"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 6 avril 2016

Des blancs et des mots…



Tiens ! Au passage : Ce sera lundi la dernière séance de "Les fous ne sont plus ce qu'ils étaient", one-man-show sur des textes de Raymond Devos lus joués par un certain Elliot Jenicot au Studio-Théâtre de la Comédie-Française dans la Galerie du Carrousel du Louvre. Paraît que c’est très bien et je veux bien le croire. Raymond, le dernier de nos grands clown, était un artificier des mots qui savait les mélanger, les doser, les brancher entre eux avec une patience et une minutie d’horloger pour vous concocter des explosifs du feu de Dieu que-je-vous-dis-pas. En tout cas c’est sûr : "Les fous ne sont plus ce qu'ils étaient"… Hélas.

Mais revenons à mon sujet. Dans ces temps anciens ou la pub n’était encore que de la réclame, la marque de lessive Persil avait rencontré le succès grâce à son slogan " Persil lave plus blanc ! " et toulemonde se félicitait de la "blancheur Persil" au sortir de la machine à laver démocratisée sous Pompidou, laquelle ne s’appelait pas encore lave-linge faute alors de robot mercenaire pour concurrencer l’évier. Mais je m’égare.
De nos jours, la lessive Persil en poudre ne lave plus blanc : elle lave votre linge "pour l’environnement" ; tout au plus est-elle dotée d’une formule "anti-gris". Oui Madame.
Vous remarquerez aussi que lors des soldes de janvier, on ne parle plus de semaine du blanc, d’autant plus que le linge de maison s’affiche fièrement en couleur. Mais je m’égare encore…


Il en serait donc de la lessive et de la couette comme de la cérémonie des Oscars ou des effectifs de France Télévision : Il y a trop de blancs ! "Couvrez, Madame ! Couvrez ce blanc que je ne saurais voir !" aurait dit Tartuffe.
Et quand on ne peut pas (encore) se passer de blanc (c’est contrariant, oui je sais), il faut absolument en réduire la dose autant que faire se peut. A défaut, il faut donner aux autres couleurs  plus de place qu’elles n’en ont en vérité, au moins sur l’emballage ; et tant pis pour l’information du consommateur… C’est ça la correctitude.

Donc, la chasse au blanc est ouverte. Vous noterez que la chasse est ouverte toute l’année contrairement à celles des autres animaux qui bénéficient d’une période de fermeture pour permettre la reproduction de l’espèce. La seule explication plausible à cette ouverture permanente est que le blanc est à n’en pas douter une espèce nuisible

Ah oui ! Mon sujet. Donc, au secours ! Il y a trop de blancs, il y en a partout. Rendez-vous compte ! Ils envahissent tout ! Le scandale de cette présence insupportable qui métastase et s’insinue partout jusqu’aux  recoins les plus protégés ou innocents du vivrensemble doit être dénoncé avec fermeté.
Bon. L’irruption récente de cette ardente obligation citoyenne présente, il est vrai, un avantage non négligeable : Elle donne à moindre frais à n’importe qui l’occasion de faire sa promotion perso en surjouant l’indignation avec un retour sur investissement assuré puisque les médias se précipiteront pour vous interviewer avec gourmandise ; même si vous n’êtes qu’un président d’une micro-assoc’ virtuelle ou une vieille actrice sur le retour…    

Ce qui a déclenché mon envie d’écrire ce billet, c’est la récente poussée d’indignation blancophobe de Didier Lestrade. Je précise pour qui l’ignore que ce type de 58 balais est un déjà vieux bonze sédimenté en préretraite de la mouvance gay fwançaise. D’abord journaliste à Gai Pied et Libé, incontournable militant actif de la cause homosexuelle et agitateur patenté de la lutte anti-Sida, il fut co-fondateur de Act-up Paris et a créé le magazine Têtu avec le fric de Pierre Bergé. Ayant été licencié par Têtu il y a déjà huit ans, il semble depuis six ans se consacrer essentiellement à son site perso principalement dédié au rassemblement des archives de l'ensemble de sa carrière…
Pourquoi vous raconter tout ça ?

