"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 23 février 2016

Repentance systémique institutionnelle.



Comme on pouvait s’y attendre, le voyage présidentiel dans les îles du Pacifique a été l’occasion d’une de ces liturgies solennelles récurrentes où le célébrant bat sa coulpe sur l’échine courbée de la Fwance ; enfin sur l’échine de la Fwance-qui-était-celle-d’avant-et-n’est-heureusement-plus-ce-qu’elle-était. La cérémonie s’achevant comme d’hab’ par une distribution d’aumônes aux indigents se pressant sur le parvis…
L’officiant a bien évidemment salué dans son homélie le "rôle majeur" joué par les Polynésiens pour doter la France de la force de dissuasion nucléaire. Ça, c’était bien sûr pour passer la pommade aux culs-terreux locaux. Pour les couillons de Métropole, en revanche, le service de presse de l'Élysée avait préalablement souligné que cette virée aux antipodes visait à "solenniser une relation de la Polynésie avec la République un peu abîmée et froissée lors du précédent quinquennat." On sait bien que toutes les occasions sont bonnes au mulet pour donner un coup de pied en douce, des fois que ça marche…
Les distributions de pistoles à la sortie étaient attendues : Bien évidemment, le traitement des demandes d'indemnisation des victimes des essais nucléaires sera revu. A cet égard, on va modifier le décret d’application de la loi de 2010 afin de rendre plus floue préciser la notion de "risque négligeable"… Quant à la "dette nucléaire", une dotation annuelle visant depuis les années Chirac à compenser la perte d'activité économique engendrée par la cessation des essais il y a vingt ans, elle sera "sanctuarisée" et "son niveau sera dès 2017 relevé rétabli à plus de 90 millions d'euros."
Mais quand c’est "attendu", la simple confirmation risque d’avoir un effet… décevant. Il faut toujours y ajouter d’autres annonces pour ravir les fidèles. L’Etat accompagnera donc le développement du service d'oncologie au centre hospitalier de Tahiti et, pour faire bon poids, l’hôpital de Mata’Utu à Wallis (42 lits d’hospitalisation) aura son IRM.
Je sais : C’est odieux de ma part de m’appesantir là-dessus. Nous savons bien que l’égalité réelle n’est pas une équité de situation mais doit tendre quel qu’en soit le coût vers l’égalité parfaite de condition, que l’on soit à Futuna ou à Prayssac dans le Lot (populations numériquement comparables) Donc, y a pas d’raison de tolérer une quelconque discrimination privant certains des bienfaits de la France à 20minutes

Mais je m’égare. Toussa n’est jamais que du vulgaire, de l’intendance.

Si je devais retenir un seul évènement de cette promenade touristique en Polynésie, c’est l’image du chef de l’Etat en déplacement à Tahiti, sur un territoire qui - à tort ou à raison – est "chez lui", allant es qualité déposer une gerbe sur la tombe de Puvanaa Oopa

Figure locale anticolonialiste ayant en son temps fait huit ans de réclusion criminelle avant d’être élu sénateur, le malheureux est mort d’une crise cardiaque en 1977 lors d’une occupation violente de l’Assemblée territoriale par ses partisans. Mais il est vrai qu’en dépit de l’absence de "faits nouveaux", M’ameTaubira a de sa seule initiative saisi en 2014 la commission de révision des condamnations pénales d’une requête en révision posthumes de ses condamnations…

Ce qui est important, essentiel, structurel : dont on s’étonne que ce ne soit pas encore constitutionnel, c’est l’obligation mondaine d’exprimer son repentir (donc de se mettre d’entrée de jeu en position de débiteur) au nom de "nous" chaque fois que l’on se trouve en présence d’une entité un tant soit peu différente de ce "nous"  devenu virtuel tant ou veut en ignorer le contenu…
Et le plus marrant (si l’on veut), c’est que cette attitude, cette manie qui en devient pathologique, est d’une intensité étroitement corrélée à l’ampleur du la différence observée (ou présumée) entre "nous" et "l’autre" sur une échelle principalement… ethnique. Donc, oserais-je le dire, raciale

Je sens que j’aggrave mon cas…

4 commentaires:

  1. C'est bien normal, tout cela. Un des territoires pour lesquels on n'avait pas encore sacrifié à la repentance ... mais il en reste : Clipperton, les Îles Kerguelen (quoi ? pas d'IRM aux Kerguélen ? Appelez-moi Marisol, et on me met ça au budget fissa !), Bassas da India, j'en passe et des plus petites

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  2. Il n'a pas touché les écrouelles ou les cancers dus au nucléaire? Il aurait dû.

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  3. Vous êtes méchant avec notre président.
    Son nom a été chaleureusement applaudi.
    Bon c'est par lui seul, mais c'est un début encourageant.
    https://youtu.be/He-h-Bpa-3k
    Droopyx

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  4. C'est beau cette belle attitude ! Ca en devient lassant à la longue.. Pourquoi ne pas innover : flagellation, sacrifice sanglant et repentant d'un des membres du gouvernement sur l'autel de la France devenue gentille, mais avec encore de relents de quand elle ne l'était pas, crémation de quelques méchants...
    On pourrait me contacter pour l'organisation, en France la jeunesse innove.
    Ces gens nous haïssent et, d'une certaine manière, se haïssent, ces multiples manifestations en sont une preuve... Comme vous l'avez fait remarquer ils se posent en débiteur... Ainsi l'IRM est la dette, la pénitence, les polynésiens ne l'ont pas parce qu'ils sont français mais parce qu'on leur doit. Drôle de confession (publique en plus). D'ailleurs, où est l'absolution ?
    Je me demande aussi où est passée l'indivisible république et l'unité du peuple français. Il ne faut pas que je continue, les contradictions menacent...
    Quand à la grande figure résistante, c'est un hommage incontournable : nos dirigeants et leur courage politique se regardent assurément comme eux même des résistants. Les ennemis sont si nombreux ! (le ventre fécond etc...) Sûr que eux ils auraient fait pareil ! Ils seraient même pas rentré en 40 les autres ! J'ai réellement entendu un pathétique insignifiant (et pas qu'un seul) parler de lui ainsi : "dans la résistance j'aurais..."
    De plus c'est un anticolonialiste, donc, pour nos intéressants spécimens, le combat est juste et l'hommage aussi... Et ne revenez pas sur les questions d'indivisibilité !
    Cerise sur le gâteau, c'est un politique et un condamné... Un frère quoi.
    Antiloque

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