"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 7 septembre 2015

Le poids des photos et le ridicule des mots…



Non, je ne vais pas revenir sur le psychodrame que nous venons de vivre. En fait, un de ces micro-drames triste d’une atroce mais quotidienne banalité dans l’espace-temps du réel. Mais "psycho" quand-même tant il fut spontanément et hystériquement battu en neige jusqu’à le monter en opéra-bouffe où toulemonde s’est poussé du coude, du ténor jusqu’au hallebardier, pour faire entendre son morceau de partition en faisant assaut de conneries.
Quand je dis "toutelmonde", on se comprend, hein ? Les ceusses qui émargent au "milieu" : Les politiques, les journalistes, les "autorités morales", les chroniqueurs, les "experts", les vedettes, chanteurs et autres "intermittents du spectacle vivant" de toutes natures… Mais je m’égare.
"Psycho" donc, et "Drame" aussi. Drame véritable, bien au-delà de la souffrance individuelle d’une famille. Car derrière le succès éphémère que je prédis à cet opéra kitch en attendant le suivant, il y a ce qui a été dit à cette occasion par nauséelites françaises et européennes. Or nauséelites sont sur scène des acteurs sans texte. Ne sachant pas trop dans quelle pièce ils jouent, n’ayant pas vraiment pigé les grandes lignes de l’intrigue et ne pouvant se contenter de répéter mécaniquement "Je suis Charlie", ils réagissent aux stimuli de l’instant en improvisant ; et en disant n’importe quoi. Et ce n’importe quoi devient le fil rouge à suivre. Ils pensent que ce n’est pas grave ; qu’il suffira qu’ils s’adaptent à la suite "comme ça vient" et ils savent faire. Mais ils ne savent pas que l’Histoire est tragique, que la Vie est tragique, qu’ils sont jusqu’au cou dans une tragédie grecque et qu’ils sont payés pour tenir le rôle de Créon. Pas pour avoir les vapeurs d’Antigone ! Mais je m’égare encore…

Donc j’y suis revenu quand-même. Excusez-moi^^ Je voulais simplement aujourd’hui mettre en miroir de ce psychodrame un autre drame survenu hier matin :

Figurez-vous que la grande sculpture Dirty Corner de l’artiste Anish Kapoor, installée dans les jardins du château de Versailles et communément appelée "le vagin de la reine" a été une nouvelle fois vandalisée.

Je dois dire que je n’avais jamais éprouvé le besoin d’écrire ici la moindre ligne sur cette œuvre monumentale de dix mètres de haut et soixante mètres de long installée à grands frais dans les allées de Versailles pour renouveler la perspective sur le Grand Canal. C’est inutile. On peut se souvenir du homard en plastique de Jeff Koons, ou des éjaculations aériennes de l’éphèbe à la plastique adolescente en matériaux composites de Takashi Murakami dans la galerie des glaces ; ça avait encore l’attrait de la nouveauté… Mais l’empilement et le bétonnage pour des factures à six chiffres de tôles rouillées dans les jardins, c’est devenu tellement banal et lassant qu’il vaut mieux ne pas en parler pour ne pas se répéter.

- Heureusement, il arrive parfois que de petits canaillous, aussi vandales inconséquents que terroristes fascistoïdes, viennent nuitamment saloper de tags nauséabonds l’un ou l’autre de ces tas de ferraille incrustés avec force rivets et boulons aux frais du contribuable au milieu d’un site XVII° siècle classé patrimoine mondial. Je dis heureusement, parce que ça permet à certains d’exprimer l’horrifique épouvante qu’ils éprouvent. Et cela avec souvent plus de facilité et moins de retenue que – par exemple - lors de spectacles télévisés d’égorgements à la chaîne de chrétiens pékins lambda.   
- Heureusement, aussi et surtout, parce que ça me permet de savourer les réactions des prébendiers du sérail :

Catherine Pégard, n’est pas n’importe qui. Présidente de "l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles" (excusez du peu), cette sexagénaire a reçu là, fin 2011, sa pantoufle d’argent de fin de carrière pour bons et loyaux services. Et la Légion d’Honneur en prime l’année suivante juste avant que le Pédalonaute vienne rallumer la lumière. Faut dire qu’elle maîtrise le vocabulaire approprié puisqu’avant d’intégrer en 2008 le pôle politique des conseillers de Sarko à l’Elysée, elle avait fait une longue carrière de journaliste politique. Ayant bossé un temps au Quotidien de Paris sous la houlette de Philippe Tesson, elle a dû être à bonne école mais, comme il faut bien vivre, l’essentiel de sa carrière s’est passée au Point où il est d’usage de s’en tenir au mainstream que nous connaissons.

Donc, l’œuvre évoquée plus haut a été recouverte dimanche matin d’inscriptions à la peinture blanche, parfois pas très explicites – ou souvent trop – et jamais d’un goût très sûr…

Pourquoi vous en causer ?