Ben parce que figurez-vous que ce monsieur, comme pris d’une brusque envie de pisser, vient de monter sur sa chaise pour proclamer à la ville et au monde que les médias gays sont "atrocement blancs" !
Selon lui, la presse LGBT "renforce un racisme historique qui privilégie des modèles fades, rasés, photoshopés" et ne parle "des Afro-Américains uniquement lorsqu’on mentionne les taux élevés du VIH"…
Le plus marrant, évoquant Têtu où il a bossé 13 ans, il admet que "quand on publiait un homme noir en couverture, les ventes étaient en baisse". Et dans la foulée il affirme que c’est à cause de son manque de diversité que la presse gay s’effondre. Pour lui, ces magazines sont "trop blancs", tant en couverture, en contenu et en équipes rédactionnelles et c’est pour ça qu’ils "se détruisent eux-mêmes"…

Perso, n’étant pas de ses paroisses et de leurs lectorats, ça ne me gênerais pas que cette presse se blackise, même si cela doit tourner au black-out.

Mais bon. Il a pu lui aussi pondre sans risque son petit caca nerveux avec la perspective d’une multiplication des occurrences sur son nom chez Google. Et si ses arguments sont économiquement incohérents, cépagrave. Sur tout autre sujet, ses arguments l’auraient totalement ridiculisé et il ne saurait plus où se fourrer. Mais là, cébien. Son interlocuteur journalopien l’a religieusement écouté et n’a jamais eu l’outrecuidance de l’interrompre ou de s’étonner. Rendez-vous compte : "atrocement blancs", quelle trouvaille !

Si d’autres avaient parlé d’ une équipe de foot "atrocement noire", j’sais pas…

Raymond, tu nous manque !



Ah oui ! Perso, je me souviens avoir cessé d’écouter les chansons de l’autre connard de Toulouse du jour où je l’ai entendu chanter :

Armstrong je ne suis pas noir / Je suis blanc de peau
Quand on veut chanter l’espoir / Quel manque de pot.


5 commentaires:

  1. J'ai connu Lestrade, c'est ce qui se fait de pire en matière de militant extrémiste de la " cause gay " et c'est en grande partie à cause de lui et de ses potes, quand il dirigeait Act-Up, que le sidaction n'est plus grand chose à cause du bordel qu'ils avaient mis sur le plateau TV lors de ce qui fut, à cause de ce bordel, la dernière grande soirée TV consacrée au sujet.

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    1. Comment oses-tu le qualifier d’extrémisme ? Ses "débordements" sur les plateaux TV sont aussi compréhensibles que ceux des lycéens foutant le feu à un lycée : ils expriment leur souffrance et colère légitime. Même ceux de ta paroisse ne sauraient s’insurger contre ses comportements contreproductifs pour votre cause car, par postulat, ses actes sont moralement autonettoyants !
      Il n’existe qu’une seule catégorie d’extrémistes et on la connaît…

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  2. Tout à fait d'accord pour le connard de Toulouse.
    On essaie de nous faire croire que la musique c'est un truc de nègre, faut pas confondre avec le tam-tam...

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  3. Ouh la la ! ça va pas, mec, au moment même ou le petit Caudillo nous rappelle qu'on doit être "tous contre la haine", tu te permets d'être à la fois devosophile, blancophile, noirophobe, homophobe, nougarophobe et même gauchophobe (puisque tu n'obéis pas au petit Caudillo). Et je ne parle pas de ton islamophobie latente, pas avouée ici, mais si vraisemblable. Toi, le vivrensemble, c'est vraiment pas ton truc ! Nauséabond, ton blog, il nous rappelle "les heures les plus sombres de notre histoire", c'est peut-être ça, ton "devoir de mémoire" ?

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  4. "le vivre-ensemble" Mais moi je vis très bien sans gauchos et sans toute cette diversitude Bizarre que cette notion ne soit jamais interrogée et analysée de manière dépassionnée et scientifique on pourrait y voir une énième tentative d'unir dans un meme tout l'ensemble de l'humanité (ce que les religions, les rois, les guerres, les totalitarisme d'autrefois n'ont pas réussi a faire la mondialisation réussira enfin a unir la théorie a la pratique)

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