"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

samedi 19 mars 2016

La guerre n’aura pas lieu…



Non. Elle n’aura pas lieu puisque pour la faire il faut être deux.

Je ferai l’impasse aujourd’hui sur la commémoration officielle des "accords d’Evian", évènement grandiose inaugurant huit mois de massacres et d’horreurs ayant coûté la vue à plus de civils innocents que les huit ans de guerre… On comprend que nous devons en être fiers et en célébrer la mémoire sous le patronage du Président-de-tous-les-Français qui présidera le truc et prononcera sûrement un discours qui fera date. On n’en attendait pas moins de lui…

Parlons d’autre chose.

La guerre, disais-je, n’aura pas lieu. Je cause évidemment de la guerre contre le terrorisme.
Et cela pour deux raisons :
- Tout d’abord, parce qu’il n’y a pas d’ennemi identifié au sens où Carl Schmitt a très précisément défini l’ennemi pour une communauté, une Cité. Ce matin encore, le dénommé Abdeslam est qualifié d’ennemi public (hostes, foe…), ce qui est (devrait être) le mot juste selon la définition schmittienne (1) Mais, dans les faits, il est traité comme un ennemi public au sens dévoyé d’un Mesrine ou de la bande à Bonnot ; c’est-à-dire comme un ennemi privé (inimicus, ennemy…), ennemi privé qui le serait potentiellement de tous mais pas plus qu’un tueur en série, un violeur compulsif ou une bande de cambrioleurs… Cette pirouette sémantique permet d’occulter l’existence d’un ennemi puisque "nous ne voulons pas en avoir". Il n’est donc pas traité comme un combattant d’une guerre, comme un acteur de terrain adossé à une entité collective dont la réalité existentielle a pour objectif d’éradiquer notre propre existence.
- Ensuite, en résultante de cette confusion voulue, le dénommé Abdeslam, comme tant d’autres avant lui et bien d’autres à venir, ne relève pas de tout ce qu’impliquerait un état de guerre, mais relève tout bêtement de procédures judiciaires
Ouf ! Salah Abdeslam a été pris vivant et sa famille a pu "exprimer son soulagement" (c’est vrai, quoi ! Il aurait pu prendre une balle perdue plus fatalement placée…) Son avocate a d’ailleurs bavassé à la télé belge pour dire à quel point sa famille vivait dans le stress depuis quatre mois ; les pauvres… Sa mère a été libérée mais reste "sous contrôle judiciaire" comme on dit. Quant à la femme arrêtée avec Salah, on apprend accessoirement qu’elle était rentrée en Europe comme "réfugiée" par une île grecque un gros mois avant le Bataclan. Vous avez dit curieux ?
Mais revenons à la suite pour Abdeslam. La Fwance a demandé son extradition à la Belgique. Bon. Ça va se faire. On verra quand. Il a d’ores et déjà fait savoir qu’il s’opposerait à son extradition par tous les moyens juridiques mis à sa disposition par les lois du Royaume dont je ne sais rien. On verra.
En revanche, ce que je vois à peu près, c’est ce qui se passera une fois qu’il sera chez nous :
La première diligence sera de lui faire passer une visite médicale. Ensuite, il est probable qu’il sera immédiatement déféré au parquet sans période préliminaire de garde à vue, même assisté de son avocat, tant on veillera scrupuleusement à éviter les vices de forme pouvant justifier une annulation de la procédure et une remise d’office en liberté. Car des policiers français auront déjà participé en Belgique aux interrogatoires sur les mêmes chefs d’accusation. Je me souviens du cas de pirates somaliens pour lesquels la Cour européenne avait annulé les poursuites au motif qu’ils avaient été présentés trop tardivement à un juge, la Cour ayant compté le temps de transfert en France par la Marine Nationale !
Le parquet sollicitera du Juge des Libertés et de la Détention sa mise en détention provisoire. Puis le juge d’instruction se plongera dans le dossier. Dès lors, on veillera à sa sécurité, à son maintien en bonne santé et à son équilibre alimentaire en l’hôtel de Fleury-Mérogis en attendant un procès dans deux ans peut-être, puis l’appel, puis l'examen et le rejet d'un recours en cassation, puis encore le recours à la Cours Européenne des Droits de l’Homme...

