite en Bavière, très officiellement reçu par Horst Seehofer, le Ministre-président CSU du Land.

En Allemagne, donc, s’exprimant tout aussi officiellement devant la presse, bras-dessus-bras-dessous avec le chef de l’exécutif bavarois opinant du chef, Orbán a réaffirmé sa légitimité d’homme d’Etat européen s’efforçant – lui – d’appliquer les accords de Schengen en contrôlant les frontières extérieures de l’Europe… Se présentant comme "garde-frontière" de la frontière commune, il ne s’est pas privé à cette occasion de fustiger "l’impérialisme moral" d’Angela Merkel.
Jusque-là, rien de nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est que Horst Seehofer lui a répondu qu’il n’avait "pas de critique" à faire sur la politique hongroise et qu’elle avait gagné "le soutien du gouvernement bavarois".

Il faut savoir que la Bavière est le land le plus vaste et le second le plus peuplé de la république fédérale. Que politiquement la CSU bavaroise a toujours voulu garder son autonomie par rapport à la CDU. Et qu’aux dernières élections législatives (2013) la CSU a fait en Bavière le meilleur score de la CDU/CSU de tout le pays (3,6 points de plus qu’en Bade-Wurtemberg classé second…)  
Et voilà que la CSU se montre de plus en plus ouvertement critique vis-à-vis de la politique, notamment "immigratoire", de la Chancelière ! Certes, n’ayant emporté la victoire qu’avec 311 députés CDU/CSU au Bundestag, celle-ci a raté la majorité absolue de 5 sièges et a dû former une "grande coalition" avec le SPD (193 sièges) mais elle reste de très loin la patronne. Or si les 53 députés CSU venaient à lui faire défaut, elle n’en aurait plus que 258 à sa main et devrait alors vraiment composer avec ses "alliés" socialistes pour gouverner…

La manière dont Viktor Orbán a été reçu à Munich est un évènement qui n’est pas neutre. Il est même peut-être (soyons prudent) plus important pour l’avenir de l’Europe que l’attentat fasciste perpétré à Versailles contre les créations de Anish Kapoor.

Or, que constate-t-on ? Non seulement la presse allemande mais aussi la presse anglo-saxonne ont très largement commenté l’évènement.  Certes quasiment toujours dans l’esprit du politiquement correct de rigueur mais elles ont abondamment relayé l’info.
Et chez nous, je vous le demande ? Nib ! Peanuts ! Rien. Pas un mot.

Virez les tous ! 

mardi 29 septembre 2015

"L’édile saute sur la noce"…



Hier, c’était un clown qui sautait en parachute pour se faire voir. Aujourd’hui c’est quand même plus sérieux.

Samedi dernier Christian Estrosi soi-même était de corvée de mariage dans sa bonne mairie de Nice (Je dis de corvée parce que c’en est vraiment une dans les grandes villes) Eh bien figurez-vous qu’il a refusé de marier un couple (hétéro, je précise). Et cela au motif que les intéressés, familles et invités, étaient trop bruyants et n’avaient pas respecté la charte de bonne conduite imposée depuis plus de trois ans par arrêté municipal dans mon douar d’origine. Ces documents, notamment, demandent aux futurs époux et à leurs invités d’avoir une attitude calme et respectueuse, de se conformer au code de la route et… interdisent d’exhiber des drapeaux étrangers lors de la cérémonie nuptiale…

P’tain ! C’qu’il est chiant le mec ! Mais rassurez-vous : Les futurs époux ont bien voulu s'excuser et le maire a consenti à leur donner rendez-vous le lendemain (le dimanche !) pour sceller leur union "à condition qu'aucun trouble ne soit signalé"

Faut dire que le futur et sa bande de potes sont arrivés à la mairie avec près de 50 minutes de retard. Faut dire aussi que la police municipale avait constaté dans le "cortège" un nombre non précisé de défauts de port du casque, de contre-sens, d’entraves à la circulation, d’excès de vitesse, de conduites sur les trottoirs, etc. Et deux des invités à la noce avaient été placés en garde à vue pour mise en danger de la vie d'autrui…

Les critiques n’ont pas manqué. Mouna, une sœur de la mariée, s’est longuement épanchée auprès du pisse-copie de Nice-Matin : "- On nous a fait attendre plusieurs heures, derrière des barrières, surveillés par des policiers avec des matraques et des armes. Les parents de la mariée n'ont pas été autorisés à entrer dans la cour de la mairie. On a été escorté par une dizaine de voitures de police et cinq ou six motos. Des invités ont été menottés. Pourtant, le Code de la route a été respecté et aucun drapeau étranger n'a été sorti. Il n'y a pas eu d'insultes. Aucun feu rouge n'a été grillé mais simplement franchi à l'orange. Ma sœur est en pleurs."

