"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 11 janvier 2016

Le réel est donc extrémiste…



Figurez-vous. Et c’est contrariant…

Mais revenons à nos brebis (pas les égarées, hein ! ) :

- D’abord, ouf ! La semaine-Charlie s’est achevée. Enfin, en principe. Je n’en ai rien retenu d’intéressant mais elle a été bien utile. En effet, même si c’est sans faire exprès, elle est tombée opportunément pour mettre un bémol momentané sur la déchéance de nationalité ; et, surtout, pour glisser discrètement les évènements de la semaine sous le tapis, dans les corbeilles à papier des chaînes d’infos et, au mieux, dans les profondeurs des pages intérieurs de la presse quotidienne, du côté des méfaits divers et souchiens écrasés. Quand je dis évènements, je pense évidemment à tous ces faits-qui-sont-têtus venus perturber la reductio ad commemorum dans l’espace-temps que-c’est-bien-là-qu’on-est-mon-con…  
 On ne va pas s’étendre, par exemple, sur la succession quasi quotidienne des déséquilibrés isolés qui finalement ne le sont pas. Reste les agressions sexuelles de la Saint-Sylvestre germanique. Là, grâce à la semaine-Charlie, aux soldes, au tombeau de Mitterrand et aux hommages à Galabru, Boulez, Delpech… on a pu tenir le couvercle quatre ou cinq jours sur Cologne. Cébien. Avec David Bowie, on va peut-être pouvoir gratter un jour de plus…  

Au final, comme je ne veux pas abuser de votre temps qui est précieux, comment résumer ici cette semaine-Charlie de façon synthétique par une seule image qui se suffit à elle-même ? Difficile, difficile…

Je ne voulais pas afficher la tronche des célébrants de cette liturgie aussi laïque qu’artificielle, tronches de circonstances au port digne du faux-jeton piétinant au serrement de mains, tronches à-la-Bonaparte, tronches de moine capucin avant confesse, de garce avide, voire de benêt livide ou de ravi de la crèche…
Bref, au terme d’une lassante recherche, j’ai retenu celle-ci :


Tout y est, mes enfants : C’est le présentoir de la République. La gloriette où faire pisser les chiens. Tout y est, disais-je. Surmonté de l’allégorie illustrant ce-que-vous-savez, le socle très 1880 du monument me fait penser à certaines pissotières en pierre de la même époque. Qu’y voit-on ? On passera sur les tags. Des drapeaux accrochés en chiffons, en torchons pendus comme sur corde à linge ; il y a même l’arc en ciel qu’on-ne-peut-plus-s’en-passer. Le registre d’en-dessous de l’iconostase, ce ne sont pas des ex-voto, non ; ce sont des papiers, des papiers, des textes bisounours, des phrases vengeresses sans les moyens qui vont avec, des proclamations de résistants-de-papier-en-terrasse, bref, vu de loin, on dirait ces petites annonces scotchées sur la porte vitrée de la boulangerie… ou dans les pissotières. Le registre encore en-dessous, c’est un vrac de bougies et de fleurs avec quelques gros pots de chrysanthèmes vu-que-c’est-la-saison. Ça faisait moins désordre à Londres pour lady Diana. Pour couronner toussa, posé devant ce monument à la République aux morts, la raquette de LA maire de Paris posée sur le cercueil le sol qui-est-un-droit vous savez… Tout ceci serait triste (ça l’est) mais n’aurait pas fait sens sans le piquet d’honneur : La Patrie est en danger, nous sommes en guerre et quel plus beau symbole pour honorer des pertes civiles que de monter la garde devant le tas servant de pavois à une Marianne de bronze.

Mais je m’égare. En chemin, j’ai oublié le titre.

Le réel serait donc extrémiste. Faut-y que la panique se répande parmi les bien-pensants !

Hier, Claude Askalovitch, "chroniqueur matinal" sur France-Cul’, s’est lâché :
Réalisant ce que signifiaient vraiment les évènements manifestement concertés, coordonnés, de la Saint-Sylvestre à Cologne, Hambourg, Düsseldorf et autres lieux, il a certes redouté "que la peur qui nous vient de Cologne soit beaucoup plus forte et beaucoup plus durable que l'esprit qui nous viendrait de Charlie". Mais aussi, tout tremblant, après avoir dit que Marine Le Pen avait eu "la seule réaction politiquement forte de notre classe politique", il s’est laissé aller à dire :

"La réalité correspond exactement au discours de l’extrême droite."
(source)

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4 commentaires:

  1. Magnifique symbole républicain comme l'ordre du même nom vous savez ..... le truc maintenu

    ( au premier regard j' avais cru voir un Sacré Cœur et puis je suis revenu à la réalité )

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  2. kobus van cleef11/01/2016 22:07

    c'est pas roche qui fabrique le zoloft , c'est lilly ou bien bayer , je sais plus
    de toutes façons , les labos rachètent les boites à générique ( ta mère ) et sous traitent la R et D
    ou alors investissez dans les thérapeutiques comportementales ( livres,cassettes, vidéos , tutorials sur le ternet ....) ça marche très fort aussi
    dans la droite ligne de véronique et davida .....sur le mode "même pas peur" ou "je vais bien tout va bien"....j'adoooore....comme dior

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  3. Surveiller ce dépotoir ou les pissotières, pourvu que la paye tombe à la fin du mois...

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  4. Kroll, le dessinateur du Souére a très bien résumé :
    http://portfolio.lesoir.be/v/le_kroll/47611+janvier+2016.jpg.html
    Droopyx

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