"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 26 janvier 2016

Code du travail, toujours la double peine…



Or donc, Manu-la-Mâchoire a reçu solennellement le rapport qu’il avait commandé à Robert Badinter sur la Réforme du Code du Travail. Excusez du peu…

Tout d’abord, une première remarque issue de mon esprit nauséabond putride : Qu’en ces temps modernoeuds le gouvernement d’un grand pays développé n’ait trouvé à confier ce dossier qu’à une retraité de 88 balais sorti du formol pour l’occase me déclenche une Schadenfreude qui réchauffe autant mes vieux os qu’un single malt 18 ans d’âge ! Mais ne rêvons pas. Le choix du scribe suffit déjà pour comprendre que le but recherché n’est que de gagner du temps, de calmer les sinistroïdes, le truc ne devant accoucher que d’une souris en enterrant l’essentiel. En effet, le choix du scribe n’a rien du recours à l’expertise, il est celui du symbole : On se réfère à l’avis d’un ancien président du Conseil Constitutionnel, statufié de longue main comme une figure incontestable et une autorité morale de la Gauche en général et de la Mitterrandie en particulier. Ce pourrait être, il est vrai, une cynique manœuvre tactique pour faire avaler la potion ; même pas, comme on le verra plus bas…

Ensuite, m’est revenu à l’esprit le pédigrée du personnage et une référence biblique (je ne me refais pas…) :
Vous connaissez tous (Genèse 1) l’histoire du jardin d’Eden et du fruit de l’arbre (celui de la connaissance du bien et du mal…) En mangeant le fruit de l’arbre, ha-adam (en hébreu "l’homme" générique, l’espèce…) a hérité de devenir mortel et de "se nourrir à la sueur de son front". Le premier acte d’insubordination (je dirais d’indépendance) de l’espèce vis à vis de Son Créateur lui a donc valu la double peine : Les peines essentielles, il n’y en a pas d’autres : La conscience de l’inéluctabilité de sa mort et la nécessité de bosser pour survivre…
Pourquoi cette digression ? Parce que, quelque part et tout bien réfléchi, le socialisme, la gauche, toussa, semblent s’être donnés comme mission, comme vocation, de nous débarrasser de cette double peine. Ils ont du boulot…
Mais revenons à Badinter. Ayant longtemps milité pour la dépénalisation des rapports homosexuels avec mineurs aux âges où les relations hétérosexuelles étaient légales, on se souvient surtout de lui comme le garde des Sceaux qui, il y a 35 ans, avait fait voter l’abolition de la peine de mort. On avait déjà là un exemple du type même de réforme bâclée ne réglant tout au plus (et statistiquement nettement moins) que la moitié du problème. En effet, que je sache, son texte à la con s’est bien gardé d’abolir la peine de mort pour les victimes…

Et voilà que ce gus s’attaque maintenant au Travail, le deuxième volet de la double peine biblique (manifestement, il ne se mouche pas dans du Kleenex) ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat s’annonce encore moins efficace que celui de sa précédente réforme si fondamentale.  

Compte tenu de l’ampleur de la tâche, la méthodologie proposée est intelligente (et prudente) : réécrire le Code du travail sur deux ans en distinguant trois parties : Ce qui relève de la Loi ; ce qui sera négociable et ce qui s’appliquera faute d’accord. Le tout chapeauté par un préambule énonçant 61 principes qui restent des généralités. Ainsi, le contrat à durée déterminée est la règle sauf exceptions prévues par la loi ; le licenciement doit avoir un motif réel et sérieux sans le définir ; le repose hebdomadaire est le dimanche sauf dérogation ; etc. Tous les ingrédients sont réunis pour que rien ne change et que les cavaliers législatifs fassent vite reprendre au Code les milliers de pages qu’on nous promet qu’il va perdre.
A cet égard, le principe de la majoration des heures sup’ sera acté. Mais à quel taux ?  Actuellement verrouillé à +25%, il pourrait être abaissé à +10% par accord d’entreprise sauf si la branche s’y oppose, ce qu’elle feront toutes… Majoration qui pourrait être de +0% dans les rêves de Macron… Rien ne changera, je vous dis !

D’ailleurs, Badinter n’a présenté que le cadre et les principes. C’est la sagesse des vieux croutons. Sympa, il a bien voulu rendre service aux jeunots qui jouent la montre en attendant le gong de 2017. Il espère peut-être n’être alors plus là. Il a défini remis dans l’ordre les principes essentiels du droit du travail. Quant au point fondamental de la réforme annoncée, c’est-à-dire ramener toutes les négociations au niveau de l’entreprise, "cela viendra plus tard"… 
 
Bref, lancer ce genre de projet en dernière année de mandat présidentiel avec la gauche-gauche au cul ne sert qu’à brasser du vent, à occulter au passage l’enterrement discret de la loi Macron-2, à déboussoler l’électorat, à bruiter une apparence de parole. Quand l’actualité permettra de passer à autre chose, on pourra toujours glisser en douce le bébé mort-né sous l’épais tapis des partenaires sociaux.

6 commentaires:

  1. Cher plouc'em
    Venant d'un homme qui se vante de creuser "consciencieusement par sa survie à creuser la tombe du système de retraite par répartition", d'un homme qui a eu l'outrecuidance de travailler toute sa vie (même à l'école), je trouve votre post honteux ! Quoi ! Aucune confiance en ce gouvernement qui nous prouve, en parole, en action et en omission qu'il ne veut que notre bonheur. Et se moquer d'un grand sage, une haute figure du régime, un emblème de notre gauche, un humaniste enfin, c'est NAUSEABOND. Ne profitez pas de ses 88 ans pour relancer le débat sur l'euthanasie !
    Parce que nous, les "djeunes", on sait qu'on nous aime, qu'on va réaliser nos rêves ! Bouh le vilain oiseau de mauvais augure que vous faites...
    En tout cas, merci cher Plouc'em de contribuer par votre survie à entretenir et former le moral d'un "djeune".
    Antiloque

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ces reproches "constructifs" qui devraient "normalement" m'ouvrir des horizons^^

      Supprimer
  2. Vous êtes un exemple d'intelligence en action, vous lire est un bonheur. Merci pour cette analyse biblique et gérontomoqueuse. Sincèrement, je vous envie. Bravo.

    RépondreSupprimer
  3. En êtes vous bien sûr?

    RépondreSupprimer