"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 24 mai 2016

La fabrique de l’histoire…



Ce matin sur France-Cul’, c’était comme d’hab’ l’émission "La fabrique de l’Histoire" où l’on reçoit un historien, un essayiste ou un… expert ; souvent pour faire la promo à l’occasion de la sortie de son dernier bouquin. Quel que soit le sujet précisément traité, c’est aussi l’occasion de généraliser en interrogeant l’invité sur le thème : "Votre imaginaire historique"…
Ce matin, l’invité n’était autre que… le Président de la République ! Et, à titre tout à fait exceptionnel, les aménagements nécessaires avaient été faits dans le studio d’enregistrement pour qu’on ait l’image sur son PC en plus du son dans le poste… On peut dire ce que l’on veut, nous avons un président qui ne ménage pas sa peine pour être sur tous les fronts et pas seulement sur ceux des faits divers…
Comme à l’accoutumée (euh…), notre François II Pédalonaute a fait très fort d’entrée de jeu :
"- Nous ne faisons pas que rappeler l’Histoire, nous la faisons."
Je vous fais grâce de la suite…

Quoi qu’il en soit, c’est tout à fait vrai ce qu’il a dit cézigue : Pour ce qui est de rappeler l’Histoire, c’est peut-être ce qu’il sait faire de mieux (avec les lunettes de son "imaginaire historique", hein ; on ne va pas le lui reprocher…) Mais pour ce qui est de la faire ? On le sait capable de la commenter, même presque aussi bien qu’un commentateur de BFM-TV. C’est déjà ça. 

Certains esprits chagrins me diront que ce n’est pas avec un politicien de sous-préfecture poussé par défaut sur le ring suite à une regrettable galipette d’un autre qu’on fait l’Histoire. Et que même si tout ce qui est advenu depuis quatre ans n’était pas prévisible, l’Histoire ne retiendra rien de son passage aux manettes. Je ne suis pas d’accord !

Son nom restera bien dans les livres d’Histoire. Oh pas dans les têtes de chapitres, ni même dans le corps du texte des digests et des manuels scolaires. Mais il apparaîtra forcément dans les ouvrages un tant soit peu fouillés des historiens sérieux D’autant que l’inaction est en soi une action comme une autre, une réponse de Normand est une réponse et que ménager la chèvre et le choux revient après-tout à poser un acte de gouvernement… Il figurera donc dans les livres d’Histoire au moins au même titre que Romulus Augustule. Il est vrai que ce dernier, à peine adolescent, n’a rien pu faire au cours de ses dix mois de règne alors que François II Pédalonaute n’a pas fait rien mais quelques choses. Quoi ? Je n’ose dire et vous renvoie à la définition que donne Vialatte de la différence entre le rien et le presque rien : c’est le je-ne-sais-quoi…

Romulus Augustule n’a laissé une trace dans l’Histoire que pour une seule raison, bestialement prosaïque mais essentielle : Aimant les dates précises, les vieilles barbes de la Sorbonne et autres lieux dits de savoir ont retenu sa fin de règne pour marquer la fin de la Rome antique et l’entrée dans le Moyen-Âge…
Pareillement, François Hollande servira à n’en pas douter de borne chronologique pour marquer la fin de la France, sa disparition, comme Nation millénaire autant que comme Etat et accessoirement comme République ; et son entrée glorieuse dans… je-ne-sais-quoi...

La décadence aura certes commencé bien avant lui et bien d’autres y auront mis la main…Mais il n’y aura pas été pour rien. Car ce sont ses actions et inactions qui auront provoqué le déclic indispensable au basculement. C’est grâce à lui que les élites comme le peuple, la populace comme les barbares, auront tous vraiment compris et tiré les conséquences de ce fait essentiel : La prise de conscience que, vraiment,  
"Le Roi est nu"
avec tout ce que ça implique.

Comme en 476, tous en auront tiré les conséquences, chacun selon son espèce. Attali après Attila, le Sultan après Théodoric…

Valls et Cazeneuve condamnent fermement et ne cèderont pas.

LOL (hélas…)


8 commentaires:

  1. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous en ce qui concerne la trace que Hollande laissera dans l'Histoire. Je pense qu'au contraire son quinquennat sera minutieusement décortiqué dans les différents "Science Po" et autres cénacles économiques. Je voudrai à ce sujet citer des extraits d'un récent article de M. Claude Robert :