Bref, pourquoi avoir relevé cet anecdote dans une rubrique "Les Républicains font le spectacle" ?

- D’abord, parce que la description du la célébration avortée du samedi me dit quelque chose… A vous aussi sûrement si vous n’habitez pas à Pellouailles-les-Vignes. Même si les participants à cette noce de Nice y sont probablement allés sensiblement plus fort que la moyenne, il n’y a pas vraiment de différence de nature avec ce qu’il nous faut souvent supporter dans la banalité des samedis urbains…
Et on approuvera sans discussion Estrosi d’avoir marqué le coup.

- Au demeurant, je m’interroge. Ce coup de gueule du week-end dernier devait être poussé pour marquer le coup. Pour donner tenter de donner un coup d’arrêt à une dérive des comportements qui ne cesse de croître dans l’espace commun. Bon. Motocycliste grand amateur de moulinets de bras, mis en selle (politiquement…) par Jacques Médecin (dont je tiens au passage à saluer la mémoire quoi qu’on en dise) et ayant su ensuite grandir, raccroché un temps au wagon Sarko et, surtout, grande girouette sociétale devant l’Eternel, Christian Estrosi l’a fait.
Mais l’aurait-il fait s’il n’avait pas les Régionales devant son guidon ? S’il n’avait pas Marion aux fesses ?

Dans le doute et devant choisir, je range ça dans la rubrique spectacle

lundi 28 septembre 2015

"La Région saute sur Pamiers"…



C’est n’importe quoi mais c’est comme ça.

Et ce n’est pas fini. Les prochaines élections régionales nous en préparent sûrement quelques autres biens plus gratinées… Aujourd’hui, ce sont Les Républicains qui font le spectacle.

- Commençons par le plus ridicule du jour : Dominique Reynié… Attaqué de toutes parts, il a pu touïtter :  
"- Comme le PS et le FN disent que je suis un parachuté, c'était une façon de leur montrer ce qu'est un vrai parachutage"

Ben oui, il l’a fait. Reste à savoir si la dépense sera imputée à ses comptes de campagne…
Professeur à Sciences Po, ancien expert auprès de la Commission européenne, longtemps chroniqueur sur France-Cul’, partisan du mariage homosexuel, de la GPA, de la diversité, de l'immigration et des mélanges ethniques, de l'élargissement de l'U.E. et de l’adhésion de la Turquie, il avait présenté sa candidature pour prendre la direction de Sciences Po après la mort de Richard Descoings dans les circonstances que l’on sait…
Bref, exactement le genre de type que, par les temps qui courent et faute de mieux, la commission d’investiture de l’ex UMP – sarkozystes et autres mais néanmoins amis – a cru nécessaire de l’imposer à ses troupes de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées comme tête de liste pour tenter de reprendre la région à la gauche…  Après les pressions que l’on imagine, les caciques des culs-terreux LR-UDI de là-bas ont fini par l’accepter comme tête de liste au 4° tour de scrutin…
Parfaite incarnation de la droite molle centro-sociétale n’ayant encore jamais mouillé la chemise sous les préaux d’écoles, sinon souvent sous les projecteurs des débats entre soi de C dans l’air, Dominique Reynié, donc, a sauté en parachute à Pamiers, sous-préfecture de l’Ariège. On le saura et cébien.