Comme l’a dit le Premier ministre belge : "L’arrestation de terroristes vivants permettra le procès" Cébien.

D’ici-là, la guerre continue.
Mais sans nous. Bien sûr, on en subira les pertes, mais on n’aura pas sali nos mains là-dedans.
De toute façon, on ne nous a toujours pas dit contre qui ça se passe…


(1) "… il suffit, pour définir sa nature, qu’il soit, dans son existence même et en un sens particulièrement fort, cet autre, étranger  tel qu’à la limite soient possibles avec lui des conflits qui ne sauraient être résolus ni par un ensemble de normes générales établies à l’avance, ni par la sentence d’un tiers, réputé non concerné et impartial. (…) Dans la situation extrême où il y a conflit aigu, la décision revient aux seuls adversaires concernés ; chacun d’eux, notamment, est seul à pouvoir décider si l’altérité de l’étranger représente dans le concret de tel cas de conflit, la négation de sa propre forme d’existence, et donc si les fins de la défense ou du combat sont de préserver le mode propre, conforme à son être, selon lequel il vit."

10 commentaires:

  1. Plouc, on ne peut pas vous donner tort, donc vous avez raison et c'est exactement comme ça que les choses vont se passer ! Peut-être après sa peine, ils l'installeront dans un hôtel à Brioude, où il pourra voler la voiture de la femme du propriétaire pour prendre le large, ça s'est déjà vu !

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  2. ne vous penchez pas trop, alors.

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  3. kobus van cleef19/03/2016 21:43

    douze balles dans la peau , ou le rasoir nazional aux tristes aurores !
    comme du temps de la mitte, le grand raccourcisseur de fellouzes
    ce con de b....a foutu une merde totale !
    ou alors une lame de rasoir maladroitement laissée là ou bien la ficelle qui tient le pantalon de pyjama .....un autre s'en est déjà débrouillé ainsi et nous a épargné les affres et les frais d'un procès
    car , et là , comme d'hab' , je vais poser la question qui fache "pourquoi un procès?"
    qu'apprendrez vous de plus , de savoir que le mec vous haïssait , vous hait et vous haïra encore plus demain?
    il crachera ou pas , les noms des commanditaires , du réseau , l'organigramme , ça c'est du travail de police
    mais sa culpabilité , bon gu d'bon gu , elle est avérée ,non?
    et si les parents des victimes en avaient , une fois l'assurance des renseignements vitaux obtenue , ils se cotiseraient pour qu'un tueur à gages refroidisse salement le mecton
    sous les douches avec un couteau en boite de conserve
    dans son lit avec un oreiller maintenu sur le museau
    à la salle de sport ( oui oui , les taulards font du sport ) en chargeant la barre puis en la laissant retomber sur le thorax du gonzier
    enfin, je dit ça , je dit rien

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    1. On fera très attention à ce que tout cela n'arrive pas,car chaque nouvel épisode la procédure sera bruyamment révélé par les médias et de nature faire remonter connard de l'Elysée dans les sondages

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  4. oula! je parlais du pays où il ne pleut pas, je suis pas chanteuse, oh.

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  5. Je vous prie donc de bien vouloir excuser cette tentative de compréhension de ce que peut être un "effort de posture comique par effet d'inversion dramaturgique de ce qui va sans dire " car je dois avouer que cela reste un peu abstrait. Sans doute doit-il me manquer quelques bases comiques pour que le rire puisse être signifié par un soulèvement du coin de la lèvre indiquant la mesure de la juste connivence ainsi tolérée à un interlocuteur dont le fait qu'il puisse être averti de cette manière et selon ces critères ne peut qu'être une supposition illusoire et vaine si la possibilité de visualiser l'expression ne l'accompagne comme il se devrait?

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    1. kobus van cleef20/03/2016 14:30

      vous avez bien de la chance
      moi, j'ai rien panné
      si vous pouviez nous éclairer

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