"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

dimanche 3 janvier 2016

Faire du théâtre dans la cour de récré…



Les déjà-vieux (en âge) se souviendront de ce désastre foireux qui a suivi l’invasion de l’ambassade US à Téhéran et la prise en otage de ses diplomates et de tout le personnel avec la complicité manifeste des autorités après l’arrivée au pouvoir de Khomeiny. Les images des épaves d’hélicos et des cadavres des forces spéciales US calcinés dans le désert avaient fait le tour du monde. Personnellement, j’avais surtout retenu cette anecdote qui avait fuité à l’époque : Dans la "salle des opérations" de la Maison Blanche, au milieu des généraux étoilés et des têtes d’œufs en costard qui cherchaient fébrilement à comprendre et à trouver comment réagir, Jimmy Carter, livide, assis immobile, comme absent et quasi transparent, regardait fixement la carte de l’Iran en marmonnant comme un automate la litanie des noms de villes qu’il lisait dessus… Brusquement confronté aux-faits-qui-sont-têtus,  le chef-en-dernier-ressort ne pouvait alors pas affronter le réel. Il lui fallait dire "pouce" pour se réfugier un moment dans un autre espace-temps. C’est humain…

On a l’impression qu’il en est de même aujourd’hui chez nous. Tout est bon pour éviter de résoudre l’équation, pour éviter qu’on vous appelle au tableau… Tirer les conséquences d’avoir dû se résoudre à dire qu’on fait la guerre, c’est trop dur. Le traité transatlantique TAFTA, c’est trop compliqué. Punir vraiment la canaille, c’est fatiguant. Et tout à l’avenant… Alors, vite, on s’invente une histoire ; on remplace les pièces d’un jeu d’échec de chair et de sang par des billes à la récré ; "on va dire qu’on est les cow-boys et qu’il n’y a pas d’indiens"…  
Comme ça, il n’y a "d’attentats terroristes" qu’à partir d’une douzaine de morts à la fois si ce sont des journalistes ou des juifs ; ou au moins plus d’une centaine, l’habitude aidant, si ce ne sont que des acurabas lambda… En deçà, ce ne sont que des actes isolés de déséquilibrés irresponsables à qui la Sécu paiera un suivi psychiatrique… Comme ça, devant la petite bébête de la courge du chômage qui-monte- qui-monte, il suffit d’aligner les taux de TVA des Tampax sur celui des capotes… Comme ça, quand les pompiers morflent tous les jours, il suffit de rappeler que la dernière promotion de la Légion d’Honneur respecte bien la parité… [soi-dit en passant, la plus ineffable bêtise débile entendue depuis longtemps…]   

Et pourtant, toussa ne relève pas d’une manière puérile de se réfugier dans le monde de Mary Poppins. C’est pensé et calculé pour nous entuber bien-bien.

La meilleure preuve, c’est le psychodrame qu’on nous a inventés sur la question de la déchéance de nationalité ! L’annonce de cette mesure, à la fois sans portée pratique et d’une valeur symbolique forte, n’a pas d’autre objectif que de foutre le Bronx tous azimut, à droite, à gauche et même au Effhaîne, en donnant de l’air et des marges de manœuvre à l’exécutif. Surtout, surtout, ça fera quelques mois de gagné où on ne parlera que ce ça… Or, outre le fait que ça n’accouchera même pas d’une souris, c’est totalement bidon ! Tant en ce qui concerne la limitation aux seuls binationaux que de la nécessité de réviser la Constitution !        

- Prenons d’abord la Constitution :
Qu’il s’agisse de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 comme du Préambule et des articles 1 à 4 de ladite Constitution du 4 octobre 1958 (révisée en dernier lieu le 23 juillet 2008), il est partout fait état des termes "peuple", "Français" et "citoyens" sans qu’aucun de ces termes soient définis plus avant… Il n’est fait nulle part état de ce qui constitue le fait d’être Français, ni comment s’acquiert (et donc éventuellement se perd) cette qualité. On peut donc en conclure – ou à tout le moins défendre – que le fait d’être Français n’est pas constitutionnel et relève donc de la loi ordinaire. Point barre.

- Prenons ensuite les Traités internationaux qui priment sur la Constitution :
Ceux-ci interdisent – nous dit-on – de "créer des apatrides". Ouais… Il y en a trois :
1°. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. 
Elle dit effectivement en son article 15 : "Nul ne peux être arbitrairement privé de sa nationalité"
Mais, a) Comme nombre de résolutions votées en AG de l’ONU, c’est une proclamation sans aucune valeur contraignante et sans portée juridique réelle. Au surplus, b) le mot "arbitrairement" rend possible toute déchéance prononcée par un Etat souverain dès lors qu’il s’agit d’une mesure individuelle motivée de manière contradictoire avec respect des droits de la défense…
2°. La Convention relative au statut des apatrides de 1954.
Visant à protéger les apatrides, elle les assimile aux réfugiés. Elle reconnaît donc que ça existe et leur donne un statut. Et elle n’interdit pas d’en créer…
[Voilà le gag : allant plus loin que le Pédalonaute, les élus de droite réclamant (à bon droit) l’extension de la déchéance aux mono-nationaux, proposent de donner aux Jihadistes les protections dues aux réfugiés !]
3°. La Convention de réduction des cas d’apatrides de 1961.
Celle-ci prévoit bien que les États contractants ne priveront pas de sa nationalité l’individu que cela rendrait apatride. Toutefois, l’article 8 donne aux Etats, notamment, la faculté d’y mettre une réserve et de conserver la faculté d’apatridiser les individus ayant eu un comportement de nature à porter un préjudice grave aux intérêts essentiels de l’État… a) Lors de sa signature, la France y a mis cette réserve. b) Au surplus, si la France a signé la Convention en 1962, elle ne l’a jamais ratifiée ; donc elle n’a aucune force légale en France…

C’est juste une pièce de théâtre. Du mauvais boulevard joué consciemment sans que personne n’y croit par des cancres voulant rester sur les planches pour éviter de retourner en classe.

Et pourtant, ce ne sont pas des amateurs…

1 commentaire:

  1. kobus van cleef03/01/2016 22:07

    j'en connais un qui va sécher au tableau en 2017....
    il va se payer un moment de grande solitude , lorsqu'on lui demandera le tableau de variation de la courge.....
    et pour l'équation, combien de racines , une , deux ? zéro , mon garçû ! zéro pointé , même !
    y en a un au fond qui tente de souffler ?
    venez donc là , l'ami , oui , françois , vous pouvez retourner vous asseoir ....non, à la réflexion , votre carnet de notes , voui , un p'tit mot pour vot' papa ....
    alors , à l'élève nicolas maint'nant , vous qui vous agitiez au fond, vous allez la résoudre l'équation? vous avez avalé votre langue?


    ho putain, le pied !

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