"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

dimanche 3 avril 2016

Marre à thon…



Aujourd’hui, je découvre qu’on avait droit au Marathon de Paris en plein ouiquende du Sidaction. C’est cool.

Le Sidaction je-sais-pas, mais le Marathon, dit-on, aurait réuni 56.200 participants dont, comme prévu, une majorité de quadras boboïdes. Soit 12% de plus qu’il y a trois ans malgré le risque islamiste terroriste ; c’est beau ! Pourquoi je dis trois ans ? Parce que c’est la dernière (et la seule) fois où j’ai suivi l’affaire de près sur le parcours pour "soutenir" un de mes fils qui a d’ailleurs figuré très honorablement au classement…

Je viens de relire le billet que m’avait inspiré l’édition 2013 de la chose et – histoire de meubler - c’est l’occasion de vous le ressortir sans voir l’utilité d’actualiser les chiffre et d’en rien changer :
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« Super-Dimanche pompe à fric. On a eu les deux mon capitaine : Sidaction et Marathon.

- Qui d’entre vous a pu échapper ce week-end à l’espèce de lavallière à la con, toute rouge de confusion, qui se croise les pinceaux dans un  coin de l’écran télé ?
Le Sidaction a encore frappé s’est encore gavé, cébien : 3,9 millions d’euros attendus des promesses de dons ; y a encore du pognon sous les matelas. Dis, chef, c’est où la crise ? Bon, la notice du truc sur Wikipédia nous dit à quoi ça sert et c’est tellement détaillé par activité que c’est sûrement très bien. Et le site officiel du truc se limite à la page écran pour faire un don en vous disant : "Il ne faut pas crier victoire trop vite" Ça on le savait mon con…
En revanche, je n’ai trouvé nulle part la ventilation par type de mission et structures bénéficiaires des 73% du budget consacrés à autre chose que la gestion du bidule et de la collecte. Restons en donc sur notre faim et passons à la suite.

- ASO aussi c’est encore gavé, cébien : Car nous avons eu droit aujourd’hui au Marathon de Paris. On est passé cette année de 40.000 à 50.000 participants. Dis, chef, c’est où la crise ?  Avec 600.000 € de prize-money distribuée aux meilleurs (220.000 € cumulés pour les 3 premiers mâles et 3 premières femelles, parité oblige… Et les trans bordel !) Faut dire que sur la base des tarifs d’inscription et de la participation, les inscriptions à elles seules ont dégagé nettement plus de 4 millions d’euros de chiffre d’affaires pré-encaissé dès janvier, auxquels doit s’ajouter un paquet de thune des annonceurs et autres sponsors sur le parcours, etc. Enfoncé le Sidaction à Bergé ! Si les frais d’organisation de tous ordres doivent largement excéder ceux de la manif’ pour tous, le résultat net doit être sympa pour ASO en complément du Tour de France, du Dakar, etc.

Justement, le Marathon de Paris, parlons-en. J’ai eu la chance d’être le témoin "en live" de cette grande kermesse à la con réunissant chaque printemps une foule très majoritairement constituée de bobos tendances, shootés au quinoa diététique, montés sur Nike pneumatiques et souvent boostés au business coaching, qui consacrent l’essentiel  de leur temps et de leurs efforts à soigner en solo la forme physique de leur chère petite personne dans la perspective de ces grand messes organisées chaque année dans les grandes capitales. Un peu comme ces aristos british, aussi désœuvrés que sans soucis de fin de mois, qui se devaient de faire le "Grand Tour" en des siècles révolus. Ce qui contribuait au moins à nourrir Canaletto (le plus gros éditeur vénitien de cartes postales de l’époque…)
Pour les bobos tendances qui les remplacent aujourd’hui, c’est plutôt dans le jogging qu’ils semblent avoir trouvé un substitut de sens à leur existence. (ça, c’est le coup de sabot de l’âne que je suis, sac à vin et à clopes en surcharge par essieu…)
A les observer, le martien lambda pourrait légitimement penser que le jogger friqué a remplacé les héros classiques (obsolètes, évidemment…) et même le surfer d'argent et autre superman dans les rêveries d’enfance de l'inconscient populaire… Encore que, le "populaire", ils semblent n’en avoir rien à battre ; ce serait plutôt la donzelle boboïde branchée de "bonne" famille (mais moderne, hein ?) qu'ils cherchent à faire s’esbaudir en échangeant entre eux (pardon, en multi-monologuant…) sur leurs exploits et la "solitude du coureur de fond"... 
Bref, les bobos et les gogos même combat !
Bon… Heureusement qu’il y avait G. (et quand même quelques autres) pour relever le niveau !

Il me faut quand même tirer un grand un coup de chapeau au "triomphe de la volonté" chez tous ces sans-grades qui se sont sortis les tripes en allant au-delà d’eux même à s’en exploser le palpitant dans l’anonymat de cette grande foire d’ampoules, de sueur et de douleurs musculaires…
Du coup, j’ai eu comme un doute : A les brocarder ainsi, ne suis-je pas tout simplement "négativement discriminatoire" ? Et - scandale absolu – ne me suis-je pas laissé aller à les "discriminer au faciès" ?!!
Ne faisais-je pas pareil à leur âge, "dans mon genre", en grimpant sur les sommets ? Ne suis-je pas en train de les juger avec mes "préjugés" ?
Certes, mais j’assume pleinement ; j’ai toujours préféré courir la montagne, les névés et les ravines plutôt que leur macadam et leurs couloirs de bus. Et j’ai toujours préféré m’intéresser à mon prochain (ne serait-ce que pour le flinguer) plutôt qu’à la gestion attentive des performances de mes mollets.

Au final, j’ai quand même plus de considération pour les efforts de ces sportifs anonymes que pour les couillons qui cliquent une promesse de don par paypal…

A chacun son truc… »

2 commentaires:

  1. 3,9 millions pour le sidaction, 90 pour le téléthon...

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    1. Comme on disait à Radio-France : "écoutez la différence"...

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