    La Présidence Hollande, un bilan très mauvais sur tous les plans
    Très mauvais parce qu’il combine hausses d’impôts et absence de résultats. Ce qui est particulièrement un comble, de la part d’une équipe gouvernementale, c’est d’avoir en effet fortement accru la pression fiscale tout en étant à la fois incapable :
    - de relancer la croissance,
    - de diminuer le taux de chômage,
    - d’empêcher l’endettement d’augmenter !
    La tant décriée présidence Sarkozy avait certes gonflé la dette de l’État, mais au moins l’avait-elle fait à bon escient. Cet endettement s’était opéré au bénéfice de la croissance et du taux de chômage (puisque ces indicateurs avaient évolué plus favorablement que chez nos voisins européens). À l’inverse, depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, la France semble avoir été victime d’un trou noir financier considérable. Un trou noir qui a volatilisé les sommes gigantesques qui étaient censées nous aider à diminuer notre dette ou au minimum notre taux de chômage. Il n’y a hélas aucun domaine où le gouvernement actuel a obtenu le moindre résultat. Les contraintes engendrées par l’accroissement des impôts n’ont servi strictement à rien.
    Un tel ratage, de par son aspect systématique, constitue même un mystère. Comment avoir réussi une telle gageure sans l’avoir fait exprès, c’est-à-dire en essayant d’obtenir l’effet contraire ? Plusieurs hypothèses, qui hélas ne s’excluent aucunement l’une l’autre, sont régulièrement avancées.
    D’une part, la pression fiscale est allée au-delà de l’effet positif : ainsi que l’a démontré Laffer, il arrive un moment où la contrainte fait fuir les agents économiques les plus capables et dissuade la prise de risque et l’investissement, et ce de façon d’autant plus violente dans les contextes économiques difficiles. D’autre part, l’argent récolté a été alloué de façon inefficiente, pour des recrutements de fonctionnaires et des aides sans retour. Les mauvaises langues diront que ce sont des dépenses de confort, dont la seule fonction est de permettre au gouvernement de durer…
    Très mauvais parce qu’aucune réforme d’envergure n’a été engagée pendant ces quatre années socialistes. Il semble d’ailleurs que le gouvernement se soit tout d’abord caché derrière le rideau de fumée sécuritaire pour finir par se noyer dans la réforme (pourtant très édulcorée) du droit du travail et les blocages qu’elle a générés. Il est à se demander si la nomination d’un Premier ministre et d’un ministre de l’Économie « relativement libéraux » n’aura été qu’un trompe-l’œil à l’usage de l’UE et des marchés financiers. N’est-il pas troublant de voir un Premier ministre et un ministre de l’Économie minoritaires voire marginalisés dans leur propre gouvernement ?
    Pendant combien de temps encore l’Hexagone va-t-il reculer par rapport à ses voisins, dans une économie européenne qui a repris des couleurs depuis maintenant près de trois ans ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous avez bien entendu raison. Et l’article que vous recopiez "détaille" parfaitement l’étendue du désastre… économique et social. On en fera un cas d’école pour instituts de formation "politique" comme on le conçoit aujourd’hui ; c’est-à-dire de formation de "gestionnaires"…
      Mais je ne suis pas d’accord quant à "l’Histoire" : Quand au XXV° siècle (s’il advient) on étudiera le XXI° comme aujourd’hui le siècle des Lumières, on se foutra éperdument de tout ce que vous évoquez. On ne retiendra que ce "moment" où, sur ce territoire de l’Europe, cette extrémité occidentale du méga-continent asiatique, le manque de courage et l’aveuglement des élites patriciennes locales ont conduit leur peuple au chaos en renonçant – par faiblesse, juridisme, mauvaise conscience ou qu’importe - à l’exercice de l’autorité régalienne et à l’usage du "monopole de la violence légitime"

      Supprimer
    2. kobus van cleef24/05/2016 22:21

      Ha Merdalors !
      J'étais déjà au boulot !
      Dire que j'ai loupé ça....

      Supprimer
    3. Romulus Augustule ? Vous lui voyez un fier avenir, finalement. Même si ce pauvre enfant n'a rien fait, on se souvient encore qu'il a existé, et qu'il a été le dernier.
      François Hollande n'aura même pas cet honneur. Il y aura un autre président après lui, et un autre encore après, jusqu'à ce que l'UE décide d'abolir les états nations.
      François Hollande se contentera de devenir un de ces noms sur une liste citée par convention à la fin des livres, dont seul les spécialistes savent quelle est la part exacte de responsabilité.
      Il lui reste tout de même un espoir de marquer l'avenir : dans les derniers empereurs romains, on trouve un homme appelé Olybrius. En faisant de son nom un substantif de ce qu'il était, il vaincra l'oubli !

      Supprimer
  2. Ah, mais je vous prie de m'excuser ! Culbuto aura tout de même été le seul "président" (guillemets volontaires, je n'arrive décidément pas à le considérer comme un président de la République Française, allez savoir pourquoi) à oser, et même tout simplement à imaginer de marier deux mecs ! Et ce sera tout de même son plus grand titre de gloire, un progrès absolument décisif, non ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'en reste au stade de la "grande Histoire" : Au XXV° siècle, disais-je, cette histoire d'emboîtage du même au même sera lue comme une "mode" hystérique du moment en Europe-des-ventres-pleins, un paragraphe comme "le Jansénisme au XVII° siècle"... Pédalonaute y apparaîtra comme un snob qui était juste un peu plus excité que les autres pour se faire voir; point. Ce qu'on retiendra de lui, c'est d'avoir fait aboutir la dissolution du Régalien, donc la dissolution de la communauté humaine, la nation, dont il avait la charge. Point.

      Supprimer
    2. Vu à l'aune du personnage en question, c'est de la "grande histoire", à savoir que c'est le plus haut fait d'armes qui soit accessible à son niveau. Il faut de tout pour faire l'histoire de France : des grands "hommes" (Philippe Auguste, Jeanne d'Arc, Richelieu, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle, ...) et des nabots : Culbuto étant le plus actuel, c'est pourquoi on pense tout de suite à lui ...

      Supprimer
  3. Oui, le "mariage-pour-tous" que vous évoquez, ça fait partie de ce que j'évoquais qu'il a fait de plus que rien, c'est à dire du "je ne sais quoi"...

    RépondreSupprimer