C’est l’exemple type de l’exploit parfaitement con. Certes, les médias qui ricanent des roulements de mécanique d’un Poutine torse nu s’esbaudissent devant l’exploit et c’est toujours ça de pris. Mais c’est aussi exemplaire d’autres choses :
- D’abord, ce saut en parachute se veut une réponse aux critiques de parachutage à lui adressées par ses concurrents PS et FN. Comme souvent sinon toujours, ce genre de type ne fait que se positionner sur le terrain de ses adversaires, pas sur le sien (à ceci près que c’est peut-être le même). Et non seulement il joue en défense, mais sa réponse est décalée et totalement hors sujet. Elle montre surtout qu’il ne sait parler que de lui et qu’il traite la question au second degré son lien avec le fond du sujet.
- Ensuite, faire le pitre évite de parler de programme et de projet. J’ignore ce que propose la drouâte dans cette région. Vaut mieux. De toute façon, quoi qu’elle propose, sous la houlette de ce type il n’y a rien à en attendre. Et cette seule investiture en dit peut-être long sur ce que l’on peut vraiment attendre d’une alternance

Une chose est sûre : Autant je me laisserais tenter de voter pour Pécresse si j’étais Francilien, autant, avec Reynié, LR et Cie° pourraient aller se faire voir si j’étais Ariégeois…

Ah oui ! Un autre Républicain a fait le spectacle ce week-end. Mais j’ai trop à faire, j’en reparlerai demain.  

dimanche 27 septembre 2015

La dernière de la "boîte à outils"…



Dans le cadre de son regain de bougisme pré-électoral, notre Pédalonaute présidentiel est allé le 17 septembre en visite sur le plateau de Saclay. Cébien. On trouve là l’Ecole Polytechnique et le plus grand des centres de recherche du Commissariat à l’Energie Atomique. Non seulement on s’y occupe d’énergie nucléaire, de recherche fondamentale et appliquée en physique et en chimie, mais aussi, bien sûr, de recherche dans le domaine du climat et de l'environnement… Surtout, ce plateau de Saclay est un site retenu pour devenir the "pôle de compétitivité" maxi pointu dans ces domaines. En outre, le projet s’insère dans le programme du "Grand Paris" avec station de métro aérien, toussa
Bref, c’est en ce lieu d’excellence que le Pédalonaute a tenu à faire son "déplacement à l’occasion de la rentrée universitaire." Sans scooter mais flanqué de son indispensable Najat-des-écoles et du secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche que-c’est-l’occase-de-le-sortir-et-de-se-souvenir-de-son-nom (Mandon - ndlr), il a évidemment fait un discours solennel sur l’Enseignement supérieur dans l’amphithéâtre de mathématique de l’Université Paris-Saclay.

C’était beau. Dans le contexte que nous connaissons, celui de l’état de la "ressource" au sortir du lycée, celui des systèmes de moins en moins officieux de "torsion des notes" au Bac, etc., son propos a été quasi totalement axé sur la nécessaire "démocratisation" de l’enseignement supérieur. Et vois savez quoi ? Le Président de la République, notre chef bien a défini un nouvel "objectif de la nation" :

"amener 60 % d’une classe d’âge au niveau de l’enseignement supérieur "

On en serait actuellement à 42 % titulaires d’un parchemin d’au moins bac+2. Il est vrai que nous avons besoin de plus en plus d’ingénieurs ; de techniciens de haut niveau, de têtes suffisamment bien câblées aptes à innover, chercher et… trouver ; pas seulement dans la socio-truc… A cet égard, il est tout aussi vrai que nous sommes en retard par rapport à bien d’autres pays dits développés…

Et alors ? Eh ben, ceux-là même qui nous ont inventé les 80 % d’une classe au bac à coup de bacs-pro et de "calage des moyennes", ceux qui ne voulaient plus de "politique du chiffre" pour courser les malfrats, ont trouvé la martingale ! 60 % dans l’enseignement supérieur ça en jette plus que 30 % de chômeurs !
Et comme l’a dit le Pédalonaute : "- Euh - pas seulement pour rentrer dans l’enseignement supérieur, - euh - mais pour y rester !" Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les doctorats de chimie fine et les mathématiciens de niveau international seront sûrement aussi nombreux demain qu’ils le sont aujourd’hui ; mais pas plus. En revanche, que vaudront les masters divers et variés délivrés dans le cadre de cet "objectif de la nation" ? (on notera au passage que le mot nation – qui a dû lui échapper – s’écrit sans majuscule)

Bon, OK, pour montrer qu’il était sérieux, il a aussi promis un programme d’investissement d’avenir de 10 milliards d’euros en 2016…A ajouter à ceux promis hier à d’autres et demain à d’autres encore…  

Virez-les tous…