- Certes, Dame Catherine Pégard s’est dite "scandalisée", ce qui est de bonne guerre. Mais surtout, conditionnée à la méthode, elle a développé sur l’air des vierges outragées :
 « Cet acte d’une violence intolérable contre l’œuvre d’un artiste international me choque et m’attriste (…) Je suis scandalisée qu’on s’en prenne avec les plus abominables références à l’œuvre d’un grand artiste international et, au-delà, au château de Versailles et à la culture. »

Notez bien les termes : Passe pour "intolérable", mais "violence intolérable" pour des tags de peinture sur des tôles passées au minium et des blocs de pierres de carrière semées autour ?! Et l'Etat Islamique ? Et l’égorgé de St-Quentin-Fallavier ?  
Violence intolérable contre une œuvre donc. Cet assemblage de tôles est en fait moins une création qu’une déclinaison commerciale revisitée et actualisée d’autres attractions réalisées précédemment ailleurs par l’artiste, notamment aux Etats-Unis… Ecoutez Dame Pégard. Elle ne parle pas d’une œuvre tout court. Elle éprouve le besoin de répéter deux fois "d’un grand artiste international…" Qu’importe la qualité intrinsèque du "produit" ; ce qui compte finalement, c’est la signature commerciale et… ce que ça nous a coûté.
Et puis… on s’en prend à Versailles, à la culture !  C’est la culture qu’on assassine !!

Les photos du désastre ne feront pas la Une jusqu’à la nausée comme celle du pauvre petit Aylan. Pourtant, à lire les réactions, ça aurait dû, non ?


La ministre (ici avec Dame Pégard) a évidemment fait le déplacement pour prendre la mesure du drame.

7 commentaires:

  1. Ah bon, il s'agit de dégradations dues à de petits canailloux ? Je croyais qu'il s'agissait d'œuvres originales de leaders d'une nouvelle forme de street art.

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  2. Tout passager qui prend le RER peut constater que l'art du tag tant prôné par l'ami Jack en son temps est omniprésent. Tant qu'ils peinturlurent une bouse en ferraille rouillée, ce n'est pas bien grave, ce le serait infiniment plus s'ils s'en prenaient aux statues des différents bassins.

    Le Nain

    J'aimais bien le quotidien de Paris, il me manque encore. J'aimais bien aussi les éditoriaux de dame Pégard dans le Point mais moins que ceux de Claude Imbert.

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    1. Oui. Mais les ceusses qui ont tagué la ferraille ont fait la différence avec les statues d'époque. Et c'est en ça qu'ils ont fait preuve d'une "violence intolérable"...

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    2. Oui, le Quotidien de Paris était un "vrai" journal. Et moi qui ne suis pas un perdreau de la dernière pluie ( http://leplouc-emissaire.blogspot.fr/2010/06/cest-pas-la-fin-du-monde.html ), j'ai conservé une profonde nostalgie pour le quotidien "Combat" qui nous tachait les doigts dans ma jeunesse...

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  3. kobus van cleef07/09/2015 22:18

    Moive aussi je suis scandalisé qu'on s'en prenne ainsi à la royale vulve
    Au passage, le roi Louis n'a pas dû manquer de ressources pour la combler
    Analysons aussi les turlupinades ( turlupineries ?) du gars Kapoor
    À Bilbao ,j'avais vu "shot in ze corner" et la série des cires ,des miroirs et du béton
    Le béton ? des colombins grisâtres ,depaquetes par une trefileuse à corn flakes ,de différentes sections, remplissant des caisses ,y en avait une cinquantaine, allignees ,comme si une bande de trolls avait pose culotte et avait poussé à l'unisson pour se libérer la boyasse
    Les miroirs ? Des concaves et des convexes ,
    Les cires ? Des bacs où des lames tournaient en raclant le truc, comme une plaie sanieuse

    Sans déconner, taguer le truc, c'est l'enjoliver ,je peut pas m'empêcher de voir ça comme ça !

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  4. D'après certains critiques l'"Aaaaart Môôderne" est essentiellement une spéculation financière sur les polémiques suscitées par le bidule présenté comme étant une œuvre majeure.
    La valeur de ce truc rouillé est en train d'exploser et nul doute que les pierres taguées victimes de cette insupportable atteinte vont se vendre beaucoup plus cher maintenant ! D'ailleurs la présidente a rappelé que l'artiste ne voulait pas que l'on nettoie et que les personnels de Versailles devaient y veiller !
    Droopyx

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  5. kobus van cleef09/09/2015 21:26

    elle fait un peu schlampe , fleur de nave , avec son ticheurte en pilou sur le nombril
    y a que le brushing qui se tienne un peu
    la vieille pégard à coté se tient quasi au gardavous et fait semblant de pas rigoler

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